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Full text of "Bibliothèque de l'École des chartes"

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BIBLIOTHÈQUE 

DE L’ÉCOLE 

DES CHARTES 



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IMPRIMERIE D AUPELEYHVuU VERNEl'R. A NOlîENT-LK-ROTRUl . 



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BIBLIOTHÈQUE 

de l’Ecole 

DES CHARTES 



REVUE D’ÉRUDITION 



CONSACRÉE SPÉCIALEMENT A L'ÉTUDE DU MOYEN AGE. 



LIX. 

ANNÉE 1898. 




PARIS 

LIBRAIRIE D’ALPHONSE PICARD ET FILS 

RUE BONAPARTE , 82 

-1898 



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LE 



FONDS DU CONSEIL D’ÉTAT 

DE L’ANCIEN RÉGIME 

AUX ARCHIVES NATIONALES. 



SOMMAIRE. 

I. État actuel du fonds. — 2. Greffes et archives du Conseil d’État 
avant la Révolution. — 3. Leur centralisation décrétée par l’Assem- 
blée nationale. 

I. — Le Conseil d’État et les Conseils du roi en 1762. 

4. Tableau du gouvernement d’après Y Almanach royal. — 5. Siège des 
divers Conseils à Versailles. — 6. Personnel. — 7. Unité du Conseil 
d’État et diversité de ses séances. Ses attributions. 

Conseil d’État privé. 

8. Bureaux préparatoires. Minutes des arrêts. — 9. Séance royale du 
3 mai 1762. — 10. Tous les conseillers d’État membres du Conseil 
privé. 

Conseil d’État, finances et direction. 

II. Tableau des séances. — 12. Les divers Conseils tenus par un même 
corps. — 13. Minutes des arrêts du Conseil des finances. Ses autres 
travaux. — 14. Conseil de direction. — lô. Petite Direction. — 
16. Bureaux préparatoires du Conseil des finances. 

Commissions extraordinaires. 

17. Commissions permanentes. — 18. Commissions d’intérêt général. 
— 19. Commissions d'intérêt spécial. — 20. Arrêts. Greffes. — 

21. Papiers des Commissions aux Archives nationales. 

22. Conseillers d'État. 

23. Maîtres des requêtes. 



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6 LE FONDS DU CONSEIL d’ÉTIT DE LANCIER RÉGIME 

Conseils du roi. 

24. Formules distinctives des arrêts du Conseil d’État et des Conseils 
royaux. — 25. Minutes des arrêts en commandement. — 26. Les 
décisions du Gouvernement rendues sous forme d’arrêts. — 27. Les 
Conseils du roi n’ont ni secrétariat ni greffe. — 28. Conseil d'en 
haut ou Conseil d’État : conseil politique. — 29. Conseil des dépêches : 
conseil des ministres. — 30. Conseil royal des finances. — 31. Jours 
de signature des arrêts. — 32. Juridiction du Conseil des dépêches; 
ses relations avec le Conseil privé. — 33. Commissions formées en 
dehors du Conseil, rattachées au Conseil. — 34. Relations entre le 
Conseil royal des finances et le Conseil ordinaire. Juridiction du 
Conseil royal. — 35. Relations entre les Conseils du roi et les Com- 
missions extraordinaires. — 36. Conseils et administration du com- 
merce. — 37. Préparation des arrêts relatifs aux finances. — 38. Expé- 
ditions des arrêts des divers Conseils. 

39. Le chancelier . 

II. — Le Conseil d’État, de 1673 à la Révolution. 

40. Avant 17 62; règlement du 3 janvier 1673. —41. Le Conseil d’État 
au début de la Régence. — 42. Formation de ses archives au Louvre. 

43. De il 62 au il avril 1791. 

III. — Constitution du fonds du Conseil d’État. 

44. Organisation d’après l’ordre des secrétariats et greffes. — 45. Les 
registres des secrétaires d’État n’appartiennent pas au fonds du Con- 
seil d’État. — 46. Ils doivent être répartis entre les fonds des minis- 
tères de la Maison du roi et de la Guerre. — 47. Registres du Con- 
trôle général et de l’Intendance de la taille indûment réunis au fonds 
du Conseil d’État. — 48. Registres d’ordre du ministère de la Guerre, 
de même. 

IV. — Les Conseils, de Henri II à Louis XIV. 

49. Les archives du Conseil d’État commencent en 1547. 

Conseil privé . — 50. Sa composition et ses attributions sous Henri II. 
— 51. Registre des secrétaires des commandements et finances, de 
1547 à 1554. — 52. Le Conseil privé sous Charles IX. 

Conseil d'Êtat et Conseil privé. — 53. Conseil privé au début du 
règne de Henri III. — 54. Création du Conseil d’État le 11 août 
1578. — 55. Double série des registres de copies du Conseil d’État 
et du Conseil privé. — 56. Suspension du Conseil privé de 1581 à 
1585. — 57. Premières commissions du Conseil. — 58. Règlement 
d’organisation générale du 8 janvier 1585. — 59. Conseil d’État et 
finances en 1614. — 60. Bureaux du Conseil en 1627. — 61. Per- 
sonnel sous Henri III, Louis XIII et Louis XIV. — 62. Fixation 



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AUX ARCHIVES NATIONALES. 



7 



des formules distinctives des arrêts du Conseil d’État privé et finances 
et des Conseils royaux dès 1657. 

Conseil des dépêches . — 63. Conseil des affaires et dépêches en 1629. 

Conseils des finances . — 64 . Conseil dirigeant des finances sous Charles IX. 
— 65 . Sous Henri III. Attributions différentes du Conseil d’État et 
du Conseil spécial des finances. — 66. Conseil des finances sous 
Henri IV. 

Conseil de direction des finances. — 67 . Avant le rétablissement de la 
surintendance des finances. — 68. Depuis 1624. Petite Direction des 
finances. 

Conseil royal des finances . — 69 . Réduction des attributions du Conseil 
de direction. 

70. Cadre de classement pour le fonds du Conseil d’État 

Procès-verbal de la séance du Conseil privé du 3 mai 1762, avec plan. 



1. Si l’on veut, aux Archives nationales, étudier dans les 
documents originaux les attributions de cette grande institution 
de l’Ancien Régime qui figure dans Y Almanach royal sous la 
rubrique : « Conseil d’État 1 , » on n’y trouvera pas ces pièces 
groupées dans un fonds spécial, ni dans une série unique, ni 
même dans une seule section, il faudra les chercher, sous divers 
titres, dans neuf séries des sections administrative et judiciaire : 

E. Conseil du roi 

F. Conseil du commerce 

6. Conseil des prises, Commission des réguliers, Commission 
des communautés de filles 

H. Commission des péages 

P. Terrier de Bretagne 

TT. Commission des religionnaires fugitifs 

U. Recueils provenant des Chambres de justice 

V. Conseil privé, Commissions extraordinaires 

I. Le nom de Conseil d'État lui vient de Henri III, en 1578. Voyez plus bas, 
g 54. — Les différents noms de cette assemblée que je relève au cours de la 
présente étude sont uniquement les noms que portent les documents émanés de 
lui et non ceux que lui donne le langage usuel. Ainsi, comme on le verra plus 
loin, g 54, le nom de « Conseil des parties, » qui est répété mille fois dans tous 
les écrits contemporains officiels ou non, ne ligure en tête des actes mêmes du 
Conseil que pendant une année. — Pour les divers noms du Conseil d’État, 
voyez gg 7, 11 et la note, 38 et la note, 50, 53 note, 54, 59 et 68. 



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LE FONDS DD CONSEIL D’ÉTAT DE L’ANCIEN REGIME 



Z. Chambre des maladreries et hôpitaux; 

et, dans les collections factices de trois autres séries des sections 
domaniale et historique : 

KK. Règlements du Conseil 

M. Commissions des usurpations de noblesse 

Q. Titres domaniaux, passim , Rôles de taxes diverses 1 . 

2. D’après Y Almanach royale les écritures du Conseil d’État 
étaient tenues par trois sortes d’officiers : les secrétaires des 
finances, les secrétaires-greffiers du Conseil privé, les greffiers 
des Commissions extraordinaires, et ses archives étaient versées 
dans deux dépôts. On conservait au Louvre « la plus grande 
partie des anciennes minutes d’arrêts du Conseil, surtout en 
finances, les rôles, baux, résultats, états au vrai et comptes de 
toute espèce, jugements sur la noblesse, francs-fiefs, recherches 
des faussaires avec les productions, les adjudications des 
domaines du Roi, la régie des biens des religionnaires fugitifs, 
le terrier de Bretagne, les Chambres de justice et diverses Com- 
missions extraordinaires. » Les anciennes minutes du Conseil 
privé étaient placées dans un local loué aux chanoines réguliers 
de Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie 2 . 

1. État sommaire par séries des documents conservés aux Archives natio- 
nale s. Paris, 1891, in-4*. 

2. Le premier garde des Archives nationales, Camus, confirme les indications 
de Y Almanach royal : « Le dépôt des minutes du Conseil privé était, depuis 
plusieurs années, établi à Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie... Le dépôt des greffes 
des Commissions extraordinaires du Conseil était au Louvre... Treize salles ou 
chambres remplies de papiers composaient ce dernier dépôt. Elles contenaient : 
des arrêts du Conseil sur des affaires de toute nature depuis la fin du règne 
de Henri 111 jusqu’à l’an 1782, — les actes concernant les biens des religion- 
naires fugitifs, — des déclarations des engagistes et usufruitiers des domaines, 
rôles de taxes imposées sur eux, — titres concernant les biens des maladreries 
et hôpitaux, — états des domaines et bois, — actes émanés de diverses Com- 
missions, entre autres de la Commission des francs-fiefs, de la Chambre de 
l’Arsenal et de la Chambre ardente, — les déclarations faites par les possesseurs 
des biens ecclésiastiques aliénés depuis 1556, — plusieurs pièces relatives à la 
confection des terriers du domaine, entre autres 200 volumes et plus contenant 
la réformation du domaine de Bretagne. » (Mémoire sur les dépôts de chartes , 
titres, registres , documents et autres papiers qui existaient dans le départe- 
ment de la Seine , etc., publié, à la suite du Rapport adressé à S. E. le Ministre 
d’État au nom de la commission instituée le 22 avril 1861, par Félix Ravais- 
son. Paris, 1862, in-8*, p. 283.) 



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AUX ARCHIVES NATIONALES. 



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3. L’Assemblée nationale décréta, le 7 août 1790 1 , la réunion 
des deux dépôts en un seul. Mais cette centralisation ne fut pas 
réalisée, et les archives du Conseil privé passèrent au Palais de 
justice; on y transféra même du Louvre les dossiers des Commis- 
sions extraordinaires. Le tout vint aux Archives nationales avec 
l’ensemble des fonds judiciaires parmi lesquels il est resté 2 . La 
répartition des autres documents provenant du dépôt du Louvre 
dans diverses séries et collections factices aux Archives natio- 
nales est le résultat du travail des archivistes du commencement 
du xix e siècle 3 . 

L’Assemblée nationale avait-elle raison de vouloir réunir en 
un dépôt unique les papiers du Louvre et ceux de Sainte-Croix- 
de-la-Bretonnerie, et devons-nous, avec Y Almanach royal , 
regarder le Conseil privé, le CoDseil des finances, les Commis- 
sions extraordinaires comme formant un tout? Ou bien sommes- 
nous en présence de Conseils distincts les uns des autres, ainsi 
qu’on semble l’avoir cru aux Archives nationales 4 ? En un mot, 
y a-t-il là plusieurs fonds ou un seul? 

Pour résoudre cette question, il importe que nous nous fas- 
sions une idée exacte de ce qu’était le Conseil d’Etat. Afin 
d’échapper à toute influence systématique, je ne le demanderai 
ni aux ouvrages anciens ni aux livres modernes qui traitent de 
son histoire ou de son organisation ; j’étudierai son fonctionne- 
ment dans ses actes mêmes ; et, pour mieux préciser, je com- 
mencerai par m’attacher à suivre, pendant une année, toutes ses 
opérations. Cette année, je la prendrai au moment du plein épa- 
nouissement de l’Ancien Régime : ce sera 1762; on verra tout à 
l’heure la raison de ce choix. 

1. Camus, Mémoire iur les dépôts , etc., p. 318. Voyez sur l’exécution de ce 
décret un rapport adressé au ministre de la Justice le 15 janvier 1793 par Mallet, 
qui s'intitule a garde général des archives du Conseil. » (Arch. nat., F 7 4774 32 .) 

2. Arch. nat., Inventaire sommaire des registres, minutes , titres et pièces 
contenus dans le dépôt des Archives nationales , section judiciaire, sis à Paris, 
au Palais de justice, par Terrasse. Reg. ms. in-fol. 

3. Les dossiers des Commissions des réguliers et du soulagement des com- 
munautés de filles ont été, depuis 1870, détachés de la série O et transportés 
dans la série G, Administrations finayicières et spéciales. La Commission des 
religionnaires fugitifs a voyagé de T à O et de O à T, où elle s'est fixée 
depuis 1870. 

4. Inventaire sommaire et tableau méthodique des fonds conservés aux 
Archives nationales . Paris, 1871, in-4*, p. 33 et 34. 



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LE FONDS Dü CONSEIL D’ÉTAT DB L’ANCIEN RÉGIME 



I. 

LE CONSEIL D’ÉTAT ET LES CONSEILS DU ROI 
en 1762. 

4. L 'Almanach royal consacre aux organes du gouverne- 
ment et de l’administration de la France une suite de notices 
dont voici l’ordre : 

I. Conseils du roi : 

Conseil d’État, 

Conseil des dépêches. 

Conseil royal des finances, 

Conseil royal du commerce. 

II. Départements : 

Des ministres et secrétaires d’État, 

Du contrôleur général, 

Des intendants des finances, 

Des intendants du commerce. 

III. Conseil d’État et ses bureaux ordinaires et extra- 

ordinaires. 

IV. Maîtres des requêtes. 

Y. Intendants des généralités et provinces du 
royaume. 

VI. Grande-Chancellerie. 

5. On le voit, le second « Conseil d’État * n’est pas sur 
le même plan que le premier et que les trois autres Conseils 
du roi. A Versailles, d’ailleurs, il ne siège pas au même en- 
droit : il se réunit au rez-de-chaussée du palais, dans la cour 
royale à gauche; les Conseils du roi se tiennent au premier 
étage, dans la cour de marbre, à droite, près de la chambre 
du roi. En tête de l’énumération de ces derniers Conseils, \’ t Al- 
manach dit : « le Roi, » qui les préside. Pour le Conseil d’État, 



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AUX ARCHIVES NATIONALES. 



M 



il débute en nommant le chancelier. Dans la salle où siège cette 
assemblée, il n’y a que le fauteuil du roi, vide; quand S. M. 
vient s’y asseoir, c’est un événement extraordinaire. Le fait ne 
se produisit qu’une fois dans le cours du xvm e siècle, précisé- 
ment en l’année 1762. Au premier étage, le roi travaille lui- 
même, dans divers conseils, avec ses ministres et quelques per- 
sonnages choisis. Au rez-de-chaussée, le Conseil d’Etat tient une 
juridiction. Nous reviendrons sur les Conseils du roi. 

6. Voyons quel est, en 1762, le personnel dont se compose le 
Conseil d’État : d'abord le chancelier, le garde des sceaux, — 
puis le doyen, dix-huit conseillers ordinaires, parmi lesquels 
trois conseillers d’église et trois conseillers d’épée, — douze 
conseillers semestres, — sept conseillers temporaires : secrétaires 
d’Etat, contrôleur général, intendants des finances, qui ont 
entrée à cause de leurs fonctions et seulement pendant leur durée 1 ; 
en tout, si l’on y ajoute le doyen des doyens de quartier des 
maîtres des requêtes qui avait droit de séance, trente-neuf; — 
enfin, soixante-dix maîtres des requêtes de l’hôtel. 

7 . Ce Conseil n'avait pas de sections 2 , il était tout entier à la 
fois « Conseil d’État privé » et « Conseil d’État et finances. » 
Conseil d’État privé et Conseil d’État et finances sont simple- 
ment deux séances de la même assemblée. Les lettres patentes 
nommant les conseillers étaient ainsi formulées 3 : « Nous vous 
avons élu et élisons par ces présentes pour l’un de nos conseil- 
lers dans nos Conseils d’État privé, finances et direction. » Sous 
le chef de Conseil d’État privé sont comprises toutes les affaires 
civiles et criminelles 4 ; sous celui de Conseil d'État et finances, 
les questions contentieuses relatives à l’observation des édits, aux 
relations de l’Église et de l’État, à l’administration, à la police, 

1. Quand ils n’ont pas une commission de conseiller ordinaire ou de conseil- 
ler semestre. 

2. En conséquence, il ne tenait pas d’assemblée plénière. Voyez § 17, note. 

3. Depuis 1624. Voyez une de ces formules au t. IV, p. 397, de la notice sur 
les Conseils sous Louis XIV , publiée dans les Mémoires de Saint-Simon , par 
M. de Boislisle. Paris, 1884-1890, t. IV-V1I. 

4. Le Conseil privé cassait et réformait des jugements. On l’a comparé à la 
Cour de cassation actuelle, mais son action était plus étendue et plus variée. En 
matière de chancellerie et de librairie notamment, il exerçait une juridiction 
directe; il nommait les libraires, etc. (Arrêt du 21 juin 1762, V« 1007. Voyez 
dans ce carton cinq arrêts semblables.) 



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42 LE FONDS Dü CONSEIL D’ETAT DE L’ANCIEN REGIME 

aux créations et suppressions d’offices, aux domaines, aux impo- 
sitions, aux fermes et régies de toute nature. Le Conseil de direc- 
tion se rattache au Conseil d’État et finances 1 . 

Conseil d’État privé*. 

8. Examinons d’abord le Conseil dont nous nous occupons 
sous sa face de Conseil privé. Pour le travail préparatoire des 
audiences, les membres de l’assemblée étaient répartis en cinq 
Bureaux chargés de recevoir la communication des instances des 
parties, le cinquième étant spécial aux affaires ecclésiastiques 3 . 
Chaque dossier était confié à l’examen de quelques commissaires, 
et un maître des requêtes était chargé du rapport. A cet effet, 
l’ensemble des maîtres des requêtes était divisé par quarts répon- 
dant aux trimestres de l’année. Le rapporteur écrivait à la suite 
de la requête le dispositif de l'arrêt qui était lu et discuté en 
séance générale. La décision était prise à la pluralité des voix. 
La minute, sur laquelle le rapporteur et les commissaires appo- 
saient, à droite, leurs seings, était après le vote signée, à gauche, 
par le chancelier 4 . 

Le greffier de quartier, chargé de toutes les écritures du Conseil 
privé et des Bureaux qui en dépendaient, tenait pour chaque 
séance : 1° un plumitif où étaient consignés les divers avis et les 
votes ; 2° un répertoire contenant l'énumération des arrêts dans 
l’ordre où ils avaient été rendus. Les minutes des arrêts étaient 
groupées par conseil. 

1. Voyez plus bas, g 14, les attributions du Conseil de direction. 

2. Arch. nat., V 8 1006-1009, minutes d’arrêts; 1155, 1157, 1158, 1159, plumi- 
tifs ; 1227, 1236, répertoires d’arrêts par quartiers. 

3. Dans certains cas, le Bureau des affaires ecclésiastiques fonctionnait comme 
une Commission extraordinaire. Ce n’était plus alors le greffier du Conseil privé 
mais un greffier spécial qui tenait ces minutes. Voyez plus loin le g 20 qui traite de 
ces commissions. — L’examen : 1* des requêtes et instances concernant la Conser- 
vation de Lyon, et 2* des demandes en cassation des jugements de compétence 
rendus en faveur des prévôts des maréchaux ou des juges présidiaux, avait 
donné naissance à deux Bureaux temporaires. — Appartenait encore au Conseil 
privé un Bureau permanent pour les affaires de chancellerie et de librairie. — 
A l’occasion, ces trois Bureaux, comme le Bureau ecclésiastique, rendaient des 
arrêts en dernier ressort au même titre que les Commissions extraordinaires. 

4. Et par le garde des sceaux, quand il y avait à la fois, comme en 1762, un 
chancelier et un garde des sceaux. 



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AUX ARCHIVES NATIONALES. 



43 

En étudiant les listes des membres des Bureaux ordinaires du 
Conseil privé, on remarque que certains conseillers n’y figurent 
pas : d’abord, les trois conseillers d’épée, occupés ailleurs pour 
le service du roi ; l’évêque d’Autun, sans doute dans son diocèse; 
un conseiller ordinaire, ancien intendant de la Généralité de Lor- 
raine et Barrois, M. de Chaumont de La Galaisière, retiré à 
Nancy; enfin tous les membres, ordinaires, semestres ou tempo- 
raires, chargés d’un ministère ou d'une intendance. Ces derniers, 
au nombre de dix, ne faisaient-ils pas partie du Conseil privé? ou 
seulement ne prenaient-ils point part aux travaux préparatoires 
de ses séances, parce que leurs fonctions ne leur en laissaient 
point le loisir? Si la première de ces hypothèses était vraie, il 
faudrait reconnaître que le Conseil d’État était divisé en deux 
sections : l’une administrative et financière, l’autre judiciaire. 

Les plumitifs du Conseil privé étant très incomplets et en géné- 
ral assez négligemment rédigés, la question aurait été difficile à 
résoudre sans la découverte, parmi les minutes de 1762, d'un 
document décisif qui m’a amené à choisir cette année pour ma 
démonstration. U s’agit du procès-verbal, avec plan à l'appui, 
d’une séance du Conseil privé tenue sous la présidence du roi, 
pièce unique dans les archives de cette assemblée. On la trouvera 
in extenso à la suite de la présente dissertation. 

9. Le 3 mai, à dix heures du matin, les conseillers ordinaires, 
semestres, temporaires, assis sur leurs sièges de maroquin noir, 
et les maîtres des requêtes de l’hôtel, debout derrière eux, tous 
revêtus de leurs robes de soie noire doublée de cramoisi 1 , étaient 
à leur place habituelle dans la salle du Conseil de la cour royale 
à Versailles. Le roi avait annoncé sa visite. En l’attendant, on 
expédia deux affaires rapportées par M. Esmangart, maître des 
requêtes. L'une était relative à la succession d’un bourgeois de 
Béziers, l’autre à l’office de trésorier-receveur alternatif des 
deniers d’octroi et patrimoniaux de la ville de Rennes. A l’issue 
de la messe, le roi descendit l’escalier de marbre, traversa la 
cour entre deux haies de gardes du corps et de Cent- Suisses, et 
entra dans la salle où le dauphin l’avait précédé. Sa suite s’ar- 
rêta dans l'antichambre; les issues étaient gardées en dehors 

t. De Boislisle, Mémoires de Saint-Simon , 1890, t. IV, p. 405 et 406. — Les 
conseiUers qui n’étaient pas de robe longue portaient un manteau de même cou- 
leur par-dessus leur habit de ville. 



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44 LB FONDS DO CONSEIL D’ETAT DB L* ANCIEN RÉGIME 

par des gardes du corps. Le chancelier s’avança au-devant de 
S. M., qui prit séance. Les conseillers qui s’étaient levés se 
rassirent. Le roi ne s’étant pas couvert, toute l’assistance 
demeura tête nue. A l’exception du fauteuil symbolique qui avait 
été remplacé par un siège en brocart d’or, on n’avait rien changé 
à l’ameublement de la salle. C’était la même table rectangulaire, 
couverte d’un tapis de velours violet, et sur laquelle étaient posés 
le code du Conseil, une pendule et deux écritoires. 

Le chancelier présenta au roi « les notes ordinaires des deux 
affaires qui devaient être rapportées, contenant le nom des par- 
ties, du rapporteur et des commissaires, » en disant : « Sire, 
M. de Monthyon attend l’ordre de Y. M. » — M. de Monthyon, 
maître des requêtes, ainsi que son collègue, M. de Boullongne, 
désigné pour rapporter après lui, était debout entre les fauteuils 
du roi et du dauphin. Le roi, se tournant de son côté, lui dit : 
« Commencez. » 

Il s’agissait d’une plainte formulée par le Parlement de Bor- 
deaux contre une décision du Conseil en date du 9 décembre 1760, 
qui, en cassant un arrêt de cette cour, avait laissé subsister, dans 
la requête au bas de laquelle était écrit le dispositif, des termes 
que le Parlement trouvait injurieux pour lui. Le rapporteur 
concluait à l’annulation de la requête, tout en maintenant l’ar- 
rêt du Conseil. — Le rapport fini, lë roi prit l’avis de l’assem- 
blée, en commençant par MM. l’abbé Bertin, Barentin, Gilbert 
des Voisins, d’Aguesseau, commissaires, qui avaient eu commu- 
nication de la plainte. Cet avis se trouva unanime pour approu- 
ver le rapport. 

La seconde affaire était une instance en cassation d’un arrêt 
du Parlement de Paris du 25 septembre 1755, qui, dans un pro- 
cès entre le chapitre de la Sainte-Chapelle de Vincennes, d’une 
part, et les héritiers du sieur Le Cavelier, chanoine de cette 
église, d’autre part, avait donné gain de cause à ces derniers. 
Le rapporteur, invité par le roi à prendre la parole, adopta le 
point de vue du chapitre et demanda la cassation de l'arrêt atta- 
qué. Une discussion alors s’éleva et un autre avis fut proposé. 
Les suffrages ayant été recueillis par le roi, il ne s’en trouva que 
six en faveur des conclusions de M. de Boullongne 1 . Le roi 
constata la décision de la majorité, l’approuva, et le chapitre fut 

1. Détail assez curieux : les commissaires votèrent contre le rapporteur. 



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AUX ARCHIVES NATIONALES* 



45 



débouté de sa demande, condamné à l’amende et aux dépens 1 et 
mis hors de cour. 

Après le vote, le roi dit au chancelier, en parlant des rappor- 
teurs : « Ces messieurs ont très bien parlé. » A quoi le chance- 
lier répondit incontinent : « Sire, Y. M. a nombre de maîtres 
des requêtes qui sont en état de La satisfaire également. » Le roi 
se leva alors et sortit, à midi trois quarts, avec le même cérémo- 
nial qu’à son arrivée 2 . 

10. Quand on a lu le procès-verbal de cette mémorable séance, 
on ne peut plus hésiter; il est évident que tous les conseillers 
d’Etat sans exception, extraordinaires aussi bien qu’ordinaires, 
assistent au Conseil privé. Si l’on objectait que c’est la présence 
du roi qui les a fait venir, il suffirait d’ouvrir les plumitifs pour 
dissiper ce dernier doute. Le roi ne parut pas au Conseil le 
26 avril 1762, et cependant on lit cette mention dans le procès- 
verbal de ce jour : « Aujourd’hui, Mgr le duc de Choiseul, pair 
de France et ministre, et M. le comte de Choiseul, son cousin, 
aussi ministre, ont pris séance au Conseil 3 . » 

Tous les lundis, on tenait Conseil privé. 

Conseil d'État, finances et direction 4 . 

11. Depuis Louis XIV, on appelait couramment le Conseil 
d’Etat et finances : « Conseil des finances 5 » tout court. Les plu- 
mitifs des séances de cet ordre ont malheureusement été détruits ; 
il est cependant facile de constater, d’après les répertoires des 
arrêts par quartier, et d’ailleurs d'après les minutes elles-mêmes, 
que le Conseil des finances se tenait tous les mardis. Les Conseils 
de direction avaient généralement lieu de quinzaine en quinzaine, 
à l'issue du Conseil privé 6 , la veille des Conseils des finances. 

1. Quand on succombait, on était puni d une amende pour avoir téméraire- 
ment porté l’instance au Conseil. 

2. Arch. nat., V« 1155 et 1007. 

3. V« 1155. 

4. E 1366-1374, minutes d’arrêts ; 1683 866 - 369 , répertoires d’arrêts. 

5. Déjà dans un règlement de 1630, après l’avoir nommé au début « Conseil 
d’État et finances, » on ne dit plus, dans la suite du texte, que « Conseil des 
finances. » 

6. C’est ce qui a fait dire à Guyot que le Conseil de direction était « une 
séance du Conseil privé. » ( Traité des droits, fonctions , etc., annexés en France 



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46 LE FONDS DD CONSeiL d’ÉTIT DE L’ANCIEN siGIMB 

Voici le tableau des séances pour le quartier de janvier 1762 : 

Conseil des finances, le mardi 5 janvier. 

— — 12 — 

— — 19 — 

— — 26 — 

Le lundi 1" février, Conseil de direction. 

Conseil des finances, le mardi 2 février. 

Le lundi 15 février, Conseil de direction. 

Conseil des finances, le mardi 16 février. 

— — 23 — 

— — 2 mars. 

Le lundi 8 mars, Conseil de direction. 

Conseil des finances, le mardi 9 mars. 

Le lundi 15 mars, Conseil de direction. 

Conseil des finances, le mardi 16 mars. 

— — 30 — 

On avait ainsi rapproché les Conseils privé, des finances et de 
direction pour éviter aux conseillers, maîtres des requêtes et 
officiers, qui avaient tous leur domicile à Paris, l’inconvénient 
de découcher plus d’une nuit 1 . 

12 . C’est donc le même Conseil qui se réunit un jour comme 
Conseil privé, à un autre moment comme Conseil de direction, 
une troisième fois comme Conseil des finances. Aussi voit-on, le 
3 mai, à la séance royale du Conseil privé, le secrétaire des 
finances de quartier et le secrétaire-greffier du Conseil privé en 
exercice, debout l’un à côté de l’autre, derrière le fauteuil du roi, 
comme étant officiers du même corps. 

13 . Les arrêts du Conseil, quand ils intéressent les finances 
de l’État, sont rapportés, soit par le contrôleur général, soit par 
les intendants des finances plus souvent, soit par les maîtres des 
requêtes plus rarement. Mais alors, les intendants et les maîtres 
des requêtes ne sont désignés qu’en marge et pas dans le texte, 
qui porte seulement : « Ouï le rapport du contrôleur général. » 
Celui-ci signe toujours ce genre d’arrêts avec le chancelier. 

à chaque dignité, à chaque office et à chaque état. Paris, 1786-1783, in-4*, 
t. II, p. 197.) 

1. On verra pins loin, g 31, que le Conseil royal des finances se tenait égale- 
ment le mardi. 



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ADX ARCHIVES NATI0NALB9. 



n 



Le Conseil tenu pour les finances ne se borne pas à prononcer 
des décisions; il arrête : des résultats pour le paiement des impo- 
sitions, des rôles de recouvrement et de modération, des états de 
liquidation et de remboursement, des états au vrai, des comptes 
des fermes, traites et autres, et il donne des avis sur des ques- 
tions posées par le gouvernement. 

14 . Au Conseil de direction 1 , on juge les contestations des 
particuliers avec les traitants et des particuliers avec l'Etat ; on 
y fait solennellement la mise à l’enchère des fermes, des offices, 
des fournitures à l’armée et autres adjudications. Les sentences, 
signées du chancelier, du contrôleur général et des commissaires 
désignés étaient classées à leur date dans la collection des arrêts du 
Conseil des finances. On l’appelait aussi la « Grande Direction. » 

15. Des réunions plus fréquentes étaient tenues par une sorte 
de sous-commission, formée du doyen du Conseil, du contrôleur 
général et des six intendants des finances ; elle portait le nom 
de « Petite Direction. » Dans ce comité, on examinait préala- 
blement toutes les affaires pour les répartir entre les divers Con- 
seils et Commissions, et on y jugeait les contestations peu graves 
ou demandant une solution immédiate. 

16 . Deux Bureaux importants se partageaient les travaux 
relatifs aux impôts et revenus de l’État : 1° le Bureau des 
domaines et aides; 2° le Bureau des gabelles, cinq grosses 
fermes, tailles et autres affaires de finance. Le contrôleur géné- 
ral, les intendants des finances, les principaux membres du Con- 
seil en faisaient partie avec un certain nombre de maîtres des 
requêtes 2 . V Almanach royal n’indiquant pour le Conseil de 
direction le concours d’aucun de ceux-ci, on pourrait croire 
qu’ils n’y étaient point appelés. Les plumitifs prouvent au con- 
traire qu’ils rapportaient les contestations soumises à la Grande 
et à la Petite Direction 3 . Tous ces Conseils et Commissions étaient 
de la compétence des secrétaires des finances. 



1. V Almanach royal indique comme faisant partie de la Grande Direction, 
avec le contrôleur général et les intendants des linances, tous les conseillers 
d’État ordinaires et seulement un semestre, M. de La Bourdonnaye. 

2. Ces deux Bureaux ont exactement la même composition que la Grande 
Direction, à cette différence près que M. de La Bourdonnaye, qui fait partie du 
Bureau des gabelles, est remplacé dans le Bureau des domaines par M. Camus 
de Pontcarré de Viarmes, prévôt des marchands et semestre comme lui. 

3. Arch. nat., E 16837-8. 

1898 2 



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48 



LE FONDS DD CONSEIL D'ÉTAT DE L’ANCIEN RÉGIHI 



Commissions extraordinaires. 

17. En outre des Bureaux liés au fonctionnement régulier 
des divers Conseils, des Commissions extraordinaires, indépen- 
dantes de ces Conseils 1 , étaient nommées pour l’examen de 
certaines affaires. Il en est qui, à cause de leur importance, 
reçurent elles-mêmes le nom de « Conseil » : ainsi le Conseil 
des prises , d’abord simple « Bureau des prises faites en mer. » 
D'autre part, le « Bureau pour les affaires du commerce » avait 
été au début créé avec le titre de Conseil du commerce qu’il 
reprendra plus tard*. Plusieurs de ces Commissions étaient, 
par leur objet, destinées à durer indéfiniment ; par exemple : les 
Bureaux des postes et messageries, — des économats, — des 
péages, — des vivres et étapes, etc. 

18 . D’autres, sans être permanentes, mettaient plus d’un 
quart ou même d’un demi-siècle à terminer les affaires qui leur 
étaient confiées. En 1762, on peut ranger dans cette catégorie : 
les Commissions pour le soulagement des maisons de filles reli- 
gieuses, — pour la liquidation de la finance et le rembourse- 
ment des offices de la capitainerie de Livry, — des offices sur 
les cuirs, — pour la liquidation des dettes des communautés 
d’arts et métiers de Paris, — des dettes de la Marine et des colo- 
nies, — pour les contestations concernant les paiements en écri- 
ture et les comptes en banque, — pour les procès relatifs à la 
compagnie des Indes, — pour les difficultés auxquelles donnait 
lieu l’affectation à l’Hôtel des invalides et à l’école militaire des 
pensions d’oblats et d’autres revenus et propriétés, — pour l’alié- 
nation des domaines réunis, — pour la confection d’un terrier 
des domaines de Versailles, Marly, Saint-Germain-en-Lave et 
Meudon, — pour la vérification des droits maritimes, etc. — 
Quatre ans plus tard, on constitua un Bureau pour la refonte des 
lois sur les hypothèques, Bureau qui nous a laissé des papiers 

1. Us n’avaient aucune supériorité sur elles à titre d’assemblées plénières. 
Voyez plus bas, g 20. 

2. Voyez les almanachs royaux du commencement du xviir siècle. — Par défé- 
rence pour l’amiral de France qui le présidait, le Conseil des prises se réunissait 
à son hôtel. Mais les archives de cette commission, composée exclusivement de 
conseillers d’État et de maîtres des requêtes, appartiennent au Conseil d’État. 



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AUX AKCBIVBS NATIONALES. 



49 



très incomplets, mais suffisants à nous donner un aperçu des tra- 
vaux d’une Commission de législation de l’Ancien Régime 1 . 

t 

19. Enfin, de graves contestations de particuliers avec l’Etat, 
et aussi la liquidation de successions, soit de personnages issus 
de grandes familles, soit de financiers ayant manié des deniers 
publics, ou encore des procès entre particuliers d’une importance 
exceptionnelle, étaient renvoyés à des Bureaux chargés de les 
instruire et de les juger 2 . 

20. Les Commissions extraordinaires rendaient directement 
des arrêts en dernier ressort 3 ; ils étaient signés du chancelier, 
du rapporteur et des commissaires. Guyot dit 4 qu’on avait le 
droit d’en requérir la cassation, qui, dans ce cas, n’aurait pas 
manqué d’être l’objet d’un arrêt en commandement 5 . Les arrêts 
des Commissions extraordinaires étaient conservés et expédiés 
par des greffiers spéciaux* jusqu’au jour de la clôture des opéra- 
tions des Commissions. Les greffiers devaient alors les déposer 
aux archives du Louvre. 

21. Il est assez difficile aujourd’hui de retrouver les papiers 
des Bureaux extraordinaires qui s’occupaient de questions d’in- 
térêt général; ils ont beaucoup souffert des destructions com- 
mises par les agents du triage pendant la Révolution et des 
classements postérieurs qui les ont dispersés 7 . Les procès de 
particuliers, transportés au palais de justice, après que par la 

1. Àrch. nat., E 3707. 

2. Voyez les almanachs royaux. 

3. « Le Roi, séant en son Conseil..., a évoqué à soi et à son Conseil les 
demandes et contestations, etc..., ce faisant, a renvoyé et renvoie la connais- 
sance desdites contestations par-devant les sieurs... conseillers d’Ètat et les 
sieurs... maîtres des requêtes, qu'il a commis et commet pour les juger en der- 
nier ressort..., S. M. leur attribuant toute cour, juridiction et connaissance, 
icelle interdisant à toutes ses cours et autres juges, etc. » Voyez aux Arch. nat. 
de nombreux spécimens d’arrêts d’une Commission extraordinaire dans les car- 
tons V 6 1165-1168. — Ces arrêts ont été mal à propos détachés des dossiers de 
la Chambre de la réformation des maladreries et hôpitaux (Z ,B ), qui a préparé 
l’organisation de l’assistance publique en France, pour les mettre parmi les 
titres du Conseil privé, avec lesquels ils n’ont aucun lien. 

4. Traité des droits , fonctions , etc., t. II, p. 286. 

5. Voyez plus bas, §§ 24, 25 et 34. 

6. Ils étaient au nombre de six en 1762. 

7. J’en ai signalé plusieurs § 1. M. B ou tarie en a relevé d'autres, p. 46, 49, 
50, 51, 52, 72 de Y Inventaire sommaire et tableau méthodique , etc. 



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20 L8 FONDS DO CONSEIL d’£tAT DE L’ANCIEN REGIME 

loi de messidor an II on y eut constitué une section judiciaire, 
ont été mieux conservés*. 

22 . Conseillers d'Êtat. — Les conseillers participent aux 
travaux des Commissions suivant leur aptitude, leur expérience, 
leur autorité. Les plus en vue sont, en 1762, avec Feydeau de 
Brou, doyen : d’Aguesseau, Feydeau de Marville, Gilbert de 
Voisins, membres de treize commissions (d’Aguesseau en préside 
huit) ; Trudaine, membre de douze commissions ; d’Aguesseau de 
Fresnes et de Fontanieu, de dix; de Barberie de Courteille et 
Bertier de Sauvigny, de neuf; de Boullongne, Le Peletier de 
Beaupré, Moreau de Beaumont, de huit ; Camus de Pontcarré de 
Viarmes, Castanier d’ Auriac, de La Bourdonnaye et d’Ormesson, 
de sept, etc. 

Le personnel du Conseil d’État était rompu à la pratique des 
affaires, pleiD d’expérience et de savoir, et préparé par un long 
exercice des fonctions supérieures de judicature et d’administra- 
tion. Trudaine était déjà intendant des finances en 1734 ; Fonta- 
nieu, conseiller depuis 1740, administrait la Généralité de Gre- 
noble dès 1724; Bertier de Sauvigny, intendant de la Généralité 
de Paris depuis dix-huit ans, avait passé par l’Intendance de 
Moulins, de 1734 à 1740, de Grenoble ensuite ; Le Peletier de 
Beaupré était intendant de Champagne en 1732; Moreau de 
Beaumont avait préludé à la gestion d'une Intendance des 
finances, qu’il obtint en 1756, par celle des Intendances de Poi- 
tiers et de Besançon; Camus de Pontcarré de Viarmes, inten- 
dant en Bretagne pendant dix-neuf ans, exerçait, en 1762, les 
fonctions de prévôt des marchands à Paris ; le doyen, Feydeau 
de Brou, quand il entra au Conseil en 1722, était intendant de 
la Généralité d’Aleuçon depuis 1714; il administra plus tard la 
Bretagne, puis l’Alsace, etc. Presque tous les conseillers avaient 
commencé par remplir la charge de maître des requêtes. 

23 . Maîtres des requêtes. — L’institution des maîtres des 
requêtes de l’hôtel était certainement une des créations les plus 
originales de l’Ancien Régime et la plus propre à lui former des 
serviteurs instruits et pénétrés de l’esprit de gouvernement. De 
l’ancien usage de suivre le roi pour recevoir les requêtes présen- 
tées à S. M. , ils avaient conservé le droit de l’accompagner à 

1. Arch. nat., V 7 . On distingue, dans la table alphabétique des procès de par- 
ticuliers, quelques mentions d'affaires d’intérêt général. 



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ÀOX ABCHIYBS NATIONALES. 



24 

tour de rôle à la messe, pure cérémonie, mais leur donnant 
entrée à la cour. Plusieurs d’entre eux occupaient des emplois 
dans les maisons des princes de la famille royale. Divisés par 
quartiers 1 , ils tenaient au palais un tribunal spécial. Ils étaient 
considérés comme faisant partie du Parlement de Paris, où ils 
siégeaient par députation. Ils étaient membres nés du Grand 
Conseil et, en 1762, y exerçaient la présidence. Ils tenaient les 
audiences du sceau à la Grande Chancellerie et à la Chancellerie 
du palais. Ils étaient rapporteurs au Conseil privé, au Conseil 

des finances, à toutes les Commissions extraordinaires du Conseil 

» 

d’Etat. Bien qu’ils n’eussent pas le droit de s’asseoir dans cette 
assemblée, ils y votaient comme les conseillers. C’était parmi eux 
qu’on choisissait les intendants des Généralités ; en 1762, il y en 
avait vingt-sept ainsi employés 2 . Quand ceux-ci venaient de leur 
province à Paris, ils reprenaient leurs fonctions au Conseil 
durant leur séjour : à la séance royale du 3 mai, on constate la 
présence des intendants de Besançon, de Caen, de Rouen, 
d’Amiens, de Metz, de La Rochelle, d’Orléans, de Lyon, de 
Limoges, du Languedoc. Les intendants du commerce 3 étaient 
maîtres des requêtes. Tous les intendants des finances avaient 
débuté parlé. En 1762, c’est un maître des requêtes qui est lieu- 
tenant général de police à Paris; c’est encore un maître des 
requêtes qui est garde de la Bibliothèque du roi 4 . En temps de 
guerre, on les déléguait aux armées. 

Conseils dd roi. 

24. Maintenant que nous nous sommes rendu compte du 

1. On trouve déjà en 1563 une division des maîtres des requêtes par quar- 
tiers. (Bibl. nat., ms. fr. 5905.) 

2. Quatre intendants seulement n’étaient pas maîtres des requêtes. 

3. Moins un. 

4. Au xviii* siècle, tous les gardes de la Bibliothèque du roi ont été conseil- 
lers d’État ou maîtres des requêtes. L’abbé Bignon mourut doyen du Conseil ; 
un deuxième Bignon, son successeur, ancien intendant de La Rochelle, était 
maître des requêtes ; après lui, un autre Bignon, conseiller d État, à la charge 
de bibliothécaire du roi joignit celle de prévôt des marchands de Paris ; un qua- 
trième Bignon, conseiller d’État et bibliothécaire, mourut en 1783. 11 eut pour 
successeur l’ancien lieutenant général de police Le Noir, aussi conseiller d Etat. 
C’est ce qui explique la sollicitude toute particulière que l’administration de la 
Bibliothèque apporta alors à l’acquisition des papiers d’État, de finance et d ad- 
ministration. 



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22 LE FONDS DD CONSEIL D’ÉfiT DE L’ANCIEN REGIME 

fonctionnement du Conseil d’État privé, finances et direction, 
abordons l’étude des autres Conseils que Y Almanach royal 
désigne sous le nom de « Conseils du roi 1 . » 

Les arrêts du Conseil d’Etat étaient rendus au nom du roi ; le 
prononcé de la décision y commençait par ces mots : « Le Roi en 
son Conseil. » On sait que S. M. n’assistait pas aux séances. 
Comment, dans les arrêts du 3 mai auxquels il avait pris part, 
allait-on indiquer sa présence? Il paraissait bien simple d’inter- 
caler le mot étant et d’écrire : « Le Roi étant en son Conseil, » 
formule que l’on trouve dans une multitude de décisions appelées 
aussi « arrêts du Conseil. » Cependant on lit dans le procès- 
verbal de la séance royale : « Les arrêts ont été signés par le 
rapporteur et les commissaires en la manière accoutumée, et 
rédigés dans les termes ordinaires, en commençant par ces mots : 
Le Roy en son Conseil. On y a seulement ajouté : « Ouy le 
« rapport du sieur... fait en présence de Sa Majesté , après 
« en avoir communiqué aux sieurs commissaires à ce députés ; » 
et, dans les expéditions de ces arrêts, le secrétaire-greffier du 
Conseil a mis la date ainsi : « Fait au Conseil d'Etat privé du 
Roy, Sa Majesté y étant, tenu à Versailles le trois mai mil 
sept cent soixante-deux. » C’est que les mots Le Roi en son 
Conseil étaient la marque caractéristique des arrêts rendus par 
le Conseil d’Etat. Quand on voit cette formule au xvm® siècle*, 
on peut être sûr que l’arrêt émane de ce corps à la fois adminis- 
tratif, financier et judiciaire, qui rend ses décisions au château 
de Versailles, dans la grande salle du rez-de-chaussée. L’expres- 
sion Le Roi étant en son Conseil est réservée exclusivement 
aux arrêts pris dans le cabinet du premier étage, au cours des 
diverses réunions tenues par S. M. travaillant avec ses ministres 
et quelques autres conseillers choisis; ils ont un nom spécial 
dans le style officiel de ce temps-là : ce sont des « arrêts en com- 
mandement. » 

25. A part le mot étant, les minutes de ces dernières déci- 
sions ne diffèrent pas des minutes du Conseil d’État que nous 
avons étudiées d’abord. Elles sont, comme celles-ci, toujours 
signées du chancelier 3 , et, de plus, quand il s’agit des finances 



1. Arch. nat., E 2399-2406. 

2. Et aussi au xvii # siècle, depuis 1657 au moins. Voyez plus loin, § 62. 

3. Et du garde des sceaux, quand il y en a un. 



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AUX AftCHITES NATIONALES. 



23 



de l’État, du contrôleur général 1 . Dans certains cas, dont nous 
allons parler, elles portent le seing de commissaires. Mais elles 
ne sont jamais expédiées par les secrétaires des finances ou les 
secrétaires-greffiers du Conseil d’État, et elles ne figurent pas 
dans ses archives. Ce sont les secrétaires d’Etat qui en donnent 
ampliation et qui en forment la collection. Quand l’année est finie, 
ils les font relier, le plus souvent à leurs armes. Si le secrétaire 
d’État a été changé dans l’intervalle, c’est son successeur qui 
prend ce soin et qui y met sa marque. Ainsi, Bertin, contrôleur 
général en 1762, devenant secrétaire d’État l’année suivante, 
fera relier à ses propres armes les minutes de son prédécesseur. 

26 . M. Boutaric remarque avec raison* que « les secrétaires 
d’État ne prenaient point d’arrêtés, » comme font les ministres 
modernes, que « leurs décisions devaient revêtir la forme d’ar- 
rêts du Conseil » et que « il en était de même d’un grand nombre 
d’actes émanés du souverain. » Mais il a tort d’attribuer tous 
ces arrêts en commandement au Conseil des dépêches. 

27 . On se tromperait grandement si l’on se représentait le 
Conseil des dépêches comme une assemblée pourvue de secré- 
taires, rédigeant des procès-verbaux, tenant des registres et 
conservant des dossiers. Il n’en était rien ; et ce que je dis ici du 
Conseil des dépêches était vrai des autres Conseils du roi. 

28 . Le premier et le plus élevé de tous s’appelait < Conseil 
d’en haut » ou « Conseil d’État » par excellence. La qualité de 
« ministre d’État * était donnée à tous ses membres, qu’ils 
eussent ou non un portefeuille. En 1762, les secrétaires d’État 
en font partie 3 , mais non le contrôleur général. Les autres 
ministres d’État sont : le maréchal prince de Soubise, pair de 
France; le maréchal comte d’Estréeetle marquis de Puysieulx 4 ; 
ils n’ont pas de portefeuille. C’était avec ces sept personnages 
que le roi délibérait sur les grandes affaires de l’État, la politique 



1. Les arrêts dits « en finance » sont des arrêts en commandement rendus au 
Conseil royal des finances. 

2. Inventaire tomnaire et tableau méthodique, etc., p. 33 et 34. 

3. Cela n'arrivait pas toujours. En 1762, par exception, le chancelier n'assis- 
tait pas au Conseil d'en haut. Le contrôleur général pouvait en faire partie. 

4. Le marquis de Puysieulx était conseiller d’épée au Conseil d’État privé, 
finances et direction. 



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24 



U FONDS DD CONSEIL D’ÉTAT DE L’ANCIEN RÉGIME 

intérieure et extérieure 1 , la guerre et la paix. Nous n’avons pas 
à nous occuper davantage du Conseil d’en haut. 

29 . Au Conseil des dépêches assistaient le chancelier, les 
ministres d'État sans portefeuille, les quatre secrétaires d’Etat : 
Berryer, qui joignait à la garde des sceaux l’administration d’un 
certain nombre de Généralités ; le duc de Choiseul, ministre de la 
Guerre et de la Marine; Phelypeaux, comte de Saint-Florentin, 
ministre de la Maison du roi ; le comte de Choiseul, ministre des 
Affaires étrangères, et le contrôleur général des finances Berlin. 
C’était le véritable et complet Conseil des ministres. Le roi y 
avait appelé en outre deux membres du Conseil d’Etat privé et 
finances : le doyen Feydeau de Brou et Gilbert de Voisins, qui, 
en cette qualité, portaient le titre de conseillers d'État ordi- 
naires et au Conseil des dépêches. 

30 . Dans le Conseil royal des finances, le plus souvent nommé 
le « Conseil royal » tout court, le roi examinait les questions se 
rattachant à la situation générale des finances, à la fixation des 
impôts, à leur recouvrement, aux fermes et régies générales, à 
la gestion des officiers de finances et signait les ordres de dépense. 
Ce Conseil était, en 1762, composé du chancelier, du garde des 
sceaux, du contrôleur général et de deux conseillers d’État ordi- 
naires qui ajoutaient en conséquence à cet adjectif et au Conseil 
royal : Feydeau de Brou et Trudaine, intendants des finances. 

Je laisse pour le moment de côté le Conseil royal du commerce 
qui, à cause de sa spécialité, ne saurait être compté comme un 
des grands rouages du gouvernement. 

31 . Voici les jours fixés par Y Almanach royal, en 1762, 
pour les divers Conseils du roi : 

Dimanche : Conseil d’en haut, 

Mardi : Conseil royal des finances *, 

Mercredi : Conseil d’en haut, 

Samedi : Conseil des dépêches ; 
aucun jour n’est indiqué pour le Conseil du commerce. 

1. Sous Louis XVI, Y Almanach royal donne le titre de secrétaires du Con- 
seil d’État aux deux principaux fonctionnaires du ministère des Affaires étran- 
gères, qui se partageaient la correspondance diplomatique. Ils en étaient secré- 
taires en ce sens qu ils étaient les rédacteurs des dépêches ordonnées par lui. 

2. Le même jour que le Conseil d'État tenait séance pour les finances. Voyez 
plus haut, g 11. 



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AUX ARCHIVES NATIONALES. 25 

D'après les registres du secrétaire d’État de la Maison du roi, 
des Conseils ont été tenus, pendant le quartier de janvier 1762, 
aux dates suivantes : 



Janvier 



Vendredi 1 er 


Samedi 16 


Mardi 5 


Dimanche 17 


Vendredi 8 


Mercredi 20 


Samedi 9 


Jeudi 21 


Dimanche 10 


Samedi 23 


Lundi 11 


Dimanche 24 


Jeudi 14 


Vendredi 29 


Vendredi 15 


Dimanche 31 




Février 


Mercredi 3 


Lundi 15 


Vendredi 5 


Mardi 16 


Samedi 6 


Samedi 20 


Lundi 8 


Dimanche 21 


Mardi 9 


Mardi 23 


Jeudi 11 


Vendredi 26 


Samedi 13 


Samedi 27 


Dimanche 14 


Dimanche 28 




Mars 


Lundi 1" 


Lundi 15 


Mardi 2 


Jeudi 18 


Mercredi 3 


Vendredi 19 


Jeudi 4 


Samedi 20 


Vendredi 5 


Dimanche 21 


Samedi 6 


Lundi 22 


Dimanche 7 


Vendredi 26 


Mercredi 10 


Samedi 27 


Samedi 13 


Mardi 30 


Dimanche 14 


Mercredi 31 



On peut conclure de ce tableau que des arrêts en commande- 
ment étaient pris à tous les Conseils royaux et sans doute aussi 
à toutes les conférences que le contrôleur général et les secré- 
taires d'Etat, en corps ou même isolément, avaient avec le roi. 

32 . Quelles étaient les relations entre le Conseil d’État et les 



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26 LB FONDS DU CONSEIL D'ÉTAT DB L’ANCIEN E^GIME 

Conseils du roi? Exceptionnellement, des procès qui auraient dû 
être dirigés tout d’abord sur le Conseil privé étaient portés par 
les secrétaires d’État devant le roi au Conseil des dépêches, qui 
devenait ainsi une sorte de tribunal : « Les parties ayant eu 
l'honneur de procéder respectivement devant S. M. en son Con- 
seil des dépêches, et, par arrêt du 22 mars 1760, S. M. ayant 
ordonné, etc. 1 . » C’est sans doute ce qui avait amené le roi à 
adjoindre au Conseil des dépêches deux conseillers d’Etat ordi- 
naires qui lui apportaient le concours de leur expérience en ces 
matières purement juridiques. Parfois un arrêt du Conseil privé 
était remplacé par un arrêt en commandement, parce que la 
cause avait paru assez importante pour être mise sous les yeux 
du roi, ou parce qu'il s’y était intéressé lui-même, ou parce qu’on 
avait voulu rendre la décision plus solennelle et plus péremptoire 
par la formule : Le Roi étant en son Conseil , qui marquait sa 
présence personnelle. 

33. Le roi casse donc directement des arrêts et juge des pro- 
cès ; mais le plus souvent ceux-ci ne semblent pas recevoir une 
solution définitive au Conseil des dépêches, et S. M., après avoir 
examiné les affaires, les renvoie à des Commissions extraordi- 
naires. Celles-ci peuvent être composées de membres tout à fait 
étrangers au Conseil d’État, d’anciens avocats au Parlement, par 
exemple à Paris*, — ou, en province, de l'intendant de la Généra- 
lité, assisté de plusieurs officiers de justice ou de gradués en 
droit 3 . Il est dit expressément que les commissaires jugeront 
« suivant le règlement fait pour les Commissions du Conseil » 
lui-même 4 . Toutes les Commissions extraordinaires, à Paris ou 
en province, sont en effet rattachées au Conseil d'Etat 5 . Une 
expédition des arrêts en commandement qui les nomment, colla- 
tionnée par le secrétaire d’Etat compétent, lui est envoyée, lue à 
l’audience et annexée au dossier de la séance 6 . 

1. Arch. nat., E2404. Arrêt en commandement du 14 janvier 1762. 

2. V* 1006. Arrêts en commandement des 5, 16 janvier et 13 mars 1762. 

3. V® 1007. Arrêt en commandement du 14 juin 1762. 

4. V* 1006. Arrêt en commandement du 27 mars 1762. 

5. C'est pour cela qu’on trouve dans les papiers du Conseil d’État le très 
intéressant et très curieux procès-verbal d’une Commission de conseillers du 
Parlement de Toulouse, envoyée en 1784 dans le Vivarais pour y rétablir l’ordre 
dans la justice, E 3707. 

6. On a mal à propos, dans les cartons de la série V*, retiré ces expéditions 



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AUX ARCHIVES NATIONALES. 27 

34 . Les Conseils du roi ont, avec le Conseil d’État, finances 
et direction, des rapports encore plus fréquents qu'avec le Con- 
seil privé. Les états financiers, contrôlés et arrêtés au Conseil 
ordinaire des finances, sont soumis ensuite à S. M., qui les 
approuve au Conseil royal des finances. Le premier prépare cer- 
tains arrêts qui sont ensuite rapportés au second et transformés 
en arrêts en commandement *. Les minutes deviennent alors la 
propriété des secrétaires d’Etat et se trouvent dans leurs registres. 
Le Conseil d’État et la Grande Direction 2 renvoient certaines 
instances par-devant le Conseil royal, comme à une juridiction 
supérieure. On appelait aussi du Conseil des prises au Conseil 
royal. 

35 . J’ai dit plus haut que les Commissions extraordinaires 
rendaient des arrêts. Certaines d’entre elles les remettaient, 
signés du rapporteur et de tous les commissaires aux secrétaires 
d’État qui les faisaient passer sous les yeux du roi 3 . Ces déci- 
sions devenaient alors des arrêts en commandement que les secré- 
taires d’État gardaient et dont ils donnaient expédition. En 1762, 
les registres du ministère de la Maison du roi contiennent de 
nombreux arrêts ainsi préparés par le Bureau nommé pour pro- 
curer le soulagement des communautés de filles dans tout le 
royaume, bureau composé de quatre évêques étrangers au Conseil 
et de cinq maîtres des requêtes. Il en avait été de même aupara- 

des dossiers des séances. Dans une série de registres de présentations et de 
défauts, V* 1254-1337, qui va de 1768 à 1791, on a intitulé huit registres, tous 
du quartier de janvier, Arrêts en commandement. Ce sont cependant des 
registres semblables aux autres. Le greffier a mis en tête les présentations 
et, en retournant le volume, en queue les arrêts en commandement. 

1. Ainsi, un arrêt pour la nomination d’un fermier général analysé au réper- 
toire de janvier 1762 est transformé en arrêt en commandement au Conseil 
royal (E 1683 3 ® 6 ). Un autre arrêt, indiqué dans le répertoire du quartier d’oc- 
tobre 1660, devient un arrêt en commandement et la minute est reliée dans le 
registre d’un secrétaire d’État (E 1710). Voyez aussi à la date du 19 juillet 
1649 un fait du même genre (E 1683 82 ). 

2. Arrêt du 30 juillet 1782 (E 1599 6 ). Autre arrêt rendu pendant le même 
quartier et ordonnant de porter au Conseil royal une instance pendante en la 
Grande Direction. 

3. « Nous, commissaires généraux députés par S. M..., estimons, sous le bon 
plaisir du Roi, qu’il y a lieu de rendre l’arrêt dont le projet est des autres 
parts... » Les dispositifs des arrêts en commandement, pris en conséquence, 
débutaient ainsi : « Le Roi étant en son Conseil, de l’avis des sieurs commis- 
saires députés, etc. » (E 1683 20 ). 



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28 



LE FONDS DD CONSEIL d’ÏTAT DE l’âNCIEN HéGtHE 



vant pour des décisions relatives à la liquidation des dettes des 
villes de Bourgogne et de Bretagne qui remplissent des volumes 
entiers. 

36. Au premier rang des Commissions extraordinaires figurait 
le Bureau du commerce. L’administration de cette branche de la 
fortune publique présentait une organisation assez compliquée. 
Le contrôleur général avait dans son département le commerce 
de l’intérieur et de l’extérieur par terre ; quatre intendants sous 
ses ordres se partageaient les attributions et les contrées. Le 
ministre des Affaires étrangères s’occupait du commerce extérieur 
maritime. Ils formaient avec quelques autres membres du Conseil 
d’État un Bureau, qui avait un secrétaire spécial. Chez ce secré- 
taire, des députés des villes principales du royaume et des colo- 
nies tenaient deux fois par semaine des réunions préparatoires. 
Enfin, au-dessus du Bureau, on avait créé un Conseil royal du 
commerce qui, paraît-il, ne fonctionnait pas. Il fut réuni sous 
Louis XYI au Conseil royal des finances 1 . 

37. Des registres d’ordre*, qu’on a indûment, depuis la Révo- 
lution, réunis aux papiers du Conseil d’État, vont nous permettre 
de nous rendre compte de la filière que suivaient les arrêts rela- 
tifs à l’administration financière. Toutes les requêtes ou proposi- 
tions qui la concernaient étaient distribuées entre les bureaux 
centraux du Contrôle et les services des six intendants des 
finances. Chacun d’eux préparait des arrêts. On en faisait alors 
deux parts : l’une était destinée au Conseil royal, l’autre au Con- 
seil d’État et finances. Autant qu’il est permis de formuler une 
règle fixe quand il s’agit de choses de l’Ancien Régime, où, à 
tout propos, des exceptions viennent contrarier les principes 
qu’on croyait le mieux établis, on réservait à ce dernier les 
affaires contentieuses, et celles qui devaient donner lieu à un 



1. En 1762, le Conseil royal de commerce se composait des secrétaires d'Ètat 
de la Maison du roi et des Affaires étrangères, du contrôleur général et de 
trois conseillers d’État qualifiés en conséquence d ’ ordinaires au Conseil royal 
de commerce : Feydeau de Brou, doyen, d’Aguesseau et Trudaine. — Le Bureau 
comptait en sus cinq conseillers d’Ètat, dont deux intendants des finances et 
l'intendant de la Généralité de Paris, plus les quatre intendants du commerce et 
le lieutenant général de police de Paris. — Le chancelier et le garde des sceaux 
faisaient partie du Conseil royal. 

2. Arch. nat., E 2683-2747. 



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AUX ARCHIVES NATIONALES. 



29 



ordre de S. M. prenaient le chemin du Conseil royal. Des deux 
côtés, les rapports étaient faits par le contrôleur général lui- 
mème pour la portion traitée dans ses bureaux, ou, en son nom, 
parles six intendants, ses délégués, pour les propositions de leurs 
services 1 . Presque toutes les contestations soumises à la Grande 
Direction étaient rapportées par les maîtres des requêtes. 

Après chaque séance des Conseils, les minutes étaient rendues 
au Contrôle, qui les enregistrait et les envoyait au chancelier 
pour être signées. Quand elles revenaient de la signature, on 
remettait au Conseil d’Etat les minutes des arrêts qu’il avait ren- 
dus, et aux secrétaires d’État compétents celles des arrêts en 
commandement concernant leurs départements. Les ampliations 
des premiers étaient délivrées par les secrétaires des finances aux 
intéressés. Comme, d’après un ordre très anciennement établi, il 
fallait, pour autoriser une dépense, la signature des secrétaires 
d’État, ces fonctionnaires signaient les expéditions des seconds, 
qui semblent avoir été préalablement établies par le Contrôle lui- 
même et qui lui revenaient pour être exécutées soit par ses 
bureaux, soit par ceux des intendants des finances. Quand les 
mesures arrêtées donnaient lieu à des lettres patentes ou à 
d’autres mandements du roi pour lesquels il fallait le sceau de la 
Grande-Chancellerie, c’était encore le Contrôle général qui se 
chargeait de l’accomplissement des formalités nécessaires. 

Chacun des services dépendants du Contrôle faisait recopier les 
arrêts du Conseil royal et du Conseil d'État qu’il avait provoqués 
dans des registres qui ont été détruits, à l’exception d’un très 
petit nombre, provenant de l’Intendance chargée de la taille, du 
taillon, de la capitation, etc., confiée alors à M. d’Ormesson; 
l’exécution en est très soignée 3 . Il existe aussi quelques registres 
du même genre pour l’administration du commerce, mais en 
général assez mal tenus 3 . 

1. Quelquefois au Conseil ordinaire par des maîtres des requêtes. Voyez plus 
haut, § 13. — Les maîtres des requêtes n’avaient pas entrée au Conseil royal. 

2. E 26821. 

3. Fis. Il y a là deux fragments de fonds. Les papiers du Bureau du commerce 
appartiennent au Conseil d'État; les autres viennent du Contrôle général, Inten- 
dance du commerce. — La Bibliothèque nationale possède une série de registres 
allant de 1699 à 1708 et intitulés : Arrêts rendus au Conseil royal des finances. 
Ce sont des copies d’arrêts du Conseil ordinaire des tinances et non du Conseil 
royal. Le mot royal est une fantaisie du commis d’ordre. Ils viennent de l’In- 
tendance des aides (mss. fr. 10845-10852). 



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30 



LE FONDS DD CONSEIL D’ÉTAT DE L’aNCIBN RÉGIME 

38 . Relevons, en terminant cette revue des opérations aux- 
quelles donnaient lieu la confection et l’émission des arrêts des 
Conseils du roi et du Conseil d’État, une particularité : les 
ampliations des uns et des autres portaient uniformément pour 
titre : Extrait des registres du Conseil d'État 1 . Or, sous les 
règnes de Louis XIY, Louis XV et Louis XVI, les copies signées 
des secrétaires d’État étaient seules tirées de registres. Quant aux 
arrêts rendus au Conseil d’État privé, finances et direction, et 
dans les Commissions extraordinaires, ils demeuraient en feuilles. 
Ici les registres sont à l’état de fiction. 

39 . Le chancelier. — Il faut remarquer que les minutes, de 
quelque Conseil ou Commission qu’elles vinssent, tiraient leur 
autorité de la signature du chancelier, qui figure absolument sur 
toutes sans exception. Le chancelier a été jusqu’à la fin, comme 
aux premiers temps de la monarchie, sinon au fond, du moins 
dans la forme, le chef de tous les Conseils du roi*. 



IL 

LE CONSEIL D’ÉTAT DE 1673 A LA RÉVOLUTION. 

40. Avant 1762. — A ne considérer que la carrière des 
membres du Conseil d’Etat, qui, pour quelques-uns, avait com- 
mencé sous Louis XIY, on doit présumer que la tradition était 
souveraine dans cette assemblée. Elle vivait, en effet, sur un 
règlement du 3 janvier 1673. Des variations de jours de séance, 
le droit enlevé puis rendu aux intendants des finances de rappor- 

1. Les expéditions du Conseil privé sont intitulées : « Extrait des registres du 
Conseil d’État privé du roi ; » celles des Conseils du roi et du Conseil d’État, 
finances et direction : « Extrait des registres du Conseil d’État. » C'est de 
Louis XIV que date l'usage d'appliquer aux deux séances du Conseil le nom de 
Conseil d’État. Quand ce prince supprima, après la mort de Séguier, la dignité 
de chancelier, il ordonna que le doyen présiderait a ses Conseils d’État tant 
pour ses finances que pour les parties. » Règlement du 8 février 1672. (Bibl. 
nat., ms. fr. 16218, p. 211.) 

2. Louis XIV le proclame en 1661, tout en écartant, après la disgrâce de Fou- 
quet, le chancelier Séguier du Conseil royal des finances, où il ne devra paraître 
que quand le roi le jugera à propos. Mais, dit S. M., quand il y sera appelé, 
« il aura rang et préséance, comme chef de tous les Conseils du Roi. » (Ordon- 
nance du 15 septembre établissant le Conseil royal.) 



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AUX ARCHIVES NATIONALES. 



34 



ter au Conseil royal, quelques dispositions relatives au service et 
à la situation des secrétaires et greffiers, à la fixation du nombre 
des maîtres des requêtes de l’hôtel, voilà tout ce qu’on trouve à 
noter de 1673 à 1762. Dans les écritures, on ne constate aucun 
changement pendant cette période. 

41 . La grande révolution administrative de 1715, dirigée 
contre le Conseil autant que contre les secrétaires d’Etat (on ne 
voit presque aucun nom de conseillers autres que les intendants 
des finances dans les commissions substituées aux ministres), ne 
fit que glisser sur lui. Tout d’abord, la plupart de ses Commissions 
paraissent avoir été suspendues. Mais cela ne dura guère; les 
rouages un moment arrêtés furent remis en mouvement l’un 
après l’autre, et la machine gouvernementale se reprit à fonc- 
tionner comme au temps du grand roi 1 . De cette époque il reste, 
dans le fonds du Conseil d’État, les papiers du Conseil particulier 
des finances de 1715 à 1718 qui ont été déposés dans ses archives 
après qu'il eut été dissous*. 

42 . On sait que c’est de l’année 1716 que date l’installation 
au Louvre des documents anciens provenant du Conseil d’Etat 
et finances et des Commissions extraordinaires 3 . Les Archives 
nationales conservent deux témoins des opérations qui ont pré- 
cédé l’établissement définitif de ce dépôt. On rechercha d’abord 
toutes les pièces demeurées entre les mains des secrétaires et 
greffiers en charge ou des héritiers de ces officiers qui étaient 
décédés ; ils furent réunis chez le secrétaire des finances Coquille 4 . 
Le registre E 2662 est l’inventaire 3 des papiers qui lui furent 
livrés, en 1686, par Le Fouyn, greffier des Commissions extraor- 
dinaires. Puis on nomma, pour ces collections, un garde spécial, 
Hersent, qui les reprit à Coquille. Il ne reste que le premier 
volume du récolement opéré lors de ce versement; il porte la 

1. Voyez les almanachs royaux de 1716 à 1718. 

2. Arch. nat., E 3640-3653. 

3. N. Valois, Introduction à Y Inventaire des arrêts du Conseil d'Êtat (règne 
de Henri IV). Paris, 1886, in-4 # , p. cxli. 

4. Il logeait rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. 

5. Dans le préambule de cet inventaire, il est exposé que Coquille avait déjà, 
en vertu d’un arrêt du 10 mars 1685, recueilli, avec plusieurs séries de papiers 
provenant du Conseil d’État, finances et direction, le grelfe d’une Chambre de 
justice. 



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32 



LS FORDS DD COKSBIL D'ÉTAT DE L’AîICIER RÉGIME 

cote E2663*. Mais déjà beaucoup de minutes et de registres, 
surtout parmi les plus anciens, avaient été dispersés. Des collec- 
tionneurs en recueillirent un certain nombre. Plusieurs, et des 
plus intéressants, sont entrés à la Bibliothèque nationale. Nous 
aurons occasion de les étudier. 

43 . De 1762 à 1791. — Si nous embrassons maintenant 
d’un coup d’œil l’action des divers Conseils de 1762 à la fin de 
l’Ancien Régime, nous constatons que rien ne fut, durant ce 
temps, changé à leur fonctionnement. Les intendants des finances 
cessèrent, à la vérité, sous Louis XVI, d’avoir le titre de con- 
seiller d’État et ne furent plus que maîtres des requêtes 2 . Il y 
eut des additions, des suppressions dans les Commissions ordi- 
naires et extraordinaires 3 . Après la réunion des assemblées des 
Notables, on vit tout à coup le Conseil décliner. Cependant, les 
écritures, les traditions, les officiers et leur manière de procéder 
demeurèrent les mêmes jusqu’au 17 avril 1791. Toutes les 
remarques que nous avons faites à propos de l’année 1762 con- 
servent donc leur valeur pour la seconde partie du xviii" siècle 
comme pour la première. Nous avons ainsi les éléments néces- 
saires pour déterminer la méthode de rangement applicable aux 
titres que ce corps, tel qu’il avait été constitué par Louis XIV 
en 1673, nous a laissés. 



III. 

CONSTITUTION DU FONDS DU CONSEIL D’ÉTAT. 

44 . De tout ce qui précède, il résulte que les liasses et registres 
du Conseil d'État de 1673 à 1791 forment un seul fonds. Les 

1. Dans le carton V 7 524 se trouve un procès-verbal de pose de scellés, en 
1767, chez un greffier de Commissions extraordinaires qui parait avoir été des- 
titué. 11 est suivi d’un inventaire de son greffe. Les papiers que celui-ci conte- 
nait sont répartis entre les greffiers qui prenaient la continuation de ses affaires 
et les archives du Louvre. 

2. Ils n’entrèrent plus au Conseil royal. On adjoignit alors à la Petite Direc- 
tion quelques conseillers d'État pour juger le contentieux. Les maîtres des 
requêtes pouvaient toujours y rapporter. 

3. On créa notamment, auprès du Contrôle général, en 1777, un comité de 
contentieux, et en 1783 un comité des finances, composés tous deux de conseil- 
lers d’État. 



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AUX ARCHIVES NATIONALES. 



33 



grandes lignes du classement de ce fonds sont tracées dans l'or- 
ganisation même de l'institution dont il émane. Elle avait 
trois sortes d’officiers pour tenir ses écritures, d'où trois catégo- 
ries bien tranchées : 1° greffe du Conseil privé ; 2° secrétariat du 
Conseil des finances ; 3° greffes et secrétariats des Commissions 
extraordinaires. 

Du Conseil privé dépendaient les Commissions permanentes ou 
temporaires chargées des travaux préparatoires de ses séances 1 . 
Tous les papiers de ces Conseils et Commissions étaient entre les 
mains du greffier du Conseil privé. 

La Grande Direction, la Petite Direction, la Commission des 
domaines et aides, ainsi que celle des gabelles, cinq grosses 
fermes, tailles et autres affaires de finances étaient du ressort des 
secrétaires des finances, qui conservaient aussi les rôles de taxes, 
états de recouvrement, états au vrai, résultats du paiement des 
impôts, comptes des fermiers généraux, etc., soumis au Conseil. 

En tête des Commissions extraordinaires se placent le Bureau 
du commerce et le Conseil des prises, puis les autres Bureaux 
d’intérêt général. Viennent ensuite tous les procès de particuliers 
jugés extraordinairement ; enfin les Chambres de justice, dont les 
papiers étaient jadis, après la clôture de leurs opérations, ratta- 
chés aux archives du Conseil d’État. 

45. Les registres des secrétaires d’Etat n'appartiennent pas 
au fonds du Conseil. Comme ces hauts fonctionnaires avaient 
seuls qualité pour délivrer expédition des arrêts qu’ils conte- 
naient, il était nécessaire qu’ils fussent conservés au siège de 
leur ministère. C’était d’ailleurs en vertu de ces décisions qu’ils 
administraient, et l'on ne saurait concevoir que ces précédents, 
sur l’autorité desquels ils s’appuyaient, n’eussent pas été à leur 
portée immédiate. Les registres des secrétaires d’Etat doivent 
donc être classés dans les fonds des anciens secrétariats d’État. 

46. Un peu avant la Révolution, les ministères s’étaient enfin 
constitués d’une manière plus rationnelle; les Généralités avaient 
cessé d'être arbitrairement réparties entre tous les secrétaires 
d’État. Les ministères des Affaires étrangères et de la Marine 
n’administraient plus des provinces; la Guerre seule avait con- 
servé les siennes : Trois-Evèchés, Lorraine et Barrois, Artois, 

l. Voyez plus haut, g 8. 

4898 3 



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34 LE FONDS DD CONSEIL d’ÉTAT DE l’aNCIEN REGIME 

Flandre, Hainaut, Alsace, Franche-Comté, Roussillon, Dau- 
phiné, ville de Sedan et dépendances, île de Corse. Le ministère 
de la Maison du roi, auquel avait été déjà réuni, en 1749, le 
ministère de la « Religion prétendue réformée 1 > (dont on a si mal 
à propos, après 1867, enlevé les papiers à la série O pour les 
fondre avec ceux de la Commission des économats 2 et des pièces 
d’origines diverses dans une collection factice sur les protestants, 
série TT), reçut les registres des ministères des attributions des- 
quels il héritait. Les arrêts conservés par les secrétaires d’Etat 
doivent donc être ordonnés sous deux rubriques : 1° secrétariat 
d’État de la Maison du roi, avec autant de divisions qu’il comptait 
d’autres secrétariats d’Etat réunis 3 ; 2° secrétariat d’État de la 
Guerre. 

47 . Les registres d’ordre du Contrôle général des finances, 
compris dans la série E sous le titre de Répertoires d'arrêts, 
doivent être restitués au Contrôle. 

L’Intendance de la taille, du taillon et de la capitation repren- 
dra ses registres de transcriptions d’arrêts 4 . 

t. Lors de cette réunion, Louis Phelypeaux, comte de Saint-Florentin, plus 
tard duc de La Vrillière, succéda au comte de Maurepas, des Phelypeaux de 
Pontchartrain, qui avaient le ministère de la Maison du roi depuis 1690. Les 
Phelypeaux de La Vrillière eux-mêmes se transmettaient le secrétariat d’État de 
la « religion prétendue réformée » de père en fils depuis 1621, et le premier La 
Vrillière le tenait de son frère Phelypeaux de Pontchartrain, qui l’avait gardé 
douze ans. Comme le duc de La Vrillière ne quitta sa charge qu'en 1775 (il la 
possédait depuis 1725), cette véritable dynastie ministérielle exerça sans inter- 
ruption le pouvoir pendant 165 ans. 

2. Commission des économats et de la régie des biens des religionnaires 
fugitifs. 

3. « Religion prétendue réformée, » Affaires étrangères, Marine, ministère 
Bertin. Les registres d’arrêts en commandement et les papiers d’administra- 
tion provenant de ces secrétariats d’État avaient été, déjà avant la Révolution, 
groupés ensemble dans un dépôt dépendant de la Maison du roi ; (le ministère 
des Affaires étrangères a gardé beaucoup de papiers de provinces.) L’un de ces 
dépôts était au Louvre ; il contenait les documents des provinces qui avaient été 
anciennement dans les attributions de la Maison du roi et ceux provenant du 
secrétariat de la « religion prétendue réformée, » longtemps appelés « minutes 
de M. le comte de Saint-Florentin, » Le second était aux Grands-Augustins 
d’abord, aux Petits-Pères ensuite. C’est lui que Camus appelle « dépôt du Conseil 
des dépêches et des bureaux des ministres. » ( Mémoire , etc., p. 283 et 286.) 
L’idée de joindre ce dépôt aux collections provenant du Conseil d’État vient 
de Mallet. Voyez son rapport au ministre de la Justice, Arch. nat., F 7 4774 32 . 

4. Sous les cotes E 1683 10 et 1683 11 se trouvent des brouillons d’arrêts qui 
paraissent venir également d’une Intendance ou du Contrôle. Ils sont classés par 



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AUX ARCHIVES NATIONALES. 



35 



48 . Enfin, il n'y a aucune raison pour laisser mêlée aux 
papiers du Conseil d’Etat la correspondance du ministre Bertin 1 , 
non plus qu’une série de registres d’ordre du secrétariat d’Etat 
de la Guerre qui ne sont pas même, comme les précédents, parti- 
culièrement consacrés aux relations entre cette assemblée et l'ad- 
ministration 2 . Ils contiennent l’enregistrement au départ de toutes 
les affaires civiles et militaires traitées au ministère de la Guerre 
de 1709 à 1779, avec quelques lacunes. Ces affaires y sont très 
bien analysées et rangées sous divers titres : arrêts en comman- 
dement, — arrêts en finance, — brevets de toute nature, — com- 
missions, — édits, ordonnances et déclarations, — lettres de 
noblesse, — lettres de grâce, — lettres patentes, lettres de chan- 
cellerie, lettres du roi sur différentes matières, — ordonnances 
d’appointements, — passeports et sauf-conduits, — et enfin toute 
la correspondance signée du ministre. Les arrêts , dont le sommaire 
occupe seulement quelques pages, se retrouvent tous in extenso 
dans les minutes du secrétaire d’Etat de la Guerre, où ils se 
suivent sans la distinction, établie dans les registres d’ordre, 
entre les arrêts en commandement et les arrêts en finance 3 . 

Tous les documents antérieurs à 1673 trouvés dans les archives 
du Conseil d’État au moment de la Révolution appartiennent 
nécessairement au fonds de cette assemblée, puisqu’ils y avaient 
été réunis par ordre du roi. Rentrent-ils dans le plan que nous 
venons de tracer ou convient-il d'ouvrir pour eux des catégories 
nouvelles? C’est une question que nous allons essayer d’élucider. 

IV. 

LES CONSEILS, DE HENRI II A LOUIS XIV. 

49 . Les collections conservées aux Archives nationales 
remontent, pour le Conseil privé, à l’année 1579 ; pour le Con- 

Génér&lités, mais portent des numéros se référant à un autre classement, peut- 
être celui d’un registre de copies. En tout cas, ils ne viennent pas du fonds du 
Conseil d’État. 

1. E 3701 ; y joindre H 1428. 

2. E 2750-2782, années 1709-1779, avec quelques lacunes. 

3. Il faut aussi tirer de V 7 les registres de la « Justice de M. l’Intendant de 
Paris, » qui appartiennent au fonds de la Généralité de Paris (V 7 521-523). 



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36 LE FONDS DO CONSEIL D'ÉTAT DE l’aNCIBH RÉGIME 

seil d'État, à 1593. A la Bibliothèque nationale, la série des 
arrêts commence en 1547 *. Je ne pousserai pas plus haut mes 
recherches : elles cessent au point où manquent les documents ; 
on voudra bien se rappeler que je ne traite qu’une question d’ar- 
chives et que je ne prends dans l’histoire et la jurisprudence des 
Conseils que ce qui intéresse leurs papiers. L'année 1547 est une 
date topique pour le sujet qui nous occupe : c’est celle du début 
du pouvoir ministériel en France. Le lendemain même de son 
avènement au trône, le nouveau roi répartit les affaires de l'inté- 
rieur et de l’extérieur du royaume entre quatre secrétaires de ses 
commandements et finances : Guillaume Bochetel, Cosme Clausse, 
Claude de Laubespine et Jean Du Thier*. Trois jours après, il 
organisa ses Conseils 3 . 

Conseil privé. — 50 . De 1676 à 1789, nous avons constaté 
l’existence simultanée de deux sortes de Conseils : d’abord des 
Conseils de gouvernement avec lesquels travaille le roi, ensuite 
des Conseils d'administration et de justice tenus hors de sa pré- 
sence. C’est ce que nous trouvons déjà dans le règlement fait par 
Henri II et ce qui existait sans doute bien avant lui, car cette 
division est dans la nature même des choses. Le Conseil de gou- 
vernement qui a lieu tous les matins s'appelle « Conseil des 
affaires, » l’autre se tient les après-midi et porte le nom de « Con- 
seil privé. » Nous parlerons du Conseil des affaires quand nous 
aurons épuisé la question du Conseil privé 4 . 

L’ordonnance de 1547 dit que le Conseil privé sera composé 
de dix conseillers auxquels se joindront ceux du Conseil des 
affaires et les secrétaires des commandements et finances de S. M. 
Il jugera, sur le rapport des maîtres des requêtes de l’hôtel, les 
procès des poursuivants, et il traitera, en outre, d’autres affaires 
que le règlement ne désigne point. Un document contemporain 
du plus haut intérêt va nous faire voir que ces autres affaires sont 



1. Dans l'introduction à 1 Inventaire des arrêts du Conseil d'État, M. N. 
Valois a indiqué consciencieusement tous les documents antérieurs à Louis XIII 
qui existent à la Bibliothèque nationale sur le Conseil d'État. 

2. Règlement du l #r avril 1547. (Comte de Luçay, Des origines du pouvoir 
ministériel en France y etc. Paris, 1881, in-8°, p. 582.) 

3. Règlement du 3 avril 1547 (Arch. nat., KK 625). — Tous les règlements cités 
plus bas sont empruntés à ce manuscrit, sauf trois ou quatre dont j’indiquerai 
l'origine. 

4. Voyez plus bas, { 63. 



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AUX ARCHIVES NATIONALES. 



37 



des affaires d'administration et de finance. Sous le seul vocable 
de Conseil privé, l’assemblée joue donc le double rôle qui don- 
nera lieu plus tard au double nom de Conseil d’État et finances, 
d’une part, et de Conseil privé, de l’autre. 

51 . Venons à ce monument précieux 1 dont j’ai parlé tout à 
l’heure et qui a si heureusement échappé à la destruction. C’est 
un recueil de copies authentiques, le premier d’une série de 
registres que nous n’avons pas rencontrée sous Louis XIV et 
sous Louis XV et qui se continuera jusqu’au xvii 6 siècle. Les 
pièces qu’il contient sont comprises entre le 19 avril 1547 et le 
4 janvier 1554. Elles sont de nature très diverse : arrêts, lettres 
patentes, règlements, traités, marchés, états financiers, mentions 
d’ordres de chevauchée donnés à des trésoriers de France ou de 
paiement à des officiers de finance, etc. On discute au Conseil 
privé des arrangements avec l’Angleterre et le Portugal au sujet 
des prises faites en mer et du commerce maritime, avec les Ligues 
suisses pour le paiement des mercenaires. On y arrête des répar- 
titions d’impositions; des prévisions de dépenses pour l’armée 
envoyée en Écosse, pour la solde des gardes du roi, pour l’ap- 
provisionnement des places fortes, notamment de Metz, Toul et 
Verdun, au lendemain de leur réunion à la France, pour la cons- 
truction de navires, etc. L’établissement récent des présidiaux et 
des greniers à sel donne lieu à un grand nombre d’actes. On exa- 
mine les doléances des États. Défense est faite à Robert Estienne 
de vendre des Bibles et des Nouveaux Testaments ; une chambre 
spéciale est créée au Parlement de Paris pour connaître des blas- 
phèmes hérétiques. On prépare des édits somptuaires. Des dispo- 
sitions sont prises pour assurer l’ordre dans le nombreux person- 
nel attaché à la cour ; quelques-unes étonnent par leur férocité : 
on coupait le poing à quiconque effaçait une marque à la craie 
sur les logements préparés par les fourriers 2 . (Jne émotion popu- 
laire, que des magistrats du Parlement de Bordeaux étaient 
soupçonnés d'avoir fomentée, provoque une longue procédure qui 
finit par une abolition générale, après que les accusés ont été 
longtemps traînés à la suite de la cour pendant ses nombreux 
voyages. Il y a très peu d'instances qui, de manière ou d’autre, 

1. Bibl. nat., ms. fr. 18153. 

2. Cette pénalité est reproduite dans une ordonnance du temps de Louis XIII, 
30 mai 1624. (Àrch. naL, V 945 A , fol. 128, et üibl. nat., ms. fr. 16218, fol. 139.) 



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38 LB FONDS Dü CONSUL D’ÉTAT DB L’ANCIEN RÉGIME 

n'intéressent l'État. Plusieurs, sur des matières bénéficiais, sem- 
bleraient plutôt ressortissantes au Grand Conseil; mais, lors- 
qu'on y regarde de près, on voit qu'elles émanent de dignitaires 
de la cour de Rome, et le registre dont il s’agit contient le texte 
de deux lettres patentes déclarant que ce genre de contestations 
sera réservé au Conseil privé. 

Si le fond, dans ce manuscrit, a une grande importance pour 
l’histoire, la forme n'est pas moins remarquable. Les copies sont 
signées des quatre secrétaires des commandements de S. M., les 
futurs secrétaires d’État 1 . C'est un témoin de la transition entre 
la situation primitive de ces fonctionnaires, jadis modestes secré- 
taires du Conseil pour les finances-, et leur futur rôle comme 
ministres. On ne comprend pas bien la raison du plan suivi pour 
la transcription des actes. L’ordre chronologique n’est pas rigou- 
reux et il n’y a pas de classement méthodique; on s’attend au 
moins à voir les expéditions authentiquées par le secrétaire dans 
les attributions duquel rentrent les affaires traitées dans les actes : 
en réalité, il ne semble pas qu’il en soit toujours ainsi. Peut-être 
la signature est-elle apposée par celui qui était « en mois, » c’est- 
à-dire de service, au moment où la copie a été insérée dans le 
registre 3 . En tout cas, nous n’avons là sans doute qu’un choix 
de décisions ; il est difficile de croire que ce soit le résultat com- 
plet de tout le travail du Conseil pendant sept ans 4 . On ne trouve 
pas, dans ce registre, de procès exclusivement entre simples parti- 
culiers : les affaires sont du ressort de ce qu’on appellera plus 
tard « le Conseil d’État et finances. » 

Le règlement de 1547 ne fixait pas de jour pour « ouïr les 
requêtes des poursuivans. » Une ordonnance de 1557 5 prescrit 

1. On y rencontre aussi la signature de Jacques Bourdin, qui avait la survi- 
vance de Guillaume Bochetel. 

2. Un souvenir de cette dépendance s’est perpétué dans Y Almanach royal 
jusqu à la fin du règne de Louis XIV : les secrétaires d’État n’y viennent alors 
qu’après le Conseil d’État. Lorsque la substitution, en 1716, des conseils spé- 
ciaux aux ministères prend fin, Y Almanach intercale les secrétaires d’État entre 
les Conseils du roi et le Conseil d’État, donnant ainsi à ces fonctionnaires le 
pas sur ce dernier. 

3. Il est souvent question plus tard, dans les règlements de Henri III, du 
secrétaire d’État qui était « en mois. » Voyez plus bas, g 63. 

4. Dans un petit registre qui ne semble pas provenir du greffe du Conseil se 
voient quelques copies d’arrêts de 1552 à 1563. (Bibl. nat., ms. fr. 5905.) 

5. BibL nat., ms. fr. 18152. 



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AUX ARCHIVES PfATIOPfALBS. 



39 



de consacrer les après-dîners des mardis et jeudis à « vacquer et 
entendre au fait des particuliers. > Mais nous n’avons, pour ces 
séances, ni minutes ni copies officielles avant le règne de Charles IX. 

52. Le 18 février 1566, ce roi tire du sein de ses deux Con- 
seils des affaires et privé une commission pour examiner « le fait 
des finances * et lui en faire rapport. Cette commission est appe- 
lée « Conseil des finances > dans des règlements postérieurs, et 
celui du 24 octobre 1572 nous présente ainsi le tableau des Con- 
seils de cette époque : 1° un Conseil présidé par le roi, dit Conseil 
des affaires ; 2° un Conseil des finances, composé d’un très petit 
nombre de personnes, et qui se tient près de sa chambre, pour 
qu’il puisse « y aller quand il veut; » 3° le Conseil privé. 

Cinq registres nous restent du temps de Charles IX. Deux sont 
des transcriptions non authentiques d’arrêts du Conseil privé 1 ; 
bien qu’elles soient dépourvues de toute signature, leur sincérité 
ne semble pas devoir être suspectée. Les arrêts que ces registres 
contiennent doivent avoir été rendus aux séances tenues pour l’au- 
dition des requêtes des parties. Il est à remarquer qu'un très grand 
nombred'entre eux est relatif à des contestations d’un caractère plus 
administratif et financier que juridique. Les trois autres registres 
sont des plumitifs très détaillés. Le premier 2 offrale procès-ver- 
bal de tout ce qui s’est passé au Conseil privé de 1563 à 1567 ; 
il ne porte point de signatures, je crois que néanmoins il mérite 
toute confiance. Les deux autres 3 sont également des procès-ver- 
baux, authentiques cette fois, du Conseil particulier des finances 
créé par Charles IX. Dans certaines circonstances, aux membres 
peu nombreux qui le composent se joignent d’autres conseillers ; 
la séance est alors intitulée « Conseil privé tenu pour les finances. » 
Je reparlerai du Conseil particulier des finances 4 . 

Conseil d’ État et Conseil privé. — 63. Henri III, dès le 
début de son règne, apporte toute sa sollicitude à assurer la 
marche du gouvernement. Il s’occupe surtout du fonctionnement 
du Conseil privé 5 . Le 17 septembre 1574, il lui ordonne de s’as- 

t. Bibl. nat., ms. fr. 16221, année 1566; 16223, années 1567-1569. 

2. Ms. fr. 18156. 

3. Ms. fr. 18154, années 1566-1567, et 16222, années 1567-1569. 

4. Voyez plus bas, § 64. 

5. Il portera ce nom jusqu'en 1578. Voyez une analyse d'arrêts rendus cette 
année. Une main postérieure Ta intitulée : Journal de Satnt-Bonnet , alors 
intendant des finances. (Bibl. nat., ms. fr. 16224.) 



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40 LE FONDS DU CONSEIL D’ÉTAT DE L’aNCIBN RÉGIME 

sembler tous les jours. C’est alors une grande assemblée com- 
prenant quatre princes, dont le roi de Navarre, six cardinaux, 
les grands officiers de la couronne, le chancelier, les maréchaux, 
l’amiral, cinquante-quatre conseillers, la plupart de robe courte, 
sans parler des présidents des cours souveraines qui y prennent 
place quand ils sont mandés par le roi ou quand ils viennent à la 
cour. 

54. Pendant les années qui suivent, Henri III multiplie les 
règlements, cherchant une organisation qui le satisfasse : il y 
arrivera seulement en 1585. Je ne retiens de ces essais intermé- 
diaires que les faits les plus saillants. Le plus important est la 
décision du 1 1 août 1578 1 , par laquelle il ordonne que dorénavant 
il se tienne « un Conseil que Von appellera Conseil d’État » et 
où assisteront seulement ceux que S. M. déclarera ; il y aura en 
outre un Conseil pour ouïr les requêtes des particuliers. Des pro- 
cès-verbaux dits résultats seront dressés pour chacun d'eux 
après chaque séance. A dater de ce jour, il y eut en conséquence 
deux séries d’arrêts : l'une pour le Conseil d’État, l’autre pour le 
second Conseil, qui s’appela d’abord « Conseil des parties, » mais 
pendant une année à peine. Dès 1580, il prit le nom de « Conseil 
privé 2 , » qu’il garda jusqu’à la Révolution. Les résultats étaient 
lus au roi, quelquefois en présence de la reine mère ; le roi les 
approuvait et les signait 3 . 

55. On copiait, comme je l’ai dit, les minutes sur des registres. 
Ces expéditions devaient être signées et parafées, et la plupart 
le sont en effet; mais pour quelques-unes on a cessé de les 
authentiquer à partir du milieu du volume, il y a même des 
volumes tout à fait informes. La double série des registres de 
copies, tant pour le Conseil d'État que pour le Conseil privé, ne 
va pas plus loin que 1629. C'est la Bibliothèque nationale qui a 



1. Ms.fr. 18152. 

2. Ms. fr. 18157. 

3. 11 y a des résultats originaux pour les deux Conseils à la Bibl. nat., mss. 
fr. 10840, 16226, 18157, 18158. — Aux Arch. nat., on a, pour le Conseil privé, 
groupé les résultats originaux dans trois cartons, V 6 1221-1223, les séparant 
ainsi des arrêts sur requête rendus aux mêmes conseils ; c’est à tort. Dans des 
registres d’expéditions contemporains dont je vais parler, ces arrêts sont, pour 
chaque conseil, copiés à la suite du résultat et forment avec lui le dossier de la 
séance. 



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AUX ARCHIVES NATIONALES. 



44 



les registres provenant du premier 1 ; il faut chercher ceux du Con- 
seil privé aux Archives nationales *. 

J’ai cru un instant tenir enfin , en mettant la main sur ces 
recueils, les fameux registres du Conseil d’après lesquels étaient 
délivrés les extraits. Illusion ! Les expéditions dans ces recueils 
portent elles-mêmes pour titre : Extrait des registres du Con- 
seil d'Êtat ou du Conseil privé. Les registres ne sont décidé- 
ment qu'un mythe, à moins qu’on ne trouve l’explication de cette 
formule traditionnelle en remontant à une date plus reculée. 

56. Le Conseil privé subit sous Henri III une éclipse qui 
dura un peu plus de trois ans. Les procès s’y étaient multipliés 
de telle sorte que le roi jugea qu’il y avait abus et prit la résolu- 
tion de le suspendre. « Le Roy a ordonné, » dit le règlement du 
12 avril 1581, « que le Conseil des parties, qui se souloit tenir 
les mercredys et vendredys 3 , sursoie et ne se tienne plus pendant 
quelque temps; et II a advisé que, pour vacquer et entendre assi- 
duement à ces affaires, les sieurs de son Conseil privé et d’Estat, 
qui ne souloient tenir conseil que les matinées des lundys, mar- 
dys,jeudys etsamedys, le tiendront aussy doresnavant les mati- 
nées des mercredys et vendredys, ausquels jours se traicteront 
audict Conseil les matières qui eussent pu estre traictées audict 
Conseil privé des après disnées, autres que celles dont S. M. 
a voulu estre faict renvoy général aux cours de Parlements et 
autres juges ordinaires. Et serviront audict Conseil les quatre 
secrétaires-greffiers dudict Conseil privé, ainsi qu'ils souloient 
faire en celui qui se tenoit les après-disnées desdits mercredys et 
vendredys, pour tenir les registres desdicts arrests et délibéra- 
tions qui se feront. » 

Le remplacement des conseillers, chargés de tenir les conseils 
de certaines après-dînées, par ceux de leurs collègues qui tra- 
vaillaient le matin, donnerait lieu de supposer que le personnel 
était alors réparti en deux sections. Si cette division a existé, on 
verra tout à l’heure qu’elle n’a été que passagère. 

On trouve dans les papiers du Conseil privé trace de la suspen- 
sion infligée à ceux qui le tenaient alors. Pendant les années 



1. Mss. fr. 10841 ; 16225, 16227-16236; 18159-18204. Le dernier volume de la 
série est aux Arch. nat. sous la cote E 2665. 

2. V« 1171-1220. 

3. L'après-dîner. 



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42 LE FONDS DU CONSEIL D'ÉTAT DE L’ANCIEN BlÊGTMB 

1581, 1582, 1583 et 1584, les minutes du greffe qui lui est spé- 
cial portent cette souscription : « Faict au Conseil d' Estât du 
Roy... » Ce n’est qu’en 1585 que reparaît la formule : « Faict 
au Conseil privé...'. » 

57. Il semblerait que Henri ni ait ébauché dès 1579 un pre- 
mier établissement de Commissions du Conseil. On remarque, en 
effet, à la date du 10 décembre de cette année, une répartition de 
divers personnages en quatre groupes qui en ont l’apparence : 
1° « pour le faict de l'Eglise ; » 2° « pour la police et le faict de 
la gendarmerie ; » 3° « pour le faict de la justice ; » 4° « pour 
les finances*. » En 1582, il en forma trois autres composés de 
conseillers et d’intendants des finances et distribua les provinces 
entre eux, les chargeant de préparer des rapports sur les affaires 
qui les concernaient. 

58. Enfin, paraît le grand règlement du 8 janvier 1585, qui 
est demeuré jusqu’à la fin de l’Ancien Régime la charte du Con- 
seil. La division dans les séances y est nettement marquée : Con- 
seil d' État d’une part, Conseil privé de l’autre 3 . Mais il n’est 
pas attribué à chacun de ces Conseils un personnel distinct : les 
trente-trois membres ordinaires qui composent la compagnie, 
répartis en trois groupes servant chacun quatre mois, assistent 
aux réunions de l’un et de l’autre. Les matières soumises aux 
délibérations de chaque Conseil sont fixées et définies 4 . Le nombre 
des conseillers 6 , le cérémonial des assemblées, le costume, tout, 
jusqu’à la table et son tapis de velours violet cramoisi garni d’une 
bordure fleurdelisée haute de deux pieds, est minutieusement 
arrêté. Le service des secrétaires et greffiers est réglé. A ces 
deux Conseils, il en ajoute un troisième spécial aux finances dont 
je parlerai plus loin. L’ordonnance est suivie d’une nouvelle 
répartition des provinces entre les conseillers d’État. 

Dans les siècles qui suivront, on modifiera des détails, mais les 

1. Arch. nat., V« 2. 

2. Bibl. nat., ms. fr. 7007, fol. 268. 

3. Il faut noter que, dans les séances du Conseil privé, les huissiers pouvaient 
rester dans la salle. A celles du Conseil d’État, ils devaient se tenir dehors. 
(Règlement du. 11 août 1578.) 

4. Voyez plus bas, § 65, les attributions du Conseil d’État. Le Conseil privé 
était, comme je l’ai dit, consacré aux affaires civiles et crimineUes. 

5. Voyez plus bas, g 61. 



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AUX ARCHIVES NATIONALES. 



43 



grandes lignes du plan tracé par la main d’Henri III subsisteront, 
comme l’ordre du Saint-Esprit, qu’il venait de créer, comme le 
règlement sur l’exercice des fonctions des secrétaires d’État qu’il 
devait édicter en 1588. 

59 . Il n’y a rien à signaler pour le sujet qui nous occupe sous 
le règne de Henri IV. Le roi cessa de prendre connaissance des 
résultats et de les signer. On continua cependant à en rédiger 
jusqu’en 1614. Vers cette dernière époque, on accola, sur le titre 
des registres de copies, aux mots «c Conseil d’État, » celui de 
« finances » : Conseil d'Etat et finances l . 

60 . En 1627, l’assemblée fut divisée en Bureaux : 1° pour les 
aflaires de justice ; 2° les affaires du clergé ; 3° les fermes, gabelles, 
créations d'offices, le domaine; 4° les levées et assiettes d’impo- 
sitions et autres affaires de finances; 5° la police, l’assistance 
publique, les arts, manufactures, inventions et autres introduc- 
tions utiles ; 6° la guerre, les garnisons, les vivres; 7° les aflaires 
de la « religion prétendue réformée ; » 8° celles de la marine et 
du commerce; 9° celles qui regardent les étrangers. Enfin, plu- 
sieurs Commissions furent nommées pour l’examen des cahiers 
des provinces. 

61 . A ce moment, le nombre des conseillers en titre d’office 
est à peu près le même que celui fixé par le règlement d’Henri III ; 
mais leur recrutement a changé du tout au tout. En 1585, sur 
trente-trois, on en comptait six d’église, vingt et un d’épée et six 
de robe longue; en 1628, il y a quatre conseillers d’église, quatre 
d’épée et vingt-sept de robe longue 2 . Le Conseil fut composé défi- 
nitivement, le 6 mai 1657, par Louis XIV, de dix-huit conseil- 
lers ordinaires, dont trois d’église et trois d’épée, et de quatorze 
conseillers semestres, proportion qui fut à très peu près mainte- 
nue jusqu’à la Révolution. 

Si l’on excepte les Conseils spéciaux des finances, qui se com- 
posèrent toujours d’une élite assez restreinte, tous les conseillers, 
sous Henri IV, continuèrent à prendre part à la fois aux travaux 

1. Bibl. nat., ms. fr. 18186 et suiv. 

2. Michel de Marillac explique ainsi ce changement : sous Henri IV, à cause 
des guerres, un grand nombre de conseillers se déshabitua de venir aux séances, 
et principalement ceux de robe courte, de sorte que peu à peu le Conseil fut 
quasi tout réduit aux personnes de robe longue. ( Traité du Conseil du roi , 
ms. Àrch. nat., U 945 A .) 



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44 LB FONDS DU CONSEIL d’^TAT DE L’ANCIBN BéciMB 

du Conseil d’État et du Conseil privé. Dans les listes mises en 
tête des résultats , ce sont les mêmes noms d’un côté et de l'autre. 
Quand les résultats disparaissent, nous manquons de renseigne- 
ments précis, cependant un état annexé à un règlement de 1624 
nous montre que rien n’était changé à cet égard : les conseillers 
y sont divisés en ordinaires servant toute l’année, semestres, 
quadrimestres 1 ; mais il est dit expressément que tous, pendant 
le temps de leur service, auront entrée au Conseil d’État et au 
Conseil privé. Après le règlement de 1657, il n’y eut plus que 
des ordinaires et des semestres ; et, au xvin® siècle, l’usage s’était 
établi pour les semestres d’assister aux délibérations toute l'an- 
née. Ils avaient des émoluments inférieurs à ceux des ordinaires ; 
c'était toute la différence. 

62. La formule « le Roi en son Conseil, » par laquelle débutait 
le dispositif des arrêts en 1762, est constante dans les décisions de 
cette assemblée dès le règne de Henri II. Elle peut signifier simple- 
ment que ces décisions sont prises hors de la présence du roi. Mais 
un fait qui s’est passé en 1657 prouve qu’à cette date elle ser- 
vait à les distinguer des arrêts en commandement. Louis XIV fit 
au Conseil privé l'honneur de venir à la séance du 4 mai 1657. 
Le greffier, pour le constater, intercala le mot « estant » : Le Roy 
estant en son Conseil . Mais, le lendemain 5 mai, le roi retourna 
à la réunion tenue pour les finances, afin d’y faire lire devant lui 
le règlement dont j’ai parlé tout à l’heure. Le secrétaire des 
finances avait imité le greffier du Conseil privé ; mais on lui fit, 
après coup, effacer partout le mot « estant, » et la présence du 
roi fut signalée ainsi dans le dispositif de l’arrêt : « Ouï le rapport 
fait en présence de Sa Majesté, le Roy en son Conseil , etc. » 
Cette correction dénote l'intention d’empêcher la confusion entre 
les décisions du Conseil d’État privé et finances et les arrêts en 
commandement qui portaient : « Le Roy estant en son Conseil. » 

Conseil des dépêches . — 63 . Nous avons vu que Henri II réu- 
nissait tous les matins un Conseil de gouvernement auquel assis- 
taient, avec quelques personnages choisis, les quatre secrétaires 
des commandements et finances* qui prirent le titre de secrétaires 
d’État en 1559. Ce Conseil, appelé « Conseil des affaires, » garda 

1. Un règlement du 3 janvier 1628 fait une répartition par trimestres. 

2. Voyez plus haut, g 50. 



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AUX ABCHtVES NATIONALES. 



45 



ce nom sous les règnes qui suivirent. Dans une ordonnance du 
21 novembre 1629, on y joignit le mot « dépêches » : Conseil des 
affaires et des dépêches , et plus tard on dit simplement « Con- 
seil des dépêches. » D'après le règlement de 1588 sur les secré- 
taires d’État, ces fonctionnaires y étaient tour à tour de service 
pendant un mois pour noter les décisions prises. Cet usage se 
perdit sans doute ; on n’a pas du moins retrouvé de spécimens de 
ces sortes de procès-verbaux. V Almanach royal donne jusqu’à 
la ân du xviu® siècle le tableau des mois assignés à chacun d’eux 
pour recevoir les placets. 

Quelle fut la forme des minutes et des expéditions des arrêts 
en commandement, de Henri II à Louis XIII? C’est un point de 
diplomatique qui mériterait d’être élucidé ; mais, dans les docu- 
ments qui ont passé sous mes yeux, je n’ai pas rencontré un 
nombre d’exemples suffisant pour trancher la question sûrement 1 . 
Les plus anciennes minutes de ce genre qui aient été reliées dans 
les registres des secrétaires d’État ne remontent pas au delà de 
1617 2 , et elles contiennent la formule : Le Roy estant en son 
Conseil 3 , avec les mêmes signatures que plus tard 4 . 

Conseils des finances — 64 . Dans les finances, il y a, d'une 
part, la direction et la gestion, qui appartiennent au pouvoir 
exécutif; de l'autre, la vérification delà régularité des opérations, 
l’examen des chiffres, le jugement des contestations, qui sont plu- 
tôt du ressort d’un corps délibérant. Il en est ainsi sous Henri II, 
le Conseil des affaires, présidé par le roi, et le Conseil privé, jouent 
respectivement ces deux rôles. 

Mais, pour suivre la marche d’une administration financière, 
il faut une compétence, une persévérance d’attention, un souci 

t. Il existe un arrôt du Conseil des affaires daté du 16 mai 1568 dans le ms. 
fr. 16223 de la Bibl. nat.; M. Valois l a cité. L’expédition n’est pas signée d'un 
secrétaire d’État. Cet arrêt prouve que l’usage de communiquer au Conseil les 
nominations de Commissions extraordinaires remonte très loin. Il contient, en 
effet, l’ordre d’arrêter à Sens des personnes qui violent l edit de pacification, de 
les conduire à la conciergerie du Parlement de Paris, qu il charge de les juger 
extraordinairement. 

2. Arch. nat., E 1685. — Il y en a un plus ancien dans E 1684, il date de 
1611, mais sa forme est exceptionnelle à cause de la minorité du roi. 

3. Quelques minutes, excessivement rares, ne portent pas le mot estant . Voyez 
principalement E 1685. 

4. Voyez plus haut, g 25. 



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46 



LE FONDS DU CONSEIL D'ÉTAT DB L’aNCIBN REGIME 

des détails qu’on ne peut guère demander au roi et à ses conseil- 
lers intimes, préoccupés d’ailleurs de la diplomatie, de la guerre, 
de la religion, de la police, du commerce, de toutes les affaires 
du royaume en un mot. Le souverain est alors naturellement 
amené, surtout s'il n’a pas une confiance absolue en ses agents 
financiers, à charger spécialement quelques hommes expérimen- 
tés et vigilants d’avoir l'œil sur la gestion des finances et les 
fonctionnaires qui en sont chargés. 

C’est ce que fit Charles IX ; nous avons vu qu’il institua dans 
ces conditions une commission dont les procès-verbaux nous per- 
mettent d’étudier l’action, bien différente de celle du Conseil 
privé. Tandis que ce corps vérifie et juge, elle reçoit les rapports 
des fonctionnaires, dépouille la correspondance, donne des ordres ; 
elle est, en un mot, un Conseil dirigeant. 

65. Ce comité subsista-t-il au début du règne de Henri III? 
Les nombreux règlements édictés par ce prince dans les premières 
années qui suivirent son avènement n’en parlent pas. En 1580, 
en 1582, il ordonne des réunions pour les finances : « Le Roy 
ira, dit-il, une fois la semaine entendre l’estât de ses finances. » 
Il n'est pas facile cependant de démêler s’il s’agit ici du Conseil 
d’Etat ou d’un comité spécial. On trouve, sous la date de 1584, 
un état des membres qui assistent à ces séances. Mais, en 1585, 
il n'y a plus à avoir de doute : dans son règlement d'organisation 
générale du 8 janvier, Henri III constitue un Conseil des finances 
distinct du Conseil d’Etat 1 . Ce dernier a pour attributions : les 
réponses à faire aux remontrances des provinces, les différends 
relatifs à la création et à la suppression des offices, la taxe des 
offices, les liquidations de frais et dépens, les commissions à 
expédier pour les domaines, aides et autres revenus, le rabais 
des tailles, les subventions à octroyer aux villes, leurs emprunts, 
l’adjudication solennelle des baux à ferme, les instances relatives 
à leur exécution, les marchés pour l’approvisionnement des places 
frontières, etc. Le Conseil spécial des finances, composé de sept 
conseillers seulement, des secrétaires d’Etat, des contrôleurs et 
intendants des finances et des trésoriers de l’épargne, doit se réunir 
les mardis, jeudis et samedis pour examiner les états des recettes 
générales, tout ce qui sera nécessaire pour l’avancement du paie- 
ment de l’état général de S. M. et ce qui dépendra de l'exécution 

t. Voyez plus haut, § 58. 



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AUX ARCHIVES NATIONALES. 



47 



dudit état, pour prendre communication des lettres, paquets, 
mémoires envoyés par les trésoriers généraux et autres officiers 
des finances. Les secrétaires des finances attachés au Conseil 
d’État n’ont pas entrée dans cette commission ; ils se tiennent 
seulement à portée, dans une pièce voisine, pour fournir les ren- 
seignements dont on pourrait avoir besoin; il ne faut pas espérer, 
par conséquent, trouver les actes du Conseil spécial des finances 
dans leurs minutes. 

66. Rien ne prouve que ce Conseil ne se continua point sous 
Henri IV. Il résulte d’un règlement du 23 mars 1590 que les 
séances des mardis, jeudis et samedis se tenaient toujours pour 
les finances. Sa composition fut renouvelée et son action renfor- 
cée lors de la suppression de la surintendance des finances, le 
25 novembre 1594 4 . 

Conseil de direction des finances . — 67. Nous arrivons 
ainsi à Louis XIII. La première préoccupation du nouveau règne 
est la gestion des finances. On multiplie les ordonnances à ce 
sujet. Au mois d’avril 1616 paraît un règlement général des Con- 
seils du roi, calqué sur celui de Henri III. Le Conseil spécial des 
finances n’y est pas oublié : il devra se tenir tous les samedis en 
présence de LL. MM. 11 reçoit un nom nouveau tout à fait appro- 
prié à son rôle : Conseil de direction des finances . Il est sans 
doute, comme les conseils du même genre qui l’ont précédé, com- 
posé de quelques personnages que le roi honore particulièrement 
de sa confiance, mais les renseignements précis manquent. 

68. En 1624, après la restauration de la surintendance, un 
nouveau règlement fait passer le Conseil de direction au second 
plan. Il n’est plus question de la présence du roi, et on ne com- 
munique plus la correspondance des trésoriers généraux. L’en- 
trée des séances est rendue aux secrétaires des finances 2 . A dater 
de cette époque, ce n’est plus qu’une appartenance du Conseil qui 
s’appellera dès lors « Conseil d’Etat privé, finances et direc- 
tion . » Malgré son nom, le Conseil de direction cesse d'être un 
Conseil réellement dirigeant. 

Le Conseil d'État a conservé les attributions que lui avait don- 
nées Henri III et que je viens d’indiquer tout à l’heure 3 . Le Con- 

t. Bibl. nat., ms. fr. 7007, fol. 283 et 176. 

2. Voyez g 65. 

3. g 65. 



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48 LE FONDS Dû CONSEIL d’e'tAT DE l’iNCIElf REGIME 

seil de direction est chargé d’arrêter le brevet de la taille, les états 
du roi pour chaque généralité, les états des fermes et les condi- 
tions des baux, l’état général des finances, la levée des imposi- 
tions. « Le surintendant, dit le règlement de 1624, les intendants 
des finances et le trésorier de l’Épargne se réunissent deux fois la 
semaine pour disposer les affaires et les rapporter au Conseil de 
direction afin qu'elles soient jugées et terminées par arrêt. > Cette 
prescription constituait la Petite Direction à côté de la Grande. 

En 1630 1 , le Conseil de direction fut enrichi, au détriment du 
Conseil d’Etat, du droit de répondre aux cahiers des provinces, 
de l’examen des demandes de rabais des tailles, de l’octroi des 
subventions aux villes, de l’autorisation de leurs emprunts *. Il 
en fut ainsi jusqu’en 1661 . 

Conseil royal des finances. — 69. En supprimant à cette 
dernière date la surintendance des finances, Louis XIV créa le 
Conseil royal 3 , dont il prit lui-même la présidence. Il lui donna 
toutes les attributions les plus importantes de la Grande Direction 
et même du Conseil d’État, les réduisant à peu près au rôle de 
juges du contentieux 4 . Et, comme le roi ne pouvait efficacement 
entrer dans tous les détails, il décida qu’un ministre d’État, ayant 
le titre de chef du Conseil royal et prenant partout la place du 
surintendant, le suppléerait à cet égard. La Grande Direction 
diminuée et la Petite Direction furent mises sous sa conduite. Elles 
y demeurèrent jusqu’en 1760, époque à laquelle la fonction de 
chef du Conseil royal des finances disparaît de Y Almanach 
royal*. 

70. En résumé, dans cette revue rapide des papiers et des 
règlements du Conseil d’État, depuis le règne de Henri II jusqu’à 
1673, nous n’avons rien relevé qui soit de nature à modifier- le 

1. Règlement du 18 janvier. 

2. Plus tard, il y joindra les adjudications des fermes, des offices et des mar- 
chés. Voyez plus haut, gg 65 et 14. 

3. Àrch. nat., KK 626. Règlement du 15 septembre 1661. — Dans cette ordon- 
nance, pour le distinguer du Conseil royal qu’il institue par elle, il appelle le 
Conseil d’État et finances « Conseil ordinaire des finances. » 

4. « Les Conseils de finances et Grande Direction se tiendront, dit-il, ainsi 
qu’il est accoutumé, sans toutefois que l’on y puisse traiter d’aucune des matières 
ci-dessus réservées au Conseil royal des finances. » (KK626, fol. 196.) Voyez 

7, 13, 14 et 15 le tableau des attributions qui leur étaient restées. 

5. Le dernier fut le duc de Béthune. 



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AUX ARCHIVES NATIONALES. 



49 



cadre de classement dressé plus haut. Nous nous sommes trouvé 
tout le temps en face d’une assemblée unique tenant, à partir de 
1578, deux Conseils distincts qui donnent lieu à deux catégories 
de documents, et, après 1627, divisée en outre en Commissions 
extraordinaires dont les actes en forment une troisième. La seule 
chose nouvelle que nous ayons rencontrée est une double série 
de registres qui contiennent respectivement les copies des arrêts 
du Conseil d’Etat d’une part et des arrêts du Conseil privé de 
l’autre. Il n’y a qu’à les mettre à la suite des minutes dont ils 
offrent la reproduction. 

Si les pièces provenant du Conseil privé avant sa transforma- 
tion par Henri III étaient réunies aux collections des Archives 
nationales, nous aurions à les mettre en bloc à la tête du fonds, 
puisqu’elles ne sont pas scindées en deux divisions, comme celles 
qui sont postérieures à cette transformation. 

L’ensemble des archives du Conseil d’Etat, formant un seul 
fonds, se présenterait dans l’ordre suivant : 

1° Règlements, mémoires sur l’histoire du Conseil d'État et 
autres documents généraux 
2° Conseil privé antérieur à 1578 
3° Conseil d’État, finances et direction 
4° Conseil d’État privé 

5° Commissions extraordinaires du Conseil d’État 
6° Chambres de justice et autres commissions rattachées au 
Conseil d’État. 

G. Desjardins. 

Procès-verbal du Conseil d’État privé, 

TENU PAR LE ROT A VERSAILLES LE TROIS HAT MIL SEPT CENT SOIXANTE-DEUX. 

S. M. ayant résolu de tenir son Conseil d’État privé le lundy troi- 
sième jour de may mil sept cent soixante-deux, Mgr le Chancelier a 
ordonné aux buvetiers du Conseil d’avertir tous ceux qui y ont 
séance et entrée, et que S. M. commenceroit son conseil à dix heures 
précises, ce qu’ils ont exécuté quelques jours avant le conseil. 

La veille du conseil, M. le prince de Beauvau, capitaine des gardes 
du corps, ayant prétendu devoir rester pendant le conseil derrière le 
fauteuil de S. M.; sur le compte qui en fut rendu au Roy par Mgr le 
Chancelier avant la tenue du conseil, S. M. a décidé qu’il n’y reste- 
4898 4 



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50 LB FOXDS Dû CONSEIL D’ÉTAT DE l’aïICIBX RÉGIME 

roit pas et que les huissiers du Conseil, ainsi que le premier secré- 
taire de Mgr le Chancelier n’y resteroient pas non plus; l’intention 
de S. M. étant cependant d’examiner plus particulièrement les titres 
de ces huissiers et l’usage observé pour le premier secrétaire de son 
chancelier. 

Le lundy trois may, Mgr le Chancelier ayant été au lever du Roy, 
où étoient aussi MM. de Boulogne et Auget de Monthion, maîtres 
des requêtes, qui dévoient rapporter au conseil en sa présence, et, les 
luy ayant présentés, il est descendu de chez le Roy, lorsque S. M. a été 
à la messe et s’est rendu dans la salle du château où le Conseil d’État 
privé se tient. Il y a trouvé Mgr le Garde des sceaux, MM. les Con- 
seillers d’État, MM. les Secrétaires d’État, M. le Contrôleur général, 
les Intendans des finances, le Grand-Doyen des Maîtres des requêtes 
et le Doyen de quartier, plusieurs autres Maîtres des requêtes hono- 
raires et les deux Agens généraux du Clergé *, chacun s’étoit mis à la 
place qu’il devoit occuper, afin que le grand nombre de ceux qui 
étoient venus pour assister au conseil et l’ordre qui devoit être 
observé pour les séances ne retardât pas le commencement du con- 
seil lorsque S. M. seroit arrivée. 

La salle étoit arrangée comme elle l’est ordinairement; le même 
bureau, le même tapis de velours violet, les fauteuils et chaises de 
maroquin noir de la forme et dans l’ordre qu’ils sont ordinairement, 
le fauteuil du Roy au bout du bureau, du côlé de la croisée qui 
donne sur la .cour royale, et sous ce fauteuil un tapis de pied qui 
s’étendoit jusques sous le bureau, le code du Conseil sur le bureau 
vis-à-vis du Roy, les écritoires et la pendule ainsi qu’il est accou- 
tumé. On avoit seulement mis à la place du fauteuil ordinaire de 
S. M. un autre fauteuil d’étoffe d’or. 

S. M. est sortie de son appartement après sa messe, sur les dix 
heures, précédée de Mgr le Dauphin, suivie de M. le prince de Beau- 
vau, capitaine de ses gardes, et avec sa suite ordinaire; Ëlle est 
descendue par l’escalier de marbre et Elle est entrée dans la salle du 
Conseil par la porte ordinaire, ayant traversé la cour à pied. Cette 
cour était bordée d’une file des gardes du corps et des Cent-Suisses, 
depuis le bas de l’escalier de marbre jusqu’à la porte de la salle du 
Conseil ; il n’y avoit aucuns domestiques dans l’antichambre du Con- 
seil, et elle étoit garnie d’officiers et gardes du corps qui ont gardé 
toutes les portes de la salle du Conseil en dehors. Les premiers gen- 
tilshommes de la chambre, le grand maître des cérémonies et autres 
seigneurs qui attendoient le Roy se sont trouvés à la porte de cette 



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1ÜI ARCHIVES NATIONALES. 



51 



antichambre et ont suivi S. M. jusqu'à la porte de la salle du Con- 
seil; Mgr le Dauphin est entré un moment avant le Roy et est allé 
aussitôt à sa place, en attendant l'entrée du Roy. 

De Brie et Desestre, huissiers du Conseil, ont pris le Roy à la porte 
de l'antichambre et ont conduit S. M. jusqu'à sa place, ledit De Brie, 
le plus ancien, a annoncé l'arrivée de S. M. en entrant dans la salle 
du Conseil en disant : « Voilà le Roy; » M. le prince de Beauvau et 
toute la suite de S. M. sont restés à la porte de la salle du Conseil, 
en dehors. Mgr le Chancelier est sorti de sa place dans le temps que 
S. M. entroit et approchoit de son fauteuil, qui a été tiré par ledit 
De Brie; le Roy s’étant assis, Mgr le Dauphin, Mgr le Chancelier et 
tous ceux qui ont séance au Conseil se sont assis chacun à sa place; 
le Roy ne s’étant point couvert, ils ne se sont point couverts. 

Le Roy ayant dit de fermer la porte, l’huissier du Conseil a voulu 
la fermer en dedans; et M. le capitaine des gardes lui ayant dit 
de sortir et qu’il fermeroit lui-même la porte en dehors, le Secré- 
taire-greffier du Conseil en exercice ayant vu qu'elle n’étoit pas encore 
fermée a été dire à M. le capitaine des gardes et à l'huissier que le 
Roy avoitdit que l’on fermât la porte; M. le capitaine des gardes lui 
a répondu qu'on le feroit quand l’huissier seroit sorti; alors le Roy 
s'apercevant de cette difficulté, et Mgr le Chancelier lui ayant repré- 
senté le droit que prétendoient les huissiers de son Conseil en consé- 
quence d’une décision du feu Roy du cinq may mil six cent cin- 
quante-sept, qui porte que la porte du Conseil, dans un cas semblable, 
seroit gardée par les huissiers de son Conseil en dedans et par les 
officiers de ses gardes en dehors, S. M. a ordonné de nouveau de 
fermer la porte, et en parlant à l'huissier lui a dit : « Vous, sortez 
provisoirement, » à quoy il a obéi. 

Le Roy étoit placé seul au haut bout du bureau, Mgr le Dauphin à 
sa droite et Mgr le Chancelier à sa gauche, en suite Mgr le Garde 
des sceaux à la droite, M. le duc de Choiseul, secrétaire d’État, pair 
de France, à la gauche, et après eux, des deux côtés, M. de Brou, 
doyen du Conseil, et les autres personnes qui ont séance au Conseil, 
chacun suivant l’ordre du jour qu’il a commencé de prendre ladite 
séance; les personnes qui étoient assises formoient en tout le nombre 
de trente-deux ; le Grand Doyen des Maîtres des requêtes et le Doyen 
de quartier étoient de ce nombre. Les autres Maitres des requêtes 
étoient debout derrière les fauteuils, des deux côtés, chacun à peu 
près suivant l’ordre de son ancienneté, et à cause du grand nombre 



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52 



LE FONDS DU CONSEIL d'ÉTIT DE L’ANCIEN REGIME 



ils formoient un second rang à droite et à gauche du fauteuil du 
Roy; MM. de Boulogne (34) et de Monthion (35) 1 qui dévoient rap- 
porter étoient debout, entre les fauteuils du Roy et de Mgr le Dau- 
phin; il y avoit en tout cinquante-sept Maîtres des requêtes; les 
deux Agens du Clergé 3 ont été pareillement debout. 

Le sieur Gourdain (92), secrétaire-greffier en exercice, a été debout 
derrière le fauteuil de S. M., a tenu la plume et a formé son plumi- 
tif à l’ordinaire; il avoit à sa droite le s p de Vougny (93), secrétaire 
des finances, et à sa gauche le s r Auvray (91), secrétaire-greffier du 
Conseil d’Étal privé, tous deux debout. Le tout dans l’ordre suivant : 



Le Roy (1). 



A sa droite : 

Mgr le Dauphin (2), 

Mgr le Garde des sceaux (3), 

M. de Rrou, doyen du conseil (4), 
MM. d’Aguesseau (5), 
de Fresnes (6), 

Gilbert (7), 
d’Ormesson (8), 
de Marville (9), 
de La Bourdonnaye (10), 
de Viarmes (11), 
l’abbé de Marbeuf (12), 
de Sauvigny (13), 
de Boulogne, intendant des 
finances (14), 

Barentin (15). 



A sa gauche : 

Mgr le Chancelier (33), 

M. le duc de Choiseul, pair de 
France et secrétaire d’État (32) , 
M. le comte de Saint-Florentin, 
secrétaire d’État (31), 

MM. de Bernage (30), 

Poulletier (29) , 
de Fontanieu (28), 

Poncher (27), 
de Beaupré (26), 
de Vanolles (25), 

Chauvelin (24), 
de Sénozan (23), 
de Beaumont, intendant 
des finances (22), 
de La Porte, doyen du 
quartier (21), 

Berlin , contrôleur géné- 
ral (20). 



Sur les quatre chaises vis-à-vis le Roy : 

MM. l’abbé Berlin (16), le comte de Choiseul, secrétaire d’Ëtal (17), 
de Boines (18) et Joly de Fleury (19). 



1. Ces chiffres indiquent leur place sur le plan annexé au procès-verbal. 

2. Us ne sont point nommés dans le procès-verbal et leur place n'est pas indi- 
quée sur le plan. C'étaient l'abbé de Broglie et l’abbé de Juigné. 



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53 



AUX ARCHIVES NATIONALES. 
MM. Us maîtres des requêtes : 



de La Corée (36), 
de La Garde (37), 

Amelol (38), 
de Crosnes (39), 

Dupré de Saint-Maur (40), 
Fargès de Polizy (4-1), 
Thiroux d'Arconville (42), 
de Jonville (43), 
de Flesselles (44), 

Baudouin (45), 
l’abbé de Caraman (46), 
Orceau de Foutelte (47), 
de Pommereu (48), 

Dagay (49), 

Feydeau de Brou (50), 

Foulon (54), 

Du Cluzel (52), 

Bâillon (53), 

L’Escalopier (54), 

Daniel de Pernay (55), 
de La Live de La Briche (56), 
de Magnanville (57), 
de Bacquencourt (58), 
d’Aisne (59), 
de Vilevaut (60) , 
de Cypierre (64), 

Esmangart (62). 



de Bastard (90), 
de Pont (89), 
de Bernage de Vaux (88), 
de Plancy (87), 
d’Orfeuil (86), 

Terray de Rozière (85), 

Maynon d’invaux (84), 

Le Pelletier de Mortefontaine (83) , 
Méliand (82), 

Pinaud de TeneUes (84), 
d’Argouges (80), 

Des Vieui (79), 

Journet (78), 

Astruc (77), 
de Sartine (76), 

Boula de Quincy (75), 
de Saint-Priest (74), 

Turgot (73), 

Thiroux d’Espersennes (72), 
de La Michodière (74), 
de Cotte (70), 

Taboureau (69), 
de Montaran (68), 
de Persan (67), 

Fargès (66), 

Du Tillet (65), 

Brochet de Vérigny (64), 

Brochet de Saint-Prest (63). 



Tout le monde étant placé, Mgr le Chancelier a présenté au Roy 
les notes ordinaires des deux affaires qui dévoient être rapportées, 
contenantes le nom des parties, du Rapporteur et des Commissaires. 
Il a dit ensuite au Roy : « Sire, M. de Monthion attend l'ordre de 
V. M. » Le Roy, se tournant de son côté, lui a dit : « Commencez. » 
Il a rapporté une requête présentée au Roy par son Procureur général 
en son Parlement de Bordeaux. Le rapport fini, le Roy lui a demandé 
son avis, après lequel il a demandé l’avis de MM. l’abbé Bertin, 
Barentin, Gilbert et d’Aguesseau, conseillers d'Etat, commissaires de 
ladite affaire, qui avoit été communiquée au Bureau ecclésiastique, 
en commençant par M. l'abbé Bertin. S. M. a pris ensuite les avis de 



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54 



LE FONDS DD CONSEIL D^TAT DK l’aNCIBN RBGIMB 

MM. les Maîtres des requêtes, en les appelant l’un après l’autre par 
leurs noms; Elle a commencé par celui qui étoit derrière Mgr le 
Chancelier, à sa gauche, et continué par la droite, en finissant par 
le plus proche de lui à sa droite; Elle a demandé ensuite l'avis de 
ceux qui avo.ient séance au Conseil, en commençant de même à sa 
gauche par M. le duc de Choiseul et continuant par sa droite jus- 
qu’à M. le doyen du Conseil et Mgr le Garde des sceaux en les appe- 
lant l’un après l’autre ; Elle a fini par demander l’avis de Mgr le 
Chancelier et ensuite celui de Mgr le Dauphin ; les avis s’étant trouvés 
unanimes, le Roy y a donné son approbation. 

Le Secrétaire-greffier du Conseil a porté sur son plumitif à l’ordi- 
naire les noms et qualités de la partie, ses conclusions et tous les 
avis à mesure que S. M. les a pris. 

Après le jugement de cette affaire, Mgr le Chancelier a dit au Roy 
que M. de Boulogne attendoit ses ordres pour rapporter la sienne; le 
Roy lui a dit aussitôt de commencer. Il a fait le rapport d’une ins- 
tance en cassation d’un arrêt du Parlement de Paris du vingt-cinq 
septembre mil sept cent cinquante-cinq entre le Chapitre de la Sainte- 
Chapelle de Vincennes, le sieur Ferret, auditeur des comptes, et 
autres héritiers du sieur Le Cavelier, chanoine de cette église. Après 
son rapport, le Roy lui a demandé son avis; après son opinion, 
S. M. a demandé les avis des Commissaires qui étoient ceux de l’af- 
faire précédente, l’affaire ayant été vue au même Bureau ; et ensuite 
Elle a pris les voix de tout le Conseil dans l’ordre et la manière 
ci-dessus portés, en nommant chacun par son nom, et Mgr le Chan- 
celier, Mgr le Garde des sceaux et M. le Doyen du Conseil, par le nom 
de leurs places; comme il y a eu deux avis différents, le Secrétaire- 
greffier du Conseil les a portés sur son plumitif, comme à l’ordinaire, 
et S. M., en prenant les voix, lui a donné le tems de les écrire sur 
deux colonnes. Après avoir entendu tous les avis, S. M. a dit qu’Elle 
voyoit que la pluralité des voix étoit pour n’avoir point d’égard à la 
demande du Chapitre de Vincennes, ce qu’Elle a approuvé. Elle a 
ajouté, en parlant des Rapporteurs, à Mgr le Chancelier : « Ces Mes- 
sieurs ont très bien parlé; » à quoy Mgr le Chancelier a répondu : 
« Sire, Votre Majesté a nombre de Maîtres des requêtes présents 
qui sont en état de la satisfaire également. » S. M. s’est levée; les 
Secrétaires-greffiers du Conseil ont retiré son fauteuil; le Roy est 
sorti, précédé de Mgr le Dauphin et suivi de M. le prince de Beauvau 
et de sa suite ordinaire; S. M. a remonté dans son appartement, en 
passant par le même chemin, et dans le même ordre qu’Elle étoit 



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AUX ARCHIVES NATIONALES. 



55 



venue ; Mgr le Chancelier L'a suivie jusqu'à la porte de l'antichambre. 

Ce conseil a commencé à dix heures un quart et a fini à midy 
trois quarts. 

Les arrêts qui y ont été rendus ont été signés par le Rapporteur 
et les Commissaires en la manière accoutumée et rédigés dans les 
termes ordinaires, en commençant par ces mots : Le Roy en son Con- 
seil. On y a seulement ajouté : Ouy le rapport du sieur... fait en 
présence de Sa Majesté après en avoir communiqué aux sieurs 
d! Aguesseau, Gilbert , Barentin et Vabbè Bertin , commissaires à ce 
députés ; et dans les expéditions de ces arrêts, le Secrétaire-greffier 
du Conseil a mis la date ainsi : Fait au Conseil d’État privé du 
Roy , Sa Majesté y étant , tenu à Versailles le trois may mil sept cent 
soixante-deux. 

Le présent procès-verbal fait et dressé par nous Jean-Félix Gour- 
dain, conseiller du Roy en ses Conseils, secrétaire des finances et 
greffier du Conseil privé du Roy, en conséquence des ordres à nous 
donné par Mgr le Chancelier; et nous y avons annexé le plan de la 
salle et des places que MM. du Conseil y ont occupées, le tout pour 
être déposé avec les minutes des arrêts rendus au conseil dudit jour. 
Fait à Versailles, le trois may mil sept cent soixante-deux. 

Gourdain (avec parafe). 

Et, le lundy dix may, Mgr le Chancelier, en entrant au Conseil 
d’État privé, a dit aux huissiers que S. M. avoit trouvé bon qu’ils 
continuassent de garder les portes de la salle du Conseil en dedans, 
jusqu’à ce qu’Elle eût expliqué définitivement ses intentions à ce 
sujet. Fait à Versailles, le dix may mil sept cent soixante-deux. 

Gourdain (avec parafe). 

Vu bon Lm 1 (avec parafe). 

1. Lamoignon. 






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LA MESURE ET LES PROPORTIONS 



DES COLONNES ANTIQUES 

D’APRÈS QUELQUES COMPILATIONS ET COMMENTAIRES 
ANTÉRIEURS AU XII* SIÈCLE. 





Nous avons vu dans une précédente étude * quelles indications 
techniques on pouvait puiser pour la mesure des colonnes antiques 
dans un formulaire qui remonte à une époque très ancienne. Il y 
a aussi quelques textes des premiers temps du moyen âge qui 
sont relatifs, soit à la mesure, soit aux proportions des colonnes 
antiques ; ces fragments nous viennent, les uns d’auteurs connus, 
les autres de compilateurs anonymes. Nous allons les passer en 
revue et nous rendre ainsi compte de la manière dont furent alors 
interprétés des textes dont l’origine appartient à l’antiquité clas- 
sique. Nous verrons enfin reparaître dans la Géométrie de Ger- 
bert, dont nous aurons à nous occuper ici, les formules que nous 
avons étudiées précédemment. 

Les recherches de ce genre sont surtout du ressort de ce que 
l’on est convenu d’appeler l’histoire littéraire ; celles-ci montrent, 
nous le répétons, comment, dans la première partie du moyen 
âge, certains auteurs ont compilé ou commenté des textes anciens 
relatifs à la mesure de la colonne, c’est-à-dire du membre le plus 
important de l’architecture antique. On peut se demander, en 

t. Voyez dans la Bibliothèque de VÉcole des chartes, 1896, t. LVII, p. 277- 
324, l’article intitulé : la Mesure des colonnes à la fin de l’époque romaine , 
d'après un très ancien formulaire (et tirage à part). — Cf. Un nouveau texte des 
traités d'arpentage et de géométrie d’Epaphroditus et de Vitruvius Ru fus, 
publié d'après le ms. lat. 13084 de la bibliothèque royale de Munich, par V. Mor- 
tel, avec une introduction de Paul Tanncry ( Notices et extraits des mss. y 
t. XXXV, 2* partie, p. 518, 547-548, et tirage à pari, p. 12, 41 et 42). 



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LA MBSURE ET LES PROPORTIONS DBS COLONNES ANTIQUES. 57 

second lieu, si quelques-unes de ces compilations ou d autres 
textes analogues qui ont survécu à l’antiquité ont pu exercer une 
certaine influence, une action pratique sur les constructeurs et 
sur l’art de bâtir pendant le haut moyen âge. C’est là un second 
point de vue, qui est archéologique, à proprement parler, et c’est 
ce que nous avons l’intention d’examiner dans un autre article, 
où nous ferons, à propos de certains textes, une étude comparée 
de divers monuments d’architecture. 

I. 

Au vn e siècle, dans cette sorte d’encyclopédie qui porte le titre 
d 'Origines ou Etymologiœ , Isidore de Séville a consacré 
quelques paragraphes à l’architecture, et par suite aux colonnes 
antiques. Le passage de cet ouvrage où il est question de celles-ci 
est très sommaire, ainsi qu’on peut s’y attendre : 

Columnæ pro longitudine et rotunditate vocatæ, in quihus totius 
fabricæ pondus erigitur. 

Antiqua ratio erat columnarum altitudinis tertiapars latitudinum. 

Généra rotundarum quatuor : Doricæ , lonicæ, Tuscanicæ, Corin - 
theæ, mensura crassitudinis et altitudinis inter se distantes. Quin- 
tum genus est earum, quæ vocantur Atticæ, quaternis angulis, aut 
amplius, et paribus laterum intervaliis. 

Bases fulturæ sunt columnarum, quæ a fundamento consurgunt, 
# et superpositæ fabricæ sustinent pondus. Basis autem nomen petræ 
fortissimæ Syro sermone. 

Capitella dicta, quod columnarum sint capita, quasi super collum 
caput. 

Epistylia sunt, quæ super capitella columnarum ponuntur, et est 
GræcumL 

On voit qu’Isidore de Séville distingue ici quatre espèces de 
colonnes usitées chez les Romains : les colonnes d’ordre dorique, 
ionique, toscan et corinthien. Mais son texte est si bref qu’il n’in- 

1. Isidori Hispalensis, éd. Lindemann, 1833, lib. XIX, ch. x, \ 22 à 24, p. 592. 
Les quelques variantes de ce passage qui sont données dans cette édition sont 
de peu d’importance ; par exemple, les formes Tuscaniæ, Corinthiæ, au lieu de 
Tuscanicæ , Corintkeæ. 11 manque encore une édition vraiment critique de cet 
ouvrage d'Isidore de Séville, dont les mss. sont très nombreux. 



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58 



LA MESDRB ET LBS PROPORTIONS 



dique pas dairement les rapports de hauteur et de largeur qui 
servent à les différender les unes des autres. Le paragraphe 
relatif aux proportions générales des colonnes est même inintel- 
ligible. A quelle source a donc puisé Isidore de Séville en rédi- 
geant son commentaire sur les colonnes dans l’antiquité? Ce 
n’est pas Vitruve, comme on pourrait le croire au premier abord, 
c’est Pline l’Ancien qu’il a mis à contribution et qu’il a aussi 
passablement défiguré. Voici, en effet, le texte de cet écrivain, 
qui nous sert à compléter et à rectifier celui d’Isidore de Séville : 

Golumnæ 4 eædem densius positæ crassiores videntur. 

Généra earum quattuor : quæ sexlam parlem altiludinis in crassi- 
tudine ima habent Doricæ vocantur, quæ nonam lonicæ , quæ septu- 
mam Tuscanicæ , Corinthiis eadem ratio quæ lonicis , et differentia, 
quoniam capitulis Corinihiarum eadem est altitudo quæ colligitur 
crassitudine ima , ideoque graciliores videntur, lonicis enim capituli 
altitudo teriia pars est crassitudinis. 

Antiqua ratio erat columnarum altitudinis tertia pars latitudi - 
num delubri . 

In Ephesiæ Dianæ æde quæ prius ftiit primum columnis spiræ 
subditæ et capitula addita, placuitque altitudinis octava pars in cras- 
situdine , et ut spiræ haberent crassitudinis dimidium septumæque 
partes detraherentur summarum crassitudine. Præter hæc sunt quæ 
vocantur Atticæ columnæ quaternis angulis, pari laterum intervallo. 

Nous n’avons pas l’intention d’analyser en détail ce texte de* 
Pline l’Ancien, qui a déjà été l’objet, ainsi qu’un autre passage 
du même auteur 2 , de remarques et de controverses de la part de 
ceux qui s’occupent spécialement de l'art antique. Nous ferons 
seulement observer que cet extrait de Pline, dont Isidore a tiré 
parti et qui a été ainsi connu au moyen âge, donne les proportions 
des colonnes du temple de Diane à Ephèse 3 , et que les proportions 



1. C. Plinii Sec., Natur . hist ., XXXVI, g 56, éd. L. Iahn, 1878. Cf. Vitruve, 
liv. IV, ii, p. 86 : « Item postea Dianæ constituere ædem quærentes novi gene- 
ris specie, isdeno vestigiis ad rouliebrem translateront gracilitalem, et fecerunt 
primum columnæ crassitudinem altitudinis octava parte , ut haberet speciem 
excelsiorein. > 

2. XXXVI, g 14. 

3. Voy. notamment Wood, Discoveries at Ephesus , including the site and 
remains of the great Temple of Diana (1877). 



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DBS COLONNBS ANTIQUES. 



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des fûts de ces colonnes correspondent à celles que nous présente 
notre première formule 1 , autrement dit à huit modules 2 ; c’est là 
un rapprochement que nous devions signaler. On n’ignore pas que 
la renommée de ce temple d’Éphèse a été telle autrefois que, sui- 
vant le traité de Philon de Byzance, ce monument a été compté 
au moyen âge parmi les sept merveilles du monde 3 . 

Le terme epistylium , employé par Isidore de Séville, mérite 
d’attirer l’attention. Cet écrivain lui laisse encore la signification 
classique d'architrave posée par-dessus les chapiteaux d’une 
colonne à l'autre. Or, suivant la remarque de J. Quicherat 4 , dans 
la basse latinité où Ducange a omis de recueillir ce mot, il se 
trouve opposé à basis , avec le sens de chapiteau de la colonne ; 
et cela à une époque où le système des colonnes architravées 
passe pour avoir été déjà abandonné en Gaule, c’est-à-dire depuis 
le vi e siècle au moins. Lés exemples cités par Quicherat à l’appui 
de ce changement de signification sont tirés de la chronique de 
Saint-Pierre-le-Vif, de Sens, ainsi que des annales de Lobes 
(ancien diocèse de Cambrai), et ils se rapportent au x e siècle. 
A ces exemples, on peut en joindre un autre non moins précis et 
un peu plus ancien, puisqu’il remonte à la fin du ix e siècle; il est 
relatif à la vie d’Audrade, archevêque de Narbonne, mort en 893 : 
« Fecit autem idem b. pontifex Audradus eidem ecclesiæ, ex 
raagno et candidissimo marmore, aram miro sculpturæ opéré cæ- 
latam; quinque nihilominus marmoreis stipitibus , quibus erant 
bases et epistylia marmorea , locis opportunis ac congruis ful- 
tam 5 . » On ne doit pas conclure, dit Quicherat 6 , qu’une basilique 
ou une église, — ou bien encore, ajouterons-nous, un autel, — 
a eu des colonnades architravées parce qu’un auteur aura men- 
tionné parmi ses ornements des epistylia. 

1. Voy. notre précédent mémoire, la Mesure des colonnes à la f în de l'époque 
romaine, d’après un très ancien formulaire , £ 2. 

2. Voy. les planches de Wood, ouvr. cil., p. 272 (colonnes ioniques à canne- 
lures, avec ou sans personnages à la base du fût). 

3. Sepiimum [ miraculum J est Templum Dianæ... (Omont, les Sept merveilles 
du monde au moyen âge, dans la Bibl. de l'Éc. des chartes , 1882, p. i). 

4. Mélanges d'archéologie , De l’architecture romane, p. 119. 

5. Schriflquellen zur Geschichte der Karolingischen Kunst , v. J. von Schlos- 
ser, 1892, p. 234. 

6. Mél. d’arch., Fragments d’un cours d’archéologie, p. 389. 



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LA MESURE ET LES PROPORTIONS 



II. 



Un court extrait d’un opuscule de Bède, que nous avons déjà 
mentionné dans notre précédent article 1 , nous ramène, à propre- 
ment parler, à la mesure des colonnes antiques, sans qu'il soit 
question de leurs proportions. Cet écrivain du vm e siècle, dans 
son étude sur le Temple de Salomon (De templo Salomonis 
liber), a eu l'occasion de commenter le passage de la Bible qui est 
relatif aux colonnes de ce temple fameux. Voici comment il s’ex- 
prime à ce sujet : 

Capitella autem quæ erant super capita columnarum , quasi opéré 
lilii fabricata erant in porticu, quatuor cubitorum 2 .., Ubi notandum 
juxta litteram, quia cum opus lilii in capitellis quatuor cubitorum 
esse memoratur, neque addidit latitudinis aut altitudinis, lectoris 
utique judicio, utrum in altiludine an in latitudine intelligi debeat, 
relictum est. Constat autem absque ulla prorsus dubielate, quia 
columna, quam duodecim cubitorum restis ambiebat, quatuor habe- 
bat cubitos grossitudinis. Omnis etenim circulus quantum habet 
spatii in diametro, tantum habet ter in gyro 3 ... 

Ainsi, dans ce passage, Bède, rappelant le principe que le rap- 
port d’une circonférence à son diamètre est constant, déduit régu- 
lièrement de la mesure du circuit (gyrus) de la colonne 4 la mesure 
de son épaisseur ( grossitudo ). On sait que ce rapport n’est pas 
tout à fait égal à 3, mais à un nombre irrationnel 3 et une frac- 
tion (1/7 environ), comme Archimède l’avait découvert pour 

1. 8 2. 

2. Livre des rois , III, ch. vii, v. 19. 

3. Bedæ venerabilis, opp. y pars ii, Exegetica genuina , De templo Salomonis 
liber , dans Migne, XCI, col. 784. 

4. u In gyro circumdata, » dit encore Bède dans un autre passage, à propos des 
capita columnarum (col. 785). Il emploie aussi l’expression in circuitu capi - 
telli, capitellorum. Ce que Vitruve aurait appelé capita scaporum , c’est-à-dire 
la partie supérieure des fûts de colonne au-dessous des chapiteaux, Bède le 
nomme summitas columnarum. a Et rursus alia capitella in summitate colu- 
mnarum desuper juxta mensuram columnœ contra retiacula » (col. 785). — 
« Capita columnarum, hoc est suprema pars earum » (col. 781). Il dit ailleurs, 
en opposant caput et capiiellum : « Duo autem capitella quæ his capilibus 
erant superposita. » 



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DES COLONNES ANTIQUES. 



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la première fois deux cent cinquante ans avant notre ère. Mais il 
ne faut pas s’attendre à trouver, à l’époque de Bède, la précision 
mathématique, qui n'a pas toujours été appliquée d’ailleurs 
ni dans les traités de métrologie ancienne 1 ni dans la pratique 
de l’architecture. 



III. 

Un manuscrit de Schlestadt du x e siècle, dont nous avons déjà 
entretenu le lecteur à cause des formules qu’il contient*, renferme 
entre autres choses intéressantes des données sur les proportions 
des colonnes antiques, données d’autant plus précieuses pour 
nous qu'elles sont accompagnées de curieux dessins dignes d’at- 
tirer l’attention des archéologues. Nous devons citer à cet égard 
l’appréciation de notre savant confrère M. Giry ; parlant de ce 
texte, dont il a signalé la valeur, ce dernier s’exprime ainsi : 

« Entre le titre et le commencement du chapitre sont interca- 
lés deux feuillets contenant des dessins à la plume qui repré- 
sentent des chapiteaux, des bases de colonnes, des entablements, 
des volutes et quelques motifs d’ornements. On ne saurait faire 
dériver ces figures de celles que Yitruve avait placées à la suite 
de son traité et auxquelles il renvoie à diverses reprises, particu- 
lièrement dans son III e livre; elles représentent au contraire, 
— et c’est là leur intérêt, — la manière barbare dont furent 
interprétées à l’époque carolingienne les antiques règles de l’ar- 
chitecture. Ces chapiteaux, au-dessus desquels le dessinateur a 
écrit les mots lonicum , Dorica, sont bien encore dans leur 
masse les dérivés des anciens chapiteaux ioniques et doriques ; 
mais les ornements dont ils sont chargés les défigurent et les 



1. « Le rapport de la circonférence au diamètre est supposé égal à trois dans 
les Heronis mensuræ , § 7, mesure d’un bois rond, comme dans les problèmes 4 
et 11 de Didyme, bois rond et demi-rond. » (Paul Tannery, les Mesures des 
marbres et des divers bois de Didyme d' Alexandrie. Extr. de la Rev. archèol ., 
mars 1881.) — Sur l’usage du pied dans les mesures anciennes, voy. Ibid. y p. 4. 

2. Voy. Notes sur un manuscrit de la bibliothèque de Schlestadt [Rev. de 
philol.y 1879, p. 16-18). 11 s'agit du ms. 1153 bis. Nous n'avons pu obtenir com- 
munication de ce précieux manuscrit, parce qu’il se trouvait entre les mains de 
M. Valentin Rose, directeur des manuscrits de la bibliothèque royale de Ber- 
lin, lequel continue ses recherches sur le texte de Vitruve, dont il a donné 
déjà une édition critique. Voy. notre étude sur la Mesure des colonnes à la fin 
de V époque romaine , g 2. 



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LA MESU1B BT LBS PROPORTIONS 



rendent tout à fiait analogues aux chapiteaux enluminés que l'on 
trouve dans les canons des évangéliaires carolingiens. 11 en est 
de même des entablements, compliqués et surchargés de moulures, 
qui ne sont comparables qu'à ceux des constructions de la déca- 
dence la plus avancée. Les bases des colonnes, soi-disant ioniques 
et corinthiennes, sont disproportionnées et contrefaites par suite 
de l'inintelligence d'un passage de Vitruve dans lequel le dessi- 
nateur a appliqué au rapport d’une moulure ( unda ) de la base à 
cette même base ce que Vitruve dit du rapport de la base entière 
à la colonne. Il me suffira, pour le moment, de signaler certains 
termes techniques, inconnus à Vitruve, placés par le dessinateur 
en regard des choses qu’ils expriment. Le mot Unda y désigne 
une grande moulure, située au-dessus du tore inférieur de la base 
d’une colonne et qui tient la place de la Scotia des colonnes 
antiques { ; Fronticulum désigne le filet superposé à la grande 
cimaise d'un entablement; Ovatium désigne une rangée d’oves. » 
Nous devons à l’extrême obligeance de M. Giry, que nous 
remercions ici très sincèrement, la communication des photogra- 
phies qu’il a prises sur les dessins qui sont figurés dans le manus- 
crit de Schlestadt. Nous les reproduisons à la suite de notre 
article, à cause de l'intérêt quelles offrent et de la rareté de 
documents de ce genre. Le premier de ces dessins représente deux 
entablements, dont l’un est à droite et l’autre à gauche; entre 
chacun d'eux se trouvent des termes techniques correspondant 
aux différents membres d’architecture qui les composent de bas 
en haut. Le second dessin comprend deux chapiteaux, le premier 
d'ordre ionique, le second d’ordre dorique, à côté desquels le des- 
sinateur a figuré l’enroulement d’une volute. Le troisième dessin 
représente deux profils de base où l’on remarque l’exagération 



1. Nous ferons cependant remarquer que nous ayons trouvé chez Vitruve 
l’emploi du mot unda avec le sens de moulure, dans un seul exemple, il est 
vrai, que nous fournit le passage suivant, relatif au piédestal et aux colonnes 
de la scène des théâtres. L’auteur parle en ces termes du deuxième piédestal 
qui, avec sa corniche et sa cymaise (xù(jwt), n’aura que la moitié de celui d’en 
bas : c Pluleum insuper cum unda et corona inferioris plutei dimidia parte > 
(éd. Rose, lib. V, p. 118, 1. 15). 11 s'agit bien ici de la moulure à ligne ondulée 
qu’on appelle cimaise, formant un contour concave par le haut et convexe par 
le bas. Cette moulure était employée dans l’architrave, comme aussi dans 
d’autres parties de l’architecture antique ; mais il arrivait que les proportions 
de certaines parties architectoniques étaient trop petites pour qu’on pùl y intro- 
duire la forme d'une c onde. » 



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DES COLONNES ANTIQUES. 



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donnée à la moulure appelée, suivant le cas, unda ionica et 
unda corinthia. On fera bien, en examinant ces dessins, de se 
reporter aux judicieuses observations qui ont été développées par 
Quicherat dans ses Fragments d'un cours d'archéologie *, à 
propos de l'entablement et des corniches chez les Romains. 
« L'entablement, dit l'éminent archéologue, n'a pas laissé que 
d'avoir sa place au-dessus des colonnades des basiliques, bien 
qu’elles fussent reliées par des arcades. La marque de la déca- 
dence est dans l’inclinaison donnée aux bandeaux, ce qui les 
transforme en talus, et dans la suppression des petites pièces 
entre chacun d'eux. Quant à la frise, tantôt elle a été remplacée 
par un bandeau bombé ou entièrement supprimée, tantôt, au con- 
traire, elle a été portée à une hauteur démesurée en vue de lui 
faire contenir de grands sujets en mosaïque 8 . » Les dessins d’en- 
tablement qui sont figurés ci-contre (voy. la pl. I), la frise, par 
exemple, ne répondent pas exactement à cette description, dont 
les éléments sont certainement puisés dans les monuments de la 
décadence. C’est que l’auteur de ces dessins ne nous a pas trans- 
mis de copie de monuments appartenant à l'antiquité ; mais il a 
voulu, sans y réussir, essayer de se conformer au texte de 
Vitruve 3 , qu’il compilait maladroitement; il a tenté de figurer 
certaines formes de l’architecture romaine qui frappent quelque- 
fois par la recherche de la décoration et par la surcharge des 
moulures ; mais il a exagéré, et ses croquis imparfaits d’entable- 
ments, qui trahissent une main inexpérimentée, tout en donnant 

1. MéL d'archèol . , p. 397-398 (avec tig.). Cf. Ibid., Des moulures, p. 393-396. 

2. Quicherat ajoute : c L'idée de l'entablement a fini par se perdre dans la 
suite des siècles. La décoration des monuments n'admettait plus que des cor- 
niches, avant même que les principes de l'architecture antique fussent complè- 
tement abandonnés. Entablement, au moyen âge, n’a pas signifié autre chose 
que les corniches placées sous les toitures » ( Mélanges , p. 398). Il est bien 
entendu que Quicherat, en donnant cette signification du mot entablement, ne 
vise ici que le couronnement d’un édifice, car ce terme a été employé au moyen 
âge dans le langage technique de la construction avec une autre signification. 
Voy. Godefroy, Dict. de l’ancienne langue française. 

3. Voy. dans Vitruve (éd. cil.) le ch. v du liv. III, dans lequel cet auteur 
traite des entablements chez les anciens. — Les figures qui accompagnaient le 
texte de Vitruve ne sont point parvenues jusqu’à nous; on ignore à quelle 
époque elles ont disparu ; les plus anciens abréviateurs du texte de Vitruve, 
qui ont précédé les premiers temps du moyen âge, ont pu en avoir connais- 
sance et une partie de ces figures aurait pu être ainsi reproduite pendant quelque 
temps. 



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64 



LÀ MESURE ET LES PROPORTIONS 



une idée de ce que le dessinateur voulait rendre, manquent de 
justes proportions et de sûreté dans l’exécution. En ce qui concerne 
les dessins de chapiteaux (pl. II), on observera la façon primitive 
avec laquelle sont rendues les moulures droites ou courbes et le 
manque de proportion entre les différents membres qui les com- 
posent. Ce défaut de proportion est surtout sensible dans les 
figures grossières des bases que le dessinateur a représentées dans 
le manuscrit (pl. III). Nous prions le lecteur de vouloir bien se 
référer au texte de Yitruve (liv. III, p. 77, 1. 16) pour la véri- 
table forme de la base ionique, puis aux observations de Quiche- 
rat ( ouvr . cité , p. 396-397) pour la corruption des bases à 
l’époque barbare. Quant à l’emploi des termes techniques que l’on 
rencontre déjà chez Yitruve, tels que zophorus, denticuli, 
corsa , cima 1 , cimatium , on trouvera le relevé minutieux des 
passages où ils ont été employés dans Y Index Vitruvianus de 
Nohl, qui complète l’édition de M. Valentin Rose. 

Il existe à la bibliothèque de Valenciennes un manuscrit du 
ix e siècle qui contient aussi une courte compilation laite d’après 
Vitruve ; on doit la rapprocher de très près de celle que nous 
offre le manuscrit de Schlestadt. Ce manuscrit porte le n° 337 
dans le Catalogue général des manuscrits des départe- 
ments *, et l’extrait qui nous intéresse particulièrement se trouve 
au fol. 31 v°. Nous le publions ici en indiquant dans les notes les 
passages de Vitruve qui ont dû servir au compilateur et qui ont 
été plus ou moins altérés par lui. Nous plaçons entre crochets 
quelques corrections qui nous ont paru indispensables, vu leur 
sens technique 3 . 

\ . Basis ionicæ tertiam parlera truncæ columnæ aita esse debet. 
Unda basis nonam parlera altitudinis ipsius basis obtineat, corona 
ejus sirailiter et fora [corr. : ecphora], idem plectura [corr. : proje- 
ctura] 4 undæ talis sit, ut altitudo ejus dividatur in très partes, et 

1. Le texte de notre compilateur donne sima au lieu de dma . 

2 . Voy. le Catalogue des manuscrits de la bibliothèque de Valenciennes , par 
A. Molinier, t. XXV du Catalogue général , p. 189-533. Cf. Mangeart, Catalogue 
descriptif et raisonné des manuscrits de la bibliothèque de Valenciennes , p. 334. 

3. Nous adressons nos remerciements à M. Séverin, professeur d’histoire au 
lycée de Valenciennes, qui a bien voulu transcrire pour nous l'extrait que nous 
donnons ci-après. 

4. c His perfectis in suis locis spiræ conlocenlur eæque ad symmetriam 
sic perficiantur uti crassitudo cum plintho sit columnæ ex dimidia crassitudine 



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DES COLONNES ANTIQUES. 



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qualis una ex bis partibus fuerit, talis altitudini addatur, lantaque 
sit plectura [corr. : projectura] in corona, similiter fiat. Sp(h)ira 
columnæ iata sit quoquo versus crassitudine[m] imæ columnæ et 
tertiæ partis 4 ; altitudo ejus cum plintbo, dimidiæ crassitudinis imæ 
columnæ 2 . Tori cum scotia et astragalis alti sint tertiam partem cras- 
situdinis imæ columnæ 3 , reliquum p[l]inthus teneat 4 . Columnæ imæ 
crassitudo, cujuscumque mensuræ sit, dividatur in partes vu, et ex 
his habeat in summo partes vi 5 . 

2. Item columna trunca sit alta imæ crassitudinis suæ partes vnn 
vel x 6 . 

proieturamque, quant Græci exçopàv vocitant , habeant ex tan te m ita uti lata 
et longa sit columnæ crassitudinis unius et dimidiæ. » (L. III, v, p. 77.) Le mot 
projectura revient à plusieurs reprises dans le texte de Vitruve (voy. Nohl, 
Index Vitr ., p. 103) ; citons encore ce passage caractéristique, oit il s’agit de 
la perspective qu’offre la représentation de colonnes vues dans un certain éloi- 
gnement : < Quemadmodum etiam in scænis pictis videntur columnarum 
proiecturæ, mutulorum ecphoræ , signorum figuræ prominentes, cura sit tabula 
sine dubio ad regulam plana... » (liv. VI, n, p. 139). 

1. Ibid . ; < Sin autem ionicæ erunt faciendæ, symmetriæ earum sic erunt 
constituendæ uü latitudo spirx quoqu[o] versus sit columnæ crassitudinis 
adjecta crassitudine quarta et ociava, » c'est-à-dire que, si l’on divise le dia- 
mètre de la colonne en huit parties, par exemple, on donne à la saillie de la 
base trois de ces huit parties, ce qui rend la largeur de la hase égale à onze 
parties, de huit que contient le diamètre de la colonne. Voy. Vitruve, éd. Panc- 
kouke, trad. Maufras, I, p. 310, n. 96. 

*2. Ibid . ; < Eæque (spiræ) ad symmetriam sic perticiantur uti crassitudo cum 
plintbo sit columnæ ex dimidia crassitudine. » 

3. Ibid. : « Dempta plinlho reliquum dividatur in paries quattuor Piatque 
superior torus quartæ, reliquæ très æqualiter dividantur et una sit inferïor 
torus, altéra pars cura suis quadris scotia, quam Græci TpoxiXov dicunt .. astra- 
gali faciendi sunt octavæ partis trochili... > 

4. Ibid . ; « Altitudo ejus si atticurges erit, ita dividatur ut superior pars 
tertia parte sit crassitudinis columnæ , reliquum plinlho relinquatur. i 

5. Ibid ., liv. III, m, p. 74 : < Item quæ erit a pedibus viginti ad pedea 
triginta, scapus imus dividatur in partes septem earumque sex summa con- 
tractura perficiatur. » 

6. Le compilateur fait ici une sorte de compromis arbitraire entre les pro- 
portions mentionnées par Vitruve pour les ordonnances pycnostyle, d’une part, 
diastyle et eustyle, d’autre part, et il ne tient compte ni de la fraction usitée 
pour ces deux dernières ordonnances ni surtout des ordonnances aréostyle et 
systyle. — Vitruve, liv. III, m, p. 73 : « In systylo altitudo dividatur in novem 
et dimidiam partem et ex eis una ad crassitudinera columnæ detur; item in 
pycnostylo dividenda est altitudo in decem et ejus una pars facienda est columnæ 
crassitudo; eustyli autem ædis columnæ, uti syslyli, in novem partes altitudo 
dividatur et dimidiam partem et ejus una pars constituatur in crassitudine imi 
scapi. > 

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66 



LA MESURE ET LES PROPORTIONS 



3. Abacus capituli sit latus quoquoversum quemadmodum ima 
columna crassa est, adjecta crassitudinis parte(s) iviii ; capituli totius 
cum volutis altitudo, dimidium latitudinis abaci 4 . Tertia pars capi- 
tuli [prejpendeat infra astragalum summi scapi 2 . Epistilii altitudo, 
dimidia crassitudo imæ columnæ 3 , cujus ima crassitudo æqua sit 
crassitudini summæ columnæ, summa crassitudo imæ columnæ 
crassitudini 4 . 

Cette ancienne compilation peut donner lieu à diverses 
remarques qui ne sont pas, croyons-nous, sans intérêt au point 
de vue archéologique. Constatons d’abord que le compilateur 
n’a aucun souci de l’exactitude métrique qui devait régner dans 
les ordonnances antiques ; il les confond et par suite il donne à 
la fin du § 1 des mesures qui n’ont plus la précision qu’elles 
avaient dans l’antiquité. Il est exact au contraire là où il indique 
quelle est la partie du fût de la colonne d’après laquelle on doit 
calculer le module ; nous savons par Yitruve que c’est le bas de 
la colonne qui devait servir de commune mesure; mais, si l’on se 
réfère au livre III du traité de Yitruve, on voit que cet auteur 
lui-mème n’a pas toujours eu soin de marquer ce point précis ; 
tantôt il parle du fût de la colonne en général, sans en distinguer 
le haut ou le bas, tantôt il insiste particulièrement sur le bas de la 
colonne comme devant servir d’une commune mesure. En second 
lieu, on remarquera que les proportions spéciales à l’ordre ionique 



!. Vitra ye, liv. III, v, p. 78 : « Scapis columnarura statut» capitulorum ratio 
si pulvinata erunt his symmetriis conformabitur uti quant crassus imus scapus 
fuerit addita octava decuma parte scapi abacus habeat longitudinem et lati - 
tudinem , crassitudinem cum volutis ejus dimidiam . i Cf. p. 79 : « Abacus 
autem erit longus et latus quam crassa columna est ima adjecta parte 
VIUI ... » 

2. Ibid., liv. III, v, p. 79 : « Capituli autem crassitudo sic est facienda ut ex 
novetn partibus et dimidia très partes præpendeant infra astragalum summi 
scapi , cymatio, adempto abaco et canali, reliqua sit pars. > 

3. Ibid., liv. III, v, p. 80 : c Capital» perfectis deinde columnaram non ad 
libellant, sed ad æqualem modum conlocatis, ut quæ adjectio in stylobatis facta 
fuerit, in superioribus membris respondeat epistyliorum ratio sic est habenda 
uti si columnæ fuerint, a minima xn pedum ad quindecim pedes, epistylii sit 
altitude dimidiæ crassitudinis imæ columnæ, item si ab xv pedibus ad xx, 
etc... » 

4. Ibid., p. 8i : « Epistylii latitudo in imo quod supra capitulura erit quanta 
crassitudo summæ columnæ sub capitulo erit tanta ûat, summum quantum 
imus scapus. » 



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DBS COLONNES ANTIQUES. 



67 



sont interprétées dans les §§ 1 et 2 sans l’intelligence des régies 
qu’elles exigeaient dans l’architecture antique; il en résulte 
beaucoup de vague et d’à peu près dans cette partie de l’abrégé. — 
Nous ne pouvons enfin passer sous silence l’expression trunca 
columna, qui ne se trouve à notre connaissance que dans cette 
compilation. On ne voit pas que Yitruve l’ait jamais employée ; 
c’est par le mot scapus qu'il désigne le fût d’une colonne. Il y a 
cependant deux passages dans le traité de cet auteur où l’on ren- 
contre un terme identique dont le compilateur semble s’être servi 
pour en former l’expression trunca columna : c’est le mot trun- 
cus que Yitruve a appliqué une fois au fut des colonnes du temple 
de Diane à Éphèse* et une autre fois à un genre de balustrade 
dont il donne la description *. Ce mot, de même que l’expression 
trunca columna , c’est pour nous l’équivalent du terme colu- 
rus, sur le sens duquel nous avons insisté dans notre mémoire 
sur la Mesure des colonnes à la fin de l'époque romaine. 



IV. 

Nous arrivons maintenant, en suivant l’ordre chronologique, 
à la Géométrie dite de Gerbert, où reparurent les formules 
antiques sur la mesure des colonnes. Nous verrons d’abord sous 
quelle forme elles furent reproduites, puis comment elles s’intro- 
duisirent dans ce recueil célèbre. 

La première des formules que nous avons déjà analysées se 
retrouve en abrégé dans le chapitre 82 de l’édition de M. Olleris, 



1. Nous avons eu l’occasion plus haut, à propos du texte d’Isidore de Séville, 
de donner une citation partielle du passage suivant de Vitruve, qui contient 
l’expression truncus [columnæ\ : « Item postea Dianœ constituera ædem quæ- 
rentes novi generis specie, isdem vestigiis ad muiiebrem transtulerunt graci- 
litatem, et fecerunt primum columnæ crassitudinem altitudinis octava parte, ut 
haberet speciem excelsiorem basi spiram supposuerunt pro calceo, capitulo volu- 
tas uti capillamento concrispatos cincinnos præpendentes dextra ac sinistra con- 
locaverunt et cymatiis et encarpis pro crinibus dispositis frontes ornaverunl 
iruncoqua loto strias uti stolarum rugas matronali more demiserunt » (Vitruve, 
éd. Rose, liv. IV, i, p. 86). 

2. < Sin autem ci rca œdem ex tribus lateribus podium faciendum erit, ad id 
constituatur uti quadr» spirœ trunci coron» lysis ad ipsum stylobatam qui erit 
sub columnarum spiris conveniant p (Vitruve, liv. III, iv, p. 76). 



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68 



U KE8CBE BT LES PBOPOBTIONS 



chapitre dont la rubrique est la suivante : Columnam facere i , 
circulum incrassare * ; 

Ad columnam faciendam, longitudinis septimam in inferiori cir- 
cuitu des, octavam superiori. 

C’est bien là le résumé de la première formule d’origine romaine 
sur la mesure des colonnes; la proposition qu’elle énonce est don- 
née sous une forme raccourcie et simplifiée. Le texte est iden- 
tique dans le Thésaurus de Pez (III, 2 e partie). 

La seconde formule relative au calcul du fût de la colonne, 
exprimé en pieds, ne reparaît plus dans les manuscrits que nous 
avons de la Géométrie de Gerbert. Sans doute, les compilateurs 
n’avaient que faire alors du module et des termes techniques col- 
lurus et stragulum, qui avaient cessé depuis longtemps d’être 
en usage. Sans insister sur le terme modulus, d'un emploi 
extrêmement rare au moyen âge et qui ne devait plus être pris 
que dans le sens de moulure ( modulatura )*, nous ferons remar- 
quer que stragulum avait complètement disparu de la latinité, 
depuis le commencement du moyen âge, avec la signification 
spéciale que nous lui avons reconnue; quant au mot collurus*, 

1. Cf. Curtze, < Dies ist die Quelle fur deu ersten Absatz von Gerberts 
cap. lxxxii i (Olleris, 464). 

2. L’expression circulum incrassare s'applique au calcul de la sphère. D’après 
une méthode différente de celle qui est appliquée de nos jours, mais qui donne 
cependant une valeur très approchée et digne de remarque. Voy. notre précé- 
dente étude. 

3. Un des textes du x* siècle que nous avons rappelés plus haut à propos du 
mot Epistylium, comme ayant été cités par J. Quicherat, contient le terme 
modulus avec l’acception que nous venons de rappeler : < Quæ prior ecclesia 
destructa et funditus eversa est et ista, quæ nunc est elegantioris formæ et 
speciei ædificata ; quæ, ad id opus columnis undecumque corrasis, cura basibus 
et epistyliis seu cæteris latomorum seu cæmentariorum discipliné, pro moduli 
sui quantilaie, omnibus circum se positis est incomparabilis. i (Fulcuiaus, De 
gestis abb . Lob., cap. xvm, dans le Spidleg ., t. II, coL 736 ; Quicherat, De l'ar- 
chitecture romane , p. 118.) 

4. Sur cette acception, cf. l’ancien ms. de Saint-Pierre de Salzbourg, cod. 
a. V, 7, déjà cité dans notre précédent article : < Quippe in quolibet polo inci- 
piens et per coluros usque ad equiuoctialem circulum ascendens et ab eodera 
equinoctiali circulo per coluros ... i (M. Cantor, Die rëmischen Agrimensoren..., 
notes, p. 224.) — Cf. Richer, Hist., liv. III, 52. — A la fin du xm* siècle, Alain 
de Lille, Anticlaud éd. Migue, ch. i, 356, s’exprime ainsi : 

< Hic legitur quæ sit cælestis sphæra, qui s axis 
In partes sphæram distinguât, quis polus axem 



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DBS COLONNES ANTIQUES. 



69 



il ne devait plus retenir dans la latinité médiévale que le sens de 
cercle céleste, qu'il avait déjà chez les cosmographes du v e siècle. 

Enfin, la troisième formule reparaît sous une forme modifiée 
dans le recueil de Gerbert, au chapitre 87, qui a pour rubrique 
Columnœ inœqualis pedes invenire. Voici quelle est sa 
teneur : 

Si fuerit columna inæqualis , cujus ima latitudo pedum sit XIII, 
summa V , altitudo XXX , ejus pedes sic quæras. Ima latitudine in 
se multiplicata, ac summa K in se ac utraque invicem, hisque tribus 
summis simul composais , fiunt pedes CC LIX. His undecies ductis , 
ac exinde effectæ summæ quarta décima detracta, venient CC III s . 2 
scilicet pedes 3 arearum summæ et mediæ ac infimæ . His deinde per 
tertiam altitudinis multiplicatis , erunt solidi pedes CC XXXV*. 

Nous devons montrer à présent comment ces formules ont pu 
faire partie de la Géométrie de Gerbert. Il est d’autant plus 
nécessaire de donner là-dessus des éclaircissements, que l’on se 
fait presque toujours des idées fausses sur la nature de ce recueil, 
et que nous pouvons mettre ici à contribution des recherches très 
récentes. 

On sait aujourd’hui que cette célèbre Géométrie est loin d’être 
dans son ensemble une œuvre originale. Le principal éditeur de 
ce recueil, après le savant Pez 5 , M. Olleris, en convenait presque, 
sans chercher d’ailleurs à en faire la démonstration. « Il est dou- 
teux, disait-il, que la Géométrie lui appartienne 6 . » Dans ses 
remarquables études sur l'histoire des mathématiques, Chasles 7 a 

Termiuet, aut sursam tendens aut mer su s in imo, 

Car decurtatus concludat utrumque colurum. i 

Cf., au xiii* siècle, le Dictionnaire de Garlande : < In spera snnl... duo 
colvuri » (Éd. Géraud, g 56, p. 602). 

1. Le ms. 14836 de Munich (fol. 73 y*) porte après summa cette variante : 
scilicet latitudine . 

2. Ce signe est employé pour rendre semis. 

3. Ms. 14836 : manque pedes. 

4. Ce chapitre et celui qui est intitulé c Circuli inauraturam invenire > 
manquent, dit Olleris, dans nos mss. « in codicibus nos tri s » (Geom. Gerberti , 
p. 466). 

5. Thésaurus anecdotorum , t. III, p. 2» (1721). 

6. Œuvres de Gerbert (1867), préface, p. xv. 

7. Aperçu historique sur l'origine et le développement des méthodes en géo- 
métrie (1837), notes, p. 504 et suiv. 



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70 



LA MESURE ET LES PROPORTIONS 



montré que d’une manière générale les méthodes scientifiques de 
Gerbert lui venaient de l’antiquité et qu’il avait bien plutôt essayé, 
— avec d’autres maîtres, hâtons-nous d’ajouter, — de remettre 
en honneur les mathématiques gréco-latines, qu’il n’avait été 
l’initiateur de ses contemporains aux sciences arabes. En ce qui 
concerne particulièrement la Géométrie , dont nous avons seule- 
ment à nous occuper ici, elle a été, depuis les travaux de Chasles, 
surtout en Allemagne, l'objet de savantes investigations. M. Can- 
tor 1 a fait les plus grandes réserves au sujet de son authenticité ; 
Friedlein* et M. Weissenborn 3 l'ont vivement attaquée ; ce der- 
nier surtout affirme que ce recueil n’a pas été rédigé par Gerbert 
et qu’il ne fait que porter son nom. Il est certain que le recueil 
qui a été édité par Pez et par M. Olleris offre l’apparence d’une 
compilation considérable qui manque d’homogénéité, qui contient 
des redites, des additions, des amplifications provenant de diverses 
origines. Parmi les sources qui l’ont formée, les unes viennent 
des Grecs, par l’intermédiaire des Romains ; on trouve, en effet, 
dans la compilation les noms d’Euclide, Eratosthène, Nicomaque, 
Platon, Pythagore; les autres sont romaines et sont beaucoup 
plus considérables que les premières; on voit surtout que les 
Gromatici veteres y ont été fort largement mis à contri- 
bution 4 . « Nous avons reconnu, dit M. Cantor 5 , une grande 
partie de la Géométrie de Gerbert dans le Codex Arcerianus 
(de Wolfenbuttel); » or, on sait que ce précieux manuscrit nous 
a transmis une partie assez notable des traités des Agrimenso - 
res de l’ancienne Rome. La publication que nous venons de faire 
avec M. P. Tannery sur Epaphroditus et Ÿitruvius Rufus, d’après 
le ms. 13084 de Munich 6 , montre de nouveau combien les écrits 
de ces auteurs ont servi à la Géométrie de Gerbert, et par suite 
à l’enseignement des sciences au moyen âge ; elle nous permet 
aussi de confirmer d’une façon positive l’opinion de M. Weissen- 

1. Vorlesungen über Geschichte der Matkcmatik , 2* Aufl., I (1894), p. 797 
et suit. Cf. p. 813. 

2. Gerbert , die Geometrie des Boetius und die indischen Ziffem , 1861. 

3. Gerbert , Beitrûge zur Kenntniss der Mathematik des Mittelalters (alte 
Mess- Methoden and Mess- Instrumente), 1888. 

4. Cantor, Die roemischen Agrimensoren , p. 229, n. 304. 

5. Le môme, Vorlesungen..., 2* Aufl., p. 811. Cf. p. 812 pour les ch. xvi à xl 
de l’éd. Olleris. 

6. Voy. Notices et extraits des mss., t. XXXV, 2* partie, p. 511 et suiv. (et 
tirage à part, Klincksieck, 1896). 



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DBS COLONNBS ANTIQUES. 



1\ 



born que ce n’est pas le Codex Arcerianus , à vrai dire, qui a 
formé le noyau de cette compilation. Une communication très 
récente de M. P. Tannery à l’Académie des inscriptions et 
belles-lettres, intitulée Une correspondance d'ècolâtres du 
XI • siècle S vient enfin d’apporter dans ce débat des éléments 
nouveaux qui permettent d’élucider en grande partie la question 
de l’authenticité de la Géométrie de Gerbert. Il résulte d’abord 
de cette communication qu’il faut distinguer dans ce recueil trois 
parties différentes. La première partie, qui comprend les chapitres 
1 à 13, a été composée après Gerbert, de 1025 à 1050, par un 
maître professant probablement en Lotharingie. « Les divers élé- 
ments de la Geometria Gerberti, dit M. Tannery, se trouvèrent 
dans la Lotharingie vers le milieu du xi® siècle, mais c’est plutôt 
en Allemagne que la juxtaposition des trois parties semble avoir 
été faite; du moins on ne connaît jusqu’à présent que deux 
manuscrits présentant les trois parties, celui de Salzbourg et le 
Monacensis 14836 étudié par M. Curtze 2 . » Cette première partie 
est une œuvre méthodique, assez originale, brusquement inter- 
rompue et qui vient d’un esprit instruit et curieux. La deuxième 
partie se rapporte à des pratiques d’arpentage, dont les sources 
ne sont pas encore établies d’une façon suffisante. Quant à la 
troisième partie, elle porte sur des formules métriques (ch. 41-92) 
et généralement les sources en ont été reconnues sans trop de 
difficulté, notamment par Friedlein et M. Weissenborn. Quelle 
serait donc maintenant la part de Gerbert dans cette compilation? 
Un libellus geometriœ est attribué expressément à Gerbert par 
Francon, écolàtre de Liège, qui écrivait vers 1050 un traité de 
Quadratura circuli . Mais il est clair, remarque M. Tannery, 
que ce libellus ne représente qu’une faible partie de ce qu'on est 
convenu d'appeler Geometria Gerberti . Ce n’est qu’une compi- 
lation qui a pour noyau principal les figures géométriques don- 
nées par Gerbert à Adelbold, compilation qu’il a faite pour ses 



1. Compte-rendu des séances (1897), p. 214-221. — Gerbert vient d'étre l'objet 
d’une nouvelle élude d'un caractère général : Gerbert , un pape philosophe , 
d'après V histoire et d'après la légende (1897), par M. Picavet (fasc. 9 de la 
Bibliothèque de l'École des Hautes études , section des sciences religieuses). — 
M. Boubnov, professeur à l’Université de Kiev, qui a déjà consacré un ouvrage 
historique à Gerbert, a bien voulu nous informer qu’il publie présentement à 
Berlin un appendice scientifique aux œuvres de ce célèbre personnage. 

2. Voy. sur ce ms. : la Mesure des colonnes à la tin de l'époque romaine , % 2. 



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72 LA MESURE ET LBS PROPORTIONS DES COLONNES ANTIQUBS. 

études personnelles et qu’il n’a peut-être pas eu le temps de mettre 
au point. Elle dut lui servir, ajouterons-nous de notre côté, pour 
l’enseignement, et c’est à quoi Richer aurait fait allusion par ces 
quelques mots : « In geometria non minor in docendo labor 
eœpensus est l . » Il s’agit là d’un travail de compilation, très utile 
pour cette époque, accompli sans nul doute par un maître d’une 
instruction très variée et d’une intelligence très réfléchie 2 , comme 
1 était Gerbert, mais qui allait bientôt se fondre après lui dans 
une œuvre d’ensemble, en partie assez originale, mais aussi com- 
pilée en grande partie. Nous pensons donc qu’on ne peut guère 
adopter, au point de vue de la science géométrique, l’opinion 
émise par J. Havet dans son introduction aux Lettres de Ger- 
bert (p. ix) : « Le jeune maître introduisit dans son enseigne- 
ment tout à la fois des méthodes nouvelles et des notions ignorées 
avant lui. » 

Enfin, il est aisé de comprendre, après avoir suivi cet exposé, 
que les formules romaines sur la mesure des colonnes, qui repa- 
rurent en partie dans ce qu'on nomme la Géométrie de Gerbert, 
appartenaient à un ensemble de sources venues des Romains et 
mises plus tard à contribution dans ce recueil ; elles se trou- 
vèrent ainsi dans la troisième et dernière partie (ch. 41-92), à 
savoir dans celle qui contient les formules métriques et qui est 
l’une des moins originales de la compilation ; elles proviennent 
très vraisemblablement, comme nous l’avons dit ailleurs, de 
l'œuvre de Vitruvius Rufus 3 . 

Victor Mortet. 

1. Richer, lib. III, g 54 (Mon. Germ. histor ., Scriptores , III, p. 618). 

2. < Sed nequaquara silentio puto tranaeundum quod intérim dum hæc scri- 
ptitarem ipsa mihi natura obtulit speculandum » (éd. Olleris, p. 425). 

3. Cf. Notices et extraits , XXXV, 2* partie, mém. cit ., Introduction, p. 518, 
et tirage à part, p. 12. 



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LA MENTION 



« PER REGEM AD RELACIONEM » 

INSCRITE SUR LE REPLI DES ACTES ROYAUX 

AU XIV* SIÈCLE. 



On sait que sous le règne de Philippe le Bel, par suite du 
nombre toujours croissant des affaires, la chancellerie royale 
exigea, pour la régularité de l'expédition des actes, des garanties 
nouvelles. Le chancelier ne pouvait plus être personnellement au 
courant de toutes les affaires, depuis que celles-ci se traitaient en 
même temps au Conseil, au Parlement et à la Chambre des 
comptes; il importait donc que les actes, en arrivant à l'audience 
du sceau, portassent une preuve de leur authenticité, de façon 
que la bonne foi du chancelier ne fût pas surprise et qu’il ne fût 
pas exposé à sceller des lettres suhreptices. Les deux principales 
de ces garanties nouvelles sont : 1° la signature du notaire qui 
avait r&ligé la lettre ; 2° la mention du service ou de l'officier qui 
avait commandé la lettre au notaire; ces deux mentions devaient 
être inscrites de la propre main du notaire sur le repli de l’acte. 

Je ne retiens ici que la seconde de ces garanties, « la mention 
du service. » 

A la simple inspection du repli, le chancelier, avant de sceller 
la lettre, se rendait immédiatement compte de quel service ou de 
quel officier elle émanait; et, s’il y avait quelque doute au sujet 
de sa régularité, de son opportunité, etc., il lui était facile de se 
renseigner auprès de celui qui en avait ordonné la rédaction. 

On trouve ce genre de mention sur le repli de quelques actes 
royaux dès la fin du xiu e siècle : per regem , — per camerain , 
— per dominum N, etc. Cette coutume devint rapidement de 



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74 



LA MENTION « PER RBGBM AD RELACIOXEM. 



plus en plus régulière, et, dès le règne de Philippe le Long, elle 
est absolument constante. 

La mention Per regem est de beaucoup la plus fréquente; on 
la trouve sous des formes diverses dont les principales sont : 

Per regem. 

Per regem, presentibus N, N , etc. 

Per regem in consilio. 

Per regem in consilio , tn quo erant N, N, etc. 

Per regem in suis requestis. 

Per regem in suis requestis, vbi erant N, N, etc.*. 

et enfin sous les formes suivantes, dont je me propose de recher- 
cher la signification exacte : 

Per regem ad relacionem dominorum N, N, etc. 

Per regem ad relacionem consilii. 

Per regem ad relacionem. consilii in quo erant N, N, etc. 

On admet généralement que toutes les mentions qui comportent 
la formule Per regem. supposent la présence du roi au comman- 
dement de l’acte. Cette interprétation me semble parfaitement 
justifiée en ce qui concerne le premier groupe de mentions citées 
plus haut : per regem, — per regem in consilio, — per regem 
in requestis. Une remarque confirme pleinement cette interpré- 
tation : on trouve souvent les mêmes mentions tn consilio, — 
tn requestis, dans lesquelles le per regem est supprimé ; si la 
formule per regem est parfois supprimée, c’est donc qu’elle 
signifie quelque chose de précis lorsqu’elle est maintenue, et ce 
quelque chose de précis ne peut être que la présence effective du 
roi. D’ailleurs, M. N. de Wailly a parfaitement établi ce point 
dans la préface du tome XXI des Historiens de France. 

Mais, en ce qui concerne le second groupe de mentions ci-des- 
sus notées, l’opinion généralement admise me semble une erreur : 
bien loin que ces mentions supposent la présence effective du roi 
au commander de la lettre, je crois, au contraire, qu’elles prou- 

1. Les mentions 2, 4 et 6 désignent nommément certains officiers. Une ordon- 
nance de 1320, peu observée an débat et plusieurs fois renouvelée, avait pres- 
crit à chaque notaire < de faire mention expresse, ès lettres que il signera, de 
l’officier qui sera présent au commander ; > cette habitude tendit peu à peu à 
s’implanter; sous Jean le Bon et Charles V, on la constate à chaque instant, 
mais elle ne devint jamais absolument générale. 



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INSCRITE SUR LB REPU SES ACTES ROYAUX AU XIT* SIÈCLE. 75 

vent nécessairement que la lettre n'a pas été commandée au 
notaire par le roi en personne. 

Voici de quelle manière, erronée à mon avis, on a traduit jus- 
qu’ici ces deux formules : 

Par le roi, après rapport présenté au Conseil. 

Par le roi, après rapport présenté par messeigneurs N. N. 

En d’autres termes, ces lettres auraient été commandées par 
le roi en personne, suivant avis de quelque conseiller chargé de 
faire un rapport sur l’affaire. 

Il me semble que cette interprétation est basée sur une mau- 
vaise traduction du mot relacio. Lorsqu’on trouve cette formule 
libellée en français, elle est ainsi conçue : Par le roy a la rela- 
cion de Monseigneur N. — Par le roy a la relacion du 
Conseil. Le mot relacion , relacionem, ne signifie pas ici 
« enquête, plaidoirie, rapport administratif. » 

Il ne faut pas perdre de vue que toutes ces mentions extra 
sigillum sont signées du notaire : c’est celui-ci qui y parle en 
son nom en s’adressant au chancelier, puisque ces formules sont 
des garanties d’authenticité destinées à prouver au chancelier que 
le notaire a régulièrement rédigé la lettre. Cela est si vrai que le 
notaire y parle toujours à la première personne et y interpelle le 
chancelier à la deuxième personne (du pluriel) *. Si l’on se rend 
bien compte de ce fait, que les mentions inscrites sur le repli 
constituent en réalité une lettre écrite par le notaire au chance- 
lier pour établir la régularité de la rédaction, on conviendra que 
les mentions perregem ad relacionem... comportent une autre 
traduction que celle généralement admise, plus normale, plus 
conforme au texte, laquelle peut se libeller ainsi : 

Par le roi, d’après le rapport que m’en a fait le Conseil (à moi 
notaire). 

Par le roi, d’après ce que m’ont rapporté (à moi notaire) messeign. 
N, N, etc. 

En d’autres termes, le notaire, obligé d’indiquer au chancelier 
l’officier ou le service qui lui a commandé la lettre, exprime que 
l’ordre lui en a été donné soit par le Conseil, soit par tel officier, 

1. Par exemple dans les mentions très fréquentes < Rescripta per me de 
mandato vestro, — collatio facta per me, — per vos, — vobis presentibus ou 
vobis présenta, i etc., etc. 



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76 LA MENTION « FER REGEM AD RELACIONEM » 

lesquels ont prétendu agir directement au nom du roi. De sorte 
que cette lettre, voulue sans doute par le roi, n’a bien réellement 
été commandée au notaire que par le Conseil ou par un officier 
qui en a reçu l'ordre du roi. 

Si l’on admet cette traduction, on devra conclure logiquement 
que les lettres qui portent quelqu’une de ces formules ad rela- 
cionem ont été commandées au notaire * en dehors de la présence 
du roi. » 

On comprend de quelle importance est cette question pour 
l’établissement des itinéraires royaux. Si l’on possède un acte 
royal daté de Paris, 6 mai 1377, et passé « Par le roy a la rela- 
cion du Conseil, » peut-on en conclure que le roi était à Paris le 
6 mai 1377? Oui, si l’on admet l’opinion que je combats, puisque 
la formule per regem ad relacionem serait censée impliquer 
que l'acte a été commandé par le roi en personne. — Non, si l'on 
admet la solution que je propose, puisque cette mention prouve 
que l’acte n'a pas été donné par le roi ; dans cette hypothèse, 
l’acte examiné ne prouve par lui-même ni la présence ni l’absence 
du roi. 

Il importe donc d’opter pour l’une ou l’autre des deux inter- 
prétations. 

Voici, en dehors de la question grammaticale dont j'ai dit un 
mot plus haut, quelques arguments soit en faveur de ma thèse, 
soit contraires à la thèse opposée. 

Jusqu'au milieu du règne de Philippe de Valois, il n’est pas 
rare de trouver au bas des actes des formules libellées simplement 
ainsi : per dominum N, — per vos, — per elemosynarium , 
— per episcopum N, etc., ne faisant mention ni du roi, ni du 
Parlement, ni du Conseil, de sorte que les officiers ainsi désignés 
sembleraient au premier abord avoir agi de leur propre autorité. 

Dès la fin du règne de Philippe de Valois, cette coutume devient 
plus rare, et sous Charles V on n’en trouve que des exemples 
excessivement clairsemés. Dès lors, les actes sont toujours passés 
au nom du roi, per regem, ou au nom d'une des cours qui agis- 
sent normalement par délégation du roi lors même que le roi 
n’est pas présent, per consilium , per gentes compotorum, 
per cameram , per curiam , in requestis , etc. Mais un officier, 
quelle que soit sa dignité, n'apparaît plus guère dans les formules 
comme agissant de sa propre autorité. 

Or, c’est précisément à cette époque, où je remarque la déca- 



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INSCRITE SUE LE REPLI DES ACTES ROYAUX AU XIV e SIÈCLE. 77 

dence de la formule simple Per dominum N, — per Vos , etc., 
que se développe la mention Per regem ad relacionem domini 
N , — Per regem ad relacionem vestram , etc. Je suis bien 
tenté de croire que la seconde forme a simplement remplacé la 
première; ainsi, au lieu que sous Philippe le Long le notaire 
aurait écrit Per a rchiepisco pum Senonensem sur le repli d'un 
acte qui lui aurait été commandé par l’archevêque de Sens, sous 
Charles V il écrit presque invariablement Per Regem ad rela- 
cionem archiepiscopi Senonensis , exprimant ainsi que l’ar- 
chevêque de Sens a agi par ordre direct du roi. 

C'est là déjà une présomption en faveur de mon opinion. Ce 
n’est pas la seule. 

Et d’abord, un fait qui me paraît aller directement à l’encontre 
de l’interprétation actuelle. En réalité, les historiens ne font pas 
de différence sérieuse entre les deux mentions per regem in 
Consilio et per regem ad relacionem Consilii. Cette confu- 
sion découle nécessairement du sens qu’ils donnent à cette der- 
nière formule. Or, il est certain, historiquement, que ces deux 
mentions sont irréductibles l'une à l’autre et qu’il y a entre elles 
une différence notable. Une lettre donnée à Royal-Lieu, près 
Compiègne, le 16 juin 1361, avait été passée par le notaire par 
le roy a la reladon du Conseil ; le roi ordonna expressément 
de la passer par le roy en son Conseil *; donc le sens de l’une 
est bien réellement très différent du sens de l’autre. L'interpréta- 
tion actuellement en vigueur ne peut pas justifier l'ordre exprès 
donné par le roi au notaire en cette occasion. La traduction que 
je propose rend ce fait très explicable; en effet, la première men- 
tion inscrite par le notaire impliquait que le roi n’avait pas assisté 
au conseil où avait été décidée l’expédition de cette lettre; il pou- 
vait y avoir utilité à ce qu’on sût que le roi lui-même avait décidé 
la rédaction de cet acte; c’est ce qu’établit, dans notre hypothèse, 
la mention ajoutée après coup. 



1. Ordonnances , t. III, p. 503. < Depuis que ces présentes furent ensi signées, » 
note le secrétaire au bas de la lettre, c le roy me commanda que jou les signasse 
passées par luy et son conseil. Blanchet. > Il faut certainement lire c par luy 
en son conseil. > 11 ne faut pas s'étonner du jargon picard prêté ici au secrétaire 
Blancbet : le texte est emprunté à un registre de la ville de Lille, et l’on sait 
que les scribes de tous les pays, en transcrivant des actes, les ont traduits en 
leur patois et ont inconsciemment travesti les termes originaux en leur donnant 
les formes de leur propre dialecte. 



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78 U MBNTION « PER REGBM AD RELACIOKEM » 

Rien d’ailleurs ne vient contredire notre interprétation. 
Lorsqu’on trouve par hasard la formule a la relacion de dans 
quelque mention de forme peu ordinaire, il semble bien qu’elle a 
toujours le sens que nous proposons. En voici deux : 

Par le duc, du commandement du roy, a la relacion de l’aumos- 
nier 1 . 

Du commandement du roy, a la relacion du Conseil estant en la 
Chambre des comptes 3 . 

C’est d’autant plus sensible dans ces deux exemples que les 
termes « du commandement du roy » expriment généralement un 
ordre communiqué par lettre ou par un tiers. 

Enfin, et je considère ceci comme une preuve définitive, on 
trouve dans plusieurs actes de la régence du dauphin Charles une 
mention extra sigillum comportant la formule ad relacionem 
et qui ne peut s’expliquer que par l’absence du régent. C’est la 
mention suivante : 

Par Monseigneur le regent, a la relacion du Conseil estant à Paris. 

Secousse a prouvé rigoureusement 3 que la mention Par le 
Conseil estant a Paris implique toujours que le souverain est 
absent de Paris : le souverain a emmené avec lui une partie de 
son conseil, qui garde le nom de « Conseil du roi, » et la partie 
de cette assemblée restée à Paris et chargée d’expédier les affaires 
courantes prend le nom de « Conseil estant à Paris, » Consilium 
Parisius existens. Dans le cas qui nous occupe, en 1359, pen- 
dant la captivité du roi Jean, le souverain est le régent. 

Pendant l’été de cette année 1359, le régent, en quittant Paris, 
avait laissé dans cette ville une partie de son conseil avec pouvoir 
d'expédier des actes royaux; c’est ce que prouvent un grand 
nombre d’actes de juin-septembre 1359 passés per consilium 
Parisius existens, tandis que d’autres sont donnés à Meulan ou 
ailleurs per dominum regentem, per dominum regentem in 
consilio, etc. Or, à cette même époque, on trouve un assez grand 
nombre de lettres royales datées de Paris et passées 

Par Monseigneur le regent, a la relacion du Conseil estant a Paris. 

1. Lettre de Jean, fils atné du roi de France, 16 avril 1344 (Bibl. nat., ms. 
fr. 25699, n* 22). 

2. L. Delisle, Mandements de Charles V, n # 386. 

3. Voir le travail de Secousse, préface du t. III du Recueil des Ordonnances . 



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INSCRITS SUR LE REPLI DBS ACTES ROTADX AD XIV* SIÈCLE. 79 



Per dominum regentem , ad relacionem Consilii Parisius exis- 
tentis*. 

Étant donnés les mots « le Conseil estant à Paris, » nous savons 
que le régent était alors absent de la capitale. Par conséquent, 
ces lettres n’ont pas été commandées directement par le régent, 
malgré la présence de la formule per regentem. J’en conclus 
donc logiquement que les mots ad relacionem consilii doivent 
s’entendre dans le sens que j’ai indiqué, c’est-à-dire qu’ils con- 
cernent simplement l’ordre donné au notaire par le Conseil. C’est 
du régent qu'émane primitivement l’ordre de rédiger la lettre : 
per dominum regentem ; mais c’est seulement par l’intermé- 
diaire du Conseil que cet ordre a été transmis au notaire : ad 
relationem Consilii. 

C’est la seule manière rationnelle d’expliquer ces formules. 

Je crois cette démonstration suffisante. Je veux cependant 
montrer que cette méthode d’interprétation est capable, dans cer- 
tains cas, d’expliquer des faits qui pouvaient paraître contradic- 
toires. Pour être bref, je n’en donnerai qu’un seul exemple. 

Du 12 au 25 septembre 1377, on trouve plus de vingt actes 
datés de Melun et passés « par le roy*; » il est donc certain qu’à 
ce moment Charles Y faisait séjour à Melun ; d’ailleurs, des actes 
passés « par le roy » sont datés de Melun les 22, 23 et 24 sep- 
tembre. Or, le 23 septembre, un acte est donné à Paris « par le 
roy, a la relacion du Conseil estant en la chambre des generaulz. » 
Si nous acceptons l’interprétation ordinaire de la formule « à la 
relacion de..., » nous nous heurtons ici à une réelle difficulté. 
D’abord, d’après tous les documents connus, il ne paraît pas que 
Charles V ait quitté Melun le 23 septembre. Or, il nous faudrait 
admettre que le roi, après avoir pris le temps d’expédier certaines 
affaires à Melun dans la matinée du 23 septembre, aurait gagné 
Paris, où il aurait fait encore rédiger quelque acte ce même jour; 
puis, qu’il serait reparti de Paris le lendemain 24 et serait arrivé 
à Melun pour y expédier immédiatement des lettres royaux. Qui 
ne voit l’invraisemblance ou, pour mieux dire, l’impossibilité 
d’une telle course au clocher, surtout si l’on considère qu’entre 
Paris et Melun il y a une distance de quarante-cinq kilomètres? 

1. Voir, entre autres, des actes de juin, juillet, septembre 1359 (Arch. nat., 
JJ 90, n- 200, 203, 208, 213, 291, 294, 296). 

2. Voir L. Delisle, Mandements de Charles V , p. 734 et suiv. 



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80 LA KBNTIOX « PER RBGEM AD RBLACIONBtf » 

Constatons, au contraire, combien facilement tout s’explique, 
si l'on admet notre interprétation. Charles est à Melun le 23 et le 
24 septembre, où il expédie des actes; le 23 septembre, la partie 
du conseil restée à Paris s’assemble et fait, de son côté, rédiger 
des lettres royaux. Les lettres que Charles Y a lui-même com- 
mandées sont passées Per regem, car c’est du roi lui-même que 
le notaire a reçu l’ordre de les rédiger ; celles que le « Conseil 
estant à Paris > a commandées sont passées « Par le roy, à la 
relacion du Conseil, » car c’est du Conseil que le notaire a reçu 
l’ordre et non pas directement du roi. 

Pour me résumer, je crois que la mention Per regem ad rela- 
cionem... a jusqu’ici été mal interprétée, parce que les mots ad 
relacionem ont été mal traduits. On a cru que cette mention 
prouvait la présence du roi au commander de l’acte ; je crois avoir 
établi, au contraire, qu’elle prouve l’absence du roi au moment 
où l’acte a été commandé au notaire. Lors donc qu'un acte a été 
passé Per regem ad relacionem, il ne prouve par lui-même ni 
la présence ni l’absence du roi dans le lieu et à la date de l’acte. 

O. Morel. 



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NOUVELLES ACQUISITIONS 



DU 

DÉPARTEMENT DES MANUSCRITS 

DE 

LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 

PENDANT LES ANNÉES 1896-1897. 



040 



Les notices suivantes présentent un aperçu des accroissements 
qu’ont reçus les fonds latin et français du Département des manus- 
crits de la Bibliothèque nationale pendant les deux années écou- 
lées du 1 er janvier 1896 au 31 décembre 1897*. 

Au premier rang de ces nouvelles acquisitions doivent figurer 
les manuscrits autographes des œuvres de Lamartine, légués à la 
Bibliothèque nationale par M 11 * Valentine -Marie- Gabrielle de 
Glans de Cessiat de Lamartine. Ces volumes ou calepins, au 
nombre de soixante- trois, ont été remis au Département des 
manuscrits, le 14 janvier 1897, en vertu d’un décret de M. le 
Président de la République autorisant l’acceptation du legs. 

La Bibliothèque nationale doit aussi à la libéralité d’un érudit 
messin, M. Gabriel-Auguste Prost (1817-1896), le legs d’une im- 
portante collection de manuscrits, imprimés et estampes, relatifs 
à l’histoire de Metz et de la Lorraine. Les manuscrits, au nombre 
de cent quarante-cinq volumes, catalogués plus loin sous les 
n < ‘* 4826-4916 et 6686-6738 des nouvelles acquisitions du fonds 



1. Ces notices font suite à celles qui ont été précédemment publiées dans la 
Bibliothèque de VÈcole des chartes, t. L1I1 (1892), p. 333-382; t. LV (1894), 
p. 61-114 et 241-238; t. LVI1 (1896), p. 161-196 et 339-372. 

4898 6 



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82 



NOUVELLES ACQUISITIONS 



français, ont été déjà l’objet d’une description détaillée parue en 
1897 dans le tome I des Mettensia, mémoires et documents 
publiés par la Société nationale des Antiquaires de France 1 . 

On pourra juger des autres principaux accroissements des fonds 
latin et français pendant les années 1896-1897 par la liste sui- 
vante : 

Acroni8 comment&rius in Horatium, xv® s.; n. a. lat. 1756. 

Algérie (Documents pour l’histoire de 1’); n. a. fr. 6769. 

Ancillon. Chronique de Metz; n. a. fr. 6691. 

Axgoumois (Documents concernant les aides en), xv® s.; n. a. fr. 9140. 

Apuleius Madaurensis. Opuscula philosophica, xv® s.; n. a. lat. 632. 

Aristoteles. Opéra philosophica, xiv® et xv® s.; n. a. lat. 633, 650, 
1758. — Secret des secrets, xv® s.; n. a. fr. 4951. 

Arles (Statuts de la ville d’), 1150; n. a. lat. 1752. 

Arnaldus de Villanova. Opuscula, xv® s.; n. a. lat. 634. 

Arras (Bréviaire à l’usage d’), xiv® s.; n. a. lat. 622. 

Baltus. Histoire de Metz; n. a. fr. 6692. 

Béarn (Fors de), xv® s.; n. a. fr. 6657. 

Beauchamp (A. de), Documents sur la guerre de Vendée; n. a. 
fr. 9174. 

Bec-Hellouin (Fragments du Cartulaire du), xin® s.; n. a. lat. 1771. 

Benoist (le P.). Histoire ecclésiastique de Metz; n. a. fr. 6693. 

Bernardini de Senis (Canonizatio et miracula S.), xv® s.; n. a. 
lat. 1763. 

Berry (Chronique de Charles VII, par Gilles Le Bouvier, dit), xv® s.; 
n. a. fr. 6647. 

Bindo (Fr.), Distinctiones exemplorum V. et N. Testamenti, xv® s.; 
n. a. lat. 646. 

Bouillon (Correspondance du cardinal de) ; n. a. fr. 6676-6678. 

Bourgogne (Chartes pour l’histoire de), xn«-xvi® s.; n. a. fr. 9176. 

Boyer (Journal de voyage de D. Jacques) ; n. a. fr. 4788. 

Bret (Œuvres dramatiques d’Ant.); n. a. fr. 9207-9209. 

Bruni (Leonardus Aretinus), de bello punico, xv® s.; n. a. lat. 639. 

Bruno Signiensis, Expositio Apocalypsis, xiv® s.; n. a. lat. 649. 

Buvàt (Mémoires et papiers de J.), écrivain de la Bibliothèque du 
roi ; n. a. fr. 6661. 

1. Pages 57-166, et tirage à part de 114 p. in-8*. — C’est ici le lieu de rap- 
peler que, par une autre clause de son testament, M. Aug. Prost a fondé un 
prix annuel de douze cents francs qui doit être décerné par l'Académie des 
inscriptions et belles- lettres < à l’auteur français d’un ouvrage sur Metz et les 
pays voisins >. 



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DU DlSPARTEMBïfT DES MANUSCRITS. 83 

Camus, Consultations juridiques pour le Clergé de France (1767-1786); 
n. a. fr. 4918-4944. 

Ca8sibn, Collations des Saints Pères, xvi e s.; n. a. fr. 6763. 

Cassiodore, Histoire tripartite, xi® s.; n. a. lat. 2379. 

Chansons françaises, provençales et italiennes, avec musique notée, 
xv* et xvi® s.; n. a. fr. 4917 et 6771. 

Charles VH (Chronique de), par Gilles Le Bouvier, dit Berry, xv® s.; 
n. a. fr. 6647. 

Chartes (Recueils de); n. a. fr. 9179, 9188-9191, 9247-9251; — n. a. 
lat. 2378, 2382, 2574. 

Chartreux (Offices des), xv® s.; n. a. lat. 618 et 627. 

Christine de Pisan, Sept psaumes allégorisés, xv® s.; n. a. fr. 4792. 

Chronique abrégée des rois de France, xv® s.; n. a. fr. 4811, 4951. 

Cluniacenses (Antiquiores consuetudines), xi* s.; n. a. lat. 638. 

Coeur (Arrêt contre Jacques), 1453; n. a. fr. 5965. 

Compagnie des Indes. — Voir Dupleix et Lally-Tollendal. 

Comptes de bouche de rois, reines et princes de France (1397-1585); 
n. a. fr. 5967. 

Comptes des trésoriers des guerres sous Philippe VI de Valois et 
Jean II; n. a. fr. 9236-9241. 

Comput (Traités de), xv® s.; n. a. lat. 619-621, 625, 1749. 

Comtat-Venaissin. Registre du comte de Toulouse, xm® s.; n. a. 
lat. 1751. 

Conques, en Rouergue (Privilèges des habitants de), xvi® s.; n. a. 
lat. 2377. 

Craye (Recueil du s r ) sur l’histoire de Metz; n. a. fr. 6701-6713. 

Cryptographie. Traité de physique, en écriture cryptographique, xv® s.; 
n. a. lat. 635. 

Dauphiné (Document concernant les aides en), xv® s.; n. a. fr. 9140. 

Decretum Gratiani, xv® et xiv® s.; n. a. lat. 630, 1731. 

Dijon (Règle de l’hôpital du Saint-Esprit de), xv® s.; n. a. lat. 613. 

Dupleix (Correspondance de) et pièces relatives à son procès ; n. a. 
fr. 9144-9170. 

Évreux (Missel à l’usage d’), xiii® s.; n. a. lat. 1773. 

Florus, Epitomæ de Tito Livio, xi® s.; n. a. lat. 1767. 

Franche-Comté (Chartes pour l’histoire de), xn*-xvi® s.; n. a. fr. 9176. 

Frontinus (Sextus Julius), Opuscula, xv* s.; n. a. lat. 626. 

Galfridi de Vinosalvo Poetriæ novæ fragmentum, xm* s.; n. a. 
lat. 647. 

Gbnuen8es (Historiæ), a Cibo Recco, xvi® s.; n. a. lat. 1764. 

Ginguené (Papiers de); n. a. fr. 9192-9220. 

Gratiani Decretum, xv® et xvi® s.; n. a. lat. 630 et 1731. 

Gregorius Magnus (S.), Fragmenta, unciali charact., vin® s.; n. a. 
lat. 642. 



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84 



NOUVELLBS ACQUISITIONS 



Gualteri Brugensis Summa Abel, xrv® s.; n. a. lat. 1762. 

Guerre. Comptes des trésoriers des guerres sous Philippe VI de 
Valois et Jean II; n. a. fr. 9236-9241. — Registres de la régie des 
vivres et subsistances militaires sous Louis XVI; n. a. fr. 5944-5964. 

Güillelmus de Salvavilla, Dicta magistri Gerardi Magni, xv e s.; 
n. a. lat. 636. 

Indes (Compagnie des). — Voir Dupleix et Lally-Tollendal. 

Joannis de Gapua Directorium humanæ vitæ, xv e s.; n. a. lat. 648. 

Lally-Tollendal (Procès de), et papiers de son défenseur, Guignard 
de Saint-Priest; n. a. fr. 9223-9234. 

Lamartine (Mss. autographes d’Alphonse de); n 0# 1-62 (63 volumes). 

Lebrun (Correspondance et poésies de P. -A.); n. a. fr. 9197-9205. 

Lebrun (Poésies d’Écouchard-) ; n. a. fr. 4812. 

Lettres autographes de personnages célèbres des xv«-xix® s.; n. a. 
fr. 4814-4816, 6658, 9186. — Copies d’autographes de Saint-Pétersbourg; 
n. a. fr. 4820-4822. 

Lire (Obituaire de l'abbaye de), xrv e -xv e s.; n. a. lat. 1774. 

Locbes (Mémoires de Dom M. Galand sur) ; n. a. fr. 6652. 

Lorenz (O.), Matériaux du Catalogue de la librairie française; n. a. 
fr. 6740-6762. 

Loudun (Pièces relatives à la possession des Ursulines de); n. a. 
fr. 6764. 

Louis XIV (Lettres de), écrites par Roze; n. a. fr. 4797-4800. 

Lulle (Œuvres de Raymond), xv e s.; n. a. lat. 617 et 634. 

Maisons de différentes reines de France, etc.; n. a. fr. 9175. 

Majonis expositio Q ration! s dominicæ, xu® s.; n. a. lat. 1772. 

Marlianus (Fabr.), Thésaurus pontificum, xv e s.; n. a. lat. 1765. 

Marrasi (Poèmes de Giovanni), xv®-xvi® s.; n. a. lat. 623. 

Ménaoier de Paris, xv® s.; n. a. fr. 6739. 

Mercier de Saint-Léqer, Notes et papiers; n. a. fr. 4950, 6664. 

Metz (Collection Aug. Prost sur l'histoire de) ; n. a. fr. 4826-4916, 
6686-6738; — Chroniques de Metz, en vers; n. a. fr. 6688, 6689, 6715- 
6717 ; — Pièces originales sur l’histoire de Metz, provenant de la Col- 
lection Emmery, xm®-xvm* s.; n. a. fr. 6725-6733. — Voir aussi : Ancil- 
lon, Baltus, Benoist (le P.) et Crave. 

Miller (Emm.). Correspondance; n. a. fr. 6681-6684. 

Monnaies de Lyon et de Paris (Envois d’objets d’or et d’argent aux), 
1789-1793 ; n. a. fr. 9243. 

Nicolai de Osimo Supplementum Summæ Pisanæ, xv® s.; n. a. lat. 
628. 

Normandie (Pièces concernant la) ; n. a. lat. 2380, 2382. 

Offémont (Seigneurs et seigneurie d*), xui«-xvi« s.; n. a. fr. 5966, 
6675. 

Oratoire (Notices sur les PP. de 1'), par Bicaïs; n. a. fr. 6653-6655. 



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DU DÉPARTEMENT DES MANUSCRITS. $5 

Orléans (Documents concernant les ducs Louis I er , Charles I" et 
Louis II d’) ; n. a. fr. 9190. 

Paris (Ménagier de), xv*s.; n. a. fr. 6739. — Chartes relatives à Paris 
et à l’Ile-de-France; n. a. fr. 9247-9250. — Envois d’objets d’or et d’ar- 
gent à la Monnaie, 1789-1793 ; n. a. fr. 9243. 

Pays-Bas (Commerce de la France avec les), xvi®-xvii® s.; n. a. 
fr. 4784. 

Petrarcha (Fr.), Opuscula, xv® s.; n. a. lat. 650. 

Petrus Riga, Aurora, xm* s.; n. a. lat. 1748. 

Philelphus (Marius), Novum Epistolarium, xv® s.; n. a. lat. 1770. 

Pipinus (Fr.), Iter Marci Pauli Veneti, xiv # s.; n. a. lat. 1768. 

Planat de La Faye (Mémoires et correspondance de) ; n. a. fr. 6641- 
6645. 

Pomponne (Inventaire des papiers de M. de) ; n. a. fr. 9178. 

Pontanus (Jovianus), de obedientia, xv® s.; n. a. lat. 1754. 

Prémontré (Privilèges et statuts de l’Ordre de), xm e s.; n. a. lat. 644. 

Probus (Valerius), de notis Romanorum, xv® s.; n. a. lat. 632. 

Prost (Collection Auguste) sur l’histoire de Metz; n. a. fr. 4826- 
4916, 6686-6738. 

Quintiliani Institutiones oratoriæ, xv* s.; n. a. lat. 1757. 

Rennes (Statuts des maîtres teinturiers de), xvn® s.; n. a. fr. 6767. 

Richelieu (Lettres du cardinal de) ; n. a. fr. 4787. 

Romme (Correspondance de) ; n. a. fr. 4789, 4790. 

Rose (Fragment du Roman de la), xiv® s.; n. a. fr. 9252. 

Rouen (Chronique des archevêques de), xvr s.; n. a. lat. 645. 

Roussillon, Description historique par Xaupi; n. a. fr. 4810. — État 
militaire sous Louis XV ; n. a. fr. 4953. 

Saint-Priest (Papiers de Guignard de), défenseur de Lally-Tollendal ; 
n. a. fr. 9223-9234. 

Saint-Simon (Documents sur les ducs de); n. a. fr. 9171, 9172. 

Saints (Vie de), xm® et xv* s.; n. a. lat. 613, 1755. 

Solignac (Chronique de l’abbaye de), par Dom L. Dumas; n. a. 
fr. 4948. 

Térence, Comédies, traduites par G. Rippe, xv* s.; n. a. fr. 4804. 

Thomas d’Aquin (S.), Commentaires sur l’Ancien Testament et sur 
Aristote, xiv® s.; n. a. lat. 1759, 1760. 

Trésoriers des guerres (Comptes des) sous Philippe VI de Valois et 
Jean II; n. a. fr. 9236-9241. 

Tunisie (Documents pour l’histoire de la) ; n. a. fr. 6769. 

Vendée (Documents sur la guerre de) ; n. a. fr. 9174. 

Viqneülles (Philippe de), Chronique; n. a. fr. 6687. — Extraits de 
Robert Gaguin; n. a. fr. 6696; — Mémoires, autogr.; n. a. fr. 6720. 

Tous ces articles réunis forment un total de 581 volumes 



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86 



NOUVELLES ACQUISITIONS 



manuscrits ajoutés aux fonds latin et français des nouvelles 
acquisitions pendant les années 1896-1897 4 . 

H. Omont. 



Liste des manuscrits décrits. 



Manuscrits latins nouv. acq. 



Manuscrits français nouv. acq. 



Œuvres de Lamartine, mss. 



613-650, 38 mss. 

1748-1775, 28 — 

2377-2382, 6 — 

2574-2576, 3 — 

4784-4954, 173 — 

5944-5967, 24 — 

6641-6772, 132 — 
9139-9252, 114 — 

1-62, 63 — 



Total : 581 mss. 



Manuscrits latins. 
Petit format. 



613 . Vitæ sanctorum. 

Fol. 1. « Passio sancti Saturnini, episcopi et martiris, qui passus 
est Tholosa,... ab Orrello, Ausonensi scolastico, rescripta... Si 
eorum virorum beatissimas passiones... »*, sequuntur (fol. 23) inven- 
tio corporis, miracula et officium S. Saturnini. — Fol. 37 v°. « Pas- 
sio beati Pétri apostoli. In diebus illis surrexi t quidam Symon... » 
— Fol. 39. « Passio sancti Bartholomei apostoli. Indie très esse ab 
historiographis... » — Fol. 45 v°. « Vita beati Nicholai pontificis. 
Beatus Nicholaus ex illustri prosapia ortus... » 

1. On peut rappeler ici que l'acquisition, au début de l’année 1897, des 
manuscrits et papiers laissés par feu Emro. Miller, membre de l’Institut (f 1886), 
a fait entrer à la Bibliothèque nationale 69 mss. grecs, 6 mss. latins, 20 mss. 
français, 4 mss. espagnols et 7 portulans, dont il a été publié une description 
détaillée sous le litre de : Catalogue des mss. grecs , latins , français et espa- 
gnols , et des portulans , recueillis par feu Emm. Miller (Paris, E. Leroux, 1897, 
in-8% xv-137 p. et 4 planches de fac-similés}. 



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DD DfriBTEKBNT DES MAHUSC&ITS. 87 

un* s. Parch. 54 feuillets. (Provient de M. de Chevannes, de 
Dijon, 4680.) 

614. Régula fratrum et sororum ordinis Sancti Spirilus Hospi- 
talis Divionensis. 

xv* s. Pap. 36 feuillets. (Provient de M. de Chevannes, de Dijon, 
4680.) 

615. Livre d’heures, en latin, avec calendrier. — A la fin 
(fol. 445 v°), poésies pieuses et (fol. 424) « Vie de saincte Barbe, » 
en vers français. — Au début et à la fin, notes de naissances et décès 
des familles Vandenesse etMolet, de Dijon (4494-4559). 

xv* s. Parch. 428 feuillets. (Provient de Lantin, de Dijon.) 

616. « Liber Jacobi Alchindi de radiis. » — Début : « Omnes 
hommes qui sensibilia... » — A la fin la date : « 4442. » 

xv* s. Pap. 47 feuillets. 

617. Raymundi Lulli opuscula. 

Fol. 7. « Ars generalis ultima omnium arcium. Ista ars fuit incepla 
a Raymundo Lully super Rodanum, mense novembris anno 
M CCC 5“, et ipse eam finivitin civitate Pysana, in monasterio Sancti 
Dominici... — Finitus est presens liber per me fratrem Nycolaum 
Amstelredamus Jacobi dictum, anno Domini 4489, in profesto sancti 
Thome apostoli. » — Fol. 463. « Pulcherrimus tractatus et brevis 
compendiosusque pro intellectu Arlis magne. j> — « Explicit... ipso 
die Silvestris pape, anno 4488. » — Fol. 475. « Diffinitiones princi- 
piorum prime [et secunde] figure. » — Fol. 498. « X régulé arlis 
generales. » — Fol. 205. « Ars inventiva. — Finitus est per manus 
fratris Ny[colai] de Amstel, dicti Jacobi... 4489... » — Fol. 254. 
« Ars demonstrativa. » — Fol. 348. « Ars juris iam canonici quam 
civilis Raymundi... 4489. » — Fol. 334 v*. « Proposiciones juris 
necessarie sub corapendio. » — Fol. 338. « Ars memorie artificialis. » 
— Fol. 354. « Ars brevis de jure naturali, etc. » — Fol. 357. « Liber 
qui dicitur ars luminis investigans sécréta... 4489. » — Fol. 362. 
« Excerptum ex arte amativa Raymundi Lully. » — Fol. 364. « Ars 
proposicionum secundum arlem demonstrativam. » — Accedunt 
figura. 

xv* s. Pap. 378 feuillets. 

618. « Officia communia Sanctorum » et « Psalterium in divino 



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88 



NOUVELLES ACQUISITIONS 



ofDcio dicendum secundum morem ordinis Carthusiensium ; » præ- 
mittitur calendarium et ordo officiorum. 

xv a s. Pap. 450 feuillets. (Provient de la chartreuse de Buxheim.) 

619. Recueils de traités de coraput et de grammaire, etc. 

Fol. 40. Tables des éclipses de soleil et de lune depuis 4433 jus- 
qu’en 4462 et 4447. — Fol. 42. Traité de comput et Cisiojanus , avec 
glose : « Ex quo in primordiali rerum origine...; » suivi (fol. 26 v°) 
de notes de décès et voyages, de la main d’un curé bavarois (4429- 
4489). — Fol. 28. Manuel de conversation latine, à l’usage des écoles. 

— Fol. 35 v°. Calendrier et tables astronomiques. — Fol. 39. Traité 
de la dignité et des devoirs du prêtre : a Quasi Stella matutina in 
medio nebule... » — Fol. 47. Tables de multiplication. — Fol. 48. 
Traité de grammaire latine : « Nota quod dictiones in declinando.. . » 

— Fol. 63. Traité des sacrements, extrait d’un Spéculum sacerdo- 
tum. — Fol. 74. Physiologus, en vers, avec glose : « Très leo natu- 
ras... »; glose : « Circa inicium hujuslibelli queritur... » 

xv e s. Pap. 80 feuillets. 

620. « Tractatus spere naturalis Joannis de Sacrobusco Anglici, 
anno 4464. » 

xv e s. Pap. 32 feuillets. 

621. Calendrier astronomique. 

xv e s. Pap. 44 feuillets. 

622. Breviarii ad usum Atrebatensem pars æstivalis ; præmittitur 
calendarium. 

xiv 6 s. Parch. 438 feuillets. 

623. Joannis Marrasii Siculi carmina ad Leonardum [Bruni] Àre- 
tinum, Æneam Silvium, Leonellum et Nicolaum Estenses, Guari- 
num Veronensem, Gyriacum Anconitanum, Sigismundum, Hungariæ 
et Bohemiæ regem, etc.; inter quæ (fol. 49) Homeri batrachomyo- 
machia, Garolo [Marsuppini] Aretino interprète. — Accedunt, in 
marginibus et ultimis foliis 445-4 77, Græcorum philosophorum sen- 
tentiæ variæ. 

xr et xvi° s. Parch. 477 feuillets. 

624. Anonymi lexicon poeticum : « Advertat diligenter lector illud 
solum... AarOn, proprium nomen, Aalmà, Aaronita... »; accedunt 



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DU DÉPARTEMENT DBS MANUSCRITS. 



$9 



(fol. J 46) regulæ grammaticales et (fol. 4 59) « tractatus de orthogra- 
phia, accentu, » etc. — Fol. 174. « Nomina civitatum tocius regni 
Francie. » — Fol. 175. a Régulé spéciales de brevibus et longis alio 
modo posite. » — Fol. 178 v°. « Régulé de ornatissimo et rethorico 
dictamine latino Parisius impresse. » — Fol. 184. Regulæ de accentu 
et quantitate syllabarum. — Fol. 196. « Synonima magistri Tullii 
Ciceronis. » 

xv* s. Pap. 209 feuillets. (N° 9330 de la bibliothèque de sir Tho- 
mas Phillipps.) 

625. Mélanges de comput et d'astronomie. 

« Lapidarium Evacis de lapidibus preciosis, metrice » (3 v°) ; — 
« Theoria planetarum, scripta Parisius anno Domini 1348, in vigilia 
Agnetis virginis » (10); — « Tractatus Profacii Judei de aspectibus 
lune ad alios planetas, translatus in preclaro studio Montispessulani 
de hebraico in latinum anno Domini 1312 » (13 v°) ; — « Compositio 
et utilitates quadrantis novi, » etc. (16) ; — « Liber Alkapicii, inchoa- 
tus Parisius, sed completus Erfordie, anno Domini 1349, incraslino 
nativitatis Virginis gloriose » (20) ; — « Centilogium Ptholomei, cum 
commento Hali » (34) ; — « Distinctio stellarum cometarum » (46 v°) ; 

— « Tractatus questionum incidencium circa 12. domus celi et natu- 
ras planetarum » (46 v°) ; — <c Tractatus spere breviter recollectus et 
scriptus Erfordie, anno Domini 1350 » (50) ; — « Algorismus novus » 
(51 v°) ; — « Tabula de extractione radicum omnium numerorum 
quadratorum et cubicorum » (54) ; — « Capitula stellarum oblata régi 
Sarracenorum Almansor » (54 v°); — « Ars componendi astrola- 
bium, édita et inventa a Ptholomeo, rege Egipti » (57) ; — « Utilitas 
sive praclica aslrolahii, scripta Erfordie anno Domini 1350, perfecta 
in vigilia Michaelis » (59 v°) ; — « Tractatus de proportionibus, edi- 
tus a magistro Thoma de Bradwardin anno Domini 1328, scriptus 
Parisius anno ejusdem 1348 » (62); — « Declaratio super 6. conclu- 
siones predicti magistri Thome de proporcionibus » (70 v°); — 
« Modus generalis misteriandi numéros » (72) ; — « Compendium 
numerorum, » etc. (76) ; — « Tractatus Ypocratis de judiciis inflrmi- 
tatum secundum disposicionem lune ad planetas » (89 v°) ; — « Pra- 
ctica astronomie quantum pertinet medico, intitulata Flores » (93 v ü ) ; 

— (l Epistola Senece ad Paulum et Pauli ad Senecam » (98); — 
« Liber Senece de copia verborum, sive de quatuor virtutibus, quem 
misit Paulo apostolo Rome » (99 v°) ; — Senecæ de clementia libri II 
(101 v°) ; — « Epigramma vel epithoma librorum Lucii Annei Senece 



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90 



NOUVELLES ACQUISITIONS 



de beneflciis » ( 44 - 1 ) ; — « Ecclesiasticum dogma secundum sanctum 
Augustinum » (428 v°) ; — Senecæ ad Lucilium epistolæ (434). 

xiv* s. Parch. 484 feuillets. (N® 3422 de la bibliothèque de sir 
Thomas Phillipps.) 

626 . < Sexli Julii Frontini de ductibus aquarum s libri III (4) ; 
— ejusdem stratagematum libri IV (69); — Isidori Hispalensis 
« libellus de lemporibus » (257) ; — « Pétri Wanafrii [Warnefridi] 
Forliviensis de bello Longobardorum » libri VI (284 ) ; — « Petras 
bibliotbecarius de historia Gallorum » (347). 

xv* s. Pap. 334 pages. (N° 3706 de la bibliothèque de sir Thomas 
Phillipps.) 

627 . Breviarium ad usum carthusiæ Vallis Pissii, diocesis Montis 
Vicii [Monreale, Sicile] ; præmittilur calendarium. 

xv* s. Parch. xii et cccv feuillets. 

628. Nicolai de Osimo Supplementum Summæ Pisanæ. 

xv* s. Parch. 667 feuillets. 

629 . Lectionarium secundum consuetudinem Romane Curie. — 
Aux fol. 4 et 278 sont peintes des armes écartelées, aux 4 et 3 d'or à 
cinq écus d’argent disposés en croix, aux 2 et 4 de gueules, à un 
quatrefeuilles d’or, chargé d’une rose de gueules-, elles ont été recou- 
vertes parles monogrammes du Christ et de la Vierge. 

xv* s. Pap. 520 feuillets. (Provient des Frères mineurs de Pon- 
toise.) 

630 . Gratiani Decretum versiflcatum. « Prologus. Distinctus liber 
est inquinque volumina presens... Est jus divinum quod naturale 
vocatur... » — Præcedit præfatio (fol. 46) : « Primum librum juris 
canonici qui Decretum dicitur... » et (fol. 23 v°) : a Decretum versi- 
flcatum. Collige versus quid vult distinctio quevis... » — Fol. 4 v®, 
23 v* et 459 v°-460 v®. Formularium lilterarum ad usum Curiæ 
Romanæ. 

xv* s. Pap. 4 60 feuillets. 

631 . « Tractatus de panthometro, sive circino proportionis, auct. 
R*® P. Francisco Aegidio de Gottignies, Bruxellensi, Soc. Jesu ; Pelrus 
Paulusde Vecchiis, ejusdem discipulus, scribebat Romæ. » (Figures.) 

xvii* s. Pap. 473 feuillets. 



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Dü DÉPARTEMENT des manuscrits. 



94 



632. Valerii Probi de notis Romanorum interpretandis libellus (5) ; 

— ejusdem notarum laterculus alphabeticus (8 v°) ; — « Ponderum 
notæ Prisciani grammatici » (49 v°); — Calendarium romanum, e 
Fastis Ovidii (26) ;-«L. Annei Senecæ Cordubensis liber de mori- 
bus » (36) ; — « L. Apuleii Madaurensis, philosophi Platonici, cos- 
mographia sive de mundo » (44); — « L. Apuleii Platonici de philo- 
sopha » [de dogmate Platonis liber II] (44). (Cf. Bibl. de PÉc. des 
chartes , 4897, p. 45-25.) 

xv® s. Pap. 84 feuillets. 

633. Aristotelis Ethicorum libri X (4), — Magna moralia (59), — 
Rhetoricorum libri III (88), — Politicorum libri VIII (444); omnia 
translationis græco-latinæ. 

xiv® s. Parch. 227 feuillets. 

634. Raymundi Lulli et Amaldi de Villanova opuscula. 

Fol. 4 . « Liber mercuriorum magistri Raymundi Lulii ad facien- 
dum medicinam et elixiria ex illis. » — Fol. 9. « Liber pacientie. » 

— Fol. 22 et 59 v°. a Compendium de materia lapidis et de hiis 
que requiruntur ad ejuscemodi creationem, » seu « Thésaurus infi- 
nitus. » — « Explicit clausula testament!, sive codicillus, qui dicitur 
Vademecum de numéro philosophorum,... quem librum ego Joannes 
Justini de Angelis rescripsi Venetiis... die 24 decembris... 4494... » 

— Fol. 82. Versus de alchimia : « Amor me facit rumare... » — 

Fol. 83. « Vademecum de numéro philosophorum seu clausula testa- 
menti per modum codicilli domini Raymundi Lulii. » [Seconde copie 
du traité précédent, fol. 22-84.] — Fol. 458. « Flos florum eximii 
Raynaldi de Villanova. » — Fol. 460 v°. « Tabula individuorum in 
quibus noster Mercurius existit propinquis vel remotus,... ut ex illo 
possit opus fleri artis alchimie secundum Raymundum. » — 
Fol. 464 v°. « Liber lucis mercuriorum Raymundi Lulii. » — 
Fol. 167 v°. « Opus Raymundi Lulii de lapide occulto, intitulatum 
Lucidarius. » — Fol. 478 « Conclusio summaria valde utilis ad 

intelligendum Testamentum, codicillum et alios libros » Raymundi 
Lulli. — Fol. 483. « Principia radicis 'arboris philosophalis, » et 
« figure fundamentalis » (fol. 84 v°). — Fol. 484. a Uno altro alpha- 
beto del secreto occulto, » cum practica R. Lulii. — Fol. 486. 
« Liber de secretis nature magistri Arnaldi de Villanova, philoso- 
phi... » — Fol. 494 v°. « Liber regni Jeberis. » 

xv 6 s. Pap. 495 feuillets. 



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92 



N0UTEU8S ACQUISITIONS 

636 . < Secretum de thesauro ezperimentorum ymaginationis homi- 
num, quod////////// [Joannes Fontana (?)] taliter opinatus est et sub 
compendio conscripsit; » ms. en écriture cryptographique, avec 
figures. (Cf. Bibl. de l'École des chartes, -1 897, p. 253-258.) 

xv* s. Parch. -140 feuillets. 

636 . Guillelmi de « Salvarvilla, » cantoris Parisiensis, compilatio 
dictorum magistri Gerardi dicti Magni. 

xv* s. Pap. 8 feuillets. 

637 . « Cæsarum imagines. » Recueil de médailles des quatorze 
premiers empereurs romains, avec devises, peintes pour le cardinal 
Georges d’Armagnac. 

xvi* s. Parch. \ 7 feuillets. (N 8 4 8329 du Catalogue de Falconet.) 

638 . « Antiquiores consuetudines Cluniacensis monasterii, colle- 
ctore sancto Uldalrico, discipulo sancti Hugonis, magni abbatis Clu- 
niacensis. » 

xi* s. Parch. \ \ 9 feuillets. (Provient « de conventu Clun[iacensi]. ») 

639. « Leonardi [Bruni] Aretini de bello punico libri HH. » — 
A la fin, la date : « Pridie idus maias 4473°. » 

xv* s. Parch. 45 feuillets. 

640. Proverbia et auctoritales e diversis auctoribus sacris et pro- 
fanis excerpta : « Deliberare enim utilia mora est tutissima... » — 
Fol. 35. « Epistola [sancti] Bernardi de cura et modo familiaris rei 
regendæ. » — Fol. 37. « Hieronymus ad Albinum de doctrina fami- 
liari, in libre illustrium virorum. » — Fol. 37 v*. « Mores juvenum 
et senum, tam laudabiles quam vituperabiles, in brevitate, secun- 
dum quod distincte ordinat frater Egidius », etc. — Fol. 50. « De 
memoria artificiali, per M. J. da P[avi]a. Perche la memoria arti- 
flciale consiste in li luogbi... » 

xv* s. Parch. 58 feuillets. 

641 . S. Gregorii Magni Moralium in Job, Regulæ pastoralis et 
homeliarum in Evangelia fragmenta, unciali charactere. 

vin* s. Parch. 6 feuilleta. 

642 . « Ex historia Nicolai Damasceni de insidiis in reges factis, » 
et Vita Cæsaris, latine versa a Raphaële Casalbon. (4786.) 

xviii* s. Pap. 65 feuillets. 



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Dü DéPARTEMINT DES MANUSCRITS. 



93 



643 . Gatalogi varii « librorum sacrorum græcorum bibliothecæ 
S. Marci apud Venetos » (1); — codicum mss. SS. Patrum græco- 
rura in bibliothecis Romanis (5) ; — « librorum mss. theologicorum 
... Puldensis monasterii » (38); — « codicum mss. bibliothecæ 
Sfortianæ » (54); — « codicum mss. ad concilium Basiliense [et 
Constantiense] pertinentium » (56) ; etc. 

xvi 6 -xvm c s. Pap. 59 feuillets. 

644 . Privilégia, statuta et ordinarium Ordinis Præmonstratensis. 
Fol. 8. Galendarium. — Fol. 112. « Régula beati Augustini, expo- 

sita a magistro Hugone de Sancto Victore. » — Fol. 138. « De nobili 
Richardo, rege Anglorum, quomodo in vita sua se habuit et quo- 
modo ab hocluce substralus est » (1199). 
xiii 6 s. Parch. 142 feuillets. (Provient a del monasterio de la Vfd. » 

— N° 2254 de la bibliothèque de sir Thomas Phillipps.) 

645 . Chronique des archevêques de Rouen, débutant : « Gallie 
provincie sunt decem et octo... » et s’arrêtant en 1282. — Fol. 49. 
« La déclaration des bailliages et seneschaucées de ce Royaume... » 

— Fol. 50. « La déclaration de toutes les élections de ce royaume. » 

— Fol. 53 v°. « Nomina civitatum que subjacent Remensi, Seno- 
nensi, Rothomagensi, Turonensi, Bituricensi, Burdegalensi et Lug- 
dunensi archiepiscopis. » 

xvi 6 s. Pap. 55 feuillets. 

646 . « Distinctiones exemplorum Veteris et Novi Testamenti, 
compilate per fratrem Bindum, ordinis Fratrum heremitarum sancti 
Augustini, et sunt per alphabetum; die xij julii, anno Domini 1386, 
ad peticionem fratris Johannis de Sesmondellis, lectoris de Pisis, 
ordinis sancte Marie de Monte Carmeli, filii supradicti conventus. » 

xv e s. Pap. 131 feuillets. 

647 . Galfridi de Yinosalvo Poetriæ novæ fragmentum. 
xiii 6 s. Parch. 4 feuillets. (Provient de J. Adert, de Genève.) 

648 . Joannis de Capua Directorium humanæ vitæ, seu « liber 
parabolarum antiquorum sapientum mundi nomine Kilila » et Dimna. 

xv* s. Pap. 108 feuillets. 

649 . « Liber Apocalipsin Johannis apostoli, cum expositioneBru- 
nonis, Signensis episcopi. » 

xiv 6 s. Parch. 106 feuillets. 

650 . Aristotelis GEconomicorum libri II, a Leonardo Bruni Are- 



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94 



NOUVELLES ACQUISITIONS 



tino latine versi (I); — Leonardi Bruni Aretini oratio ad versus 
hypocritas (44); — Plu tarchi liber de liberis educandis, ab eodem 
latine versus (20) ; — S. Hieronymi epistola ad Rufinum ne ducat 
uxorem (42) ; — Epistola « Marsilii [Ficini] captivi Antonii, quem pro 
captivitate sibi transmisit » (52); — Giceronis oratio pro Q. Ligario, 
« scripta per me Marsilium Fichinensem pro Antonio filio suo... » 
(57 v°) ; — Porcelii Romani carmen de bello Neapolitano (67) ; — ejus- 
dem « laudes Virginis Marie » (83) ; — « Lucani oratoris dialogus » 
(84 v°) ; — « Golucci de Stignano, oratoris et poete insignis, fabula 
de cancro et vulpe » (87 v°) ; — « Dantis Algerii [Aligheri]... bucco- 
licorum carmen » (89) ; — « Oratio Scitarum ad Alexandrum » (93) ; 

— Liber quidicitur Agustalis, subcompendio brevem descriptionem 
omnium Agustorum continens, edi tus per me laureatum poetam domi- 
num Franciscum Petrarcam de Lancisa, Florentinum » (94 v°) ; — 
Florentini cujusdam oratoris sermones in laudem Leonardi Aretini : 
« Etsi verear, magniflci domini, cives preslantissimi... », etc. (I 15) ; — 
« Francisci Petrarche... Salmi penitentiales » (424) ; — « Francisci 
Petrarche oratio ad Patrem , oratio ad Filium , oratio ad Spiritum 
sanctura, oratio adcatholicam atque individuam Trinitatem » (126 v°); 

— « Carmina... Francisci Petrarcæ in Afîrica de morte Hasdruba- 
lis... » (128 v°) ; — « Dicta in coronatione Garoli [Marsuppini] poetæ 
Aretini, cancellarii Florentini » (429 v°) ; — « Régula puntandi » 
(434) ; — Voces animalium (4 34 v°) ; — « De figuris » grammaticis 
et rbetoricis : « Barbarismus est una pars orationis... » 032 v°); — 
<r Carmina ad puerum per Maronem » [Anth. lat., 784] 038 v°); — 
« Epigramma Euripidis tragici, — Julii Cesaris epigramma pro 
Cimo milite, — Julii Cesaris epigramma pro quodam puero enecto 
in Ebro flumine, — Epigramma pro Anchita et Palemone mortuis 
in bello amore Emilii, — EpitafOon divæ Lucretiæ [Anth. lat., 787], 

— Epitafium divi Julii Cesaris Augusti Octavii in areu Bovario 
[Anth. lat., 855], — Epitafium Ursini, — Epitafium divæ Lucretiæ, 
inventum in ecclesia Sancti Sisti, — Epitafium in Sancto Jovane 
Laterano, — Epitafium Marciæ, uxoris Calonis, inventum in quibus- 
dam basilicis post Gampum Martium, — In Sancto Eustachio, in 
quadam urna, epitaffium Juliæ, J. Gæsaris uxoris, — Epitafium 
Francisci Petrarcæ, — Epitafium domini Jovanis Boccaccii, — Epi- 
tafium Dantis, — Epitafium Federici imperatoris, — Epitafium 
Allexandri » [Anth. lat., II, xlvii]*, — præmittitur (fol. \ v°) elen- 
ebus operum Leonardi Bruni Aretini. 

xv* s. Pap. 140 feuillets. 



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DO DEPARTEMENT DES MANOSCRITS. 



95 



Moyen format. 

1748 . Pétri Rigæ Aurora, seu Biblia versiûcata. 

xm e s. Parch. i 96 feuillets. (Provient de M. de Chevannes, de 
Dijon.) 

1740 . Recueil de traités de comput. 

Fol. 1 . Traité du calendrier, et Cisiojanus, avec commentaire : 
« Omnia cum inferiora motibus corporum superiorum gubernanlur. 
Quare de ipsorum motuum... » — Fol. 10. Tables de comput, de 
1407 à 1506, etc. 

xv* s. Pap. 19 feuillets. (« Liber bibliothecæ Breidelariensis. ») 

1750 . Ordre des offices à l’usage des membres de la confrérie 
« dit Santissimo Cruciflxo, chiamata la Disciplina degli Orci Novi, » 
fondée en 1320; copié en 1542, par le « presbiter Joannes-Maria de 
Chiatris de Urceis novis. » 

xvi* s. Parcb. 56 feuillets. 

1751 . « Liber continens proprietates, feuda, homagia et redditus 
domini comitis Tholose, que habet et percipit in Comitatu Venais- 
sini. » — Au fol. 152, les noms de « Petrus Filholi thesaurarius » 
et « Oliverius Rollandi avocatus. » 

xin e s. Parch. 132 feuillets. 

1752 . «c Statuts de la ville d’Arles, faits par Mgr de Monlredon, 
archevêque de ladite ville, l’an 1150. » — Copie exécutée sur cinq 
exemplaires de ces statuts, par Robolly, archiviste de la ville d’Arles. 
(1828.) 

xix* s. Pap. 46 feuillets. 

1753 . « Livre de recognoissances pour Phelippe Perrieres et Guil- 
helm BonifTace, du tempz que François des Baux et Alix de Baux 
estoient seigneur et dame d’Aubagne » et de Rocqueforl. (1375-1397.) 

xiv* s. Parch. 28 feuillets. 

1754 . « Joviani Pontani de obedientia, ad Robertum, principem 
Salernitanum, » libri V. — A la fin : « Edili fuerunt hi libri anno 
M°CGGG # LXX°. Rusticus scripsit. » 

xv« s. Parch. 86 feuillets. 



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96 



NOUVELLES ACQUISITIONS 



1756 . Vitæ sanctorum, etc. 

Fol. 1 . « Passio Nichodeœi. Factum est lu anno nonodecimo impe- 
rii Tyberii... » — Fol. 10 v°. « Vita sancti Ludovici, regis Francie. 
Beatus Ludovicus, quondam rex Francorum... » — Fol. 13. 
« Alexander in libro Principum de vere [et estate]. De intentione 
mea in hoc libro breviter... » — Fol. 13 v°. « De vita sanctorum 
Gosme et Damiani. Temporibus Dyoclesiani et Maximiani fuit que- 
dam mulier... » — Fol. 15 v®. « Vita, miracula et translatio sancti 
Donatiani archiepiscopi. Temporibus Aurelii principis qui posl Augus- 
tum... » — Fol. 24 v". « Vita sancti Macbuti episcopi et confessoris. 
Gloriosus confessor Ghristi Machutus Britannica prosapia... » 
xv* s. Pap. 27 feuillets. 

1756 . a Liber Acronis super odas, epodon, poelriam atque ser- 
mones Horatii. » 

xv* s. Parch. 126 feuillets. (Provient du « Museo Cavaleri. #) 

1757 . a M. Fabii Quintiliani institutionum oratoriarum » libri II. 

— Incomplet du premier feuillet. — En tête lettre de Pogge à Gua- 
rino de Vérone (Constance, 17 kal. jan. 1417) sur ses découvertes 
dans la bibliothèque de Saint-Gall. — A la fin, la mention : « Leo- 
nardus presbiter de Tridento scripsit. » 

xv* s. Parch. 161 feuillets. 

1758 . u Scripta libri Elenchorum [Aristotelis], eddita a fratre 
Egidiode Roma, et ordinis fratrum Heremitarum sancti Auguslini. » 

— Incomplet du premier feuillet, 
xiv* s. Parch. 95 feuillets. 

1758 . S. Thomæ Aquinatis commentarius in Job. — Fol. 80. 
« Lectura Psalterii compilata de poslilla sancti Thome et magistri 
Pétri de Palude, ordinis Predicatorum, per fratrem Johannem de 
A versa juniorem, ejusdem ordinis. » 
xiv* s. Parch. 132 feuillets. 

1760 . S. Thomæ Aquinatis commentarius in Aristotelis Ethico- 
rum libros X. 

xiv* s. Parch. 85 feuillets. 

1761 . Gratiani Decretum, incomplet de la fin (39, XII, q. 2). 
xiii* s. Parch. 158 feuillets. 



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DO DÉPARTEMENT DES MANUSCRITS. 



97 



1762. Gualleri Brugensis, episcopi Pictaviensis, sucnmaquæ dici- 
tur Abel. — Incomplète du premier feuillet. 

xiv* s. Parch. 295 feuillets. 

1763. « Ganonizatio, vita et miracula sancli Bernardini » de 
Senis. (1450-1455.) 

xv* s. Parch. 194 feuillets. 

1764. « Historiæ Genuenses ab anno 1550 usque inannum 1570, 
inter quæ bella Gorsicæ, descripta a Jo. Cibo Recco, tempore sancti 
Pétri Ornani Bastelicæ. » 

xvi* s. Pap. 714 pages. 

1765. « Thésaurus Pontificum R ml D. D. Fabrieii Marliani, epis- 
copi Placentini et comitis. » 

Fol. 61 v°. « Tractatus valde utilis pro legato de latere. » — 
Fol. 66 et v°. Visites que les évêques doivent faire à la cour de Rome, 
et liste des rois qui sont couronnés solennellement et de ceux qui 
sont feudataires du Saint-Siège. — Fol. 69. « Jacobi cardinalis 
Papiensis, ad R m D. Jo. Franciscum de Gonzaga, cardinalem Man- 
tuanum, de pontificum acsacri senalus officio libellus. » — Fol. 72. 
« Gesta in concilio Lugdunensi per Innocentium papam IIII. » — 
Fol. 73 v°. « Gesta per Gregorium papam IX. in concilio Lugdu- 
nensi. » — Fol. 77 v°. Bulles des papes Eugène IV et Nicolas V 
(1450) relatives aux conciles de Bâle et de Constance. 

xv e s. Parch. et pap. 86 feuillets. 

1766. Terrier du prieuré de Rompon, diocèse de Viviers, paroisse 
de Lubilhac (Ardèche), 1335-1337. 

xiv* s. Pap. 89 feuillets. (Provient de « D. Garoli Septalæ, episcopi 
Üertonæ, 1674. ») 

1767. Juli Flori epitomæ de Tito Livio bellorum omnium anno- 
rum DGG libri duo. — Fol. 51. Titi Livii ab Urbe condita librorum 
I-VII periochæ. (Cat. des mss. grecs , etc., de feu Emm . Miller, 
p. 68, avec fac-similé, pl. iv.) 

xi e s. Parch. 55 feuillets. 

1768. Francisci Pipini Bononiensis Iter Marci Pauli Veneti , ex 
italico sermone latine versum. [Cat. des mss. grecs, etc., de feu 
Emm. Miller , p. 70.) 

1898 7 



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9$ NOUVELLES ACQUISITIONS 

xiv 6 s. Parch. 21 feuillets. (Provient des Frères Prêcheurs de 
Paris.) 

1769 . Recueil de poésies latines et françaises, la plupart auto- 
graphes, classées par ordre alphabétique d'auteurs ou de destina- 
taires, des xn e et xvii® siècles. 

On y remarque : « Ad... Jo. Franc, comitem Vintimilii Jo. Bapt. 
Bonfanti epistola » (fol. 1); — « In Macuti Pomponii... Divionensis 
obitum N. Bouyerii hendecasyllabici » (fol. 2) ; — « A Mgr le duc 
de Bourgogne sur ses nopces, » signé : « De Claville, trésorier de 
France à Rouen » (fol. 3) ; — « Dismyrii ad Philodæmonem elegia, 
4562 » (fol. 7) ; — « France périt, trop se deult Normendie...; » ron- 
deau attribué à François I er (fol. 4 2); — a Goveani Juniperus ad 
Truchium » (fol. 4 6) ; — « Truchiu3 Goveano » (fol. 4 7) ; — « In 
luctuosum ducis Aumalli interitum nænia, Jo. Thomas mœstis- 
simus faciebat, 4573 » (fol. 48) ; — « Ad christianissimum ac pien- 
tissimum virum dominum Ka[rolum IX] epigramma. Salve, qui 
Claris opibus Solaris egenos... » (foi. 23); — « Epitaphium Lucæ 
Missalis » (fol. 43); — « Epitaphium Joannis Bergeres » (fol. 43 v°); 

— « Ad Calenum, Martialis lib. 1°; De Câlin avaricieux » (fol. 45); 

— « Pasquillus de Julio tertio pont, max., » et nouvelles politiques 
« de Fontainebleau, 6 avril 4554 » (fol. 46) ; — « Pasquinus de Far- 
nesiis, 4556 » (fol. 48); — « Épitaphe de Tabourot, » en latin 
(fol. 54); — « In obitum cl. v. d. Gulielmi Fabricii Hildani » 
(fol. 52); — « Rupella victa. Clara meis Rupella... » (fol. 57); — 
« Sur le trespas de M. Servin, advocat général du Roy en son Parle- 
ment de Paris, arrivé en l’année 4526 » (fol. 64); — « Paraphrase 
sur le Da pacem de monsieur le cardinal de Richelieu » (fol. 66) ; — 
« Pasquins faietz à Romme, sur l’occasion du siège vaccant, 4590 »; 
en italien (fol. 67). 

xvi 6 et xvii 6 s. Pap. 69 feuillets. 

1770 . « Marii Philelphi... Novum Epistolarium. » — A la fin : 
« P. Hippolyti Lunensis manu. » 

xv 6 s. Parch. 207 feuillets. 

1771 . Cartulaire de l'abbaye du Bec-Hellouin, en Normandie, 
copié vers 4280. — Feuillets anciennement cotés 4 63, 4 64, 465, 467, 
468, 474, 472, 473, 474, 475 et 476. 

xiii 6 s. Parch. 4 4 feuillets. 



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DU DÉPARTEMENT DES MANUSCRITS. 99 

1772. « Expositio Orationis Dominice, édita a Majone, magno 
ammirato, ad Stephanum, ammiratum, ûlium suum. » 

xii c s. Parch. 50 feuillets. 

1773. Missale ad usum ecclesiæ Ebroicensis; præmittitur calen- 
darium cum obilibus [Hist. de France , XXIII, 460]. 

xiii* s. Parch. 283 feuillets. (Provient du Chapitre d’Évreux.) 

1774. Obituarium Lirensis monasterii [Hist. de France , XXIII, 
470]. — Fol. 38. Usuardi martyrologium. — Fol. 125. Régula 
S. Benedicti, lat. -franc. 

xiv*-xv 6 s. Parch. 227 feuillets. 

1775. « Guillelmus Adae, ord. Praed., postea Sultanensis archie* 
piscopus (fl325) .De modo Sarracenos exlirpandi... » — Copie, faite 
pour le comte Riant, du ms. de Bâle A. I. 28. 

xix e s. Pap. 48 feuillets. 



Grand format. 

2377. Privilèges des habitants de Conques, en Rouergue (1288- 
1522). 

xvi e s. Parch. 7 feuillets. 

2378. Recueil de chartes latines, (xp-xiv® s.) 

I. Charte de Drogon, évêque de Beauvais, en faveur de l'abbaye de 
S. Lucien, avec la signature de Drogon (1035-1039). — 2. Bulle du 
pape Alexandre III en faveur de l’abbaye de Souvigny (4179-4184). 

— 3. Bulle du pape Innocent III en faveur du prieuré de Lihons-en- 
Santerre [Bibl. de VÊc. des chartes, 4896, p. 517] (1204). — 
4. Charte de Pofficialité de Soissons relative à un don fait par « Jaco- 
bus de Altavena » aux Trinitaires de Cerfroi, dioc. de Meaux (1238). 

— 5. Accord entre Guillaume de Montaigu et l'abbé de Sept-Fonts, 
dioc. d’Autun, au sujet de la justice de « Grantmonteil » (1264- 
[1265]). — 6. Compromis entre le chapitre de Saint-Nicolas de Mont- 
luçon et Jean et Pierre de Chamboles au sujet de l’obit de leur oncle 
Étienne de Chamboles (1302). — 7. Don de tous ses biens à Sicard 
de Clermont, son neveu, par « Gausio uxor quondam Ramundi Capi- 
tis Bovis, servientisarmorum domini nostri Francorum régis» (1319). 

— 8. Charte de l’official de Bourges relative à une redevance annuelle 
due par Nicolas de Montaigu au chapitre de Saint-Nicolas de Monllu- 



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400 



NOUVELLES ACQUISITIONS 



çon pour l’obit de Denys de Monts (4 334 -[4 332]). — 9. Charte de 
« Petrus de Varena, domicellus, canceilarius Borbonensis, » relative 
au don et à la conversion d’une rente léguée par Simon de Prunay 
aux Frères Mineurs de « Chamesgue, prope Silvigniacum » (4332). 

— 40. Charte de l’ofQcial de Bourges relative à la fondation d’un 
obit dans l’église de Saint-Nicolas de Montluçon par Hugonin de 
Saint- Aubin, chanoine de ladite église (4332). 

xiVxiv* s. Parch. 4 0 pièces. 

2379 . Cassiodorii historia tripartita en Sozomeno, Socrate et 
Thcodoreto [1, xi-XI, vin]. 

xi e s. Parch. 424 feuillets. 

2380 . Recueil de pièces concernant le prieuré de La Cochère 
(Orne, cant. d’Exmes, arr. d’ Argentan). 

xm*-xvii* s. Parch. 22 feuillets. 

2381 . Recueil de fragments de manuscrits latins et français. 

(lX*-XVII® s.) 

Fol. 4-2. « Capitula in Evangelio Marti, » table des chapitres, en 
lettres d’or, du ix* s. — Fol. 3-42. Fragments de mss. avec notation 
musicale, orig. et copies, des xi*-xix e s. — Fol. 43-46. Fragments 
d’un Anliphonaire, noté en neumes, du xii* s. — Fol. 47-20. Frag- 
ments d’un Missel, du xi e s. — Fol. 24. Fragment de la vie de saint 
Brandan, xi # s. — Fol. 22. Fin du livre XXIII et début du livre XXIV 
des Morales de saint Grégoire le Grand, xiv* s. — Fol. 23-24. Frag- 
ment du livre I du Décret de Gratien, avec glose, xiv« s. — Fol. 25-26. 
Fin du livre XII et début du livre XIII, ch. i-vi du traité de Galien 
« deingeniis » sanitatis, seu de methodo medendi, nv* s. — Fol. 27- 
28. Fragments d’une traduction française de la Consolation de la 
philosophie de Boèce, avec glose, xrv e s. — Fol. 29-34. Fragments 
divers, des xiv*-xvi* s. — Fol. 35. Vers de Nie. Rapin à Jean Besly. 

— Fol. 36-38. Fragments de romans en vers, du xm e s. — Fol. 39- 
40. Recettes médicales, en français, xm e s. — Fol. 44-44. Tour- 
noiement de l’Antéchrist, de Huon de Merri, v. 2203-3262, avec 
lacunes. — Fol. 45-46. « La bataille de Cocberel; comment Bertran 
de Glesquin desconüt par son malice le castal de Bulch, » avec mi- 
niât., xv* s. — Fol. 47-64. Fragments et pièces relatives à Raoulin 
Régnault, MM. de Chau vigny et de Gaucourt, Jean de Bourbon, 
évêque du Puy, Guillaume de Longuyon, Guillaume de Besançon et 



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DO DEPARTEMENT DES MANOSCEITS. 404 

le chapitre de Saint-Flour, Jacques de Silly, frère de Bertin, seigneur 
de La Roche, et l’abbaye de Fécamp, etc. s.). 

ix'-xvii* s. Parch. et pap. 64 feuillets. 

2382. Recueil de chartes concernant principalement l’abbaye de 
la Noe, dioc. d’Évreux, le Temple de Soisy, dioc. de Meaux, l’abbaye 
d’Ardennes, dioc. de Bayeux, les Trinitaires de Saint-Éloi de Mor- 
tagne, l’abbaye de Saint-Cyr, dioc. de Chartres, etc. (4208-4299), et 
de chartes anglaises (4324-4568). 

xm*-XYi* s. Parch. 52 pièces. 

Très grand formai. 

2674. Recueil de pièces originales (976-4549). 

4. « Donatio Eilbodonis et conjugis ejus Immae de Wainau, in 
pago Flandrensi...; actum in cœnobio Blandiniensi... » (6 oct. 976). 

— 2. Donation par Simon, évêque de Noyon et de Tournai, à l’ab- 
baye du Mont-Saint-Êloi, au diocèse d’Arras, à l’occasion de l’entrée 
dans cette abbaye de son fils, Robert, archidiacre de Tournai (4444). 

— 3. Accord, en présence de Richard, archevêque de Cantorbéry, 
entre Osbert, prieur de Caldewelle, et le prieur de N.-D. de New- 
port, au sujet des église et chapelle de « Crawle » (4475). — 4. Con- 
firmation par Ferrand, comte de Flandre et de Hainaut, de l’aumône 
faite à l’abbaye de Fervaques, diocèse de Noyon, par Beaudouin de 
Beauvois (janv. 4234 [4232]). — 5. Échange par Thibaut IV, comte 
de Champagne, de diverses terres avec les Templiers (déc. 4232). — 
6. Charte du maire et de la commune de Saint-Jean-d’Angély, rap- 
pelant l’autorisation à eux accordée par Alphonse de Poitiers de 
transporter leur vin sur la Boutonne jusqu’à la mer, et s’engageant 
à indemniser en argent le prieur de Tonnay-Boutonne, dont ils 
avaient démoli l’écluse (août 4252). — 7. Concession par Eudes, 
abbé de Moutier-Saint-Jean, à Philippe de Montmoyen, d'un droit 
d’usage dans les bois des Granges (août 4255). — 8. Cession par 
« Gasparus de Platea, servitor comilis Mediolani, » de deux pièces 
de terre a in territorio loci de Gradi » (2 févr. 4264). — 9. Vente 
faite par Jean li Wautiers et sa femme Marie à l’abbé et aux religieux 
de Saint-Jean-des-Vignes d’une maison sise à Montmirail (janv. 4345 
[4346]). — 40. Trailé d’alliance entre Bertrand Du Guesclin et Oli- 
vier de Clisson (Pontorson, 24 oct. 4370) ; sceau d’Olivier de Clisson. 

— 44. Arrêt du Parlement contre les assassins d’Olivier de Clisson 



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402 



NOUVELLES ACQUISITIONS 



(7 juin 4399). — 42. Hommage rendu par Guillaume Jourdain pour 
les fiefs que Jean Jourdain, seigneur de Montlaur, tenait du roi 
(Villefranche-de-Rouergue, 4" août 4399). — 43. Testament (en 
français) et codicille (en latin) d’Olivier de Clisson (5 et 6 févr. 4406 
[4407]). — 44. Mandement de Charles VI, ordonnant de payer 400 fr. 
d’or à Michelet Le Gros, son valet de chambre (Paris, 42 mai 4407); 
en français. — 45. Acte par lequel le connétable Arthur de Riche- 
mont institue son héritier Pierre de Bretagne, fils de son frère Jean V, 
duc de Bretagne (Redon, 24 oct. 4428) ; en français. — 46. Don par 
Pierre de La Forge à Guillaume Vassal de ses biens situés au lieu dit 
« Gathena » (Barbentane, 43 janv. 4490). — 47-20. Chartes de Cor- 
fou (4407-4549). 

x'-xvi* s. Parch. 20 pièces. 

2575 . Inventaire des biens meubles et des titres de la famille Des 
Moulins de Saint-Léonard, au diocèse de Limoges. 

xiv*-xv® s. Parch. 40 feuillets. 

2576. Reconnaissances consenties à Geoffroy deTorreves[Tourves, 
dép. du Var] (4408). 

xv* s. Parch. 8 feuillets. 

Manuscrits français. 

Petit format. 

4784 . Recueil de pièces, mss. et impr., relatives au commerce 
dans les Pays-Bas, principalement au change avec la France (4549- 
4744). 

xvi*-xvm* s. Pap. 24 7 feuillets. 

4785 . « Lettres sur la prise de Moscou en 4842, » adressées au 
P. Bouvet, jésuite, par l’abbé Surugues, curé de Saint-Louis de Mos- 
cou (4 9 oct. et 3 nov. 4842). 

xix* s. Pap. 4 6 feuillets. 

4786 . « Mémoires de l’isle de Sainte-Hélène, publiés à Londres, 
4 847. » 

xix* s. Pap. 70 feuillets. (Provient du baron Larrey.) 

4787 . « Lettres du cardinal de Richelieu. » — Copies. 

xvii* s. Pap. 223 feuillets. (Provient de « Dcmigieu, 4757. ») 



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DU DEPARTEMENT DES MANUSCRITS. 



403 



4788 . Journal du voyage de D. Jacques Boyer, bénédictin, en 
Auvergne, Velay, Bourbonnais, Limousin, Quercy, Bordelais, Poi- 
tou et Bretagne (4740-4744). — Publié par M. Vernière (Clermont- 
Ferrand, 4886, in-8°). 

xviii 6 s. Pap. 259 feuillets. 

4789 - 4790 . Correspondance du conventionnel G. Romme avec 
MM. Boiratet Démichel. (4774-4790.) 

xviii 6 s. Pap. 89 et 4 72 feuillets. 

4791 . « Histoire des Coptes de Maqrisi, tirée des manuscrits de 
Gotha et de Vienne et accompagnée de la traduction et de notes par 
Ferd. Wüstenfeld; extrait du tome troisième des Transactions de la 
Société royale des sciences de Gœttingue, 4845 »; traduction fran- 
çaise par Tabbé Bargès. 

xix* s. Pap. 4 4 4 feuillets. 

4792 . Les Sept Psaumes de la pénitence allégorisés, par Chris- 
tine de Pisan. — Cf. un art. de M. Delisle dans les Notices et Extraits 
des mss., XXXV, n. 554-559. 

xv® s. Parch. 88 feuillets. 

4793 . Recueil de poésies des Troubadours ; copie du ms. de la 
Laurentienne, XLI, 42 (P), avec les collations des mss. XLI, 43 (U) 
et XC, 26 inf. (c). 

xix® s. Pap. vi et 240 feuillets. 

4794 . Notices de quelques mss. français de Milan, Bologne, Flo- 
rence et Rome, principalement de recueils de poésies des Trouba- 
dours, par F. Guessard. (4854-4 855.) 

xix e s. Pap. 84 feuillets. 

4795-4796. Lettres de J.-B. Le Chevalier, ancien conservateur 
de la bibliothèque Sainte-Geneviève, adressées à M. Nell de Breauté 
(4820-4835). — En tête du premier volume ont été joints un Dis- 
cours et une Notice imprimés sur J.-B. Le Chevalier (f 4836). 

xix e s. Pap. xxv-356 et 349 feuillets. 

4797 - 4800 . « Receuil des lettres importantes, écrites de la main 
de Louis XIV, depuis la mort du cardinal Mazarin, en 4664,... par 
M. Roze, secrétaire du Cabinet. » (4664-4678.) 

Tome I, 47 mars 4664-43 avril 4664; tome II, 27 avril 4664- 



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404 



NOUVELLES ACQUISITIONS 



26 septembre 4666; tome 111, 2 octobre 4666-27 février 4672; 
tome IV, 44 mars 4672-8 décembre 4678. 

xvm* s. Pap. 4 volumes, lx-354, xltiii-442, l- 364 et xxiv-288 p. 

4801. Nouvelles à la main, adressées de France au roi d’Angle- 
terre, Guillaume III, et aux secrétaires de ce prince. (4693-4694.) 

xvii* s. Pap. 4 84 pages. (N* 4 0076 de la bibliothèque de sir Tho- 
mas Phillipps.) 

4802. Odes de Pindare, traduction française de J.-F. Boissonade. 

xix* s. Pap. 422 feuillets. 

4803. « Les mœurs et le gouvernement des François sous les 
deux premières races des rois de France, avec les causes des change- 
ments arrivés dans la troisième race. » 

xvin* s. Pap. 84 4 pages. 

4804. Comédies de Térence, traduction française par Guillaume 
Rippe, du Mans, notaire et secrétaire du roi Louis XI. (4466.) 

xv* s. Pap. 4 37 feuillets. 

4805. Livre de raison de Guilhem Mazenx, en provençal. (4527- 
4550.) 

xvi* s. Pap. 485 feuillets. 

4806. « Histoire générale de l’abbaye royale de l’Amour-Dieu, 
sous la filiation de Clervaux, par M. Robert Gauthier, religieux prêtre 
du même ordre et confesseur des dames abbesse et religieuse de 
laditte abbaye en 4 74 7. » — Copie exécutée en 4 866 par M. Longnon. 

xix* s. Pap. ix et 444 pages. 

4807. « Cincquiesme volume du dialogue auquel Raison console 
l’Ame. » Début : « Le tiers bien de religion, c’est que se la personne 
trébuché en péché... » — Miniature au verso du titre. 

xv* s. Parch. 64 feuillets. 

4808. « Fastes militaires, ou état des officiers de tou[les armes 
de terre et] de mer, tués ou blessés sous tous les règnes [y compris 
le règne] de Louis XVI, établi soit d’après l’histoire, so[it d’après 
les actes] les plus aulenliques et les manuscrits les plus accré[dilés], » 
par J.-F. d’Hozier. — Publié par L. Paris, l'Impôt du sang (Paris, 
4874-4878, 3 vol. in-8°). 



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DU DEPARTEMENT DES MANUSCRITS. 405 

4809. « Chronique de Pierre de Pierrefleur, concernant « les tri- 
bulations advenues en la ville d’Orbe » en Suisse et au pays de Yaud 
(4530-1542) ; copie faite en 1846. 

xix* s. Pap. 89 feuillets. 

4810. « Description historique et géographique de la province du 
Roussillon, par M. l'abbé Xaupi... 1774. » 

xviii 6 s. Pap. 1 57 feuillets. 

4811. Chronique abrégée des rois de France; feuillets avec minia- 
tures détachés d'un ms., avec parties refaites. 

XV e s. Parch. 73 feuillets. (Ex-libris gravé du président Henault.) 

4812. Poésies patriotiques d'Écouchard-Lebrun. — En tête est 
reliée l'édition de ses Odes républicaines (Paris, an III, in-8°). 

xvm e -xix e s. Pap. 69 feuillets. 

4813. Journal de voyage en Italie d’un Parisien. (1664.) 

xvii e s. Pap. 163 feuillets. 

4814-4816. Recueil de lettres originales, autographes ou signées, 
de personnages divers, la plupart français, classées par ordre alpha- 
bétique, du xvi e au xix e siècle. 

I (4844). A.-H. Lettres de M me d’Aligre, abbesse de Saint-Cyr, 
d’Argenville, d’Argenson, dWubeterre, M me de Barnay, Maximilien- 
Emmanuel de Bavière, de Beaumont de Lignière, duc de Beauvillier, 
Belsunce, Berthier, Berthollet, de Besenval, Henry de Bourbon et 
Louis de Bourbon, princes de Condé, L.-A. de Bourbon, prince de 
Conti, L.-H. de Bourbon et L.-J.-M. de Bourbon, princes de Condé, 
de Broglie, Caflfareili, Calvet, Cambacérès, Cambry, le P. de Carpe- 
gna, marquise de Castelbajac, née Cazalès, Jean de Cayrol deMadail- 
lan, évêque de Grenoble, Chardon de La Rochette, Christian VII, roi 
de Danemark, M me Colbert, religieuse de Sainte-Glaire de Reims, 
M me Colbert, abbesse du Chassemidy [Cherche-AIidi] de Paris, Colbert 
de Croissy, Ad. Crémieux, Cuvier, Desmaretz, Dortous de Mairan, 
Ch. Dupin, Dupont de Nemours, Dupré, Dupré de Saint-Maur, 
Duverney, Jean Ruzé d^Effiat, duchesse d'Elbeuf, abbé d’Estrées, 
Euston, Falconet, de Falloux, Languet de Gergy, marquis de Grigny, 
Achille III de Harlay, Crozet d'Hauterive, maréchal de Humières, 
etc. — 324 feuillets. 

II (4845). J.-R. Lettres de Jonzac-Aubeterre, duc de La Feuillade, 



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106 



NOUVELLES ACQUISITIONS 



Ch. de La Fons de Savine, évêque de Viviers, A. de La Magdalene, 
P. de Langle, évêque de Boulogne, Ant. de La Rochefoucauld, évêque 
d’Angoulême, M me de La Rochefoucauld, abbesse de Montmartre, Phi- 
lippe, baron de La Tour et Taxis, Éléonore de Lavalette, Legendre- 
Doublet, Le Pelletier-Destouches, Lévesque de La Ravalière, M œe de 
Lionne, Listz, de Clugny, abbé de Savigny, marquis de Mailly, com- 
tesse de Mailly, Ant. de Malvin de Montazet, archevêque de Lyon, 
Armand Marrast, Mesnage. chevalier de Montauban, M lle de Mont- 
pensier, G. -F. Moreau, évêque de Mâcon, Anne de Noailles, comte 
d’Ayen, maréchal de Noailles, baron Pallavicini, P. Paris, D r Payen, 
Petil-Degrazé, abbé Phélypeaux, évêque nommé de Riez, chevalier 
de Pilles, comte de Pontécoulant, comtesse de Praslain-Fuligny- 
Rochechouart, maréchal duc de Roquelaure, etc. — 278 feuillets. 

III (4816). S.-Z. Lettres du duc de Saint-Aignan, Saint-Contest, 
Sainte-Colombe, vicomte J. de Salm-Dyck, Van Santen, Sarazin, 
prince Thomas de Savoie, marquis de Simiane, le P. E. Souciet, 
J. Spon (copies), duc de Sully, A. Thiers, Tournefort, duc de Tresmes, 
Philippe de Vendôme, Villefranche , F. -G. duc de Wirtemberg- 
Neustat, etc., et anonymes. — Fol. 1 68. « Comptes-rendus de quelques 
séances des États généraux et de l’Assemblée nationale de 1789. j> 
— Fol. 193. « Des eaux minérales de Saint-Amand. » — Fol. 200. 
« De l’inspection du sang. » — Fol. 225. Pièces de vers, chansons, 
épigrammes, énigmes, etc. — Fol. 267. « La Vestale, pot-pourri par 
M. Desaugiers. » — 272 feuillets. 

xvi®-xix* s. Pap. 3 volumes in-4°. 

4817. « Anathomie generalle et particulière explicquée par Mon- 
sieur Seguin, docteur régent en la Faculté de médecine à Paris. » 

xvii a s. Pap. 41 feuillets. 

4818. « Essay sur les bornes des connoissances humaines, par 
M. G. V. D. V. » [Jacques-Nicolas Moreau]; d’après Barbier, 3 e éd., 
t. II, col. 254. — - Imprimé « à Lausanne; se trouve à Paris, 1784, » 
in-12. 

xvin* s. Pap. 58 feuillets. 

4819. « La Bastille conquise, poème héroï-satyro-comique, divisé 
en neuf chants, où se voit Fhistoire entière de tout ce qui a précédé, 
accompagné et suivi le blocus de Paris entrepris par le cardinal 
Mazarin contre le Parlement, en l’année 1649, » attribué à Scarron 



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DU DBPARTRMBNT DBS MANUSCRITS. 



407 



ou à Sandricourt. — Copie, annotée par Emm. Miller, d'un ms. de 
Saint-Pétersbourg provenant de Pierre Dubrowsky. Cf. le ms. 2957 
de la bibliothèque de l’ Arsenal. 

xix e s. Pap. 264 feuillets. 

4820 - 4822 . Copies de lettres autographes de la bibliothèque 
impériale publique de Saint-Pétersbourg. 

I (4820). Copies de lettres autographes de différents personnages 
des xvi e , xvii® et xviii* siècles. — Lettres de F. Algarotti, Arnauld 
d’Andilly, D. Bernoulli, Loménie de Brienne, Buffon, Burlamaqui, 
Bussy-Rabutin, J. Calvin. Chapelain, Crébillon fils, Du Plessis-Mor- 
nay, Élisabeth d’Angleterre, Foucquet, Ét. Fourmont, Gesner, Har- 
douin, Henri VIII d’ Angleterre, Henri III, Henri IV, Leibniz, Mar- 
guerite de Valois, Marmontel, cardinal Mazarin, Maupertuis, Mezeray, 
Peiresc, R. Pococke, cardinal de Polignac, marquise de Pompadour, 
J. -J. Rousseau, Tycho Brahé, R. Walpole, etc. — Fol. 484. « His- 
toire de la guerre de Hollande, 4672. » — Fol. 248. « Testament de 
M me de Pompadour. » — Fol. 222. « Testament de M me la marquise 
de Verrüe. » — 240 feuillets. 

II (4824). Copies de lettres de Voltaire, conservées à la bibliothèque 
impériale publique de Saint-Pétersbourg (4 733-4 778). — 324 feuillets. 

III (4822). Notes et copies diverses relatives à la correspondance 
et aux œuvres de Voltaire conservées à la bibliothèque impériale 
publique de Saint-Pétersbourg. — 224 feuillets. 

xix e s. Pap. 3 volumes. 

4823 . Registre des procès-verbaux, réceptions et travaux de la 
Société de l’Athénée des arts, à Paris (4839-4840). — On y a joint le 
Règlement de l'Athénée des arts (Paris, 4835, in-8°). 

xix c s. Pap. 65 feuillets. 

4824 . Correspondance de Philarète Chasles, conservateur à la 
bibliothèque Mazarine, professeur au Collège de France (f 4873). 

xix e s. Pap. 574 feuillets. 

4825 . « Mémoires de la Société des jeunes amis de Fétude. 
Année 4842. » — « Ouvrages de J.-B.-F. Decourcelle. » 

xix e s. Pap. 206 pages. 

4826 - 4916 . Collection Auguste Prost sur l’histoire de Metz. 

Travaux, extraits, notes diverses, dont un catalogue spécial a paru 



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408 



NOUVELLES ACQUISITIONS 



dans le tome I des Mettensia, publiés par la Société nationale des 
Antiquaires de France (4897), p. 57-466, et tirage à part de 4 4 4 pages 
in-8°. — Cf. aussi les n M 6686-6738 des nouv. acq. du fonds français. 

I (4826). A. Paul Ferry, Observations séculaires , i-v. — 570 feuil- 
lets. 

II (4827). B. Paul Ferry, Observations séculaires, vi-xiii. — 
C i-iv. Travaux pour l’Académie de Metz. — 527 feuillets. 

III (4828). C v-viii. Travaux pour l’Académie de Metz (suite). — 
I) a-b. Histoire de Metz par les Bénédictins. — 593 feuillets. 

IV (4829). D c-p et e. Histoire de Metz par les Bénédictins (suite). 

— 394 feuillets. 

V (4830). F. Conseil municipal de Metz. — G. Varia. — 702 feuil- 
lets. 

VI-VII (4834-4832). G. Varia (suite). — 484 et 488 feuillets. 

VIII (4833). G. Varia (suite). — H. Chroniques de Metz de Hugue- 
nin. — 408 feuillets. 

IX (4834). I. Chronique de Philippe de Vigneulles. — 433 feuillets. 

X (4835). J-JE ii. Histoire de Metz : Chronique rimée, chronologie 
des évêques, inventaire des monuments de l’histoire de Metz-, les 
Paraiges, le Patriciat, les Treize, etc. — 646 feuillets. 

XI (4836). JE ni et iv. Histoire de Metz (suite) : la Commune 
paix, les Atours, Records des maîtres échevins, Accord des Treize. 

— 487 feuillets. 

XII (4837). JE v-x. Histoire de Metz (suite) : Droits de l’empereur, 
de l’évéque, du comte, du voué ; institutions judiciaires. — 523 feuil- 
lets. 

XIII (4838). JE x-JF. Histoire de Metz (suite) : Institutions judi- 
ciaires (suite) ; sceaux de Metz. — 435 feuillets. 

XIV (4839). JG-JJ x. Histoire de Metz (suite) : les Desch, armoriaux ; 
Publications de M. Aug. Prost. — 506 feuillets. 

XV-XXII (4840-4847). JJ xi-JJB. Publications de M. Aug. Prost 
(suite). — 484, 540, 333, 420, 640, 708, 375 et 542 feuillets. 

XXIIJ-XXV (4848-4850). JJJ-JO. Travaux divers sur Metz. — 
346, 420 et 430 feuillets. 

XXVI (4854). K. Collections historiques de M. Emmery à Gro- 
syeulx. — L. Histoire des évêques de Metz, par le P. Benoit. — 
544 feuillets. 



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DD DêPARTEMEKT DES MAHDSCRITS. 409 

XXVII (4852). M. Histoire des évêques de Metz, par D. Meurisse. 

— N. Mémoires de Battus. — 409 feuillets. 

XXVIII- XXXI (4853-4856). O. Archéologie messine : cathédrale 
et église de Metz, plans de Metz, etc. — 470, 479, 374 et 384 feuillets. 

XXXII (4857). P. Monnaies de Metz. — Q. Bibliothèques d’Alle- 
magne et d’Italie, notes et extraits. — R. Bibliothèques d’Angleterre, 
notes et extraits. — 595 feuillets. 

XXXIU-XXXIV (4858-4859). S. Histoire de Metz avant le un* s. 

— 562 et 388 feuillets. 

XXXV-XL1 (4860-4866). T. Catalogues des bibliothèques de Paris : 
notices et extraits des mss. de la Collection de Lorraine (4860-4863); 
chroniques et cartulaires messins (4864-4866); dans le ms. 4866 : 
U. Extraits du Trésor des chartes; V. Catalogue des mss. de M. Em- 
mery, parM. de Salis. —386, 443, 364, 525, 523, 436 et 564 feuillets. 

XLII (4867). VA. Inventaire des mss. du comte Emmery, par 
M. Aug. Prost. — VP. Inventaire des mss. historiques de M. Aug. 
Prost provenant du comte Emmery. — 405 feuillets. 

XL11I-XL1X (4868-4874). W. Extraits d’ouvrages historiques 
sur Metz. — 573, 587, 528, 544, 794 , 653 et 708 feuillets. 

L-LI (4875-4876). VVV. Extraits d’ouvrages divers sur l’histoire 
de Metz. — 699 et 588 feuillets. 

L1I (4877). VVV. Extraits d’ouvrages divers sur l’histoire de Metz 
(suite). — X. Inventaires et copies de pièces des archives de la ville 
de Metz et du département de la Moselle. — 542 feuillets. 

LUI (4878). Y-Z. Manuscrits sur l’histoire de Metz conservés dans 
différentes bibliothèques françaises et à Metz. — 585 feuillets. 

LIV (4879). Z. Manuscrits sur l'histoire de Metz conservés à Metz. 

— 552 feuillets. 

LV (4880). ZZ. Notice sur la famille Prost et sur le colonel Pierre 
Prost (4773-4847). — 393 feuillets. 

LVI (4884). ZZZ. Mélanges d’histoire messine, etc. — 485 feuillets. 
Cf. le ms. nouv. acq. franç. 6734, contenant les pièces in-folio de 
la même collection. 

4882-4903. Répertoire général alphabétique des matières conte- 
nues dans la Collection Aug. Prost. — 22 volumes. 

4904-4905. Répertoire général chronologique de la Collection Aug. 
Prost (30-4846). — 2 volumes. 



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410 



NOUVELLES ACQUISITIONS 



4906. Journal du blocus de Metz et des événements qui l’ont suivi 
(23 juillet 4870-34 août 4874), par M. Aug. Prost (autogr.). — 
575 pages. 

4907. Le Blocus de Mets en 1870; exemplaire imprimé avec addi- 
tions manuscrites par M. Aug. Prost et pièces annexes. — 267 pages. 

4908. Dessins et croquis archéologiques de différents édifices de 
Metz, par M. Aug. Prost. (Album XXV.) — 44 feuillets. 

4909. Dessins et croquis archéologiques de différents édifices reli- 
gieux de Paris, par M. Aug. Prost. (Album XXVIII.) — 52 pages et 
29 feuillets. 

4940. Correspondance du colonel du génie Pierre Prost. — 694 feuil- 
lets. 

4944-4945. Cahiers de notes historiques, inventaires, etc., relevés 
par M. le baron de Salis aux archives départementales et municipales 
à Metz. — 5 volumes in-8° et in-4°. 

4946. Catalogues annotés des quatre ventes de la bibliothèque du 
comte Emmery, faites à Metz et à Paris en 4 849 et 4 850. — 4 volumes 
reliés en un vol. in-8°. 

xix* s. Pap. 94 volumes. 

4917. Recueil de chansons françaises et provençales, avec musique 
notée, copiées en Italie. 

xv* s. Parch. 26 feuillets. 

4918-4944. Recueil de consultations juridiques relatives à l’his- 
toire ecclésiastique de différentes provinces de France, données par 
Camus, avocat du Clergé, pendant les années 4767-4786. 

Collection de 36 volumes, incomplète des tomes I, III, VI, XI, 
XVI, XXVI et XXXV. 

II (4948). Années 4767-4768. — 645 feuillets. 

IV (4949). Année 4769. — 504 feuillets. 

V (4949 fcs). Année 4770. — 495 feuillets. 

VII- VIII (4920-4924). Année 4772. — 523 et 495 feuillets. 

IX-X (4922-4923). Année 4773. — 557 et 454 feuillets. 

XII (4924). Année 4774. — 585 feuillets. 

X1II-XIV (4925-4926). Année 4775. — 500 et 458 feuillets. 

XV (4927). Année 4776. — 430 feuillets. 

XVII-XVIIl (4928-4929). Année 4777. — 587 et 426 feuillets. 



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DO DÉPARTEMENT DES MANUSCRITS. 444 

XIX-XX (4930-4931). Année 4778. — 535 et 476 feuillets. 

XXI-XXII (4932-4933). Année 1779. — 662 et 582 feuillets. 

XXII1-XXIV (4934-4935). Année 1780. — 540 et 401 feuillets. 

XXV (4936). Année 1781. — 518 feuillets. 

XXVII-XXVI11 (4937-4938). Année 1782. — 603 et 532 feuillets. 

XXIX-XXX (4939-4940). Année 4783. — 648 et 564 feuillets. 

XXX1-XXXII (4940 ôw-4941 ) . Année 1784.— 582 et 574 feuillets. 

XXXIII-XXXIV (4942-4943). Année 1785. — 515 et 446 feuillets. 

XXXVI (4944). Année 1786. — 578 feuillets. 

xviii' s. Pap. 27 volumes. 

4945 - 4946 . Snorri Sturleson, Heimskringla : Saga des Ynglings 
et histoire de Halfdan le Noir, traduites de l’islandais par Aug. Gef- 
froy. (4858.) 

xix* s. Pap. 44 et 42 feuillets. 

4947 . Mélanges sur l’histoire et la littérature de l’Islande, par 
Aug. Geffroy. (4857-4858.) 

xix a s. Pap. 98 feuillets. 

4948 . < Chronique du monastère de Saint-Pierre de Solemnac » 
[Solignac (Haute- Vienne)], par D. Laurent Dumas, bénédictin. (Ms. 
autographe.) 

xvii e s. Pap. 93 feuillets. 

4949 . « Traité des rubriques et usages particuliers de l’église et 
chapitre de Vernon [Eure]. 4730. » 

xvm* s. Pap. 47 feuillets. 

4950 . Lettres de Chardon de La Rochette à Auguste de La Bouisse 
(4806-4843); notes bibliographiques du libraire L.-T. Hérissant; 
notes bibliographiques et lettres de l’abbé Mercier de Saint-Léger,- 
ou à lui adressées. 

xviii® et xix e s. Pap. 248 feuillets. 

4951 . Chronique abrégée, ou « livre des roys de France abbregé, » 
jusqu’en 4382, s’arrêtant dans le présent ms. à l’année 4292, et 
divisée en 73 chapitres. 

Fol. 33. Livre du gouvernement des rois et des princes, ou Secret 
des secrets d’Aristote; incomplet du début et de la fin. 

xv* s. Parch. 64 feuillets. 



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NOUVELLES ACQUISITIONS 



442 

4952 . « Matériaux pour une doctrine générale sur les fièvres 
connues sous le nom de typhus, par J. -Charles Gasc. » (4816.) 

xix a s. Pap. ni et 422 pages. 

4953 . État militaire, ecclésiastique et politique du Roussillon, 
sous Louis XV, avec cartes et plans. 

xvm a s. Pap. 347 et xix pages. (Rel. maroq. aux armes du roi.) 

4954 . Tables des paroisses aparté Regni et a parte Imperii du 
« Papirus visitacionis ecclesiarum parrochialium, monasteriorum et 
aliorum locorum ecclesiasticorum civitalis et diocesis Lugdunensis » 
(4468), ms. latin 5529; par M. Paul Richard. 

xix c s. Pap. 25 feuillets. 

Très grand format . 

5944 * 5964 . Registres de la Régie générale des vivres et subsis- 
tances militaires. (4778-4790.) 

I (5944). Mai-décembre 4 778. — 84 feuillets. 

II (5945). Année 4779. — 84 feuillets. 

III (5946). Année 4780. — 79 feuillets. 

IV (5947). Année 4784. — 64 feuillets. 

V (5948). Année 4783. — 55 feuillets. 

VI (5949). Année 4784. — 57 feuillets. 

VII (5950). Expéditions de Minorque et de Gibraltar (4784-4783). 
— 402 feuillets. 

VIII (5954). Bordereau général (4778-4784). — 240 feuillets. 

IX (5952). Années 4784-4785. — 38 feuillets. 

X (5953). Année 4786. — 78 feuillets. 

XI (5954). Année 4787. — 74 feuillets. 

XII (5955). Janv.-juin 4 788. — 74 feuillets. 

XIII (5956). Dépenses extraordinaires (4784-4785). — 494 feuil- 
lets. 

XIV (5957). Juin-déc. 4788. — 27 feuillets. 

XV (5958). Commissions, 4779. — 58 feuillets. 

XVI (5959). Lettres de commissions, 4 779. — 35 feuillets. 

XVII (5960). Mémoires aux ministres, 4 778-4785. — 454 feuillets. 

XVIII (5964). Mémoires aux ministres, 4785-4789. — 402 feuillets. 



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443 



DU DliPiBTEMENT DES MANU 

XIX (5962). Année 4790 [et 4794-4792]. — 470 feuillets. 

XX (5963). Compte général dans l’ile de Minorque (4756-4763). 
— 247 feuillets. 

XXI (5964). Double du précédent. — 250 feuillets. 

xvin* s. Pap. 24 volumes. 

5065. Arrêt rendu par le roi Charles VU contre Jacques Cœur 
(Lusignan, 29 mai 4453). 

xv* s. Parch. 23 feuillets. 

5966. Recueil de chartes relatives aux seigneurs et à la seigneu- 
rie d’Offémont; originaux et copies. (4269-4599.) 

xiii*-xvi* s. Parch. 54 pièces. 

5967. Comptes de bouche des maisons de différents rois, reines 
et princes de France. (4397-4585.) 

xiv*-xvi* s. Parch. 33 pièces. 

Moyen format. 

6641-6645. Mémoires et correspondance de Nicolas-Louis Pla- 
nai de La Faye, aide de camp des généraux Lariboisière et Drouot, 
officier d’ordonnance de Napoléon I* r . 

6644. « Vie de Planai de La Paye,... souvenirs, lettres et dictées 
recueillis et annotés par sa veuve ; introduction de René Vallery- 
Radot » (Paris, 4895, in-8°), impr. 

6642. « Correspondance intime de Planat de La Faye; supplément 
à la Vie de Planat » (Paris, 4 895, in-8°), impr. 

6643. Papiers et correspondance de Planat de La Faye, ayant servi 
à la rédaction de sa Vie et rangés par ordre chronologique (4800- 
4870). — 544 feuillets. 

6644. Lettres de P. Lanfrey et de don Pedro II, empereur du 
Brésil, à M“* Planat de La Faye (4859-4888). — 452 feuillets. 

6645. « Relation du capitaine Maitland, ex-commandant du Bellé- 
rophon, concernant l’embarquement et le séjour de l’empereur Napo- 
léon à bord de ce vaisseau, traduite de l’anglais par J.-T. Parisot, 
ancien officier de marine » (Paris, 4 826, in-8°), impr. 

xix« s. Pap. et parch. 5 volumes. 

6646. Correspondance et papiers des Longaunay, lieutenants 
pour le roi en Normandie, etc. (xvi* et xvn* s.) 

4898 8 




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m 



xocmt.ES iCQotsmoRS 



On y remarque des lettres du cardinal Charles de Vendôme, de 
François de Bourbon, duc de Montpensier, Louis de Bourbon, comte 
de Soissons, Brûlart de Sillery, Catherine de Médicis, Charles IX, 
Henri de Lorraine, comte d’Harcourt, Henri III, Anne, duc de 
Joyeuse, Tannegui Le Veneur, sieur de Carouges, Louis de La Valette, 
duc d’Épernon, Henri d’Orléans, duc de Longueville, Louis XIII, 
Louis XIV, Marie de Médicis, Gaston d’Orléans, etc. 

xvi*-xviii* s. Pap. 340 feuillets. 

6647 . « Cronicques du roy de France Charles septiesme de ce 
nom, » par Gilles Le Bouvier, dit Berry. 

xv* s. Pap. 494 feuillets. (« Ex musæo Du Tilliot, anno 4740. ») 

6648 . Inventaire des meubles, effets et livres de M. l’abbé Hos- 
dier, chanoine de Paris (4694). 

xvii* s. Pap. 403 feuillets. 

6649 . Notice sur l’évêché de Babylone, par Marie-Laurent Trioche, 
évêque de Babylone (4 838) ; avec lettre d’envoi de l’auteur au baron 
Taylor (4840). 

xix* s. Pap. 24 feuillets. 

6660 . « Mémoire pour M" Jean-Élie de Nesmond, abbé commen- 
dataire de l’abbaye roiale d’Ahun, abbé et chef de l’église et chapitre 
de Blanzac. > 

xvni* s. Pap. 3 feuillets. 

6661 . Registre des dépêches adressées au comte de Bernstorff, 
ministre d'État de Danemark, par le comte F. de Reventlon, ambas- 
sadeur de Danemark en Suède (3 août 4792-34 décembre 4793). 

xvni* s. Pap. 4 33 feuillets. 

6662 . « Mémoires pour servir à l’histoire de l’abbaye de la très- 
sainte Trinité de Beaulieu-lez-Loches , par Dom J. Martial Galand, 
bénédictin. » — Page 442. « Histoire de la ville de Loches. » — 
Page 540. « Histoire d’Agnès Surel, surnommée la Belle par excel- 
lence. » 

xviii* s. Pap. 624 pages. 

6653 - 6666 . « Notice de l’Oratoire de France, ou recherches sur 
les membres de celte congrégation qui se sont distingués par leurs 
talents et leurs vertus, » par le P. Bicals (4788-4789). — Copie des 
mss. 334-332 (639-640) de la bibliothèque d’Aix. 

xix* s. Pap. 668, 430 et 364 feuillets. 



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DD DéPABTEOTirr DES MiHOSCKITS. 



415 

6666. « Divers discours des ducs et pairs de France et de leurs 
drois et prérogatives. — Erections de terres, etc.; principautez, mar- 
quisats, comtez, vicomtez, baronies, chastellenies. » Recueil formé 
par P. Dupuy. 

xvii* s. Pap. 254 feuillets. (N° 8886 de la bibliothèque de sir Tho- 
mas Phillipps.) 

6667. « Fors de Béarn. » 

xv* s. Pap. vi et cxli feuillets. 

6668. Recueil de lettres originales ou autographes des xv*-xix* s. 

On y remarque des lettres de « Jehanne de La Forest, » veuve de 

l’enlumineur Henri de Cler, au roi René, 4476 (4) ; — Oberlus Gifa- 
nius [van Giffen] à Pierre Pithou (2) ; — « Capitaine Chanoy » au 
ducd’Urbin, 1548 (3); — Lucas Holstenius à Charles deMontchal, 
archevêque de Toulouse, neuf lettres, 4645-4654 (5); — Henri-Louis 
de Loménie de Brienne à son père, 4 664 (25) ; — Marquard Gudius 
à Nicolas Heinsius, 4662 (29); — Ét. Baluze au cardinal Casanate, 
4688 (33); — Frédéric II le Grand, roi de Prusse, 4742 (34); — 
Joly de Fleury, deux lettres, 4773-4774 (35); — Lettres adressées 
au comte de Brienne, 4788 (39); — Ant.-Aug. Renouard, au sujet 
de la tache d’encre du ms. de Longus, 4840 (48) ; — Robert Fulton 
(54) ; — Victor Hugo à Victor Schœlcher, 4857 (53). 

xv*-nx* s. Pap. 54 feuillets. 

6669. Lettres adressées au graveur en médailles Dépaulis (f 4867). 

Parmi les correspondants de Dépaulis, on remarque les noms de 

Ad. Adam, Barre, Cherubini, comte de Clarac, Daunou, David d’An- 
gers, Eug. Delacroix, P. Delaroche, A. Dussomerard, A. Etex, Fro- 
chot, A. Jal, comte de Laborde, Aug. Leprévost, Letronne, A. de 
Longpérier, P. Mérimée, Petit-Radel, A. Raffet, Royer-Collard, Ch. 
Sauvageot, A. Thiers, J.-H. Vincent, L. Vitet, etc. — On y a joint 
quelques lettres des xvm* et ni* siècles adressées à Rolle, bibliothé- 
caire de la ville de Paris. 

xvm* et xix* s. Pap. 334 feuillets. 

6660. « Comptes-rendus en la Chambre des comptes de Lorraine, 
à Nancy, par les receveurs des deniers patrimoniaux et d’octrois de 
la ville de Badonviller, en la partie du comté de Salm, pour les 
années 4697-4740. » 

xvn*-ivin* s. Pap. 535 feuillets. 



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446 



NOUVELLES ACQUISITIONS 



6661 . Mémoires et papiers de Jean Buvat, écrivain de la Biblio- 
thèque du roi. (4697-4729.) 

xviii* s. Pap. 8 et 4 57 feuillets. 

6662 . Livre de raison d’Eutrope Fabri, de Mauriac. (4547-4537.) 

xvi* s. Parch. 64 feuillets. 

6663 . Mélanges. 

Fol. 4. Reçu par a Thomas Oulivier, canonier, » de la somme de 
7 livres tournois, pour avoir mis « en ordenensse les quanons et 
bonbardes » de Moulins, 4447 [4448]. — Fol. 2. Reçu par « Guiot 
Gilet » de 50 sous tournois, « pour avoir fait tout neuf le martel du 
reloge » de Moulins, 4448. — Fol. 3. Détail de la pierre « am ployé 
à la reparacion de la porte de Bourgongne » à Moulins, 4464. — 
Fol. 9. Compte de 1’ « entrée et joyeuse venue de madame Jehanne 
de Bourbon » à Moulins, 4487. — Fol. 44. Papiers de Jacques Mon- 
tignon, libraire de Nevers, 4547-4549, publiés par M. L. Delisle 
dans les Mém. de la Soc. de l'hist. de Paris, 4896, XXIII, 284-289. 
— Fol. 44. Marchés de pourvoirie de la reine Catherine de Médicis, 
4567. — Fol. 53. Fragment d’un procès-verbal des États de Blois 
(4 déc. 4588-2 janv. 4589). 

xv* et xvi* s. Pap. 87 feuillets. 

6664 . Lettres adressées à Mercier de Saint-Léger, classées par 
ordre alphabétique des correspondants, et suivies de quelques notes 
bibliographiques de Mercier. 

xviii* s. Pap. 72 feuillets. 

6665 . Recueil de mémoires et lettres relatifs à la réunion du 
« collège ou petit séminaire de Saint-François-de-Salies dans la ville 
de Tournus » (4766-4783). 

xvm* s. Pap. 32 feuillets. 

6666 - 6672 . « Dictionnaire historique des auteurs anciens et 
modernes. » 

I (6666). Aaron-Bishop. — 884 pages. 

II (6667). Bisselius-Confessions. — 904 pages. 

III (6668). Confession-Galligai. — 860 pages. 

IV (6669). Gallimard-Loyer (Le). — 880 pages. 

V (6670). Loyer-Pidou de Saint-Olon. — 822 pages. 

VI (6674). Pidoux-Smetius (H.). — 882 pages. 

VII (6672). Smetius (M.)-Zustris. — 798 pages. 

xviii* s. Pap. 7 volumes. (Provient de Cayrol.) 



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DO DÉPARTEMENT DES MANUSCRITS. 



in 

6673 . Acte de partage de la seigneurie de Vaux, canton de Meu- 
lan (Seine-et-Oise), en 1601, et Inventaire après décès des biens 
meubles de Charles de La Salle, seigneur de < Carrière-soubz-le-Bois- 
de-Laye, » 1666. — Cf. ms. nouv. acq. fr. 9179. 

xvii* s. Pap. 98 feuillets. 

6674 . « Procez-verbal de scellé après le deceds de M l,e [Thérèse] 
d’Aubray, * sœur de la marquise de Brinvilliers. (1675.) 

xvii* s. Pap. 1 86 feuillets. 

6676 . Documents généalogiques, historiques et archéologiques 
sur la famille d’Offémont. 

xix* s. Pap. 178 feuillets. 

6676-6678. Correspondance d’Emmanuel-Théodore de La Tour 
d’Auvergne, cardinal de Bouillon (f 1 71 5) . 

I (6676). Minutes de lettres à MM. d’Anfreville-de Janson. 

II (6677). Minutes de lettres à MM. de Langlade-de Torcy. 

III (6678). Lettres et papiers divers. 

xvii* et xviii* s. Pap. 337, 338 et 93 feuillets. 

6679 . « Délibérations du Conseil épiscopal de Noyon » (oct. 1766- 
févr. 1773). 

xviii* s. Pap. 1 32 feuillets. 

6680 . Les Gestes des Chiprois ; copie figurée faite pour le comte 
Riant, du ms. de Verzuolo, près Saluces, en Piémont. — Cf. l’édition 
de M. G. Raynaud pour la Société de l’Orient latin (1887). 

xix* s. Pap. Feuillets ix-ccxxxvm. 

6681 - 6682 . Lettres de Frédéric Dübner à Emm. Miller (1840- 
1865), suivies de quelques lettres d’Emm. Miller à Fr. Dübner. 

xix* s. Pap. 2 vol. 509 feuillets. 

6683 - 6684 . Lettres adressées à Emmanuel Miller par divers 
savants français et étrangers, classées par ordre alphabétique de 
correspondants. 

I (6683). A-L. Lettres de J. Adert, D. Bikélas, K. Blondel, Fr. Bü- 
cheler, G.-M. Christidis, W.-C. Cotton, J. -A. Cramer, P. Del Furia, 
Delzons, A. -F. Didot, H. Dittrich, A. Dumont, G. d’Eichthal, L. Fer- 
nandez, M. Ferrucci, Fr. Field, Th. Fix, G.-H. Forbes, A. Fresenius, 



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448 ÜOPVBLLES ACQUISITIOHS 

T. Gaisford, M.-I. Gédéon, W.-G. Henderson, G.-L. Kayser, R. Lep- 
sius, etc. — 306 feuillets. 

Il (6684). M-Z. Lettres de G.-A. Macmillan, cardinal Angelo Mai, 
G. Maspero, P. Matranga, G. Monod, E. de Murait, Minolde Mynas, 
A. Nauck, J. QEconomidis, A. Papadopoulos-Kerameus, N. Piccolos, 
V. Prou, Ch. Pusey, marquis de Queux de Saint-Hilaire, C. Sathas, 
F. Schneidewin, Th. Sypsomos, H. Thiersch, J.-N. Valettas, Th. Voe- 
mel, Th. Wright, etc. — 284 feuillets. 

xix* s. Pap. 2 volumes. 

6686. Registre de copies de lettres écrites par Servat, chef d’état- 
major du général Bergeret, pendant l’insurrection de la Commune 
de Paris, du 4 2 au 24 mai 4 874 . 

On y a joint différents ordres, rapports, lettres, etc., adressés au 
même chef d'état-major, Servat, du 24 mars au 24 mai 4874. 

xix* s. Pap. 223 feuillets. 

6686. « Copie double des atours du grand Cartulaire » de la cité 
de Metz. (4245-4529.) 

xviii* s. Pap. 434 feuillets. 

6687 . Chronique de Philippe de Vigneulles, tome I, jusqu’en 4428. 
— Copie partielle des mss. 838-840 de Metz. 

xvi* et xviii* s. Pap. 22 feuillets et 84 0 pages. 

6688. < Les Cronicques de la ville et cité de Metz, » en vers, 
s’arrêtant à la destruction de Metz par les Vandales (p. 58 de l’édit. 
Chabert, 4855). 

xviii* s. Pap. iii feuillets et 88 pages. 

6689 . « Chronique en vers de la noble cité de Metz, par Jean 
Chastelain, religieux augustin,... jusqu’à l'an 4424... » — La chro- 
nique rimée s’arrête à l’année 4405 (p. 97 de l’édit. Chabert). 

6690 . « Dernier advis envoié à Monsieur le duc de Lorraine, peu 
après la bataille d’Ivry, sur la ruine prochaine de son estât et de sa 
maison, s’il ne trouve moien de faire sa paix avec le Roi, par un 
gentilhomme françois, catholique, apostolique, royal. — 4590. — 
Imprimé à Blois. > Attribué à « Denys Le Bey, sieur de Balilly, 
assesseur du président à Metz. » 

xvi* s. Pap. 63 feuillets. 



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DO DéPA&TEMEflT DES MAfltJSCRlTS. 449 

6691. Chronique de Melz, par Ancillon, avocat au Parlement. 
(4656-4683.) 

xvm* s. Pap. 4 35 feuillets. 

6692. « Recueil de différents événements dans cette ville de Mets, 
depuis et compris l’année 4 724 » jusqu’en 4 759, par le notaire Baltus. 
— Copie de la main de Dom Robert. 

xvm* s. Pap. 239 pages. 

6693. « Histoire ecclésiastique et civile de la ville et du diocèse 
de Metz, par le P. Benoist, de Toul, capucin. — 4718. » 

Fol. 274. « Recherches sur l’histoire de l'ancienne magistrature 
de Metz. Année 4772 et 4773. » 

xvm* s. Pap. iv feuillets et 294 pages. 

6694. Rôles de chevaliers à Metz pour les années 4436, 4450, 
4468, 4473, 4475 et 4544. 

xv* et xvi* s. Pap. 32 feuillets. 

6695. Traités de paix concernant la cité de Metz. (4325-4497.) 

Traités d’alliance ou de paix avec les rois de France, les ducs de 

Lorraine, de Luxembourg, etc. 

xvi* s. Pap. 44 feuillets. 

6696. Extraits de la Chronique de Robert Gaguin, par Philippe 
de Yigneulles ; ms. autographe. 

xvi* s. Pap. 59 feuillets. 

6697. Recueil de huchements ou ordonnances de police de la cité 
de Metz. (4358-4479.) 

iv* s. Pap. 27 feuillets. 

6698. « Recueil d 'atours, d’ordonnances, de jugements, de for- 
mules de contrats et d’actes de procédures, et d’autres pièces relatives 
à l’histoire de Metz. » (4 256-4 482.) 

xv* et xvi* s. Pap. 84 feuillets. 

6699. Chronique française des évêques de Metz, jusqu’en 4459, 
et « Croniques de la cité de Mets, par le doyen de Saint-Thiébault. » 
(4234-4438.) 

xv* s. Pap. 83 feuillets. 



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4 20 NOUVELLES ACQUISITIONS 

6700. Petit cartulaire de Saint-Arnould et autres chroniques de 
Metz. 

xv* s. Pap. 413 feuillets. 

6701-6713. « Recueil du sieur Craye, » avocat au Parlement de 
Metz (f 4682), sur l’histoire de Metz aux xv* et xvi* siècles. — Il y 
en a une notice détaillée dans le tome 1 des Mettensia , p. 440-445. 

xv* et xvi* s. Pap. 43 fascicules, 439 pages. 

6714. « La Guerre Cardinale de l’administrateur du temporel de 
l’évêché de Mets contre le s r de Salcede, gouverneur de Marsal, 
en 4565. » 

xviii* s. Pap. 34 feuillets. 

6716. Chronique, en vers, de la ville et cité de Metz, s’arrêtant à 
l’année 4 586, et suivie de notes d’événements historiques survenus 
à Metz de 4 606 à 4 64 5. 

xvii* s. Pap. 83 feuillets. 

6716. « Les Croniques [en vers] de la noble citez de Metz, depuis 
la fondation d’icelle, et de quelle gens et en quel temps elle Ait cons* 
truite, »jusqu’en 4655. 

xvii* s. Pap. 480 feuillets. 

6717. « Les Croniques de Mets [en vers], de quelles gens et en 
quel teins elle fut construire, » jusqu’en 4489. 

Page 447. Chronique de Metz, en vers, dite Chronique de M. Ar- 
noult, jusqu’en 4586, avec continuation, en prose, jusqu’en 4646. 

xvi* et xvii* s. Pap. 24 6 pages. 

6718. Journal des maitres-échevins de Metz. (4200-4527.) 

xvi* s. Pap. 95 feuillets. 

6719. Chronique française des évêques de Metz, jusqu’en 4459. 

xvi* s. Pap. 74 feuillets. 

6720. Mémoires de Philippe de Vigneulles, bourgeois de Metz. 
(4474-4522.) 

Ms. autographe, publié par H. Michelant dans le t. XXIV de la 
Bibliothek des litterarischen Vereins in Stuttgart (4852, in-8°). 

xvi® s. Pap. 562 pages. 



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Dü DÉPARTEMENT DES MAITOSCRITS. 424 

6721-6722. Registres de la corporation des merciers et épiciers 
de Metz. (4 394-4666.) 

I. Années 4394-4564. — IL Années 4564-4666. 

xiv e -xvn e s. Pap. 265 et 267 feuillets. 

6723. Journal de la vie de Paul Ferry, de Metz. (4604-4644.) 

Journal de ses voyages en Allemagne, en France et de son séjour 

à Montauban. 

xvii 0 s. Pap. 40 feuillets. 

6724. Registre de cens perçus par la confrérie des curés de Metz. 
(4668-4722.) 

xvii e et xvm e s. Pap. 9 feuillets. 

6724 bis. Armorial messin; extraits faits par M. Aug. Prost des 
armoriaux de Gilles Le Bouvier, dit Berry, d’André de Ryneck, de 
Jean Monez et d’un armorial anonyme du xvii® siècle. 

xix® s. Pap. 96 feuillets. 

6725-6733. Recueil de pièces, originales et copies, provenant de 
la collection du comte Emmery, relatives à l’histoire de Metz et du 
pays messin, du xm e au xviii® siècle. 

Ces pièces, reliées en neuf volumes in-folio, sont classées dans 
Tordre, conservé par M. Aug. Prost, des numéros des catalogues de 
vente de la Collection Emmery (4 849 et 4850). Un inventaire détaillé 
en a été publié dans les Mettensia , t. I, p. 423-445, et p. 80-93 du 
tirage à part. 

xiii e -xvm e s. Parch. et pap. 266, 478, 424, 465, 437, 234, 446, 
452 et 447 feuillets. 

6734. Collection Aug. Prost sur l’histoire de Metz-, pièces in> folio, 
indiquées à leur ordre méthodique dans le détail de la Collection 
classée sous les n 08 4826-4884 des nouvelles acquisitions du fonds 
français. 

xix° s. Pap. 299 feuillets. 

6735-6737. Mémoires et notes relatifs à la carrière militaire du 
colonel du génie Pierre Prost. (4773-4 847.) 

xix e s. Pap. 474, 348 et 302 feuillets. 

6738. « Statistique monumentale de la Moselle. » [i 853.) 

xix® s. Pap. 4009 feuillets. 



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422 



NOUVELLES ACQUISITIONS 



6739. Ménagier de Paris; ms. ayant servi à l’édition donnée 
en 4847 par le baron J. Picbon et acquis à la vente de sa biblio- 
thèque en 4 897. 
xv® s. Pap. 4 43 et 4 39 feuillets. 

6740 - 6762 . Matériaux du Catalogue de la librairie française de 
0. Lorenz, donnés à la Bibliothèque nationale, en 4 879, par M. Oscar 
Berger-Levrault. 

I (6740). Abadie- Azur. — 524 feuillets. 

II (6744). Babeau-Béduchaud. — 522 feuillets. 

III (6742). Beets-Boquet. — 508 feuillets. 

IV (6743). Borchard-Byrne. — 462 feuillets. 

V (6744). Cabantous-Chézard. — 549 feuillets. 

VI (6745). Chifflet-Crozet. — 448 feuillets. 

VII (6746). Cruveilhier-Desvoges. — 544 feuillets. 

VIII (6747). Détriché-Dynler. — 493 feuillets. 

IX (6748). Ebeling-Franzoni. — 548 feuillets. 

X (6749). Frédérique-Goinbot. — 533 feuillets. 

XI (6730). Goltz-Hase. — 505 feuillets. 

XII (6754). Hatin-Jaybert. — 505 feuillets. 

XIII (6752). Jean-Lantoine. — 525 feuillets. 

XIV (6753). Lapeyrère-Leruste. — 545 feuillets. 

XV (6754). Lesacher-Marcey. — 500 feuillets. 

XVI (6755). Marchal-Migout. — 508 feuillets. 

XVII (6756). Mila-Normand. — 54 3 feuillets. 

XVIII (6757). North-Piot. — 520 feuillets. 

XIX (6758). Pirenne-Renault. — 505 feuillets. 

XX (6759). Rencogne-Saint-Pierre. — 540 feuillets. 

XXI (6760). Sala-Szilagyi. — 434 feuillets. 

XXII (6764). Tabourin-Vezian. — 462 feuillets. 

XXni (6762). Vial-Zwirkenpflug. — 265 feuillets, 
xix® s. Pap. 23 volumes. 

6763 . Gassien, Collations des saints Pères, traduction française 
anonyme, exécutée avant l'année 4433 sur l’ordre d’Édouard, fils 
ainé du roi Jean I er de Portugal ; premier volume, contenant les Col- 
lations I-X. 

xvi® s. Parch. 207 feuillets. 

6764 . Recueil de pièces relatives à la possession des Ursulines 



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DO DÉFABTEMEftT DES MAIUJ8CUTS. 423 

de Loudun et au procès d'Urbain Grandier; originaux et copies. 
(4632-4638.) 

xvu* s. Pap. 4 55 feuillets. 

6765. Recueil de lettres et pièces relatives aux mesures prises 
par M. de Sartine pour l’approvisionnement de Paris en boeufs, 
moulons, suifs, etc. (4767-4770.) 

xvni® s. Pap. 257 feuillets. 

6766. « Titres et extraits de titres eslans aux archives de Meu- 
don. » (4200-4724.) 

xvn e -xvni e s. Pap. 64 feuillets. 

6767. a Statuts des maitres-teinturiers de Rennes. » (4450-4664.) 

xrn e s. Pap. 30 feuillets. 

6768. Recueil de pièces, originales et copies, sur le Lauraguais. 
(4298-4747.) 

xvi*-xviu e s. Pap. et parch. 85 feuillets. 

0 

6769. Recueil de documents sur l’histoire de la Tunisie et de 
l’Algérie. 

Page 4. Traités de la France (4740-4832), de la Belgique (4840), 
de Venise (4763-4792), du Portugal (4799-4846), de l’Angleterre 
(4754-4846), de la Toscane (4846-4846), de l’Autriche (4856), de 
l’Espagne (4794) avec Tunis. — Page 477. Recueil de pièces sur la 
Compagnie d’Afrique, Tunis et Alger (4790-4822). 

xvin e -xix e s. Pap. 297 pages. 

6770. « Mémoire sur l’étal présent de l’ile de Chypre, » par 
M. Fourcade (4844). 

xix* s. Pap. 234 pages. 

6771. Recueil de chansons italiennes et françaises, avec musique 
notée, copiées en Italie. 

x^-xvi* s. Pap. 434 feuillets. (N e 4350 du Catalogue de vente Reina, 
de Milan.) 

6772. Recueil de lettres de J.-Fr. Boissonade à divers (an X- 
4854). 

iix 4 s. Pap. 445 feuillets. 



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424 



NOUVELLES ACQUISITIONS 



Grand format. 

9139. « Détail historique de la révolution arrivée en Saxe à la fin 
de l’année 4745. » 

xvm a s. Pap. 90 feuillets. 

9140 . Recueil de pièces concernant les aides en Angoumois et en 
Dauphiné. (4454-4477.) 

xv 6 s. Parch. 28 feuillets. 

9141 . Généalogies des familles de Polignac, de Rochechouart et 
Thierry, avec un extrait de la recherche de la noblesse, faite en \ 667- 
4668, dans le Lyonnais, Forez et Beaujolais, et une note sur la 
noblesse des cbanoinesses de Denain en Hainaut. 

xvn'-xvm 6 s. Pap. 58 feuillets. 

9142 . Histoire universelle, depuis la création du monde jusqu’à 
la naissance de Jésus-Christ. — Début : « Quant il vint au plaisir à 
Dieu... » 

xv 6 s. Pap. 4 etcLxxxvi feuillets. (« Ex musæo du Tilliot, 4740. ») 

9143 . « Compte de la terre et prevosté de Heriçon » [Hirson 
(Allier)], appartenant à Louis duc d’Anjou (Saint-Jean-Baptiste-Noel 

4445). 

xv* s. Parch. 4 0 feuillets. 

9144 - 9170 . Correspondance de Dupleix avec la Compagnie des 
Indes, les années des Indes, divers correspondants et pièces rela- 
tives à son procès. (4720-4772.) 

I (9444). Lettres des directeurs de la Compagnie des Indes (4742- 
4749). — 265 feuillets. 

II (9445). Lettres des directeurs de la Compagnie des Indes (4750- 
4755). — 267 feuillets. 

III (9446). Lettres et mémoires de Dupleix; minutes (4749-4754). 
— 293 feuillets. 

IV-VII (9447-9450). Correspondants divers, classés par ordre 
alphabétique : 9447, A-D; 9448, D-G; 9449, H-L; 9450, M-V. — 
342, 255, 254 et 274 feuillets. 

VIII (9454). Lettres de Dupleix à ses correspondants; minutes 
(4 720-4 750). — 24 6 feuillets. 



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00 oéPlBTEMSOT DES MiXUSCBITS. 



425 



IX-XU (9452-9455). Lettres des officiers de l’armée du Carnatic à 
Dupleix, rangées par ordre alphabétique : 9452, A-B; 9453, B-L; 
9454, L-P; 9455, P-W. — 307, 342, 320 et 300 feuillets. 

XIU-XIV (9436-9457). Lettres de Dupleix aux officiers de l’armée 
du Carnatic, minutes (4749-4754). — 2 vol., 529 feuillets. 

XV-XVI (9458-9459). Lettres des officiers de l’armée du ûekkan; 
registre et minutes des lettres de Dupleix (4750-4759). — 357 et 
383 feuillets. 

XVII (9460). Correspondance de M. de Moracin, commandant de 
Masulipatam (4752-4735). — 463 feuillets. 

XVIII (9464). Lettres diverses de Pondichéry, Madras, Goa, etc. 
(4749-4756). — 466 feuillets. 

XIX-XX1I (9462-9465). Correspondance de Dupleix, ancien gou- 
verneur des Indes , classée par ordre alphabétique des correspon- 
dants : 9462, A-B; 9463, B-, 9164, B-L; 9465, L-V. — 274, 492, 
495 et 249 feuillets. 

XXIII (9466). Lettres de Godeheu, commissaire royal aux Indes, 
avec les réponses de Dupleix (4754). — 243 feuillets. 

XXIV (9467). Reddition de comptes de Dupleix, inventaire, 
comptes de dépenses, etc. (4754). — 467 feuillets. 

XXV-XXVII (9468-9470). Procès de Dupleix; dossiers de la Com- 
pagnie des Indes et de Dupleix (4754-4772). — 462, 466 et 
462 feuillets. 

9171-9172. Recueil de pièces relatives à différents membres de 
la famille des ducs de Saint-Simon. (4554-4784.) 

Le second volume contient des pièces relatives au gouvernement de 
Blayesous les ducs de Saint-Simon. (4638-4730.) 

xvi*-xvni* s. Parch. et pap. 4 24 et 234 feuillets. 

9173. Recueil de pièces originales et lettres historiques diverses, 
provenant de M. Tastu. (xvi e -xix e s.) 

On y remarque des lettres de Charles IX (6), — et Philippe III, 
roi d’Espagne (7) ; — « Sur les tragédies saintes représentées sur le 
théâtre de Saint-Cir... » (8); — Mémoire sur les « experts écrivains 
vérificateurs secrétaires ordinaires de la Chambre du Roy » (44); — 
Requête à l’Assemblée nationale au sujet des ingénieurs qui travail- 
laient à la carte de France de Cassini, en 4 790 (20) ; — Pièces rela- 
tivesà l’histoire du premier Empire (24 ) ; — Sonnets lipogrammatiques, 
en espagnol, par Rafael Baranguer (25); — Lettres relatives au 



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126 



NOUVELLES ACQUISITIONS 



domaine de Châteauneuf-sur-Loire, appartenant au comte de Saint- 
Florentin, 1760-1765 (29); — Lettre du maréchal d’Estrées à 
Louis XV, 1727 (50); — etc. 

xn*-xix* s. Pap. 67 feuillets. 

9174 . Recueil de pièces, mss. et impr. , relatives à la guerre de 
Vendée et aux campagnes de 1814-1815, formé par Alphonse de 
Beauchamp (f 1832). 

xix* s. Pap. 148 feuillets. 

9175 . État des maisons des reines Marguerite, femme de saint 
Louis, Jeanne de Bourgogne, Marie de Luxembourg, Jeanne d’Évreux, 
Marie d’Anjou, Charlotte de Savoie, Marguerite d’Autriche, Anne de 
Bretagne, Claude de France, Éléonore d’Autriche, Catherine de Médi- 
cis, Marie Stuart, Élisabeth d’Autriche, Louise de Lorraine, Marie de 
Médicis, Anne d’Autriche ; du roi de Navarre ; des ducs de Norman- 
die, de Guyenne et d’Orléans ; des dauphins et dauphines, etc. 

xvii* s. Pap. Feuillets 329 à 71 0. (N° 8934 de la bibliothèque de 
sir Thomas Phillipps.) 

9176 . Recueil de chartes et pièces concernant l’histoire de Bour- 
gogne et de Franche-Comté. (1189-1521 .) 

xii*-ivi* s. Parch. 180 pièces. 

9177 . Notes sur la ville et les archives de Hesdin. 

xix* s. Pap. 1 5 feuillets. 

9178 . « Inventaire de tous les papiers qui ont esté remis par 
M. de Pomponne, contenant ceux qui regardent l’exercice de la charge 
de secrétaire d’Estat, dans le temps qu'il l’a exercée et ceux du temps 
de M. de Lionne, qui luy avoient esté remis par ordre de Sa Majesté. » 
(1679.) 

xvii* s. Pap. 36 feuillets. 

9179. Recueil de chartes et lettres originales. (xm*-xix* s.) 

On y remarque une transaction entre B. d’Arpajon et D. del Cros 
(1244), en provençal (1); — diverses pièces concernant Vitré (3) et 
Villaines, près Paris (4) ; — mandement de Charles VI, 1383 (6); — 
lettre de Jean, duc de Berry, au duc de Bretagne, 1392? (8); — 
diverses pièces concernant Jacques de La Salle, sieur de Carrières, 
cf. ms. nouv. acq. fr. 6673 (1 4) ; — quittance de Jean Varin pour la 
gravure d’un jeton de l’Extraordinaire des guerres, 1646 (24); — 



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DO DfriRTKMEHT DES MANUSCRITS. 



127 



lettres de Henri Slratman, plénipotentiaire de l'Empereur à Ralis- 
bonne et à Francfort, au marquis de Grana, 1680-1682 (28); — 
testament de Marie-Anne-Chrestienne- Victoire de Bavière, femme 
du grand Dauphin, 1690 (49) ; — contrat de mariage du prince de 
Neufchâtel, 1695 (55); — lettre de David Stewart Erskine, lord 
Caldross, à Fauris de Saint-Vincens sur les mss. de Peiresc, 1802 
(81 ) ; — lettres de Louis Bonaparte, Lucien Bonaparte, les généraux 
Drouot, Moreau, Pichegru, adressées au général de brigade baron de 
Lacour (85) ; — etc. 

iin'-iix' s. Parch. et pap. 93 feuillets. 

9180-9181. « Compte quatriesme [et cinquiesme] que rend noble 
Nicolas de Pullenoy,... conseiller d’Estal de Son Alteze, trésorier 
general de ses finances et auditeur des comptes de Lorraine,... pour 
l’année 1611 [et 1612]. » 

Registres B 1333 et 1342 des archives départementales de Meurthe- 
et-Moselle cédés en échange des volumes 680 et 680 bis de la Collec- 
tion de Lorraine. 

xtii* s. Pap. 346 et 350 feuillets. 

9182 . « Hollande. — Traictez faictz par les roys de France avec 
les Hollandois (1 596 à 1 637). » — Copies, dont une partie se retrouve 
dans le vol. 98 de la Collection de Brienne. 

xvii* s. Pap. 1 73 feuillets. 

9183. Mélanges. 

Fol. 1. « Le trésor de M. de Louvois, dans une cave de l’hôtel 
de Longueville, dénoncé en décembre 1746, par Alain Godefrin...; » 
ms. autographe adressé au roi (1749). — Fol. 29. « Explica- 
tion des sept pièces d’or trouvées dans les fondations du vieux 
château d’Aumale en 1 775, que S. A. S. a fait remettre à son médail- 
1er par M. l’abbé Pascal, à Rambouillet, le 29 mai 1 776. » — Fol. 31 . 
Procès-verbal d’une perquisition faite en 1782 dans l’église N.-D. du 
Camp, au diocèse de Pamiers, pour rechercher de la contrebande de 
tabac. — Fol. 33. Plan du « restant du village de Pardine » et du 
« terrain enfoncé de soixante et dix pieds à quatre-vingt de profon- 
deur, où il y a quarente huit bâtiment d’enfoncé dud. village de Par- 
dine, faict par Jean Chesnebenoist, arpenteur juré au comté d’Au- 
vergne, à Vic-Lecomte. » (xvui* s.; grand plan colorié.) — Fol. 36. 
Liste de « documents sur la Corse (originaux) » (1708-1790). — 
Fol. 38. Pièces diverses, minutes de lettres de C.-B. Hase, notes, 



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428 



NOUVELLES ACQUISITIONS 



etc., relatives aux travaux de la Commission de l’expédition scienti- 
fique en Morée (4 829-4 830) ; on y a joint quelques notes de Villoison 
(fol. 59). — Fol. 64. Notes sur quelques inscriptions romaines décou- 
vertes en Algérie, à Constantine, Cberchell et Orléansville ; lettres 
du baron Walckenaer à C.-B. Hase, etc. (4840-4844). — Fol. 86. 
Lettre de Villenave au roi Louis-Philippe et catalogue de sa collection 
d’autographes, dont il proposait l’acquisition pour le Musée de Ver- 
sailles (4844). — Fol. 94. « Les droits de la France sur le royaume 
de Naples. » (xvii* s.) — Fol. 404. « Vita sanctæ Hiltrudis virginis. » 
Début : « Die quinto kalendarum octobris sanctæ Hiltrudis virginis 
celebrem agimus diem depositionis... » — A la suite (fol. 440), tra- 
duction française, intitulée : « Vie et histoire de sainte Hiltrude, 
vierge et patronne du monastère de Liessies. » (ira* s.) — Fol. 446. 
« Dissertation sur une médaille grecque de Pixodarus, roy de Carie, 
par M a Terrin, conseiller du roy au siège de la ville d’Arles. » (ivn' s.) 
— Fol. 4 23. « Viaggio di Patrasso a Corone, l’anno 4 674/75. » — 
Fol. 426. « Tous les regales qui se sont faits, tant pour la circonci- 
sion des princes, fils du Grand Seigneur, que pour les nopces de la 
princesse Khadigeh Sultan, leur sœur, et son dot, ainsi que les pré- 
sens des vizirs et autres officiers, traduit [du turc] par La Croix, 
secrétaire interprète du roy. » — Fol. 444. « Catalogua librorum de 
statu, situatione, juribus et constitutionibus, etc. Poloniam et Prus- 
siam concernentibus, qui prostant Gedani, apud Cornelium de Beu- 
ghem bibliopolam. » — Fol. 450. « Observations sur la pinture et 
ceux qui l’ont praticquée » (4649). — Fol. 456. « Descriptio anima- 
lis quod follicululum moschi gestat, a D. Gmelin communicata. » 

xvii'-xii» s. Pap. 464 feuillets. 

9184 . Recueil de poésies satyriques : chansons, épitaphes, son- 
nets, épigrammes, etc., sur différentes matières politiques et reli- 
gieuses des règnes de Louis XIV et de Louis XV. — P. 442-492. 
« Histoire des amours et des infortunes d’Abélard et d’Héloïse, » en 
quatre chants. — P. 470-497. « Les Philippiques, » de La Grange- 
Chancel (5 odes). 

iviii* s. Pap. 554 pages. 

9185 . Lettres, autographes et signées, de M. de Brémond et de 
sa femme, Marie-Angélique de Loménie, et autres lettres relatives à 
leur séparation (4697-4708). — Fol. 49-25 v°. « Récit des avantures 
de M. de Brémond par luy-mesme à M. de Lagny. » 



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DD DéPARTEMEUT DES MANUSCRITS. 



429 



Ce manuscrit est formé des p. 2407-254 2 d’un ancien volume de 
la collection de Clairambault (fonds du Saint-Esprit). Cf. aussi ms., 
nouv. acq. fr. 5053, fol. 46-23. 
ivii* et mu' s. Pap. 57 feuillets. 

9186 . Recueil de lettres originales, autographes ou signées, de 
rois, princes, cardinaux, grands personnages et savants divers, fran- 
çais et étrangers, classées par ordre alphabétique, du xr* au xix e s. 

On y remarque des lettres de J. de Balsac-Saint-Paul (fol. 6), — 
de Giacomo Botta, évêque de Tortona, au duc de Milan, 4491 (fol. 8) ; 

— Pietro Bembo, 4608 (fol. 9); — Daniel Bernoulli, 4773 (fol. 40); 

— Théodore de Bèze, s. d. (fol. 42) ; — Henri de La Tour, duc de 
Bouillon, 4646 (fol. 44); — Bourdelot, 4638 (fol. 46); — Remarques 
de Gasaubon au sujet de l’Histoire de J.-A. de Thou, 4605 (fol. 48); 

— maréchal de Gastries (fol. 49); — Henri de Bourbon, prince de 
Gondé, 4646 (fol. 23); — Ferdinand II de Gonzague et le cardinal 
de Gonzague , 4 583 (fol. 38) ; — H. Grégoire , an II (fol. 42) ; — 
maréchale d’Humières, 4693 (fol. 45); — Lavardin, 4692 (fol. 55); 

— Letronne, 4840, copie d’Emm. Miller (fol. 58); — Charles de 
Lorraine, duc de Mayenne, 4587 (fol. 66); — Louis XIV, 4650 
(fol. 70); — Ludovic II, marquis de Mantoue, 4454 (fol. 78); — 
Paul Manuce, 4544 (fol. 79) ; — G.-B. Mutinelli, 4798 (fol. 82) ; — 
Virginio Orsino, 4 597 (fol. 83) ; — Guido Panciroli, 4 597 (fol. 85) ; 

— note de Peiresc sur Verteuil, Brouage et l'ile d’Oléron, 4606 
(fol. 86); — Puyzieulx, 4746 (fol. 93); — Erycius Puteanus, 4628 
(fol. 95) ; — Vespasien, duc de Sabionetta, 4587 (fol. 48) ; — maré- 
chal Maurice de Saxe, 4747 (fol. 404) ; — Jean-Galéas-Marie Sforza, 
4494 (fol. 402); — Charles Spon, 4632-4638 (fol. 404); — J. Spon, 
4674 (fol. 445); — J.-G. Transzfeldt, 4684 (fol. 449); — Marco Vel- 
seri, 4604 et 4606 (fol. 422) ; — « Mémoire pour M. le mareschal de 
Villeroy, concernant l’arrest rendu au Conseil le 26 avril 4742 » 
(fol. 424) ; — Jacques de Vinti mille, 4573 (fol. 428). 

xv*-nx e s. Pap. 4 28 feuillets. 

9187 . « Lettres historiques sur la cour de Louis XIV, depuis le 
46 novembre 4709 jusqu’au 24 janvier 4724. — Copie annotée par 
Emm. Miller d’un ms. de Saint-Pétersbourg. 

xix* s. Pap. 344 feuillets. 

9188 . Recueil de chartes. (4222-4488.) 

On y remarque des pièces relatives à Troyes, Laon, Arques, Tour- 
4898 9 



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430 



NOUVELLES ACQUISITIONS 



nai, Amiens, Gorze, Toulouse, Blois, Coutances, Bay eux, Trousseau- 
ville, Avranches, Sainte-Menehould, Bordeaux, Aix-en-Provence, etc. 
— Plusieurs pièces en provençal. 

xin*-xv* s. Parch. et pap. 403 pièces. 

9180 . Recueils de chartes et pièces diverses. (4 328-4 576.) 

On y remarque des actes et pièces concernant la Bretagne (42), 
Mantes (44), les Frères Prêcheurs de Lausanne (45), Poitiers (20), — 
la succession de Jacques Cœur (24), — la garde-robe de Catherine 
de Médicis (25), la Bastille (26), l’Agenais (28), etc. 

xiv*-xvi* s. Parch. 29 pièces. 

9190. Recueil d’actes et pièces concernant la maison d’Orléans, 
sous les ducs Louis I er , Charles I er et Louis II. (4369-4384.) 

xiv* et xv« s. Parch. 84 pièces. 

9191. Recueil de chartes et pièces diverses. (4230-4499.) 

On y remarque des pièces concernant principalement la Normandie 
et l’Orléanais, un acte de l’offlcialité de Beauvais (4), des lettres de 
Philippe VI de Valois (44 et 42), Henri d’Apremont, évêque de Ver- 
dun (48), Louis, duc d’Anjou, lieutenant pour le roi en Languedoc 
(32), Duguesclin (35), Louis et Charles, duc d’Orléans (47 et 77), 
Louis XII (86), etc. 

xm'-xv* s. Parch. et pap. 87 pièces. 

9192-9220. Papiers de Ginguené. (4748-4846.) 

I-II (9492-9493). Mémoires et documents relatifs à l'instruction 
publique pendant la Révolution. — 202 et 240 feuillets. 

III (9494). Fables et poésies diverses de Ginguené. — 299 feuillets. 

IV (9495). Œuvres diverses de Ginguené : le Tasse, Malherbe; 
notice sur Ginguené, etc. — 264 feuillets. 

V- VII (9496-9498). Correspondance de Lebrun et Ginguené. — 233, 
4 80 et 375 feuillets. 

VHI-IX (9499-9200). Odes de Lebrun. — 282 et 298 feuillets. 

X (9204). Ëpitres et élégies de Lebrun. — 483 feuillets. 

XI (9202). Épigrammes de Lebrun. — 848 pages. 

XII-XIII (9203-9204). Œuvres et poésies diverses de Lebrun. — 
206 et 293 feuillets. 

XIV (9205). Œuvres diverses de Lebrun et Ginguené. — 
444 feuillets. 



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DD DEPARTEMENT DES MANUSCRITS. 434 

XV (9206). Poésies de divers auteurs. — 474 feuillets. 

XVI-XVII (9207-9208). Œuvres dramatiques d'Antoine Bret. — 
482 et 460 feuillets. 

XVIII (9209). Poésies diverses et fables d’Ant. Bret. — 329 feuillets. 

XIX (9240). Mémoires de Ninon de Lenclos. — 402 feuillets» 

XX (9244). Notes et dissertations sur différents sujets de l’anti- 
quité classique, par Ant. Bret (?). — 486 pages. 

XXI (9242). Œuvres dramatiques de Des Faucherets et Du Breuil. 

— 82 feuillets. 

XXII (9243). Recueil de pièces de théâtre. — 304 feuillets. 

XXIII (924 4) . Recueil de poésies, chansons, hymnes, avec musique. 

— 447 feuillets. 

XXIV (9245). Essai sur la politique et la législation des Romains. 

— 94 feuillets. 

XXV (9246). Mélanges littéraires et politiques; mémoire pour 
servir à l’histoire de la vie et des ouvrages de Diderot, etc. — 
469 feuillets. 

XXVI (9247). Recueil de pièces relatives à J. Parry et J.-P. Sto- 
card (4792-4834). — 447 feuillets. 

XXVII (9248). Mémoires du baron de Trenck. — 86 feuillets. 
XXVIII (9249). Compendio islorico délia rivoluzione e controrivo- 

luzione di Napoli (4799), et Poésies italiennes. — 485 feuillets. 
XXIX (9220). Recueil de poésies italiennes. — 439 feuillets. 
xviii* et xix* s. Pap. 29 volumes. 

9221 . Recueil de pièces diverses. (4529-4850.) 

On y remarque des pièces relatives à la correction du bréviaire de 
l’abbaye de Beaumont (4), — à Jean Grimaldi (3), — à Duplessis- 
Mornay (9), — au « reglement de la Chambre des comptes et des 
finances de l’année 4598 » (426is), — à Salins etàl’bôpital de Saint- 
Laurent de La Roche (24), — aux renies de l’hôtel de ville de Paris 
(44), — au cardinal Mazarin, 4653-4660 (54), — à l’histoire de l’im- 
primerie (76), — à Sébastien de Brassard, lettre de Cl. Chastelain 
(78), — à l’Ordre de Malte (444), — à la bibliographie (440), — au 
Dépôt de la guerre et aux subsistances militaires (465), — aux 
planches d’estampes du Cabinet du roi (475), — sur la Propagande 
de Rome, rapport au Ministre des cultes, 4844 (486), — etc. 

xvi“-iix* s. Parch. et pap. 496 feuillets. 



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432 



HOUVBLLBS ACQUISITIONS 



9222 . « Lettres et ordres du Roy, des officiers généraux et des 
ministres, qui ont été reçus par feu M. Le Camus des Touches pen- 
dant qu’il a esté au service. » (4695-4740.) 
xvii* et xviii* s. Pap. 838 pages. 

9223-9234. Papiers de Guignard de Saint-Priest, commissaire 
royal aux Indes et défenseur de Lally-Tollendal. 

I-II (9223-9224). Correspondance, classée par ordre alphabétique 
des correspondants. — 238 et 264 feuillets. 

III- VI (9225-9228). Affaires de ia Compagnie des Indes. — 353, 
46, 237 et 244 feuillets. 

VII (9229). Procès de Lally-Tollendal (4763-4766). — 493 feuillets. 
VIII-X (9230-9232). Correspondance de G. de Saint-Priest relative 
au procès de Lally, rangée par ordre alphabétique des correspondants. 

— 248, 246 et 246 feuillets. 

XI (9233). Cassation de l’arrêt de condamnation de Lally-Tollen- 
dal. — 258 feuillets. 

XII (9234). Contestation de la légitimité du fils de Lally-Tollendal. 

— 249 feuillets. 

xviii* s. Pap. 42 volumes. 

9236 . « Compte général de direction de louttes les fermes de 
S. A. R. Mgr le duc de Savoye, tant de Piémont-Savoye que compté 
de Nice,... pour la troisième année du bail... 4700. » 
xviii* s. Pap. 83 feuillets. 

9236 - 9241 . Comptes-originaux des trésoriers des guerres sous 
les règnes de Philippe VI de Valois et de Jean II. (4338-4355.) 

I-II (9236-9237). Compte de Barthélemy Du Dracb, trésorier des 
guerres, et de François de L’Ospilal, clerc des arbalétriers, pour la 
guerre de Gascogne (4338-4344). — xxx feuillets et 882 pages. 

III-IV (9238-9239). Compte de Barthélemy Du Drach pour l’ost de 
Buironfosse et de Bouvines (4339-4344). — xlviii et 346 feuillets. 

V (9240). Compte de Jean Du Cange pour l’ost de Bouvines, etc. 
(4340-4349). — xxii et 242 feuillets. 

VI (9244). Compte de feu François de L’Ospital pour la grande 
armée de mer et les autres armées de mer des années 4340-4342. 

— Fol. 42. Compte de Jean de L’Ospital pour l’armée de mer de 
l’amiral Floton de Revel (4346-4347). — Fol. 87. Compte de Barthé- 
lemy Du Drach pour la semonce de Compiègne et le voyage du duc 



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DU DfriRTBMBNT DES MANUSCRITS. 433 

de Normandie (4346). — Fol. 458. Comple de Barthélemy Du Drach 
pour Post d’Amiens et de Saint-Omer (4355). — 494 feuillets. 

xiv® s. Parch. 6 volumes. 

9242 . Recueil de pièces, mss. et impr., relatives aux droits du 
marquis d’Albon, prince d’Yvetot. (4765-4774.) 

xviii® s. Pap. 64 feuillets. 

9243 . Recueil de pièces relatives aux envois de vaisselle et bijoux 
d’or et d’argent faits aux Monnaies de Lyon et de Paris. (4789-4793.) 

Envois des municipalités de Charleville, Ghinon et Vesoul à la 
Monnaie de Paris (fol. 24); — États de l’argenterie du prince de 
Gonti envoyée à la Monnaie de Paris ou mise en dépôt dans les châ- 
teaux de Monceau, La-Lande-en-Brie, etc. (fol. 36). 

xviii® s. Pap. 50 feuillets. 

9244 . Recueil de pièces relatives aux privilèges de la Sainte-Cha- 
pelle du château de Vincennes contestés par le curé de La Pissotte. 
(4730-4782.) 

xviii® s. Pap. 50 feuillets. 

9245 . Recueil de pièces diverses. (4334-4795.) 

On y remarque un fragment de sermon attribué à Fléchier (9); — 
compte de dépenses d’un voyage de Monaco à Paris en 4734 (20) ; — 
pièces relatives à Marie Des Vallées, visionnaire du diocèse de Cou- 
tances (39); — affaire du P. François Jacob, augustin, prieur du 
couvent de Champlitte en Franche-Comté, 4 784-4787 (46) ; — pièces 
diverses concernant l’armée et la marine, 4626-4795 (72); etc. 

xiv®-xviii® s. Pap. et parch. 80 feuillets. 

9246 . Recueil de pièces diverses. (454 9-4787.) 

On y remarque des pièces concernant Louis d’Aquin, évêque 
nommé de Fréjus (4), — renonciation à la communauté de biens 
entre Fortunée-Marie d’Este et Joseph de Bourbon-Gonti, 4777 (7), 
— constitution de rentes en faveur de deux fils naturels de ce der- 
nier prince, 4787 (25), — contrat de mariage de Denys Bouthillier 
de Rancé et de Charlotte Joly, 4649 (32), — recherches sur l’ancien- 
neté de la famille de Guyon (53), — compte des frais des funérailles 
du prince de Marsan, 4 782 (84), — testaments et contrats de mariage 
divers des xvi e -xvm e s. (98), — pièces relatives à la Sainte-Chapelle 
royale de N.-D. du Vivier-en-Brie, 4687-4688 (449), — etc. 

xvi e -xvm e s. Pap. et parch. 422 feuillets. 



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434 NOUTBLLBS ACQUISITIONS 

0247. Recueil de pièces relatives à différentes localités de l’Ile-de- 
France : Chàtillon-lez-Gonesse, l’Ile-Adam, Saint-Leu-Tavemy et 
Stains. (4549-4847.) 

xvi*-xix* s. Pap. et parcb. 4 55 feuillets. 

9248-9249. Recueil de pièces relatives à différentes localités de 
l’Ile-de-France : Villeneuve -Saint-Georges, Montgeron, Crosnes, 
Yerres, Brunoy, etc. (4343-4783.) 

xiV-xviii' s. Parch. et pap. 444 et 470 feuillets. 

9250. Recueil de pièces relatives à l’histoire de Paris et de l’Ile- 
de-France. (4349-4824.) 

Pièces relatives à Montrouge, Sceaux, Gisors, Poissy, Villaines, 
Noisy-sur-Seine, Bourg-la-Reine, etc. 

xiv*-xix* s. Parch. et pap. 4 00 feuillets. 

9251. Recueil de pièces historiques diverses. (xvi*-xii* s.) 

On y remarque des pièces relatives aux religieuses de la Visitation 
d’Avallon (4), — à l’abbaye de Saint-Cyprien-lez-Poitiers (25), — à 
l’abbaye de Saint-Père de Chartres (26), — au chapitre de Saint-Pierre 
de Vannes (46), — à la rivière de Marne (85), — à la collégiale de 
Saint-Just de Lyon (90), — aux travaux du Rhin, à Strasbourg, 
4832 (95), — etc. 

xvi e -xix* s. Pap. et parch. 404 feuillets. 

9252. Roman de la Rose, par Guillaume de Lorris et Jean de 
Meung; fragment comprenant les vers 4846-42889 de l’édit. F. Mi- 
chel ; miniatures effacées. 

xiv* s. Parch. 40 feuillets à 3 col. 



ŒUVRES DE LAMARTINE. 

I- 3. Méditations. — La majeure partie du 3* volume contient une 
copie de la tragédie de SaiU. — 37, 45 et 439 feuillets. 

4-6. Harmonies et fragments divers. — 40, 30 et 37 feuillets. 

7-10. Poésies diverses; fragments. — 39, 40, 75 et 34 feuillets. 

II- 20. Jocelyn. — 22, 72, 35, 77, 44, 42, 70, 78, 56 et 50 feuillets. 
21. « Variante de Jocelyn » et fragments divers. — 64 feuillets. 



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DU DtfPAHTEMENT DES MANUSCRITS. 435 

22-30. La Chute d!un ange. — 78, 74, 77, 98, 78, 78, 70, 76 et 
82 feuillets. 

31. Chant du sacre. — 48 feuillets. 

32. Child Harold. — 59 feuillets. 

33. Le Chant du cygne et fragments divers. — 56 feuillets. 

34. « Le Chevalier; chant xix. » — 44 feuillets. 

36-39. Toussaint-Louverture. — 78, 48, 74, 25 et 49 feuillets. 

40-42. Saül, tragédie; original et copie. — 442 pages, 23 feuil- 
lets et 458 pages. 

43-48. Voyage en Orient. — 70, 23, 78, 73, 74 et 63 feuillets. 

49. Histoire des Girondins , fragment. — 64 feuillets. 

50. Fragments des Harmonies , le Chevalier, Jocelyn (Épilogue) 
et la Chute d’un ange. — 430 feuillets. 

61. Raphaël. — 445 feuillets. 

52 et 62 bis. Les Confidences; lettre à M. de Bienassis et fragments. 
— 42 et 447 feuillets. 

63. Athènes, le Parthénon (4834). — Voyage en Orient; visite au 
Sultan (4 850). — Geneviève , fragment. — Considérations politiques 
sur le rôle des puissances. — Discours sur la création d’une 
presse constitutionnelle. — Le Suffrage universel (4848-4850). — 
244 feuillets. 

54- 61. Histoire des Girondins. 

54. Volumes I et IV, fragments. — 489 feuillets. 

55- 56. Volume V. — 434 et 440 feuillets. 

57. Volume VI. — 459 feuillets. 

58-59. Volume VII. — 530 et 393 feuillets. 

60-64 . Volume VIII. — 366 et 338 feuillets. 

62. Critique de l'Histoire des Girondins; ms. et impr. — 
344 feuillets. 



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NOTE 



SUR UN 

MANUSCRIT DE SAINT JÉROME 

ACQUIS A LYON 

PAR LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE. 



Le manuscrit dont il s’agit vient d’être adjugé à la Bibliothèque 
nationale dans la vente aux enchères qu’un libraire de Lyon a 
faite de livres ayant appartenu à M. Melville Glover, ancien pro- 
fesseur d’anglais; il portait le n° 518 sur le catalogue de vente 1 . 
Il n’y aurait pas eu lieu d’en entretenir les lecteurs de la Biblio- 
thèque de l'Ecole des chartes si le Nouvelliste de Lyon , dans 
son numéro du 5 mars, n’avait pas donné à ce sujet des rensei- 
gnements inexacts. 

L’auteur de l’article que j’ai tenu à rectifier s’exprime en ces 
termes : 

Le manuscrit, en écriture lombarde du xiv e au xv e siècle, mais que 
son propriétaire faisait remonter jusqu'au xr% provenait vraisembla- 
blement de la bibliothèque des chanoines-comtes de Lyon et devait 
présenter un grand intérêt au point de vue littéraire, exégétique et 
paléographique. Il importait extrêmement, on le comprend, de le 
faire rentrer à la bibliothèque de la ville. 

J’ignore ce que le journaliste lyonnais entend par écriture 
lombarde du xrv e au xv° siècle. Ce qui est certain, c’est que les 
caractères employés pour la copie du manuscrit n’ont rien de lom- 

1. Dans cette vente ont figuré des articles qui viennent incontestablement 
de la bibliothèque de M. Aimé Champollion-Figeac. 



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137 



DOTE SÜR OS MANUSCRIT DE SAINT JÉROME. 

bard et qu’ils sont antérieurs d’au moins quatre siècles à la date 
ci-dessus énoncée. 

Quant à la provenance du manuscrit, rien, absolument rien, 
n’autorise à supposer qu’il ait jamais fait partie de la bibliothèque 
des chanoines-comtes de Lyon. La reliure que le volume a reçue 
au xvni 6 siècle est parfaitement intacte et l’on peut affirmer que 
l’ex-libris, bien connu, des chanoines-comtes de Lyon n’y a 
jamais été collé. 

Cela dit, je donnerai sans phrases la description du manuscrit, 
ou plutôt du débris de manuscrit que la Bibliothèque nationale 
s’est fait adjuger, sans avoir eu à recourir, comme on l’a dit, à 
des « habiletés secrètes. » 

Notre manuscrit, qui porte le n° 654 dans le fonds latin des 
Nouvelles acquisitions, consiste en onze feuillets de parchemin, 
hauts de 250 millimètres et larges de 208. Les marges en ont été 
outrageusement rognées, puisque le cadre de la justification 
mesure 227 millimètres sur 194. L’écriture est à longues lignes; 
la date ne peut en être postérieure au X e siècle. 

Voici l’indication des morceaux qu’il contient : 

I. Fol. 1. « Explicit Domino juvante in Ezram et Nee- 

MIAM ALLEGORICÆ EXPOSITJONIS LIBER TERTIUS FELICITER. 
RELEGI POST TEMPUS ET DOMINO JUVANTE DILIGENTIUS EMEN- 

DAVI. In nomine Sancte Trinitatis et individue unitatis. 
Amen. » 

Souscription finale d’une copie de l’Exposition du Vénérable 
Bède sur les livres d’Esdras et de Néhémias. Les feuillets qui con- 
tenaient le texte de cet ouvrage ont disparu. 

II. Fol. 1. « In nomine trino divino. Incipit epistola 
PAPAE Damasi ad Hieronimum presbiterum. Dormientem te 
et longo jam tempore legentem potius quam scribentem... — ... 
de metris et regionum situ et philosophis disputandis. » 

Migne, t. XIII, col. 451. 

III. Fol. 1. « Incipit epistola Sancti Hieronimi presbi- 

TERI AD PAPAM DAMASUM DE VII VINDICTIS CAIN, BEATISSIMO 
PAPAE DAMASO HierONIMUS. II. Postquam epistolam tuæ sanc- 
titatis accepi, confestim ac cito notario. .. » — Fol. 2. « ... Sciens 
Origenem xu et tercium x in Genesim librum de bac tantum ques- 
tions dictasse. » 



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438 



hotb sur on mnoscRiT de sim j£rômb. 



IV. Fol. 2. « De egressione filiorum Israël ex Aegypto. 
HieronimüS. Cur Deus loquitur ad Abraham quod quarta proge- 
Die filii Israël essent de Egypto reversuri... Hoc vero problema 
cum legissem, coepi mecum tacitus estuare et e vestigio Genesim 
Exodumque percurrens... * — Fol. 2 y 0 . «... et ut de scriptu- 
ris disputans scripturarum imiter simplicitatem. Explicit. » 

y. Fol. 2 v°. « DamâSUS DE Isaac. Cur Isaac, vir justus et 
Deo carus, non illi cui voluit sed cui noluit, deceptus errore, bene- 
dixit. Hœronimvs. Differo paulisper typos et ea que a majoribus 
nostris super hoc loco sunt interpretata pretereo... » — Fol. 3. 
« ...quia, cumsubintraveritplenitudogentium, tune omnis Israël 
salvus erit. » 

Ces trois morceaux (III- V) forment la lettre qui porte, dans 
l’édition deVillarsi, le n° XXXVI. Migne, vol. XXII, col. 452-461 . 

VI. Fol. 3. « Item ad Damasum Sanctus IIieronimus de 
Séraphin et Calcülo. Septuaginta : Et missum est ad me 
unum de Séraphin ; Aquila et Theudotion : Et volavit ad me 
unus de Séraphin... » — Fol. 3 y 0 . « ... cum Silvanum in Apos- 
tolorum Actibus non legimus. Explicit. » 

C’est la fin de la lettre XVIII. Migne, vol. XXII, col. 372-376. 

VII. Fol. 4. « Sermo Sangti Hieronimi de morte Oziæ 
regis et Séraphin et Calcülo in Esaia propheta. Et fac- 
tum est in anno quo mortuus est rex (fzias, vidi Dominum 
sedentem super thronum excelsum et elevatum et cet. Ante- 
quam de visione dicamus, pertractandum videtur quid sit Ozias. . . » 
— Fol. 6. « ... Totus hic locus, sicut Salvator in evangelio dicit, 
ad id pertinet tempus quo ipse, dignatus descendere ad terras, 
signa Judeis non intellegentibus perpetravit. Et quoniam usque 
ad ânem capituli explanatio multiplex sequitur, et excipientis 
jam explicuimus ceras, hue usque dictasse sufficiat, quia et oratio 
quæ non proprie manus stilo expolitur, cum per se inculta est, 
tum multo molestior sit, si tedium sui prolixitate congeminet, et 
oculorum dolore cruciati auribus tantum studeamus et lingua. 
Explicit. * 

Sermon sur les dix premiers versets du chapitre vi d’Isaïe. Je 
n’en vois pas le texte dans l’édition de Villarsi. Cf. le Commen- 
taire de saint Jérôme sur Isaïe, liv. III, dans Migne, vol. XXIV, 
col. 91-98. 



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NOTE 80 H ON MANÜSCMT DE SAINT jfaÔlfl. 439 

VIII. Fol. 6. « Hieronimus ad Damasuh DE FILIO PR0DI60. 
Beatitudinis tuas interrogatio disputatio fuit, et sic quæsisse que- 
rendo via est dedisse quæsitis... » — Fol. 8 v°. «... et nunquam 
mandatum preterivi quasi hoc ipsum non sit. » 

Cette lettre est celle à laquelle Villarsi a donné le n® XXI. 
Migne, vol. XXII, col. 379-394. — Le texte de notre manuscrit 
est incomplet par suite de l’enlèvement d’un ou de plusieurs feuil- 
lets. Les mots auxquels il s’arrête se trouvent dans l’édition de 
Migne, à la col. 390, ligne 10. 

IX. Fol. 9. Dernière partie d’une lettre de saint Augustin à 
saint Jérôme ; le commencement était sur un feuillet qui a disparu. 
Voici les premiers et les derniers mots de ce qui subsiste : « [Se]cura 
dilectio.' Quis denique amicus non formidetur quasi futurus ini— 
micus si potuit inter Hieroninum et Rufinum hoc quod plangimus 
exoriri? » — Fol. 9 v®. « ... hoc magnum et triste miraculum 
est ex amicitiis talibus ad has inimicitias pervenisse. Lætum erit 
et multo majus ex inimicitiis talibus ad pristinam concordiam 
revertisse. Explicit. » 

Migne, vol. XXIII, col. 248, ligne 18, col. 250. 

X. Fol. 9 v®. « Item Agustinus ad Hieronimum. Domino 
dilectissimo et cultu sincerissimo caritatis obsequendo atque 
amplectendo fratri ac conpresbitero Hieronimo Agustinus. Nun- 
quam me*quisquam facile cuilibet innotuit quam mibi tuorum in 
Domino studiorum quieta, læta et vere exercitatio in Domino libe- 
ralis... » — Fol. 10 v®. «... et meticulosam mihi videar in me 
potius quam justam tulisse sententiam. » 

Migne, vol. XXXIII, col. 111-114. 

XI. Fol. 10 v®. « Hieronimus ad Acustinum (sic). Domino 
vere sancto et beatissimo papæ Agustino, Hieronimus. Crebras 
ad me epistolas dirigis... » — Fol. 11. « ... ut quicquid mihi 
scripseris ad me primum facias pervenire. » 

Lettre CV de l’édition de Villarsi. Migne, vol. XXII, col. 834- 
837. 

XH. Fol. 11. « Epistola Sancti Acustini ad beatum Hie- 
ronimum. Domino dilectissimo et cultu sincerissimo caritatis 
observando atque amplectendo fratri et conpresbitero Hiero- 

1. En marge, une main contemporaine a tracé le mot te. 



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440 NOTE SUR UR MANUSCRIT DE SAINT JÉRÔME. 

nimo Agustinus. Habeo gratiam quod pro suscripta salutatione 
mihi plenam. » — Le scribe n’a copié que la suscription et les 
huit premiers mots de cette lettre, au bas du recto du feuillet 11 ; 
le verso est resté blanc. 

Migne, vol. XXIII, col. 154. 



Je voudrais avoir, par cette minutieuse et aride description, 
rassuré les lecteurs du Nouvelliste sur les dangers dont ils ont 
pu se croire menacés quand ils ont lu dans leur journal, à propos 
de l’acquisition du manuscrit de saint Jérôme : « Cela présage 
d’heureux jours pour le temps prochain où les normaliens et les 
chartistes auront achevé d’organiser l’exploitation de ces bons 
Lyonnais. » 

De pareilles insinuations ne sauraient troubler les sentiments 
d’harmonie qui ont toujours existé entre les chartistes, comme on 
dit, et les Lyonnais soucieux des intérêts littéraires de leur cité. 
Nous en avons, en ce moment même, un éclatant témoignage 
dans les mesures libérales que l’Académie de Lyon, sur le rapport 
de M. Caillemer, vient de prendre pour assurer à notre confrère 
M. Ulysse Robert le moyen de publier les fragments de l’ancienne 
version latine de la Bible si heureusement acquis en 1895 par les 
soins de M. Desverney pour la bibliothèque de Lyon. 

L. Delisle. 






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BIBLIOGRAPHIE 



Œuvres complètes de Bartolomeo Borghesi. T. X. Impr. nationale; 

libr. Klincksieck, 4897. 2 vol. in-4°. 

Les deux volumes dont je viens de transcrire le titre forment le 
complément d’un ouvrage dont la publication a commencé il y a un 
tiers de siècle. Le comte Borghesi mourait à San-Marino le 16 avril 
1860, âgé de quatre-vingts ans ; Adr. de Longpérier lui a consacré alors 
quelques lignes qui résument la carrière scientifique de ce modeste et 
infatigable érudit qui ne cessa, pendant sa longue existence, de porter 
la lumière sur les points les plus obscurs de l’archéologie romaine; 
« peu soucieux de la gloire contemporaine, Borghesi employait tout 
son temps, toutes ses heures à résoudre les questions difficiles, lais- 
sant aux autres à faire des livres pour la foule en utilisant les 
découvertes. » 

Un mois après la mort de Borghesi, l’empereur Napoléon JH, qui 
aimait les savants, envoyait à Rome Ernest Desjardins pour s’entendre 
avec Léon Renier et prendre les mesures utiles à l’effet de publier les 
manuscrits et les nombreuses notes laissées par l’illustre octogénaire. 
Les deux savants français, aidés de J. -B. de Rossi et d’Henzen, 
obtinrent des héritiers toutes les facilités indispensables en ce qui 
concernait les manuscrits; ils réunirent toutes les œuvres publiées 
dans de nombreuses revues, dans des journaux ; enfin ils purent, en 
se mettant en rapport avec les correspondants de Borghesi, obtenir 
communication de ses lettres. 

Un arrêté ministériel du 8 août 1860 constitua, pour s’occuper de 
cette publication, une commission composée de L. Renier, J.-B. de 
Rossi, Noël des Vergers et Desjardins, secrétaire. Cette commission, 
qui avait toute latitude pour s’adjoindre, à titre de correspondants, des 
savants étrangers, arrêta le plan suivant 1 : 

Tomes I et II. Œuvres numismatiques, publiées en 1862-1864; 

t. C’est ainsi que Cavedoni, flenzen, Minervini, Th. Mommsen, Fr. Ritsehl 
concoururent à l’œuvre. — Nous devons noter qu’après les événements de 1870, 
la commission impériale cessa d’exister, que l’Académie des inscriptions et 
belles-lettres fut chargée de continuer la publication et que M. Waddington en 
eut la direction. La nouvelle commission réimprima le tome VII (le 2* des 



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442 



BIBLIOGRAPHIE. 



Tomes III à V. Œuvres épigraphiques, 1864-1869; 

Tomes VI à VIII. Correspondance, 1868-1872; 

Tome IX. Réimpression d’un mémoire sur de nouveaux fragments 
des fastes consulaires, 1879 4 , et mémoire inédit sur les préfets de 
Rome, 1885. Ce dernier travail a été établi sur les notes de Borghesi, 
par MM. Héron de Villefosse et l’abbé Tbédenat, sous la direction de 
M. Waddington; 

Tome X. Les préfets du prétoire, publiés par MM. Héron de Ville- 
fosse et Cucq. 

Il n’était peut-être pas inutile, au point de vue bibliographique, de 
rappeler l’histoire de cette précieuse publication. — J’aborde mainte- 
nant l’examen du tome X, qui fait l’objet de cet article. 

Pour établir la suite des préfets du prétoire, il fallait avoir recours 
aux documents épigraphiques, aux textes classiques et juridiques ; en 
effet, pendant une longue période, c’était dans les codes Justinien et 
Théodosien que l’on pouvait recueillir leurs noms et des dates aux- 
quelles ils avaient exercé leur fonction. Dans cette partie de l’ouvrage, 
l’érudition bien connue de M. de Villefosse devait être complétée par 
l’expérience d’un juriste, et personne mieux que M. Cucq ne pouvait 
être adjoint à notre éminent confrère pour reviser et compléter les 
notes de Horghesi. 

La préfecture du prétoire subit des modifications radicales; après 
avoir été purement militaire, elle devient une institution exclusive- 
ment civile. 

Auguste, en prenant l 'imperium, suivit l’exemple des anciens dicta- 
teurs, des anciens commandants en chef des forces militaires : ceux-ci 
avaient des magistri equitum à la tète de leur garde spéciale ; l’empereur 
eut sa garde prétorienne sans les ordres des deux préfets du prétoire ; 
ceux-ci, choisis dans l’ordre équestre, avaient des pouvoirs limités. Peu 
à peu, leurs rapports personnels avec l’empereur rendirent leur position 
plus importante, leur juridiction fut étendue sur toutes les troupes 
résidant à Rome et en Italie; ils obtiennent les ornamenta, d’abord 
assez rarement et par exception, puis à titre définitif à dater de Sévère 
Alexandre. Plus tard, ils acquièrent des attributions judiciaires qui leur 
permettent de connaître des délits en dehors du ressort du praefectus 
Urbù, même de certains crimes commis hors de l’Italie; leurs sen- 
tences sont sans appel; en l’absence de l’empereur, ils président le 

lettres), brûlé dans l’incendie de la bibliothèque du Louvre, et publia le 
tome VIII (3* des lettres); M. Cagnat rédigea la table alphabétique des trois 
volumes de lettres. 

1. Les Fastes consulaires, complètement imprimés, furent brûlés dans l'in- 
cendie de la Bibliothèque du Louvre, où l’édition était déposée. Il est à regret- 
ter qu’on n’ait pas réimprimé ce volume. 



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BIBLIOGRAPHIE. 



443 



Conciliant principis. — C’est ainsi que, la préfecture du prétoire deve- 
nant fonction civile, on la vit exercée par des jurisconsultes tels 
qu’Ulpien, Paul, Papinien, etc. Dioclétien, probablement lorsqu’il fît 
un partage de l’empire, créa des vicarii, qui remplaçaient les préfets 
absents ou trop éloignés des provinces. Constantin créa quatre préfec- 
tures : Orient, Illyrie, Italie et Gaules ; Justinien créa la préfecture 
d’Afrique. Constantin, en outre, sépara l’élément civil de l’élément 
militaire ; le corps des prétoriens fut supprimé et les préfets du prétoire 
ne furent plus que des magistrats civils. Constantin avait constaté les 
abus qui résultaient de la prédominance militaire, mais sa réforme 
dépassa le but en désorganisant peu à peu l’armée, que l’on ne 
trouva plus lorsqu’il s’agit de défendre l’empire contre les invasions. 
Depuis Constantin, les préfets du prétoire furent dès lors de véritables 
vice-empereurs. Ils recevaient directement les instructions de l’empe- 
reur, proposaient la nomination des magistrats qu’ils pouvaient dépo- 
ser, faisaient des édits qui n’étaient révocables que par le souverain, 
répartissaient les impôts entre les provinces, en établissaient au 
besoin d’extraordinaires, recueillaient les contributions en nature qui, 
par leurs soins, étaient partagées entre la cour, la capitale et l’ar- 
mée, administraient leurs postes et jugeaient en dernier ressort les 
causes dont on appelait devant leur juridiction. — Les préfets du pré- 
toire étaient arrivés à jouer sous les derniers empereurs le rôle des 
maires du palais sous les rois francs. 

Les deux volumes qui forment le tome X des Œuvres de Borghesi 
sont divisés en plusieurs séries soigneusement annotées. D’abord, l’énu- 
mération des préfets du prétoire depuis Auguste jusqu’à Constantin; 
depuis Mécène jusqu’à Theotecnus sous Maximin Daza; une suite de 
soixante-seize inscriptions dont l’existence ou l’authenticité ne sont 
pas encore certaines. Les préfets du prétoire depuis Constantin jus- 
qu’aux vi® et vu® siècles, savoir : 144 pour l’Orient, 57 pour ITilyrie, 
120 pour l’Italie, 20 pour l’Afrique, 63 pour les Gaules et 7 dont l’an- 
née ne peut être fixée. Viennent ensuite 18 préfets dont la résidence 
n’est pas déterminée ; les préfets honoraires : c’était un titre honori- 
fique concédé pendant le Bas-Empire. — Des additions et corrections , 
ainsi que des tables chronologiques et onomastiques complètent les 
60 dernières pages du recueil. Nous signalerons tout particulière- 
ment les additions et corrections dans lesquelles les derniers éditeurs, 
et M. de Villefosse en tète, ont consigné des observations précieuses 
empruntées soit à des travaux et des découvertes faites depuis le com- 
mencement de la publication, soit à des recherches personnelles. 

A. de Barthélemy. 



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444 



BIBLIOGRAPHIE* 



M. Dbloche. Des Indices de l’occupation par les Ligures de la région 
qui fut plus tard appelée la Gaule . Paris, Klincksieck, 4897. 
In-4°, 48 pages. (Extrait des Mémoires de l'Académie des inscrip- 
tions et belles-lettres, t. XXXVI, 4 re partie.) 

L'auteur adopte pleinement la théorie bien connue de M. d’Arbois 
de Jubainville et cherche même à l’étendre. Partout où dans les noms 
de lieux il trouve une forme pouvant provenir de Ligura , Liguria, Ligu - 
rium, il en conclut que les Ligures ont séjourné en ce pays. Sept 
exemples de ce mot se retrouveraient dans les bassins de la Garonne, 
de la Charente, de la Dordogne, de la Vienne, de la Loire, de la Seine, 
de la Meuse. Toute la contrée qui prit plus tard le nom des envahis- 
seurs gaulois aurait donc été occupée avant ceux-ci par les Ligures. 
Cette théorie est séduisante, mais combien hypothétique ! La note 2 de 
la p. 11 fait voir jusqu’où ces recherches peuvent entraîner. 

Ferdinand Lot. 

Maurice Prou. La Gaule mérovingienne . Paris, L. -Henry May. In-8°, 
292 pages, nombreuses gravures intercalées. 

Ce volume est un ouvrage de vulgarisation, mais composé de telle 
manière que, par le fait, c'est un livre qui peut être considéré comme 
une œuvre originale destinée à être utilement consultée par les érudits 
aussi bien que par les lecteurs curieux d’apprendre. Il me semble que 
la rédaction des ouvrages de ce genre ne devrait jamais être confiée 
au premier venu, désireux de réaliser quelque bénéfice en compilant 
ce qu’il peut recueillir dans des travaux de diverse valeur. Le rédac- 
teur de cette catégorie de livres doit être un savant, connaissant par- 
faitement son sujet, en mesure de choisir ses matériaux avec critique 
et pouvant au besoin y mettre du sien. C’est le cas pour M. Prou; 
chacun de ses neuf chapitres peut être considéré comme une confé- 
rence présentée avec autant de clarté que d’érudition et mettant ses 
lecteurs au courant de la science moderne. 

On dit et on répète que la période de notre histoire nationale cor- 
respondante à l’époque mérovingienne fut une période barbare ; on ne 
pense pas que chez les Romains cette épithète était synonyme d'étran- 
gère, sans indication de recul ou d’absence de civilisation. M. Prou 
l’a très bien compris et en fermant son livre on reconnaît clairement 
que la période mérovingienne a été une transition entre l’ancien monde 
romain et la nouvelle société; en faisant des emprunts aux institutions 
romaines et aux institutions des peuples venus d’outre-Rhin, la période 
mérovingienne a été une première étape qui a préparé la période caro- 
lingienne; celle-ci, seconde étape, a permis de se constituer à la 
période capétienne qui peu à peu a créé la France actuelle. 



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BIBLIOGRAPHIE. 



445 



Après avoir résumé l'établissement en Gaule des Germains, des 
Wisigoths, des Burgundes et des Francs, M. Prou arrive au règne 
de Clovis, le véritable fondateur de l'État franc. Il étudie le gouver- 
nement central fondé sur l'hérédité et non sur l’élection; il passe 
successivement en revue tout ce qui constituait la Cour et le per- 
sonnel dépendant du roi; on voit paraître et grandir l’aristocratie 
qui, plus tard, deviendra la féodalité, après que les grands de la Gaule 
mérovingienne auront écarté la race de Clovis. Ensuite l’administration 
provinciale, la justice, l'Église, dont le rôle fut alors si prépondérant : le 
clergé catholique fut le collaborateur le plus puissant pour aider Clo- 
vis à réaliser son œuvre de fondateur du royaume; ensuite la condi- 
tion des personnes, l’industrie, le commerce, les mœurs ; ici, M. Prou 
donne des conclusions impartiales en admettant que les Francs des 
vi* et vii* siècles, tout en ayant conservé beaucoup de la brutalité et 
de la sauvagerie de leur pays d'origine, auraient cependant subi l’in- 
fluence de la foi religieuse prèchée par les évêques. Il estime qu’il ne 
faut pas seulement envisager les actes violents relatés dans l’histoire, 
qu’il y a lieu aussi de faire la part du bien. Vraiment, si à l’heure où 
j’écris on jugeait la nation française d’après les récits de la presse quo- 
tidienne, je ne sais pas si le parallèle des Français de la En du xix e siècle 
ne les ferait pas juger aussi sévèrement que leurs aïeux du vi e . 

On lira avec autant de profit que de curiosité les chapitres relatifs 
aux lettres et aux arts; dans le premier, l’auteur donne des apprécia- 
tions aussi sobres que justes sur la littérature et sur les lettrés dont 
les œuvres ont survécu. Dans le second, il insiste sur l’orfèvrerie cloi- 
sonnée que les invasions germaniques importèrent dans toute l’Europe. 

Le texte est accompagné de 139 gravures donnant des spécimens 
bien choisis de monuments, d’objets divers, de monnaies, de bijoux, 
de sculptures; elles laissent dans la mémoire du lecteur des éclair- 
cissements précieux à l’appui de l’exposé contenu dans les pages du 
livre. Espérons que M. Prou nous présentera un jour la Gaule carolin- 
gienne et qu’il s’acquerra ainsi de nouveaux titres à la reconnaissance 
de ceux qui aiment les livres bons, précis et utiles. 

A. DE B. 

Giorgio Battaglia. Studi sulle origini délia feudalità . Palermo, 
Vena, 4897. In-8°, 48 pages. 

Cet opuscule témoigne de lectures étendues et consciencieuses. 
L’auteur se base surtout sur les travaux de Roth, Waitz et Brunner, 
dont il donne un aperçu qui nous a paru exact. Les citations et la 
bibliographie qui termine ce mémoire sont malheureusement criblées 
de fautes d’impression. Cette dernière comprend du reste tous les 
ouvrages vraiment intéressants sur le sujet. Nous n’avons remarqué 
4898 40 



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446 



BIBLIOGRAPHE. 



d’omission notable que celle d’un certain nombre de livres de Fustel 
de Coulanges. Et cela est fâcheux pour Fauteur. Leur lecture lui aurait 
peut-être appris à composer un plan, chose dont il ne paraît pas 
avoir idée. 

Ferdinand Lot. 

Adémar de Chabannes. Chronique publiée d’après les manuscrits, 
par Jules Chavanon. Paris, A. Picard, 4 897. In-8°, li- 235 pages. 
(Fascicule 20 de la Collection de textes pour servir à l'étude et à 
renseignement de Thistoire.) 

La Chronique d’ Adémar de Chabannes, l’une des sources les plus 
importantes de l’histoire de plusieurs des provinces du Centre et de 
l’Ouest de la France au x« et au xi* siècle, n'avait jamais été publiée 
en entier. Il y avait là une lacune qu’il faut savoir gré à M. Chavanon 
d’avoir comblée. L’édition qu’il a donnée de la Chronique d’Adémar 
dans la Collection de textes pour servir à l’étude et à l’enseignement 
de l’histoire s’ouvre par une préface, dans laquelle nous avons un 
résumé exact de ce qu’on sait sur la vie d’Adémar et un examen cri- 
tique des manuscrits et des éditions de la Chronique. 

Pour établir le texte de cet ouvrage, M. Chavanon a suivi presque 
toujours le ms. latin 5927 de la Bibliothèque nationale ; il a encore mis 
à contribution les mss. 94, 377 et 27 de Montpellier et le ms. 208 de 
Berne. Il a négligé le ms. 9767 de la Bibliothèque nationale, qui parait 
avoir été copié d’après le ms. 5927. Il a tiré du ms. 5926 une série con- 
sidérable d’interpolations qu’il a judicieusement reléguées au bas des 
pages. Deux manuscrits du Vatican qu’il n’a pu consulter ne lui 
auraient, selon toute apparence, été d’aucun secours. 

L’usage du texte est facilité par un sommaire et par des notes. 

Un appendice (p. 197-211) est consacré à la reproduction des frag- 
ments d’une première rédaction de la Chronique d’Adémar, qui sont 
reliés dans le ms. latin 6190 de la Bibliothèque nationale. Ce morceau 
pourrait encore être l’objet d'une révision attentive. La collation que 
j’ai faite de plusieurs passages montre que la reproduction n’est pas 
d’une rigoureuse exactitude. 

Ainsi, nous lisons dans l’édition (p. 200) : Guillelmus quoque dux 
Arvernis mortuus est , et filius Ranulfi Eblus Arvemis et Pictavis simul 
cornes promotus est... de filia Quini. Le manuscrit porte : Guillelmus 
quoque dus Arvernis mortuus est, et filius Rannulfi Eblus Arvernis simul 
cornes promotus est. Au-dessus de ce dernier mot, Adémar a mis en 
interligne la note : De filia Ruini (et non pas Quini). Cette note avait 
pour but de rappeler que l’auteur devait intercaler ici une phrase rela- 
tive à la fille de Ruinus, c’est-à-dire de Rollon, et au mariage de cette 
princesse avec le comte Èble. En eliet, Adémar, dans la rédaction 



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BIBLIOGRAPHIE. 



447 



définitive de sa chronique, a inséré ici la phrase suivante : Acceptant - 
que in conjugium Adelam , flliam Rosi Rotomagensis, genuit ex ea Willel - 
mum Caputjtupe. 

Plusieurs passages de la p. 201 sont incorrects. A la ligne 2, au 
lieu de : Sicut pater ejus Ranulfi fuerat vicecomes Vulgrinno , il faut 
lire : Sicut pater ejus Rannulfus fuerat vicecomes Vulgrimno. 

A la 1. 17 : ecclesiam Eugeniæ, lisez : ecclesiam Sanctæ Eugeniæ . 

A la 1. 19 : villam Mainiaco , lisez : Alviniaco. 

A la l. 25 : Matiauco ecclesiam , lisez : Manauco. 

Aux 1. 30 et 31 : Sancti Martini , lisez : Sancti Maxentii. 

A la p. 202, le paragraphe relatif à la succession de Rollon nous est 
présenté sous cette forme : Tune Ruino defuncto , filius ejus , Willelmus 
Ricardus (filius ejus) in principatu Rotomagi succedens... Ce texte est 
inintelligible parce qu'on n’a point tenu compte d’une addition inter- 
linéaire. Il faut le rétablir comme il suit : Tune, Ruino defuncto , filius 
ejus Vuilielmus pro eo principatum habuit, et christianus cum gente sua 
fuit . De ejus morte. De lingua mutata. Quo defuncto , Ricardus, filius 
ejus, in principatu Rotomagi succedens... 

Ces défaillances, que l’état du manuscrit rend excusables, ne nui- 
ront pas au succès d’une édition qui était attendue depuis longtemps 
et qui rendra de grands services. 

L. Delisle. 



Ordinaires de l'église cathédrale de Laon (XII e et XIII e siècles) sui- 
vis de deux mystères liturgiques , publiés d'après les manuscrits 
originaux, par le chanoine Ulysse Chevalier, correspondant de 
rinstitut. Paris, Alphonse Picard, libraire, 1897. In-8°, xliii- 
409 pages. ( Bibliothèque liturgique , t. VI.) 

Les recherches entreprises parM. le chanoine U. Chevalier pour son 
Repertorium hymnologicum lui ont inspiré l’idée de compléter ce beau 
travail en en faisant le point de départ d’une Bibliothèque liturgique, 
destinée à mettre à la portée des travailleurs le plus grand nombre 
possible d’anciens documents locaux. Il a dressé une liste de quinze 
ouvrages, dont les cinq premiers volumes ont déjà paru. Il nous 
semble utile d’en transcrire ici les titres pour ceux de nos lecteurs qui 
ne les connaîtraient pas encore. Ce sont : 

Tome I. Poésie liturgique du moyen âge : rythme et histoires, hym - 
naires italiens. Paris, 1896. Gr. in-8°. 

Tome II. Poésie liturgique traditionnelle de l’Église catholique en Occi- 
dent ou recueil d'hymnes et de proses usités au moyen âge et distribués sui- 
vant l’ordre du Bréviaire et du Missel. Tournai, 1894. 

Tome III. Repertorium hymnologicum. Catalogue des chants, hymnes, 



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BIBLIOGRAPHIE. 



448 

< proses , séquences, tropes en usage dans V Église latine depuis les origines 
jusqu'à nos jours. Louvain, 1890-1892. Tome I. 

Tome IV. Même ouvrage. Louvain, 1894-1897. Tome H. 

Tome V. Prosolarium ecclesiæ Aniciensis. Office en vers de la Circonci- 
sion dans l'église du Puy. Valence, 1894. 

Le tome VI, dont nous avons à rendre compte, est consacré aux 
Ordinaires de l’église de Laon* . L’Ordinaire est un livre plutôt ecclésias- 
tique que liturgique, qui indique la manière de réciter ToHice divin, de 
célébrer la messe et de remplir les cérémonies qui les accompagnent. 
Dom Martène les a recherchés avec soin et depuis lui on en a publié 
quelques-uns. Les rites de Laon, en particulier, ont été fort étudiés et 
ont été, en 1662, sous le titre de Ritus ecclesiæ Laudunensis redivivi , 
l’objet d’un savant travail du doyen du chapitre, Ant. Bellotte, qui a 
connu les deux Ordinaires dont la publication a été entreprise par M. le 
chanoine Chevalier. 

Le premier, intitulé : Lisiardus, Ritus ecclesiæ Laud. (bibl. du chapitre 
de Notre-Dame sous le n° 457, auj. 215 des mss. de la bibl. de Laon), 
se compose de deux parties distinctes : la l re comprend un Collectaire 
et un Capitulaire ; la 2 e l’Ordinaire. 

M. U. Chevalier donne de ce volume une description très détaillée, 
d’où nous extrayons ce qui suit. L’Ordinaire, qui n’existe qu’en une 
seule copie, comprend les fol. 43-178 v° du ms. Le but de l’auteur 
était non pas d’introduire des rites nouveaux, mais de conserver dans 



1. Voici les titres des autres volumes que M. U. Chevalier se propose de 
publier : 

Tome VII. Ordinaire de VégUse cathédrale de Reims (xm* siècle), précédé 
d'un martyrologe de l’abbaye de Saint-Rémy, d'un martyrologe et d’un calen- 
drier de la cathédrale. Louvain, gr. in-8° (sous presse). 

Tome VIII. Ordinaires de V église cathédrale de Bayeux (xm* siècle), publiés 
d’après les originaux du chapitre de Bayeux. 

Tome IX. Ordinaire de l’église cathédrale de Vienne (xm* siècle), publié 
d’après l'original de la bibliothèque de Grenoble. 

Tome X. Missel de V église cathédrale de Vienne , reproduit d’après un ms. 
du xm* siècle et l’édition de 1519. 

Tome XI. Bréviaire de l’église cathédrale de Vienne , reproduit d’après les 
éditions de 1489 et 1522 et divers manuscrits. 

Tome XII. Manuel de Pierre de Roissy , chancelier de Chartres au XII* siècle , 
publié d’après les manuscrits de Paris et de Rome. 

Tome XIII. Bréviaire de la collégiale de Saint-Bamard de Romans, repro- 
duit d’après les éditions de 15t8 et 1612. 

Tome XIV. Missel de l’église cathédrale de Valence , reproduction de l’édi- 
tion de 1504, avec variantes. 

Tome XV. Les anciens missels Scandinaves : Suède , Danemark , Norvège, 
description et extraits. Romans, in-4* (sous presse). 



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BIBLIOGRAPHIE. 



449 



leur intégrité les rites anciens. Ce manuscrit, qui était enchaîné aux 
stalles du chœur, était l’œuvre de Lisiard, doyen de Laon. Non cité 
par Du Gange, mais bien connu de dom Martène, Lisiard a trouvé dans 
Bellotte son biographe. Son ouvrage a dû être composé entre 1155 et 
1168 et le manuscrit est du xm* siècle, antérieur à 1228. (Fac-similé 
en regard de la p. 1.) 

Le 2° Ordinaire se présente également en un ms. unique (jadis 
n° 458 de la bibl. du chapitre Notre-Dame de Laon, auj. 221 de la bibl. 
de Laon) qui a pour titre : Adae de Corlandon , de Ordine officiorum 
(fac-similé, p. 189); il est postérieur à 1173 et antérieur à 1228. D’après 
la préface, il se pourrait qu’Adam de Gourlandon ne fût que le promo- 
teur de l’œuvre et non l'auteur. L'éditeur esquisse, d’après le car- 
tulaire du chapitre de Laon, la biographie d'Adam. Doyen du chapitre 
dès 1196, prisonnier d’Enguerrand III de Coucy entre 1213 et 1217, 
réformateur de l’église de Laon, réduit, entre 1223 et 1228 et sans que 
l'on sache pourquoi, à la situation inférieure de chantre, il fit son tes- 
tament en novembre 1232. 

Ces deux Ordinaires mentionnent une foule de poésies liturgiques, 
dont on trouvera la table dans le Repertorium hymnologicum. M. Che- 
valier a complété son premier travail en publiant les pièces restées 
inédites, qui, pour la plupart, proviennent du ms. 263 de la biblio- 
thèque de Laon, jadis de Notre-Dame. Il donne les tropes du Kyrie , 
les proses et les séquences. Le même ms. a conservé, en outre, le 
texte de deux pièces extra-liturgiques, que l’éditeur reproduit (p. 385- 
394), savoir : deux Mystères des prophètes du Christ ou de Noël et de 
l'Épiphanie, déjà connus par les savants travaux de notre confrère 
M. Sepet et de M. E. de Coussemaker. Notons que ce même ms. 263 
contient en tête, d’une écriture plus récente (xiv a siècle), un psautier 
de la Vierge, qui offre cette particularité que chaque verset du psaume 
est paraphrasé en quatre vers. D’après la suscription, l’auteur serait 
Étienne de Langton, d'abord chancelier de l’Université de Paris, puis 
cardinal et enfin archevêque de Cantorbéry en 1207. 

L’étude des origines de la liturgie laonnaise aurait donné lieu à un 
long travail qu’il n’était pas dans les intentions de l’éditeur d’entre- 
prendre. Son Introduction, à laquelle nous avons emprunté les rensei- 
gnements qui précèdent, est donc surtout historique et bibliographique. 
Le texte a été établi avec tout le soin et la précision auxquels 
M. U. Chevalier nous a habitués. Non content de reproduire scrupu- 
leusement les originaux, il a signalé les moindres particularités gra- 
phiques. Toutes les modifications apportées au texte primitif ont été 
constatées. Les suppressions et les additions ont été indiquées par des 
signes particuliers. Pour l’intelligence du texte, deux étages de notes 
se partagent le bas des pages : les unes sont exclusivement relatives 
au texte liturgique, les autres sont historiques, géographiques ou même 



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450 



BIBLIOGRAPHIE. 



liturgiques. Pour faciliter les recherches, l’éditeur a composé trois 
tables : la première, alphabétique, donne la nomenclature des noms de 
fêtes, de saints et d’objets ou usages liturgiques; la deuxième est spé- 
ciale à la poésie liturgique (hymnes, tropes du Kyrie, proses, séquences) ; 
la troisième est la table des matières; elle constitue comme deux 
calendriers : l’un des fériés et fêtes, l’autre des saints. En appendice, 
on trouvera deux bulles : l’une de Calixte II (15 avril 1123) et l’autre 
d’innocent DI (6 juillet 1206), toutes deux relatives à la suppression de 
la charge de prévôt, à la demande des chanoines de Laon. 

Après avoir fait la juste part de M. l’abbé Aug. Bouxin, vicaire à la 
cathédrale de Laon, qui a fourni à l’éditeur presque toute la matière 
de ce volume, comme celui-ci se plaît à le reconnaître, nous ajoute- 
rons qu’il nous semble impossible de mettre plus de science et plus de 
soins à une publication que ne l’a fait M. le chanoine U. Chevalier, 
dont la courageuse entreprise en vue de faciliter les études liturgiques 
mérite d’être hautement encouragée. 

A. Bruel. 

La Désolation des églises, monastères , hôpitaux , en France, vers le 

milieu du X V e siècle , par le P. Henri Dexifle, O. P. Tome I. Mâcon, 
Protat frères, 4897. In-8°, xxv-608 pages. 

C’est chose bien rare quand le Ilot toujours grossissant des ouvrages 
d’érudition nous apporte un recueil de textes qui jette un jour nou- 
veau sur tout un siècle de notre histoire. C’est donc une bonne for- 
tune d’avoir à signaler l’apparition d’une œuvre de ce genre, comme 
est l’étude que le P. Denifle consacre aux souffrances de l’église de 
France pendant la guerre de Cent ans, et dont il vient de publier la 
première partie. Profitant des richesses d’une mine restée à peu près 
inexplorée jusqu’ici, le savant archiviste du Vatican a recueilli dans 
les Suppliques adressées aux papes tout un volume de textes d’un 
grand intérêt, où se reflète d’une façon saisissante la vie intime du 
peuple de France au milieu des misères du xv® siècle. 

Ces textes sont tantôt reproduits in extenso, tantôt analysés. Ils sont 
disposés dans l’ordre des provinces ecclésiastiques. Pour chaque dio- 
cèse on trouve d’abord ce qui concerne l’église cathédrale, puis les 
pièces se rapportant aux autres établissements de la ville épiscopale, 
enfin les documents relatifs aux abbayes, aux hôpitaux, aux paroisses. 
Au milieu de ces articles empruntés aux Suppliques du Vatican, le 
P. Denifle a inséré l’analyse d’un certain nombre de passages de livres 
imprimés, qui exposent des faits se rapportant à son sujet. Il est per- 
mis de se demander s’il n’eùt pas été préférable de se borner à la 
reproduction des Suppliques qui formaient un ensemble largement suf- 
fisant et de ne recourir aux autres sources que pour éclairer par des 



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BIBLIOGRAPHIE. 



454 



notes les textes du Vatican. Forcément, en effet, un dépouillement 
de ce genre demeure incomplet, et si l’on voulait épuiser le sujet, il 
serait nécessaire de recourir non seulement aux travaux imprimés, 
mais aux collections manuscrites, telles que les registres du Trésor 
des chartes, qui fourniraient sur cette matière une grande quantité 
de documents. Mais on aurait tort, en somme, de réprouver l’emploi 
d’une méthode qui permet de trouver réunis des matériaux dispersés 
auparavant dans des publications d’accès souvent difficile. 

A la suite des textes relatifs à des établissements particuliers sont 
publiées un certain nombre de pièces concernant les effets généraux 
de la guerre de Cent ans et se rapportant par exemple au brigandage 
qui régnait de tous côtés, à la part que les clercs ou les religieux 
prirent parfois aux faits de guerre, à la suspension des visites épisco- 
pales, etc. 

En recueillant les documents qui peignent ce qu’il appelle si bien 
la désolation des églises, des monastères et des hôpitaux, le but prin- 
cipal du P. Denifle a été, comme il le dit, de retracer l’histoire de 
l’église de notre pays durant cette période de calamités et de nous 
faire admirer la prodigieuse vitalité qui lui a permis de ne pas suc- 
comber à un si terrible assaut. En effet, ce concert de lamentations 
qui de tous côtés s’élève des paroisses et des couvents vers le souve- 
rain pontife ne révèle pas seulement le triste sort des établissements 
ecclésiastiques, mais montre aussi l’énergie avec laquelle les hommes 
du moyen âge travaillaient à réparer les ruines accumulées autour 
d’eux. Malgré le pillage ou l’incendie des monastères, la dispersion 
des moines ou des religieuses, la dévastation des hôpitaux, dès qu’un 
peu de calme renaît on voit dans tous les diocèses les murs des églises 
et des couvents se relever, les religieux revenir à la vie régulière, la 
charité reprendre son exercice, et les requêtes adressées au pape n’ont 
pas d’autre but que d’obtenir son assistance pour cette œuvre de res- 
tauration. Si des défections individuelles se produisent, si cette vie 
troublée jette sur certains points des germes de désordre qui pour- 
ront avoir au siècle suivant leur influence sur l’établissement de la 
réforme, l’Église, dans son ensemble, sort victorieuse de cette tour- 
mente. 

Les Suppliques renferment un autre élément non moins important 
pour l’histoire ecclésiastique, c’est la peinture de l’état de prospérité 
qui avait précédé les horreurs de la guerre. Presque toutes rappellent 
en effet quelle était autrefois la situation de l’établissement qu’elles 
concernent. Elles mentionnent les richesses et décrivent la beauté des 
églises ou monastères avant leur ruine ; elles montrent l’affluence des 
fidèles se pressant au seuil des sanctuaires célèbres, autour des 
reliques vénérées, et enrichissant ainsi une foule de villes; elles 
redisent la façon dont les œuvres de miséricorde étaient pratiquées 



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452 



BIBLIOGRAPHIE. 



dans les hôpitaux et montrent ainsi la place immense que les institu- 
tions ecclésiastiques tenaient dans la vie populaire du moyen âge. 

Cette connexion intime de la société laïque et de la société reli- 
gieuse prête un nouvel intérêt à la publication qui nous occupe en 
nous permettant d’y trouver d’abondants renseignements non seule- 
ment sur l’histoire de l’Église, mais sur celle des mœurs et de la vie 
privée. Nous ne pouvons pas entreprendre ici de faire ressortir la con- 
tribution nouvelle apportée ainsi à l’archéologie, à l’histoire locale, à 
l’étude des pèlerinages, etc. Cette tâche, d’ailleurs, sera remplie par le 
P. Denifle lui-même qui, dans son introduction, nous promet de 
mettre en œuvre, dans un second volume, ces précieux matériaux; 
mais nous nous permettrons de dire dès maintenant un mot des res- 
sources qu’en peut tirer l’histoire hospitalière. 

Les léproseries sont représentées en ce recueil par une vingtaine 
d’articles. Quelques-uns d’entre eux, comme ceux du Mont-aux- 
Malades (n° 186), d’Auvilliers (n° 199) et de Bourges (n° 571), 
donnent d’intéressants détails sur l’organisation de ces maisons, 
sur le nombre de paroisses qui composaient leur ressort ou prise , 
c’est-à-dire qui avaient droit d’y faire entrer leurs lépreux, sur la part 
que les villes prenaient généralement à la fondation des maladreries 
et sur le droit de contrôle qu’elles conservaient à leur endroit. Au 
Mont-aux-Malades, on trouve également trace de l’hospitalité que ces 
établissements étaient souvent en usage de donner aux lépreux 
passants. 

Les textes relatifs aux Hôtels-Dieu sont beaucoup plus nombreux. 
On sait que le système d’assistance qui était en faveur au moyen âge 
et que l’on semble disposé à reprendre de nos jours consistait dans la 
multiplication des hôpitaux. Les désastres qui s’abattirent, pendant la 
guerre de Cent ans, sur ces maisons d’ordinaire peu importantes et 
petitement fondées furent certainement une des principales causes qui 
amenèrent, aux xv # et xvi e siècles, la décadence et, au xvn« siècle, la dispa- 
rition d’un grand nombre d’établissements hospitaliers. Les documents 
réunis à ce sujet par le P. Denifle offrent donc dans leur ensemble un 
grand intérêt, indépendamment des détails qu’ils fournissent relative- 
ment à l’organisation intérieure des Maisons-Dieu, à la composition 
du personnel, à l’étendue et à la nature des œuvres de charité qui s’y 
pratiquaient. Ainsi, une requête de 1420 (n° 99) nous apprend que, 
contrairement à la pratique habituelle des autres Hôtels-Dieu, celui 
d’Orléans se chargeait du soin des enfants trouvés, une autre de 1436 
(n° 914) nous révèle une curieuse fondation de Marie de Baucourt, qui 
avait établi à la Petite-Baume un asile destiné à recueillir les dames 
nobles de France désireuses de vivre dans la retraite et à fournir 
en même temps l’hospitalité aux passants. 

Très intéressants sont généralement les articles relatifs aux hôpi- 



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BIBLIOGRAPHIE. 



453 



taux de pèlerins, aux Xenodochia . On en peut juger par la supplique 
de l’Hôpital Mage de Béziers, en 1441 (n° 527), où sont bien marqués 
ces grands courants de pèlerinages qui traversaient toutes les contrées 
de l’Europe. On y fait observer que la ville de Béziers se trouve « sur 
le chemin des pèlerins d’Italie, d’Allemagne, de Hongrie, de Bour- 
gogne, de Piémont, de Savoie et de toutes les nations situées vers 
l’est qui vont vénérer le sanctuaire de Saint-Jacques de Galice, ou le 
saint suaire de Toulouse, en même temps que sur la route de ceux 
d’Espagne, d’Aragon, de Navarre, de Catalogne, de Gascogne, qui se 
rendent en pèlerinage au saint sépulcre ou à Rome, » et que tous 
trouvent un asile à l’Hôpital Mage. 

Enfin, nous ne pouvons omettre de signaler un document très pré- 
cieux concernant la réception des malades et des pauvres dans l’hôpi- 
tal de Saint-Jean de Jérusalem de Toulouse (n° 497) et une série de 
textes relatifs à l’exercice de l’hospitalité dans les monastères, sujet 
intéressant sur lequel des indications précises sont difficiles à réunir. 

Le P. Denifle dédie son beau livre à ses amis, et ils sont nombreux 
dans tous les pays où ce travailleur infatigable est venu poursuivre 
ses recherches. Cet hommage leur a été particulièrement sensible, 
mais ils ne seront pas seuls à applaudir à cette publication; tous ceux 
qui s’intéressent à l’histoire apprécieront la haute valeur de ce recueil. 

Léon Le Grand. 

Histoire des relations de la France avec Venise , du XIII 6 siècle à 
l'avènement de Charles VIII , par P.-M. Perret, précédée d’une 
notice sur l’auteur, par M. Paul Meter. Paris, 4896. In-8°, 2 vol. 
T. I, xxxu-593 pages; t. II, 469 pages. 

L’œuvre dont M. Paul Meyer, dans une pensée touchante, vient 
d’assurer la préservation et la publication, représente les fructueuses 
et courageuses années de travail de notre regretté confrère Michel 
Perret, qui en rédigea la plus grande partie, déjà atteint du mal qui 
devait l’emporter, et ne cessa d’y ajouter une à une quelques dernières 
pages, jusqu’à l’heure de sa fin prématurée L 
Très informé des documents et des faits de l’histoire d’Italie, étudiés 
sur place au cours de diverses missions à lui confiées par le conseil de 
perfectionnement de l’École des chartes et par l’Académie des sciences 
morales et politiques, Michel Perret avait formé le vaste projet d’un 
ouvrage embrassant l’histoire générale des relations de la France avec 
les états de la Péninsule au xv® siècle, en réservant une ample intro- 
duction au résumé des événements antérieurs. Les deux volumes 

1. Paul Meyer, P.-M. Perret , 1861-1893, dans Bibl. de l’Éc. des chartes, 
1893, p. 535-539. 



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454 



BIBLIOGRAPHIE. 



aujourd’hui présentés au public, et uniquement consacrés aux relations 
de Venise avec notre pays, du courant du xm® siècle à l’ouverture des 
guerres d’Italie, ne figurent donc qu’une portion du plan primitive- 
ment conçu par le jeune et laborieux érudit, qui aurait su le mener 
tout entier à bonne fin 4 . 

De grande politique, d’alliances négociées, acceptées ou refusées 
pour de hautes et vastes vues, il ne peut être question de rien de tel, 
pendant toute cette période, entre la France et Venise. Le royaume de 
Naples, à deux reprises, sous les deux dynasties angevines, la Haute- 
Italie, pendant la merveilleuse période d’expansion française de la 
fin du xiv® et des premières années du xv® siècle, offrent alors de bien 
d’autres champs d’influence, de bien supérieurs terrains d’action ouverts 
à l’extension de la France transalpine. Florence, de son côté, à portée 
de tout ce qui se trame, de tout ce qui se convoite, se conquiert ou 
s’achète au delà des Alpes, avec ses forces territoriales vigoureuse- 
ment organisées, disponibles et mobiles, avec une tradition diploma- 
tique continentale déjà faite et fixée, représente le levier indispensable 
de toute combinaison négociable dans la Péninsule, le facteur néces- 
saire de toute volonté d’intervention dans les affaires italiennes. 

Rien de tel ne peut se rencontrer dans les contacts de l’état fran- 
çais et de l’état vénitien. Venise, forte et croissante puissance de mer, 
mais cantonnée à l’extrémité de l’Italie, longtemps sans intérêts 
sur la terre ferme, sauf le mince territoire de Trévise, jusqu’au com- 
mencement du xv® siècle, demeure presque ignorée de la politique 
française, jusqu’à l’acquisition de Gênes et de la Ligurie par Charles VI 
en 1396, de Gênes l’étemelle rivale du nom vénitien, dont l’antago- 
nisme va s’accuser encore sous un pouvoir plus fort. De là partent 
sans relâche, pendant quinze ans, dirigés d’une main sûre, avec science 
et méthode, les coups les plus menaçants pour le développement que 
Venise rêve de prendre sur le continent d’Italie. Cette tempête passée, 
la stagnation totale de toute entreprise extérieure française, pendant 
les sinistres années qui se déroulent de 1415 à 1450, ne laisse place, 
pendant toute la première moitié du xv® siècle, qu’à des rapports acci- 
dentels et fortuits. L’intérêt des relations se renoue avec la seconde 
occupation de Gênes, de 1458 à 1461, pour présenter bientôt une valeur 
exceptionnelle, pendant les dix ans qui courent depuis 1470, époque où 
Venise apparaît, comme un subit et inattendu élément, dans la riva- 
lité de Louis XI et du Téméraire. C’est au moment où se ferme cette 
étude que se révèlent les premiers présages de la grande intervention 
française, au cours de laquelle l’état de Venise, devenu pendant le 
xv® siècle la première puissance terrienne de l’Italie du Nord, va jouer 

1. M. Alfred Spont a rédigé avec beaucoup de soin les quelques fragments 
destinés à relier les parties demeurées inachevées des derniers chapitres. 



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BIBLIOGRAPHIE. \ 55 

le rôle si décisif que vont bientôt traduire la Ligue de Cambrai, les 
journées d’Agnadel et de Ravenne. 

Entre les limites ici posées, les relations de la France et de Venise 
représentent donc tout un reflet de l'action française en Italie, un 
indice où celle-ci se révèle et se traduit par des répercussions toujours 
perceptibles. Toutes les négociations qui s'enchevêtrent à cette occa- 
sion, les documents si abondants qui concernent l'incomparable diplo- 
matie que l’oligarchie vénitienne entretient en tant de lieux, permettent 
d’en suivre de plus près le développement et la portée. Sous ce rap- 
port, tout ce qui touche à l’histoire de Venise éclaire toujours d'une 
lumière spéciale les faits ambiants, dont l’analyse, à de pareilles péné- 
trations, ne peut que gagner des forces vives. 

Des relations commerciales, entremêlées de rares incidents poli- 
tiques, occupent toute l’histoire des relations de Venise et de la France 
depuis le milieu du xm e siècle, où, — la Croisade de 1204 à part, — on 
en saisit quelques indices plus saillants, jusqu’à l’établissement de la 
domination française à Gênes en 1396. La trêve de Crémone, du 22 août 
1270, préparée par saint Louis avant son départ pour Tunis, et qui met 
fin à la seconde guerre de Gènes et de Venise, certaines négociations 
relatives aux armements de Charles de Valois, pour l’exécution de ses 
projets en Orient, de 1306 à 1309, d'autres pourparlers engagés lors de 
la guerre de succession de Naples en 1380, en dégagent les seuls traits, 
tous espacés et de peu de relief. Mais, avec les dernières années du 
xiv e siècle, commence une période singulièrement plus fertile en évé- 
nements de tout ordre. 

Le traité du 25 octobre 1396 a mis Gênes, à bout de forces, de déchi- 
rements et d’anarchie, sous le protectorat de la France, régime nou- 
veau, quelque peu déroutant pour l’ingouvernable peuple, plus inquié- 
tant encore pour toute l’Italie voisine, quand le maréchal Boucicaut, 
le héros de Nicopolis et de Constantinople, vient occuper en 1401 les 
fonctions de gouverneur tout-puissant. Sous sa main, tout change vite 
d'allure, et Gênes française, avec plus d’àpreté, s’il est possible, que 
Gênes génoise même, reprend la lutte séculaire contre Venise, que 
vingt ans plus tôt, au cœur de ses inaccessibles lagunes, elle avait failli 
anéantir et rayer du rang des états. 

Sur le continent italien, ouvert à toutes les convoitises par la mort 
subite du récent duc de Milan, le grand Giangaleazzo Visconti, pré- 
curseur de génie enlevé au fort de son œuvre, sur mer et en Orient, 
où tous leurs intérêts réciproques se heurtent et se contredisent, 
Génois et Vénitiens se surveillent et s'abordent. Avec raison, M. Per- 
ret s’est contenté de résumer brièvement et l’action du gouvernement 
français de Gênes en Levant, dégénérée en guerre navale véni- 
tienne et franco-génoise, en 1403, et les négociations qui amènent la 
paix du 28 juin 1406, événements que relate en détail la France en 



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456 



BIBLIOGRAPHIE. 



Orient de M. Delaville le Roulx. Il reste plus à dire sur l'intervention 
de Boucicaut en Milanais, en 1409, épisode où les intérêts vénitiens 
sont mis en jeu de si près. Sur le contre-coup de ces événements à 
Venise, dans l'automne de 1409, au moment où Boucicaut, engagé en 
Lombardie, perd Gênes soulevée derrière lui, M. Perret a rassemblé 
des renseignements intéressants tirés des délibérations du sénat véni- 
tien. Mais la suite des actes de Boucicaut et du duc de Milan, tels 
qu'ils sont présentés, demanderait en maint endroit à être vérifiée de 
plus près. 

Une médiation de Charles VI entre Sigismond, roi de Hongrie et 
Venise, l'intervention d'ambassades françaises pour décider l'adhésion 
de Venise au nouveau pape Alexandre V, issu du concile général de 
Pise, expriment quelques derniers témoignages des rapports de la France 
et de Venise, avant la longue éclipse de toute influence française au 
delà des Alpes. Avec l'invasion anglaise de 1415, toute vitalité exté- 
rieure est suspendue, et ce n’est qu'après l'expulsion de l’étranger que 
la France va reprendre ses traditions en Italie, où l'appelle la seconde 
succession de Naples, ouverte en 1435. Le plus caractéristique des 
incidents de cette époque si vide, l'ambassade à Venise d'Artaud de 
Grandval, abbé de Saint-Antoine de Vienne, et d’Alain Chartier, en 
1424-1425, avait déjà fait l’objet d’un travail antérieur de M. Perret, 
qui retrouve ici tout naturellement son cadre 4 . 

La seconde occupation française à Gênes, sous Charles VII, en 1458, 
atteignait bien moins Venise que celle de 1396, et, en tout cas, mena- 
çait bien moins la république que le duché de Milan, passé mainte- 
nant, depuis 1447, aux mains du grand condottiere François Sforza, 
haussé jusqu’au trône et fondateur de dynastie. Venise, alors, entre 
sa première rupture avec Milan, en 1426, et le traité de Lodi qui 
venait de pacifier l’Italie en 1455, Venise, en cinq guerres et en cinq 
bonds, a conquis la Lombardie jusqu’à l’Adda, et 1' « insegna » de Saint- 
Marc flotte en vue de Lodi, clef de Milan. Venise est devenue grande 
puissance continentale : elle a absorbé, et conservé, tous les territoires 
où naguères elle craignait si fébrilement de se voir devancée par Bou- 
cicaut. Son indifférence s’explique donc, s'impose presque. Pendant 
les trois ans de ce nouveau protectorat, jusqu'à la défaite de René 
d’Anjou qui y met fin, l’état vénitien demeure strictement neutre, et 
c’est à l’exposé de cette politique d’effacement que doit se réduire 
l’historique de cette phase. 

Avec Louis XI, ou plutôt avec l’entrée en scène du Téméraire son 
rival, en 1467, Venise et les choses de France reprennent un plus 
étroit contact. L’Italie, remarque justement M. Perret, où la maison 

1. Michel Perret, l f Ambassade de l'abbé de Saint- Antoine de Vienne et 
d'Alain Chartier à Venise (Rev. hist., 1891). 



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BIBLIOGRAPHIE. 



457 



de Bourgogne avait eu de toute ancienneté de fréquentes accointances, 
ne pouvait pas être exclue de son champ d’activité. Louis XI a 
reconnu, sans difficulté, le üls de Sforza, Galeazzo Sforza, et l’a pris 
sous sa protection en 1466 comme duc de Milan. Le duc de Bour- 
gogne, contre cette mainmise, groupe tous les mécontents italiens. 
De 1470 à 1472, l’alliance vénéto-bourguignonne est un fait accompli. 
Après la mort du Téméraire, en 1477, par une pente naturelle, un 
rapprochement s’opère. Situation qui se maintient jusqu’à la mort de 
Louis XI, en 1483, et se trouve bientôt confirmée en 1484, à l’avè- 
nement de Charles VIII, par un accord plus étroit, dernier acte qui 
précède de quelques années seulement l’ouverture des grandes chevau- 
chées françaises en Italie 1 . 

Cette dernière partie de l’ouvrage abonde en renseignements et en 
aperçus nouveaux. Ce que dit M. Perret des projets des ducs de Bour- 
gogne au delà des Alpes parait heureusement présenté, quoique peut- 
être les relations avec Venise, objet et but essentiel de cette étude, 
aient toujours tendance à ne pas se détacher suffisamment sur le fond 
commun d’événements italiens, qui occupent trop souvent seuls la 
scène. Toujours à la recherche d’alliés d’outre les monts, inquiet de la 
mainmise de Louis XI sur la Savoie jusqu’alors à sa dévotion, impa- 
tient d’étendre jusqu’à la Méditerranée son rêve de reconstitution de 
l’empire de Lothaire, le Téméraire, déjà plus ou moins ligué avec Fer- 
dinand de Naples, entame vigoureusement les négociations avec 
Venise. La mission de Bernardo Bembo aboutit enfin au traité de 
Roye, le 18 juin 1472, alliance factice et artificielle, d’où Venise ne 
retire aucun fruit, où le duc, comme profit immédiat, ne cherche que 
des facilités de recrutement pour l’armée permanente dont la création 
l’obsède. Un curieux épisode, à cet égard, est l’essai d’embauchage, 
de 1471 à 1473, du grand condottiere Bartolommeo Colleoni, enlevé 
un instant au service de Venise et nommé capitaine général des 
armées bourguignonnes. Devant ce défaut total de tout fondement 
sérieux, l’alliance vénéto-bourguignonne, basée sur une querelle pure- 
ment française, décline rapidement, et la disparition du Téméraire 
dans son désastre de Nancy ne fait qu’en consacrer la fin. 

L’ouvrage se termine par une série de quarante-cinq Pièces justifi- 
catives, tirées toutes de YArchivio di Stato de Venise. Signalons aussi 
un utile état des registres du sénat de Venise (Deliberazioni secrete, 
1401-1498; Mar, 1440-1500; Terra, 1440-1500), un répertoire de la cor- 



1. Ces derniers chapitres constituent une réimpression de deux études anté- 
rieures de Michel Perret, La paix du 9 janvier 1478 entre Louis XI et ta 
république de Venise y et Le Renouvellement par Charles VIII du traité du 
9 janvier 1478 entre la France et Venise (1484) ( Bibl . de l'Éc . des chartes , 
1890). 



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458 



BIBLIOGRAPHIE. 



respondance des agents milanais de la famille des Simonetta, dressé 
d’après les manuscrits du fonds italien de la Bibliothèque nationale, 
une table des ouvrages cités. Outre ces diverses annexes, M. Perret 
avait préparé l’édition de fragments d’un curieux « Traité du gouver- 
nement de la cité et seigneurie de Venise. » M. Paul Meyer en publie 
de nombreux extraits (t. Il, p. 239-304), d’après le ms. 5599 de la Bibl. 
nat., collationné sur un ms. de la bibl. de Chantilly. Les extraits édi- 
tés ont trait principalement au gouvernement de Venise. Une table 
des cent seize chapitres de cet intéressant opuscule (p. 241-246) permet 
de se rendre compte de son contenu total et des fractions demeurées 
inédites, encore nombreuses en ce qui concerne le commerce et la 
marine vénitiennes. 

Les conditions douloureuses où cet ouvrage a été en grande partie 
rédigé ne peuvent permettre d’apprécier strictement ce qu’il aurait pu 
représenter, s’il avait pu être mené à fin et révisé en toutes ses parties. 
Il serait sans portée d’insister sur les inévitables imperfections qui 
transparaissent çà et là, qu’un contrôle de l’auteur eut sans doute fait 
disparaître, mais pour lesquelles les éditeurs ne pouvaient substituer 
d’autres idées aux siennes. Dans les complications et les enchevêtre- 
ments du quattrocento italien, il pourrait du reste s’en rencontrer 
davantage. On ne peut cependant éviter de signaler en certains pas- 
sages quelques inexactitudes de fond, notamment dans l’exposé des 
faits acquis relatifs à l’intervention française dans l’Italie du Nord, 
pendant la première occupation française à Gênes. Quant à l’histo- 
rique des caravanes régulières des galères de Venise à Aigues-Mortes 
et en Flandre, si considérable, touchant à tant de questions connexes 
et constituant un élément si précieux des rapports entre Venise et la 
France, il faut regretter profondément que M. Perret n’ait pu réaliser 
le projet qu’il se proposait d’en donner un aperçu, dans la dissertation 
qu’il comptait joindre au « Traité du gouvernement de Venise » auquel 
il vient d’être fait allusion. 

Sans s’attarder à des appréciations de détail qui risqueraient de 
fausser le jugement que mérite cette consciencieuse étude, on peut 
assurer que, telle qu’elle est, V Histoire des relations de la France et de 
Venise prend place parmi les travaux les plus importants consacrés 
aux rapports de la France et de l’Italie. C’est une pénétration pré- 
cieuse dans l’histoire d’une époque tourmentée, où la suite et l’en- 
chaînement des relations de la France avec l’état vénitien demeuraient, 
sauf en de courts espaces, terrain presque inconnu. L'étude qui assure 
contre l’oubli la mémoire de notre regretté confrère en ouvrira l’accès, 
et permettra de parcourir en tout sens ce domaine historique presque 
fermé jusqu’ici. 

Germain Lefèvre-Pontalis. 



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BIBLIOGRAPHIE. 



459 



Ant.-Dom. Pierrugues. Giomali del principe d f Orange nelle guerre 
(Tltalia dal 4526 al 4530 . Firenze, Giuseppe Pellas, 4897. Petit 
in-8°, 79 pages, avec un portrait. 

Cet opuscule, dont l'auteur et l’éditeur ont le soin de se réserver le 
droit de propriété, est dédié à la mémoire d’Auguste Gastan. « Furono 
offerti ai miei studi dal signor Augusto Gastan, membro dell’ Istituto 
di Francia, il quale ne trasse copia dagli originali archivi esistenti 
negli archivi del Doubs, » dit M. Pierrugues à la fin de son aver- 
tissement. 

L’original du Journal des campagnes de Philibert de Chalon, prince 
d’Orange, est réellement conservé aux archives départementales du 
Doubs; je l’y ai vu, au commencement du mois de janvier, au cours 
de recherches que j’ai faites dans ce dépôt en vue d’une biographie de 
ce jeune seigneur franc-comtois, qui remplaça le connétable de Bour- 
bon dans le commandement des armées de Gharles-Quint depuis le 
6 mai 1527, jour de la prise de Rome, jusqu’au 3 août 1530, où il fut 
tué au siège de Florence. Il se compose de deux volumes petit in-folio 
et comprend surtout jour par jour les dépenses diverses du prince; il 
contient aussi un certain nombre de menus faits historiques qui ont 
bien leur valeur. C’est donc un très gros morceau qu’est loin de repré- 
senter la publication de M. Pierrugues, qui forme, y compris les notes, 
les pages 9-36 de son opuscule, ün pourrait donc s’étonner à bon droit 
que M. Gastan, qui a poussé jusqu’aux limites extrêmes du scrupule la 
probité scientifique, n’ait pas, dans sa copie, indiqué le tome et les 
folios du Journal qui lui ont fourni les extraits publiés par M. Pier- 
rugues. Ges extraits sont même quelquefois un simple résumé, comme 
j’ai pu m’en convaincre en comparant l’original et l’édition. Il y a 
quelques fautes de lecture que M. Gastan n’aurait certainement pas 
commises. Il faudrait donc supposer que M. Gastan aurait, dans cette 
occasion, été au-dessous de lui-même. 

Heureusement pour la mémoire du savant bibliothécaire de Besan- 
çon, il n’en est rien. Voici tout simplement l’explication du prétendu 
sans-gène avec lequel M. Gastan aurait traité le Journal. 

En 1873, M. le président Clerc, qui a rendu de si grands services à 
l’histoire comtoise, lut à la séance publique de l’Académie de Besançon 
du 25 août quelques pages concernant Philibert de Ghalon. Il y repre- 
nait une thèse nouvelle sur le lieu et la date de la naissance de ce 
prince, dont il avait déjà entretenu l’Académie au mois de janvier 
1866, y ajoutait le résultat de recherches par lui faites depuis, et, à la 
suite du mémoire qu’il publiait dans le recueil de cette compagnie, il 
donnait des extraits du Journal du prince d’Orange. Or, ce sont pré- 
cisément ces extraits que M. Pierrugues reproduit mot pour mot, 



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160 



BIBUOGftiPHIB. 



comme étant la c copia dagli originali esistenti negli archivi del 
Doubs, t et qui lui auraient été < offerts » par M. Gaétan. Ainsi que 
je viens de le démontrer, il ne s’agit pas de copie, mais d’extraits. Il 
est en effet impossible d’admettre que M. Gastan se soit rencontré de 
tous points avec M. le président Clerc et qu’il n’y ait pas un seul mot 
de changé , — à peine deux ou trois variantes orthographiques, — dans 
des extraits faits sur deux volumes in-folio. D’ailleurs, M. Gastan ne 
parait pas avoir, pendant un très long temps, fréquenté les archives 
du Doubs, et, malgré tout son désir d’être agréable à M. Pierrugues, 
il était trop occupé pour se livrer, sans aucune chance d’arriver à des 
résultats nouveaux, à un dépouillement qui exige plusieurs semaines. 
A-t-il pu « offrir » à M. Pierrugues, comme étant son travail person- 
nel, une transcription des extraits faits par M. le président Clerc? Non, 
certainement non; ce serait faire injure à la mémoire d’Auguste Gas- 
tan que de s’arrêter un seul instant à cette supposition. Tout ce que 
M. Gastan a pu et a dù faire, ç’a été de signaler ces extraits du Journal 
à M. Pierrugues, qui a fait plusieurs publications sur le siège de Flo- 
rence. Mais M. Pierrugues, par un de ces procédés que j’ai stigmatisés 
ici môme, à propos d’une bibliographie des œuvres des Bénédictins de 
la congrégation de Saint-Maur et qui présentait des preuves aussi indé- 
niables que nombreuses de démarquage, a feint d’ignorer le travail de 
M. Clerc; mais, la preuve qu’il ne l’a pas ignoré, c’est qu’il lui 
emprunte (p. 36 et 37), comme si c’était tiré de l’opuscule de M. San- 
dret ( Philibert de Chalon, p. 73), les renseignements relatifs aux 
quelques ossements des Chalon trouvés dans leur sépulture en l’église 
des Cordeliers de Lons-le-Saunier. 

Veut-on des preuves matérielles que les extraits publiés par M. Pier- 
rugues ne sont que la copie de ceux qui ont été imprimés pour la pre- 
mière fois par M. Clerc? En voici seulement quelques-unes : 

Le titre Journaux de campagne et de dépenses du prince d'Orange pen- 
dant les guerres d'Italie n’existe pas dans l’original ; il a été adopté par 
M. Clerc; M. Pierrugues l’a consciencieusement reproduit. M. Clerc 
(p. 19) dit que Philibert de Chalon partit de Nozeroy, s’avançant en 
droite ligne vers le nord par Saint-Gorgon, Saint-Hippolyte et Chàtii- 
lon-sous-Maiche; M. Pierrugues (p. 10, note) dit : « Il principe par- 
tendo de Nozeroy volse al nord per Saint-Gorgon, Saint-Hyppolite Inc), 
Chàtillon-sous-Maiche. > Il n'oublie même pas l’accent circonflexe de 
l’i du mot Maîche, qui n’est guère employé que dans le Doubs. Mais, 
puisque M. Pierrugues, comme son nom l’indique, est franc-comtois 
ou lorrain, il aurait pu, dans la note précitée, corriger l’erreur relative 
de M. Clerc, en disant que Philibert s’avança sinon vers l’est, au 
moins vers le nord-est, car les localités mentionnées par M. Clerc : 
Sonne val, Felingue, Stoc, Vaugen (sic), Isproc, Clouse, et reproduites 
même avec les erreurs par M. Pierrugues, pour Schônwald, Pfeflingen, 



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BIBLIOGRAPHIE. 



i6i 



Stockach, Wangen, Klouser, etc., sont surtout à Test de la Franche- 
Comté. — Page 60, M. Clerc dit : « 30 chevaux. — On voit avec lui 
Jehan de Falerans, Dvnteville, etc. » M. Pierrugues répète après lui 
ces mots, qui sont un résumé fait par M. Clerc du personnel de la 
suite de Philibert de Chalon. 

Page 61, M. Clerc dit : « Nous omettons, dans tout ce qui va suivre, 
les articles de dépenses d’approvisionnement, de consommation de 
table ; ils seraient sans intérêt. » M. Pierrugues : c Si omettono le spese 
alimentari le quali non possono interessare. » — Page 67, M. Clerc, 
sous les mois de septembre et d’octobre : « Ces deux mois sont en 
blanc dans le Journal du prince. » M. Pierrugues (p. 23) : « Questi duo 
mesi sono in bianco nel giornale. » — Page 70, M. Clerc : « Ici les 
journaux cités s’interrompent, et, des titres de cette nature, je ne 
trouve plus, pour 1528, que le fragment suivant, postérieur à la levée 
du siège de Naples et relatif aux mois de septembre et d’octobre. » 
M. Pierrugues : « Qui i giornaii s’interrompono e non vi si trovano, 
pel 1528, che i frammenti seguenti, posteriori ail’ assedio di Napoli. » 
Mais je dois rendre cette justice à M. Pierrugues qu’il a trouvé « tout 
seul » cette indication qui n’est pas donnée par M. Clerc : « Manca 
tutto l’anno 1529 ed il primo semestre del 1530; in queir epoca il 
Principe, pacificato il regno di Napoli, effettuava l’impresa di Firenze ; » 
qu’il a corrigé t Bourgogne » (Clerc) en « Bourgoigne; » « Fronspet, 
Frondsberg » (Clerc) en « Frondsberg, » « partans » en « partant, » 
« griffonnier » en a griffonier, » etc. 

Du reste de la brochure, qui comprend la liste des gentilshommes 
de la maison militaire du prince d’Orange, les oifîciers de l’empereur 
et du pape, je ne dirai rien; je n’aurais pas fait à M. Pierrugues 
l’honneur de m’occuper de sa publication, si je n’avais considéré 
comme un devoir de disculper la mémoire d’Auguste Castan d’un pla- 
giat peut-être sans exemple dans les annales de l’érudition, et de 
rendre à M. le président Clerc une justice qui lui est légitimement due. 

Ulysse Robert. 

Les Portefeuilles du 'président Bouhier . Extraits et fragments de 

correspondances littéraires , par Emmanuel de Broglie. Paris, 

1896. ln-8°, xi-347 pages. 

Dans deux œuvres récentes, M. Emmanuel de Broglie a retracé 
la vie, les transformations et l’évolution de la vigoureuse société d’éru- 
dits qui se groupa, en l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, pendant 
deux siècles successifs autour des hautes et sereines figures de Mabil- 
lon et de MontfauconU Dans la studieuse compagnie, dans le grand 

1. Mabiüon et la société de l'abbaye de Saint-Germain~cUs-Prés. Paris, 
1898 11 



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462 



BIBLIOGRAPHIE. 



corps auquel les sciences historiques françaises sont redevables d’une 
si remarquable et si personnelle impulsion, se condensent une puissance 
de travail et une organisation surprenantes. Là viennent aboutir, 
comme en un organe de développement naturel et normal, auprès 
d'esprits de forte tenue morale et intellectuelle, toute une série de 
correspondances, d’informations, affluant de tous les points de la 
France, mais révélant à leur tour, sur les points où elles prennent 
naissance, l’existence d’autres foyers de culture indépendants et auto- 
nomes. Chacun d’eux, se maintenant et s’entretenant par lui-mème, 
otfre aux forces et aux talents demeurés attachés au sol un aliment 
qui les fait persister et vivre de leur vie propre, sans se laisser absor- 
ber ni fondre dans une exceptionnelle et épuisante attraction. Aborder 
de près un de ces milieux provinciaux, une des personnalités origi- 
nales en lesquelles il se résume, tel est aujourd'hui le nouvel objet que 
se propose l’historien de la société de l’abbaye et l’enquête qu’il nous 
convie à suivre. 

Figure aujourd’hui quelque peu glissée dans la pénombre, le 
président Bouhier ( 1673-1746), président au Parlement de Dijon, 
possesseur d’une des plus belles bibliothèques de France, a pu passer 
à bon droit, pendant toute la première moitié du xviii® siècle, pour la 
personnification de la Bourgogne érudite et lettrée. Si sa notoriété 
s’est aujourd’hui passablement obscurcie, le crédit et l’autorité dont 
il jouit en son temps près de ses contemporains, la situation particu- 
lière qu’il avait su se créer dans sa capitale provinciale, lui ont assuré 
de son vivant une place à part dans une société où le goût des lettres 
s’alliait, dans une mesure qui surprend notre époque, aux préoccupa- 
tions de l’érudition, moins strictes sans doute qu’au siècle précédent, 
mais néanmoins persistantes. Son immense correspondance, conservée 
pour la plus grande partie, représente le témoignage continu de l’inté- 
rêt d’une existence qu’on aurait pu croire à tort confinée dans le cercle 
étroit d’intérêts régionaux, et où se répétait au contraire l’écho de tout 
un temps. Sa physionomie s’y dessine indirectement, plutôt par les 
traits qui l’entourent que par les siens propres, dans la simplicité et la 
régularité d’une vie sans secousses, attachante par cela même qu’on la 
sent logique, faite pour le cadre où elle se meut, adéquate en un mot 
à elle-même. 

Dijon, capitale provinciale où persistait l’ancienne capitale d’État, 
Dijon, dans la première moitié du xvm e siècle, avec ses assemblées, 
sou parlement, sa société, offrait une vitalité qui ne semblait pas en 
déclin. Une des attractions en était certainement la bibliothèque que 
le président Bouhier avait reçue dans l’héritage paternel et qu’il ne 

1888, in-8 a , 2 vol. — Bernard de Mont faucon et les Bernardins. Paris, 1891, 
io-8*, 2 vol. 



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BIBLIOGRAPHIE. 



463 



cessa toute sa vie d'enrichir. Trente-cinq mille volumes imprimés, 
deux mille manuscrits la composaient, ouvrages généreusement com- 
muniqués par leur possesseur, prêtés même avec une confiance remar- 
quable, ouvrages continuellement consultés par les amis des sciences 
et des lettres, si nombreux dans la cité bourguignonne. 

C'était là que se réunissait, à intervalles fixes, la petite société éru- 
dite de Dijon, l’Académie du Président, comme on l’appelait, là que se 
communiquaient les nouvelles de Paris qui lui arrivaient régulière- 
ment et dont le monopole lui assurait une importance dont ii se sen- 
tait particulièrement grandi. Bien significative à cet égard est la 
notice placée par Bouhier en tète du catalogue de sa bibliothèque, 
avec le culte qu’il y avoue pour une collection, identifiée depuis trois 
générations à une famille dont elle fait l’orgueil, avec le tour d’esprit 
et la façon de vivre qu’il y décèle. De ce caractère ferme et éclairé, 
demeuré attaché à ses fonctions et à toutes ses racines, Sainte-Beuve 
a pu dire, sans excès, qu’ a il fut homme de premier ordre dans le 
droit et dans les lettres, et prolongea jusque dans le xvm e siècle les 
grandes études du xvi e . t 

Le possesseur de tant de trésors eût sans doute refusé de jamais 
supposer que, peu après sa mort, iis seraient dispersés au gré de tous 
les hasards. Passée cependant de famille en famille par défaut d’héri- 
tier, achetée dans les dernières années du siècle, encore dans tout son 
état de conservation et d'intégrité, par la puissante abbaye de Giteaux, 
atteinte là par la confiscation et transportée à Troyes, elle devait y 
être bientôt partagée, en pleine paix civile cependant, de la façon la 
plus arbitraire, la plus illogique, la plus administrative. Ce sont ces 
< disjecti membra » que la Bibliothèque nationale a pu reconstituer 
pour leur plus grande partie. La correspondance du président Bouhier 
y a formé le fonds spécial que l’on sait. Par une singulière destinée, 
c’est à elle, plus qu'à tout le reste de sa vie, que sa mémoire doit 
aujourd'hui des titres à survivre. 

Toute une société se meut et s’agite dans ces suites de lettres où se 
peignent d'eux-mômes les êtres et les choses, sans relief bien accusé 
peut-être, mais dans des détails journaliers qui ont leur piquant et leur 
prix. Des figures qui se groupent ainsi autour du président Bouhier, 
les unes suscitent encore une signification, une mémoire persistantes, 
les autres plongent depuis longtemps dans l’effacement. Le total n’en 
forme pas moins une façon d’organisme doué de vie, où, pour emprun- 
ter une formule expressive de l'auteur, « se reflète une des faces de la 
physionomie morale de cette époque de transition, où se prend une 
fois de plus sur le vif cette sorte de royauté absolue exercée par les 
lettres pendant tout le cours du xvm e siècle. » 

Correspondants de Bouhier, entretenant avec lui un commerce 
épistolaire dont la régularité et la fréquence ont peine à être comprises 



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BIBLIOGRAPHIE. 



m 

de notre temps, apparaissent tour à tour des personnages de toute 
sorte et de toute valeur, ombres notoires encore, ombres déjà sans 
souvenir. 

C’est d’abord l’abbé d’Olivet, ce légendaire héritier de Boileau, gen- 
darme d’ Académie, que ses lettres laissent entrevoir sous un jour inat- 
tendu d’émotion non feinte, puis de Valincourt, l’historiographe de 
France, le confident de Racine, doué en son temps d’une influence 
dont on soupçonnerait peu l’étendue. Avec des curiosités de gazette, 
l’abbé Le Blanc, l'auteur des Lettres d'un Français sur les Anglais , qui 
eurent leur heure de célébrité, aligne pendant dix ans ses billets en 
avance sur son siècle, a toujours parlant, toujours écrivant, toujours 
commérant. » 

Mais une place à part est à réserver à la correspondance de Mathieu 
Marais, l’avocat et le jurisconsulte dont le nom évoque le type de l’an- 
cien bourgeois a honnête homme » de Paris, ayant beaucoup de lettres, 
caustique, homme de goût, et, alors, Parisien de naissance. Le com- 
merce épistolaire entretenu de longues années durant, entre l’avocat 
parisien et le magistrat bourguignon, a laissé subsister une volumi- 
neuse correspondance dont de nombreux extraits, provenant des mis- 
sives de Marais, ont été publiés, mais où les lettres de Bouhier sont 
encore en grande partie demeurées inédites. Les morceaux abondants 
qu’en contiennent deux chapitres du présent ouvrage, avec des frag- 
ments inédits de celles de Mathieu Marais, donnent l’idée d’un vrai 
journal, d’une revue d’événements tenue à jour. Jusqu’à son lit de 
mort, Mathieu Marais reste fidèle à son goût de nouvelliste; sa fin 
seule interrompt sa plume et sa verve, toujours quelque peu solennelle, 
même dans les saillies de l’esprit le plus libre et le plus indépendant. 

Détailler les correspondants de Bouhier, dont le défilé escorte cette 
vigoureuse personnalité, serait œuvre excessive. Le cadre que s’est 
ici tracé l’auteur veut seulement conserver à chacun, en marquant son 
rôle, ses traits les plus essentiels. Ainsi, en des portraits variés, exacts 
et sobres, se succèdent l’abbé Gedoyn, gazetier des corps savants, 
Michault, l’adversaire de la critique érudite, le président Hénault, le 
groupe de l’abbaye de Saint-Germain, des érudits comme Le Beuf, 
dom Galmet, Secousse, Lacurne de Sainte-Palaye, puis le marquis de 
Gaumont, le marquis de Valbonnais, Bouhier d’Avignon et de Gre- 
noble, des étrangers enfin, le naturaliste suisse Bourguet, le nonce 
Passionei, le cardinal Quirini. Esprits mouvants et divers, les uns 
vraiment profonds, les autres purement superficiels, tous intéressants 
pourtant, comme symbole d’une époque où les loisirs et la « qualité » 
ne semblaient exclure ni l’ouverture d’esprit, ni la faculté d’appliquer 
sa vie aux spéculations de l’intelligence. 

Cette diversité, cette inégalité même, est expressive de tout un 
temps, de toute une façon de vivre. La restitution de ce cadre d'éru- 



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BIBLIOGRAPHIE. 



465 



dition provinciale fait pénétrer bien avant dans le mouvement d’idées, 
dans l’ordre de sentiments qui s’y développaient en liberté, sans qu’une 
excessive et anormale centralisation intervint pour les déformer ou 
les stériliser. Ce tableau de la vie savante, tout imprégnée de lettres, 
telle que la menait dans une province française le correspondant des 
grands érudits parisiens de l’Abbaye, offre de cet état d’esprit un témoi- 
gnage continu de la portée la plus sérieuse. La solide étude que vient 
de lui consacrer M. Emmanuel de Broglie est à cet égard aussi histo- 
riquement que socialement instructive. 

Germain Lefèvre-Pontalis. 

R. Delachenal. Cartulaire du temple de Vaux . Paris, Àlph. Picard, 
4897. ln-8°, 425 pages. 

L’auteur a consacré ce travail à la publication d’un cartulaire con- 
servé à la bibliothèque de Lyon et concernant la commanderie des 
Templiers à Vaux (Isère), commanderie qui fut, à la suppression de 
l’ordre du Temple, réunie à la commanderie des Hospitaliers de Saint- 
Georges de Lyon. Ce cartulaire, ou plutôt ce rouleau, sorti des archives 
du grand-prieuré d’Auvergne, est entré à la bibliothèque de Lyon avec 
les collections de M. Coste, qui l’avait acquis. Il comprend 74 chartes 
du xii e siècle, dont, il est vrai, aucune n’offre un grand intérêt intrin- 
sèque ; mais l’histoire provinciale y pourra puiser d’utiles indications, 
et à ce titre le cartulaire méritait d'être publié. 

Les pièces sont éditées avec grand soin, une bonne table facilite les 
recherches, et, dans une courte mais substantielle introduction, M. D. 
a condensé tout ce qui devait être dit sur le cartulaire, ses vicissitudes, 
la commanderie de Vaux et son organisation. Le lecteur trouvera là 
de précieux renseignements sur le fonctionnement de l’ordre du Temple 
en Dauphiné, sur ses domaines, sur sa hiérarchie, toutes choses qui 
n’étaient pas connues jusqu’ici. 

Il faut savoir gré à l’auteur, en appliquant à un point spécial de 
l’histoire du Temple une patiente et sagace critique, d’avoir fourni un 
point d’appui solide à ceux qui voudront s’occuper de l’organisation 
et du développement, encore si peu connus, des Templiers dans 
notre pays. 

J. D. L. R. 

Cartulaire de la seigneurie de Fontenay-le-Marmion , provenant des 
archives de Matignon , publié par Gustave Saige. Impr. de Monaco, 
4895. In-4°, xl-230 pages. (Dans la Collection de documents his - 
toriques publiés par ordre de S. A . S. le prince Albert / ür , prince 
souverain de Monaco.) 

Le nouveau volume que M. Gustave Saige ajoute à la collection de 



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466 



BIBLIOGRAPHIE. 



documents tirés des archives du palais de Monaco provient d’une par- 
tie de ces archives, étrangère aux annales mêmes de la principauté, 
mais personnelle à l’histoire de la famille souveraine qui ouvre à 
l’érudition moderne avec tant de généreuse libéralité un incomparable 
dépôt. Le manuscrit qui donne lieu à cette édition représente une des 
rares épaves des archives seigneuriales des familles absorbées dans la 
maison de Matignon. Débris du chartrier de Torigny, où s’étaient fon- 
dus les titres de tant d’illustres descendances normandes, il se trou- 
vait tout naturellement désigné pour prendre place dans la série 
qui vient d’ètre citée, afin d’y figurer la Normandie, un des berceaux 
de la maison princière, dont l’heureuse initiative a créé de toutes 
pièces cette belle série de publications d’État. 

Le Gartulaire ainsi publié par M. Saige se compose de documents 
intéressant principalement la seigneurie de Fontenay-le-Marmion, au 
pays de Cinglais, dans la campagne de Caen, du milieu du xm e siècle 
au milieu du xiv®, pendant la période où elle fut en possession de la 
maison normande des Bertran, maison dont quelques titres, par 
diverses vicissitudes, ont pu passer aux Matignon. 

Il se compose de cent vingt-cinq documents, tous groupés entre les 
années 1245 et 1333, depuis l’acquisition de Fontenay-ie-Marmion par 
les Bertran, sauf sept se rapportant, entre 1165 et 1240, à l’époque où 
la seigneurie dépendait de ses premiers possesseurs, les Marmion. En 
appendice, leur sont ajoutées quatre pièces : trois, sous les dates de 
1245-1274, tirées d’un cartulaire presque semblable, celui de la sei- 
gneurie de Bricquebec, actuellement conservé dans la bibliothèque 
municipale de Caen, se rapportent à la branche des Bertran en posses- 
sion de Fontenay ; la dernière, provenant des registres du Trésor des 
chartes, est relative à l’institution de la foire de Fontenay en 1233. 

Les chartes qui composent cet intéressant assemblage sont, pour la 
plus grande moitié, rédigées en français. Sur soixante-treize, onze sont 
antérieures à 1300, la plus ancienne remontant à 1278. Dans la trans- 
cription, qui est du premier tiers du xiv« siècle, comme l’indique la 
date terminale, se retrouvent certaines formes particulières des docu- 
ments normands. Plusieurs actes, constitutions de dot, règlement de 
douaire, partage de seigneuries, fournissent des renseignements inté- 
ressants pour le droit public et privé. Le texte de ces chartes est publié 
avec grand soin, et une table chronologique, contenant un résumé de 
chaque pièce, vient en faciliter la consultation. 

Un Avant-Propos (p. v-vin), et une Introduction (p. ix-xl), éclairent 
toutes les questions relatives à ce curieux recueil de documents, dont 
le type se rencontre assez rarement, comme on sait, lorsqu’il s’agit 
d’une seigneurie laïque. Dans la seconde partie de l’introduction 
(p. xvii-xxxix), M. Saige a exposé avec beaucoup de soin l’historique 
de la seigneurie de Fontenay-le-Marmion et de ses diverses dynasties 
de possesseurs. 



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BIBLIOGRAPHIE. 



*167 



Les Marmion, auxquels Fontenay doit son nom distinctif, laissent trace 
dans Thistoire normande depuis la conquête de l'Angleterre : le pre- 
mier témoignage qui les constate installés à Fontenay remonte à 
Pan 1140. Par suite des dispositions prises par les rois de France, après 
la confiscation de la Normandie sur Jean Sans-Terre en 1204, et obli- 
geant les possesseurs de fiefs en Normandie et en Angleterre à choisir 
entre les deux souverainetés, Philippe Marmion cède Fontenay, avec 
tous ses biens continentaux, à Jeanne Tesson, dame de Thury, en Cin- 
glais, de la grande famille normande des Tesson, absorbée, avec elle et 
ses deux sœurs, dernières de leur nom, dans les maisons des Paynel, 
d'Harcourt et Bertran. Jeanne Tesson, dès avant 1240, était veuve de 
Robert IV Bertran, sire de Bricquebec, en Cotentin, de Roncheville 
et de Fauguernon en Lieuvin. Son fils Robert V, déjà héritier de son 
père, recueille dans la succession maternelle la terre de Fontenay, 
qui passe après lui, en 1274, avec Fauguernon, à son fils cadet Guil- 
laume, dans la descendance duquel elle se maintient encore au milieu 
du xiv e siècle, au moment où, vers 1333, est transcrit le présent car- 
tulaire. Marie Bertran, dernière de sa branche, mariée une première 
fois, sans enfants, à Jean Paynel, laisse Fontenay, avec Fauguernon, 
dans la seconde moitié du siècle, à sa fille Jeanne de Garancières, issue 
de second mariage, qui fait passer à son tour ces biens dans la famille 
de Montenay. Au temps de l’invasion anglaise, le seigneur de Fonte- 
nay-le-Marmion, seigneur aussi de Fauguernon, est Guillaume IV de 
Montenay, un des défenseurs de Caen en 1417, mort au désastre de 
Verneuil en 1424, dont le fils, seulement après la reconquête, peut 
recouvrer ses biens confisqués, attribués pendant l’occupation étran- 
gère à des personnages d’outre-Manche. 

A cette époque, le cartulaire de Fontenay-le-Marmion, tel qu'il se 
présente dans le manuscrit, est clos et arrêté depuis longtemps. Ces 
recherches postérieures, présentées par M. Saige, n’en offrent pas 
moins un réel intérêt, qui se poursuit dans l’historique de la seigneu- 
rie de Fontenay après l’extinction de la maison de Montenay, depuis 
la fin du xv e siècle jusqu’à la Révolution. 

Aucune ascendance de la maison de Matignon ne parait jamais 
avoir possédé la seigneurie de Fontenay-le-Marmion. La présence de 
ce cartulaire dans les archives de Torigny ne s’explique donc pas, si 
l'on ne pouvait conjecturer, et avec apparence de raison, que le pre- 
mier mariage de Marie Bertran, dernière de la branche de Fontenay, 
avec Jean Paynel, au milieu du xiv° siècle, a pu mettre une partie des 
titres de sa maison aux mains des Paynel, de qui, par les d’Estoute- 
ville, les Bourbon-Vendôme-Saint-Pol et les d’Orléans-Longueville, ils 
passèrent au chartrier des Matignon à Torigny, suivant ainsi les des- 
tinées successives des biens de ces familles. 

Une table alphabétique et analytique des noms et des matières, por- 



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468 



BIBLIOGRAPHIE. 



tant sur l'introduction comme sur les pièces publiées, termine cette 
érudite publication, où M. Saige met au jour un curieux document sei- 
gneurial, d'un ordre toujours rare par lui-même, et l’un des seuls qui 
aient survécu à la destruction déplorable d’un si riche et si précieux 
dépôt. 

Germain Lefèvre-Pontalis. 

Le Camp de Compiègne de 4739 , suivi d’un Menu royal , extraits des 
manuscrits de Scellier, avec introduction et notes, par le baron de 
Bonxault d’Hoüët, ancien élève de l’École des chartes. Compiègne, 
impr. Henry Lefebvre, 4 897. In-8°, 72 pages et 3 planches. 

Compiègne fut, de 1666 à 1847, le théâtre de nombreux camps d’exer- 
cice dont l’énumération a été donnée, il y a quelques années, par le 
colonel de Juzancourt, dans le Bulletin de la Société historique de Com- 
piègne (t. V). Le plus célèbre d’entre eux est celui de 1698, organisé 
pour l’instruction du duc de Bourgogne, dont les pompes nous ont été 
décrites par saint Simon et que rappelle un roman historique contem- 
porain, la Rivale travestie , de Nodot. Celui de 1739 n’avait pas eu jus- 
qu’à ce jour la même bonne fortune et seul un ouvrage technique, le 
Journal de l’ingénieur Le Rouge, nous faisait surtout connaître les 
essais de mines qui en avaient été les principaux motifs. En parcou- 
rant une volumineuse collection de manuscrits conservés à la biblio- 
thèque de la ville de Montdidier, notre confrère M. le baron de Bon- 
nault d’Houêt y a trouvé un récit anecdotique sous forme de lettres 
de ce camp, des exercices militaires auxquels il donna lieu et des 
nombreuses fêtes que la présence du roi et de la cour rendit fort bril- 
lantes. L’auteur de ce récit, signé d’un S, est un bourgeois de Mont- 
didier, du nom de Scellier, qui nous a laissé sur sa ville natale de 
nombreux travaux qui ont été déjà mis à profit par Victor de Beau- 
villé, dans son Histoire de Montdidier. 

Le récit du camp de Compiègne, que nous n’entreprendrons pas 
d’analyser, forme un chapitre curieux de l’histoire anecdotique de la 
cour sous Louis XV. Notre bourgeois curieux a assisté à tout : 
manœuvres, siège et prise du polygone, chasses, soupers, bals et 
représentations théâtrales ; son éditeur a cru nécessaire de contrôler 
ses indications et partout il les a trouvées justes; il les a complétées 
par de nombreuses notes historiques sur les personnages cités dans 
son récit et sur les corps de troupes qui ont pris part aux exercices de 
cette petite guerre qui dura une grande partie du mois de juillet 1739. 

Admis à voir dîner et souper le roi, ainsi que cela avait lieu à cette 
époque et s’est conservé jusqu’à la fin de la Restauration, Scellier a 
cherché à en emporter un souvenir, mais, n’ayant pu sans doute se 
procurer un menu des repas faits à Compiègne, il l’a remplacé par 



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BIBLIOGRAPHIE. 



J 69 

celui d’un souper donné à Marly le 23 mai précédent et qui lui aura 
été donné par quelque oilicier de bouche. C’est une planche, dessinée 
par Lafue et gravée par Pelletier, qui représente une table servie 
entourée d’une élégante bordure, au bas de laquelle, dans un car- 
touche où sont appuyés deux buveurs, est inscrite à la main la date 
du repas 4 . Imprimée des deux côtés, cette feuille porte également 
écrits à la plume, au recto, les noms des quarante-sept plats du pre- 
mier service; au verso, ceux des trente-six seulement du second. 
M. de Bonnault a reproduit la liste de ces plats, en fournissant quelques 
renseignements sur certains d’entre eux. 

Le Camp de Compïègne de il 39 fait partie d’une Collection de pièces 
rares relatives à V histoire de Compiègne, publiée par la Société histo- 
rique de Compiègne 2 ; l’intérêt de ce document et le soin apporté par 
M. de Bonnault d’Houët à sa publication le feront rechercher, non seu- 
lement par les curieux d’histoire locale, mais aussi par les personnes 
qui s’occupent du règne de Louis XV ou qui s’intéressent à notre 
ancienne armée dont la Sabretache a remis l’étude à la mode. 

M. 



La Loire d'autrefois, par Camille Bloch. Orléans, 4897. In-8°, 
59 pages. 

Comme les Brugeois, les Orléanais rêvent le relèvement de leur ville 
par le rétablissement des communications fluviales qui en avaient fait 
la prospérité. Le Zwin, qui faisait communiquer Bruges avec la mer, 
peu à peu s’est ensablé, et Bruges est morte; la Loire, le plus grand 
des fleuves de France, se dessèche l’été, coule avec violence et déborde 
aux saisons des crues ; Orléans a perdu son mouvement commercial. 
La Chambre de commerce d’Orléans s’eflorce d’obtenir que l’on fasse 
les travaux indispensables pour donner aux eaux de la Loire la profon- 
deur et la régularité d’écoulement nécessaire. Les Brugeois ont fait 
écrire, par leur éminent archiviste, M. Giiliodts-Van Severen, des 
études qui montrent la splendeur perdue et la possibilité de la retrou- 
ver; la Chambre de commerce d’Orléans a demandé à notre confrère, 
M. Camille Bloch, archiviste du Loiret, de montrer ce qu’Orléans dut 
à la Loire navigable, et que si celle-ci ne rend plus à ses riverains les 
services d’antan, c’est que, « comme une maîtresse jalouse, elle ne 
veut pas être négligée. » 

1. Cette planche n'existe pas au Cabinet des estampes de la Bibliothèque 
nationale. 

2. Les deux premières livraisons comprennent la réimpression du Séjour 
royal de Compiègne , de Charpentier (1647), et de V Almanach historique de 
Compiègne (1789), avec notes du comte de Marsy. 



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470 



BIBLIOGRAPHIE. 



Les trois conférences, que la Chambre de commerce a fait imprimer, 
sont d’un style clairet agréable; les faits sont exposés avec précision. 
Il ne faut pas demander à l’auteur des vues profondes, une érudition 
compliquée : il cherchait à instruire, peut-être plus encore à convaincre, 
et surtout peut-être à charmer. Aussi la poésie fait-elle dans ces pages 
agréablement diversion à la statistique. M. Bloch a cependant exposé 
de la manière la plus heureuse les efforts de l’ancienne communauté 
des Marchands-Fréquentants pour conserver à la Loire la régularité de 
son cours. 

Fr. F. -B. 

Les Fiefs du Mâconnais, ouvrage publié sous les auspices de l’Aca- 
démie de Mâcon, par L. Lex. Mâcon, Protat frères, 4897. In-8°, 
xxiii-287 pages. 

Sous ce titre, M. Léonce Lex a publié, avec le soin minutieux qu’il 
apporte à toutes ses productions, une analyse du Papirus feodatariorum 
comitatus et baillivie Matisconensis 4 , véritable cartulaire des fiefs de la 
prévôté de Mâcon, de la châtellenie de Saint-Symphorien-le-Ghâtel, 
aujourd’hui Saint-Symphorien-sur-Coise, en Lyonnais, des châtelle- 
nies de Ghâteauneuf, de Cbarlieu, du Bois-Sainte-Marie, de Saint- 
Gengoux et de la prévôté de Saint-André-le-Désert, cartulaire rédigé 
au commencement du xv® siècle et comprenant des actes de 1306 à 
1389, plus un supplément ajouté au xvm® siècle pour des actes de 1217 
à 1474. A cette analyse sont joints les textes du rôle des nobles de 
Mâconnais en 1478, d’après le cartulaire de la ville de Mâcon, dit le 
« despourveu; » du rôle du ban et de l’arrière-ban vers 1540, d’après 
les Antiquitez de Moscou , de Saint-Julien de Balleure, et du rôle des 
possédant fiefs en 1560. Ges textes occupent les pages 29-62 du volume 
et sont suivis de la reproduction de 496 analyses de documents de la 
Chambre des comptes de Bourgogne de 1451 à 1789, dues les unes à 
Peincédé, garde des livres de la Chambre des comptes, les autres au 
conseiller doyen Nicaise, et revisées par M. L. Enfin l’ouvrage est ter- 
miné par le rôle de la noblesse en 1789. 

On pourrait peut-être reprochera M. L. d’avoir donné à son livre un 
titre inexact. Sous ce titre de les Fiefs du Mâconnais , on 6’attendrait à 
trouver soit une étude sur la féodalité en Mâconnais, soit, sous forme 
de dictionnaire, une série de notices sur les fiefs, tandis que l’ouvrage 
n’est en réalité qu’un inventaire, mais inventaire si soigneusement 
établi qu’il ne laisse prise qu’à de légères critiques : omission de la 
description de cet inventaire des hommages et aveux du Mâconnais, 
signalé, col. 388, par l’état sommaire des Archives nationales (1891); 

1. Arch. de la Côte-d'Or, B. 10437; Arch. nat., P. 595. 



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BIBLIOGRAPHIE. 



474 



absence d’une liste générale des fiefs du Màconnais, soit dans l’ordre 
alphabétique, soit par châtellenies; cette liste, il est vrai, se trouve 
dans 1’ c index toponomastique, > mais sans les identifications pour 
lesquelles il faut recourir au texte et noyée en quelque sorte au milieu 
d’une masse de noms étrangers à la région ; rareté des notes autres que 
celles d’identification, et, ceci est critique plus personnelle, l’existence 
de deux tables, table « toponomastique, » table « onomastique. » Pour 
un ouvrage de ce genre, une seule table générale des noms de per- 
sonnes et de lieux eut peut-être été préférable. Les possesseurs de 
fiefs étant fort souvent, dans les documents autres que les aveux et 
dénombrements, désignés simplement par le nom de l’une de leurs 
possessions, les recherches seraient plus faciles et surtout plus rapides 
dans un seul index. 

Par contre, on doit savoir gré à M. L. du travail toujours difficile 
des identifications : la presque totalité des noms du Màconnais est 
identifiée de manière certaine; de même les noms étrangers, pour les- 
quels on pourrait relever tout au plus quelques erreurs légères; ainsi, 
p. 8, le nom du pays de Jarez doit s’écrire Jares , comme on écrit 
Forez, malgré toute l’autorité du Dictionnaire des postes , qui donne 
l’orthographe Jarret ; Amplepuis (p. 14), l’Amplepuis des Beaujeu, des 
Nevers et des Rebé, est non une commune du canton de Thizy, mais 
un chef-lieu de canton du département du Rhône. 

En résumé, non seulement on doit être reconnaissant à M. L. de 
son laborieux travail, mais il serait à souhaiter qu’il le poursuivit pour 
les autres parties du département de Saône-et-Loire, apportant ainsi 
une contribution plus large à l’étude de la géographie et de l’histoire 
de la France féodale. 

G. G. 

Dictionnaire topographique du département de la Savoie , par 
J.-J. Vernier. Chambéry, imprimerie savoisienne, 4897. In-8°, 
834 pages. 

Un Épisode de la guerre de la succession d’Espagne. Le siège de 
Turin de 1700 , par J.-J. Vernier. Chambéry, 4897. In-8°, 
434 pages. (Extrait des Mém. de l' Acad, de Savoie , 4 e série, t. VI.) 

Notre jeune confrère de Chambéry vient de donner l’exemple assez 
rare d’un archiviste s’attelant dès le début de sa carrière au Diction- 
naire topographique du département dans lequel il avait été envoyé, 
et menant à bonne fin, dans un délai de quelques années, cette œuvre 
de longue haleine que tant de travailleurs sérieux renoncent à pour- 
suivre. En félicitant M. Vernier de l’intelligente initiative qu’il a 
déployée en publiant à ses frais le Dictionnaire topographique de la 
Savoie , permettant ainsi aux érudits de jouir plus rapidement de son 



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m 



BIBLIOGRAPHIE. 



travail, il convient de louer la précision et la sobriété des notices his- 
toriques consacrées aux diverses communes, aux châteaux et aux 
lieuxdits intéressants de ce département, qualités qui font de ce réper- 
toire un instrument de travail complétant heureusement la série 
publiée par l’Imprimerie nationale. L’auteur a d’ailleurs suivi le plan 
adopté dans cette collection. Une copieuse introduction renferme des 
résumés très nets sur la géographie historique de la Savoie et des 
tableaux généraux sur les diverses circonscriptions administratives, 
religieuses ou judiciaires, non seulement des anciennes provinces 
correspondant au département actuel de la Savoie, mais aussi de tout 
le duché de Savoie; par conséquent les anciennes provinces démem- 
brées de ce duché pour former le département de la Haute-Savoie sont 
mentionnées avec l’indication des diverses communes les composant 
dans ces documents généraux. La longue nomenclature des ouvrages 
qui ont servi à l’élaboration de ce Dictionnaire est un bon garant du 
soin apporté à son exécution. Il y a dans celte liste une lacune sans 
doute involontaire, celle de l’ouvrage du baron A. Manno, intitulé : 
Dizionario feudale degli antichi stati continentali délia monarchia di Savoia, 
publié à Florence il y a quelques années et contenant notamment pour 
la Savoie des analyses d’investitures féodales du xvm e siècle intéres- 
santes parce qu’elles sont données d’après des documents des archives 
camérales de Turin. Cet ouvrage et celui que le chanoine Grillet 
publia en 1807 sous le titre de Dictionnaire des départements du Mont- 
Blanc et du Léman étaient les deux seuls travaux à l’usage des érudits 
pour le département de la Savoie : l’un par sa brièveté, l’autre par la 
forme de sa rédaction ne pouvaient satisfaire les exigences actuelles. 
Le Dictionnaire topographique de M. Vernier vient avec succès com- 
bler cette lacune. 

Pour se distraire de la préparation de cette œuvre ardue, M. Vernier 
a rassemblé les éléments de substantielles notices sur des points inté- 
ressants de l’histoire de Savoie qui deviennent, en raison de la part 
importante prise par les princes de ce nom dans les guerres des diverses 
puissances européennes, d’utiles contributions à l’histoire générale. 
Par exemple, ceux qui s’intéressent à la guerre de la succession d’Es- 
pagne liront avec proût la Relation d’un des épisodes les plus mémo- 
rables de cette période, le siège de Turin en 1706 défendu victorieuse- 
ment par les armées alliées contre les troupes françaises, épisode qui 
a suscité, surtout parmi les érudits piémontais, une abondante litté- 
rature dont on trouvera la bibliographie dressée par le comte d’Oncieu 
de la Bâtie dans la relation publiée par M. Vernier. Ce document est 
inédit; il est intéressant parce qu’il a été rédigé peu après les événe- 
ments par un témoin oculaire qui faisait partie de l’armée assiégée; il 
renferme des détails curieux qui ne se trouvaient pas dans le Journal 
tant de fois publié du comte Solar de la Marguerite, commandant 



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BIBLIOGRAPHIE. 



m 

l’artillerie de la place assiégée. Dans une introduction, M % . Vernier a 
présenté avec clarté les principaux faits qu’il était nécessaire de se 
rappeler pour comprendre l’intérêt du siège de Turin. C’est un bon 
chapitre d’histoire. 

M. B. 

Inventaire des archives de l’abbaye de Stavelot-Malmédy, conser- 
vées à Dusseldorf , Bruxelles , Liège , Londres , Berlin, Paris, 
üanau, etc ., par Joseph Halkin, docteur en philosophie et lettres, 
etc. Liège, Grandmont-Donders, éditeur, 4897. In-8°, 234 pages. 
(Extrait du tome VII des Bulletins de la Commission royale d’his- 
toire de Belgique .) 

M. J. Halkin, se proposant de publier un Recueil des chartes de 
l’abbaye de Stavelot, a commencé par en réunir les éléments épars et 
s’est vu obligé de faire, comme travail préparatoire, l’inventaire qu’il 
publie aujourd’hui. En effet, les moines bénédictins fuyant à l’époque 
de la Révolution devant les armées françaises transportèrent leurs 
archives à Hanau, près de Francfort-sur-le-Mein, et à Olpé en West- 
phalie. Celles-ci périrent dans un incendie, les autres furent rachetées 
par le gouvernement prussien et sont conservées depuis 1833 à Dus- 
seldorf. 

L’inventaire, qui comprend 1,122 numéros, montre comment la 
principauté de Stavelot-Malmédy était régie, quelles étaient ses insti- 
tutions politiques, civiles et judiciaires, et signale quantité de docu- 
ments utiles pour écrire l’histoire des communes du pays de Stavelot. 
Il existe encore aujourd’hui environ 600 documents originaux et plus 
d’un millier de registres et de fardes , c’est-à-dire de liasses, à Dussel- 
dorf, à Bruxelles, à Liège, à Malmédy, à Vienne, à Berlin, à Londres 
et à Paris. 

Les chartes de l’abbaye publiées soit par Martène et Durand dans 
VAmplissima collectio, soit par Ritz, Urkunden zur Geschichte des Nieder - 
rheins , etc., sont fort incomplètes en ce qui concerne les xin® et 
xiv° siècles, et le travail annoncé par M. Halkin sera tout à fait 
bien venu. 

Parmi les documents conservés à Dusseldorf, nous mentionnerons 
les suivants d’après l’inventaire : 

1° Registre coté A 8 : Codex abbatiarum Stabulaus et Malmundaris 
sæc . XI 1 in finem vergentis. 

2° Registre coté A 9 : Codex monasteriorum Stabulaus et Malmun- 
darii sæc . Xll-XUl coniinens épis to las abbatis Wiboldi. 

N° 122. Deux feuillets de parchemin d’un calendrier de l’abbaye, du 
xu e siècle, trouvés dans un registre de comptes et publiés aux p. 61-67 
de l’inventaire. 



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BIBLIOGRAPHIE. 



474 

Enfin, sous les n ot 474 et 475, des pièces relatives aux guerres de la 
France et de ses alliés contre l’empire, 1650-1690, et d’autres relatives 
à la révolte des officiers de la principauté pendant la Révolution et 
à l’occupation du pays par les Français, 1789-1793. 

A remarquer aussi parmi les titres conservés à Bruxelles des manus- 
crits liturgiques de l’abbaye des x® et xi® siècles (n 05 643 à 648). 

A. Bruel. 

P. L.-Jos.-Marie Gros, S. J. Saint François de Xavier , de la Com- 
pagnie de Jésus. Son pays y sa famille , sa vie . Documents nou- 
veaux, 4 "série. Toulouse, A. Loubens, 4894. In- 8°, x-544 pages. 
5 fr. 

Le livre du R. P. Gros se présente sous une forme assez singulière. 
La composition en est des plus rudimentaires, et c’est à peine si 
quelques lignes de texte relient les unes aux autres les pièces fort 
nombreuses qui y sont simplement intercalées, sans s’y fondre. Il est 
vrai que l’auteur s’est défendu d avoir voulu écrire une histoire de 
saint François de Xavier, et il déclare qu’il a seulement cherché à 
réunir, pour les biographes futurs du saint, des documents nouveaux. 
Ces documents, il les a recueillis pour la plupart dans les archives de 
Pampelune; quelques-uns proviennent d’archives particulières. Le 
R. P. Gros s’est contenté d’analyser les pièces d’intérêt secondaire; 
pour les autres, les plus importantes, il a eu le tort, à notre avis, puis- 
qu’il ne prétendait pas écrire un livre, de ne nous donner que la tra- 
duction, au lieu du texte original, ce qui est préférable dans une 
sérieuse publication de documents. 

Ges pièces sont groupées en chapitres. Très nombreuses, elles n’ont 
en majorité que des rapports assez lointains avec la biographie de 
saint François de Xavier; la plus grande partie de l’ouvrage, et ce 
n’est pas la moins originale, est consacrée à une sorte de monogra- 
phie des familles de Jassu et d’Azpilcueta, d’où étaient issus le père et 
la mère de saint François. Le R. P. Gros nous a donné là une série 
de documents très précieux pour l’histoire intérieure de la Navarre à 
la fin du xiv® et au cours du xv« siècle. Grâce à elles, on pénètre dans 
la vie intime des petits seigneurs navarrais de cette époque. On les y 
voit aux prises tantôt avec leurs tenanciers, tantôt avec le pouvoir 
royal pour la défense de leurs droits, allant même jusqu’à se mettre 
en lutte ouverte contre les usurpations de la Castille. Par leurs lettres, 
leurs testaments, leurs procès, leurs actes divers, on apprend com- 
ment ils vivaient, comment ils géraient leur fortune, quelles étaient 
leurs ambitions, de quelle manière ils élevaient leurs enfants, com- 
ment ils entendaient la pratique de la religion. A ce titre, l’ouvrage 
du R. P. Gros mérite d’attirer l’attention non seulement des hagio- 



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BIBLIOGRAPHIE. 475 

graphes de l’apôtre des Indes et du Japon, mais aussi de tous ceux qui 
s’intéressent à l’histoire de la Navarre espagnole. 

H. Léonardon. 



LIVRES NOUVEAUX. 

SOMMAIRE DES MATIÈRES. 

Généralités, 33, 217, 231. 

Sciences auxiliaires. — Épigraphie, 162, 188, 235. — Paléographie, 
84, 278. — Chronologie, 170. — Bibliographie, 19, 34, 104, 151, 168, 
204. — Bibliothèques, 127, 304, 308, 364, 404; manuscrits, 17, 86, 108, 
160, 295, 296, 327, 330, 394; imprimés, 18, 129, 207. — Typographie, 
13, 45, 80, 143, 164. — Ex-libris, 173. — Bibliophilie, 284. 

Sources. — Légendes, 338. — Chroniques, 10, 78, 326. — Corres- 
pondance, 299. — Diplomatique, 335, 370. — Archives, 70, 262, 310. 

— Cartulaires, etc., 51, 52, 61-63, 85, 195, 230, 274. — Chartes, 270. 

— Regestes, 36, 283. — Inventaires, 75, 196. 

Biographie, généalogie. — Angleterre, 113; Aldobrandeschi, 126; 
Amat, 9; Arooers, 387 ; Angelico, 368; Anjou, 342; Aps, 147 ; Jeanne 
d’Arc, 67, 73, 243, 301 ; Bagnac, 72 ; Barbarin, 72 ; Boccace, 115 ; Bour- 
bon, 112 ; Brandebourg, 375; Bruno de Segni, 158 ; Calabre, 254; Facino 
Cane, 148; Cardaillac, 109; Cavalca, 140; Chabannes, 68; Charlemagne, 
184, 297,403; Charles VII, 64; Chartier, 203; Chrétien, 245; leCid, 79; 
Conrad, évêque de Constance, 272; Consalvo, 408; Constantin van Hal- 
male, 8; Dal Verme, 117; Dante, 43, 115, 213, 279, 309, 344, 398; 
Donskoi, 114; saint Dunstan, 306; Édouard I er , 36; Élisabeth d’Ara- 
gon, 409; saint Éloi, 12; Eugène IV, 163; Simon Fidato da Cascia, 
140; saint François d’Assise, 41 ; Henri IV, 11 ; Henri V, 11 ; Henri VI, 
162; Hroznata, 391; Innocent IV, 195; Jean de Berghes, 8; Lespinay, 
260; saint Louis, 106; Mahomet, 161, 223; Maillard, 119; Marcel, 238; 
saint Martin, 22, 139; Massey, 269; Nicolas V, 307; Nogaret, 187; 
Orsini, 126; Papon de Virât, 72; Pelerin,281; Perticari, 285; saint Pol 
Aurélien, 373; saint Pierre Damien, 259; Pierre Peccator, 259; Pierre 
Lombard, 279; Raban, 118; Richard II, 283; Rudel, 408; Ruysbroeck, 
390; Sabran Pontevés, 153; Saint-Martin de Bagnac, 72; Schulenburg, 
354; Sforza Visconti, 254; Silly, 337; Sornin, 72; Tarente, 342; 
Urbain V, 4; Visconti, 57. 

Géographie, 69, 175. 



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476 



BIBLIOGRAPHIE. 



Droit, 7, 25, 48, 65, 95, il6, 133, 202, 224-227, 330. 

Institutions, 21, 23, 26, 74, 90, 91, 149, 176, 228, 229, 367, 377, 
388, 395. 

Moeurs, histoire économique, 35, 58 bis , 59, 137, 145, 174, 328, 333, 
334, 389. 

Enseignement, sciences, 111, 206, 266, 355, 369, 378, 406. 

Religions. — Judaïsme, 141. — Catholicisme, 123, 215, 264, 331; 
croisades, 237; ordres religieux, 52, 263, 411; liturgie, 16, 92. 

Archéologie, 2, 15, 38-40, 56, 71, 75, 81, 204, 214, 239, 247, 255, 280, 
294, 319, 345, 351, 356, 383, 385, 394, 398. — Architecture, 30, 32, 66, 
83, 138, 194, 241, 258, 372, 407, 410. — Art militaire, 88. — Sculpture, 
121, 402. — Peinture, 128, 179, 205, 273, 282, 292, 405, 410. — Verre- 
rie, 240, 374. — Tapisserie, 357. — Musique, 268, 352. — Danse, 401. 

— Numismatique, 8, 64, 101, 132, 147, 200, 201, 275, 325, 339, 340, 
380, 386. — Sphragistique, 77, 109, 323. — Héraldique, 124, 191. 

Langues et littératures. — Latin, 183, 193, 252, 320. — Langues 
romanes, 152, 167, 286; français, 10, 27, 105, 171, 277,350; provençal, 
249; italien, 43, 44, 60, 102, *135, 166, 234, 285, 290, 302, 309, 341, 363, 
366; catalan, 131; espagnol, 218. — Langues germaniques, 210; anglo- 
saxon, 6, 349, 360; anglais, 76, 97, 365; flamand, 387; néerlandais, 98. 

— Langues Scandinaves, 293, 305. — Langues slaves, 136, 242, 317. — 
Langue magyare, 122. — Langues sémitiques, 49. 

SOMMAIRE GÉOGRAPHIQUE. 

Allemagne, 2, U, 15, 38, 42, 81, 99, 145, 156, 169, 174, 180, 186, 198, 

208, 212, 274, 289, 313, 324, 345, 346, 351, 356, 371, 393, 399. 
Alsace-Lorraine, 316, 326, 353. 

Autriche-Hongrie, 85, 157, 192, 216, 271, 276. 

Espagne, 65, 95, 103, 130, 219, 312, 329. 

France, 361. — Bigorre, 37; Bretagne, 381 ; Champagne, 13; Foix, 
21; Gascogne, 233; Maine, 237; Normandie, 294 ; Périgord, 336; Picar- 
die, 303; Vermandois, 91. — Ain, 50; Aisne, 322; Ardennes, 197 ; Cha- 
rente, 287; Côte-d’Or, 397; Côtes-du-Nord, 120; Creuse, 82; Gironde, 
51; Hérault, 125, 182; Loir-et-Cher, 62; Loire, 189; Haute-Loire, 66, 
372, 382; Loire-Inférieure, 164; Manche, 291,318; Marne, 159, 172; 
Meurthe-et-Moselle, 199 ; Meuse, 270; Morbihan, 220 ; Nord, 137; Oise, 
87; Pas-de-Calais, 74, 250; Rhône, 384; Savoie, 155, 392; Seine, 376; 
Seine-et-Marne, 190; Seine-et-Oise, 154, 400; Seine-Inférieure, 246; 
Somme, 63, 100; Var, 236, 379; Vienne, 45, 253 ; Vosges, 30; Yonne, 46. 
Grande-Bretagne, 1, 14, 47, 83, 89, 93, 165, 168, 176, 181, 185, 194, 

209, 257, 315, 321, 359, 362. 



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BIBLIOGRAPHIE. 177 

Italie, 19, 28, 29, 39, 54-56, 58, 58 bis, 59, 96, 107, 134, 144, 146, 
148-150, 155, 178, 211, 224-227, 244, 248, 254, 261, 298, 343. 

Pays-Bas, 24, 98, 110, 228, 229, 288, 314, 388, 389, 396. 

Pays Scandinaves, 256, 267, 367. 

Rus8ie, 114, 251. 

Suisse, 31, 348, 358. 

Orient, 3, 5, 141, 142, 222, 232, 263, 332. 

Afrique, 20, 53, 106, 311. 

Amérique, 177. 

1. Addleshaw (P.). Cathédral church of Exeter. London, Bell, 1898. 
In-8°, 124 p. 1 s. 6 d. 

2. Aeltere Denkmàler der Baukunst und der Kunstgewerbe in Halle 
a. S. 3. Heft. Halle, M. Niemeyer, 1898. In-4°, 4 p., 15 pl. en phototy- 
pie. 4 m. 

3. Aqhassi. Zeîtoun depuis les origines jusqu'à l'insurrection de 1895. 
Traduction d’Archag Tchobanian. Préface de Victor Bérard. Paris, 
Mercure de France, 1897. In-16, 323 p. 3 fr. 50. 

4. Albanès (chanoine J.-H.). Actes anciens et documents concernant 
le bienheureux Urbain V. Publiés par le chanoine Ulysse Chevalier. 
Tome I. Paris, Alphonse Picard ; Marseille, P. Ruât, 1897. In-8°, 488 p. 

5. Albert de Saint-Sauveur. Le Sanctuaire du Mont-Carmel depuis 
son origine jusqua nos jours. 2® édition. Lille, Desclée, de Brouwer et 
C ie , 1897. In-8°, 244 p., 15 grav. 

6. Alfred’s (Kônig) Uebersetzung von Bedas Kirchengeschichte. 
Herausgegeben von Jac. Schippe. 1. Leipzig, G. -H. Wigand, 1897. 
In-8°, ix-272 p. (Bibliothek der angelsàchsischen Prosa, IV, 1.) 15 m. 

7. Altmann (Wilhelm). Die alte Frankfurter deutsche Uebersetzung 
der goldenen Bulle Kaiser Karls IV. Weimar, H. Bôhlau’s Nachf., 
1897. In-8°, 43 p. (Extrait de la Zeitschrift der Savigny-Stiftung.) 0 m. 80. 

8. Alvin (Frédéric). Jetons belges du xv® siècle. Constantin van Hal- 
male, Jean de Berghes, la chambre des comptes de Brabant. Bruxelles, 
J. Goemaere, 1898. In-8°, 16 p., 1 pl. (Extrait de la Revue belge de 
numismatique.) 1 fr. 

9. Amat (Charles-Louis). Généalogie des Amat d’Auvergne. Toulouse, 
impr. Chauvin et fils, s. d. In-8°, 64 p., fig. 

10. Ambroise. L’Estoire de la guerre sainte. Histoire en vers de la 
3® croisade (1190-1192). Publié par Gaston Paris. Paris, Leroux, 1897. 
In-4®, xc-593 p. 

4898 42 



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BIBLIOGRAPHIE. 



178 

11. Annalen der deutschen Geschichte im Mittelaiter. Von der Grun- 
dung des fràakischen Reichs bis zum Untergang der Hohenstaufen. 
III. Abt. 2 Bd. 1 : Annalen des deutschen Reichs im Zeitalter Hein- 
richs IV. Bearbeitet von Gustav Richter. 2 : Annalen des deutschen 
Reichs im Zeitalter Heinrichs V und Lotharsvon Sachsen. Bearbeitet 
von Horst Kohl und Walter Opitz. Mit einem Anhang : Ernst Devrient, 
Die deutsche Reichsverfassung unter den sàchsischen und salischen 
Herrschern. Halle, Buchh. des Waisenhauses, 1898. In-8°, vm-782 p. 
16 m. 

12. Arbellot (abbé). Vie de saint Êloi. Limoges, V* Ducourtieux; 
Paris, Haton, 1897. In-8°, 57 p. 

13. Assier (Alexandre). Pièces rares ou inédites relatives à l’histoire 
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xv«-xvi« siècle. Paris, Lechevalier, 1898. In-12, 60 et 60 p. (Nouvelle 
bibliothèque de l’amateur champenois.) 5 fr. 

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male Bambergs. Der Dom zu Bamberg. I. München, L. Werner, 1897. 
In-fol., 1 p., 30 pl. 30 m. 

16. Aus dem Psalterium aureum der Stiftsbibliotek in St.-Gallen. 
St.-Gallen, A. und J. Hôppel, 1897. In-fol., 6 pl. 6 m. 

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manuscrits français. Ancien Saint-Germain français. Tome I, n°» 15370- 
17058 du fonds français. Paris, Ernest Leroux, 1898. In-8°, xi-654 p. 
7 fr. 50. 

18. Badische Bibliothek. Systematische Zusammenstellung selbstan- 
diger Druckschriften über die Markgrafschaften, das Kurfürstenthum 
und Grossherzogthum Baden. I. Staats-und Rechtskunde. Karlsruhe, 
A. Bielefeld, 1898. In-8°, xn-211 p. 5 m. 

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CHRONIQUE ET MELANGES 



Les élèves de l’École des chartes, de la promotion de 1898, ont sou- 
tenu leurs thèses le 24, le 25 et le 26 janvier. Voici les titres des tra- 
vaux qu’ils ont soumis au jury d’examen : 

La philologie musicale des trouvères, par Pierre Aubry. 

Les Loazim de Gerschom ben Juda (950?-1028), par Louis Brandin. 

Noël Béda, principal du collège de Montaigu, syndic de la Faculté 
de théologie de Paris (?— 1537), par Pierre Caron. 

Florimond Robertet, secrétaire du roi et trésorier de France (?-1527), 
par Émile Dacier. 

La prévôté de Paris sous Charles V. — Hugues Aubriot, par Eugène 
Déprez. 

L’ordre des Trinitaires pour le rachat des captifs (1198-1594), par 
Paul Deslandres. 

Antoine Vérard, par Gaston Duval. 

Contribution à l’histoire du régime des terres. — Le contrat de com- 
ptant, par Roger Grand. 

Le corps royal des galères sous Louis XIV (1661-1715), par Henry 
Lachenaud. 

Examen critique des chartes mérovingiennes et carolingiennes de 
l’abbaye de Corbie (vn®-x e siècles), par Léon Levillain. 

Étude sur les origines de la gabelle et sur son organisation jusqu’en 
1380, par Gabriel Pérouse. 

Essai sur Charles de Valois (1270-1325), par Joseph Petit. 

Essai sur le commun de paix ou pezade dans le Rouergue et dans 
l’Albigeois, par Joseph Poux. 

Charles HI le Noble, roi de Navarre; ses rapports avec la France, 
par Édouard Privât. 

La bibliothèque de don Ifiigo Lopez de Mendoza, marquis de Santil- 
lane. — Contribution à l’étude de l’érudition en Espagne au xv® siècle, 
par Mario Schiff. 

L’historiographie à Saint-Benoit-sur-Loire. — Les miracles de saint 
Benoit, par Alexandre Vidier. 

Le jury d’examen a déclaré l’épreuve très satisfaisante et a signalé 
à M. le Ministre, comme particulièrement remarquables, les thèses de 
MM. Levillain, Deslandres, Déprez et Vidier. 



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208 CHRONIQUE BT MÉLANGES. 

Les thèses ont été classées comme il suit par ordre de mérite : 

1. Thèse de M. Levillain. 

2. — MM. Deslandres, Déprez et Vidier. (2fo æquo.) 

3. — MM. Aubry et Petit. (Ex æquo,) 

4. — M. Lachenaud. 

5. — MM. Poux et Schiff. (Ex æquo,) 

6. — MM. Grand et Pérouse. (Ex æquo.) 

7. — MM. Brandin, Caron et Privât. (Ex æquo.) 

8. — M. Dacier. 

9. — M. Duval. 

— Par arrêté ministériel du 2 février 1898, ont été nommés archi- 
vistes paléographes dans l’ordre de mérite suivant : 

MM. 1. Deslandres. 

2. Petit. 

3. Déprez. 

4. Pérouse. 

5. Poux. 

6. Vidier. 

7. Grand. 

8. Dacier. 

9. Caron. 

10. Aubry. 

11. Brandin. 

12. Privât. 

Ont été nommés archivistes paléographes, hors rang, comme appar- 
tenant à des promotions antérieures : 

MM. Duval. 

Lachenaud. 

Levillain. 

Schiff (à titre étranger). 

— La Société de l’École des chartes a été cruellement éprouvée 
dans ces derniers mois. Nous avons à annoncer aujourd’hui la mort 
de quatre confrères : 

M. l’abbé Paradis, curé de Sainte-Marguerite à Paris, décédé le 
30 janvier 1898; 

M. Auguste de Loye, ancien conservateur du musée Calvet à Avi- 
gnon, chevalier de la Légion d’honneur, décédé le 6 mars 1898; 

M. Henry Forgeot, archiviste aux Archives nationales, décédé le 
17 mars 1898 ; 

M. Alphonse- Anatole Vétault, bibliothécaire de la ville de Rennes, 
décédé le 19 mars 1898. 



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CHRONIQUE ET MÉLANGES. 



209 



AUGUSTE DE LOYE. 

Un sentiment de profonde tristesse saisit lorsque, en avançant dans 
la vie, on voit disparaître un à un ceux que Ton a connus et dont on 
a pu apprécier le mérite et la bonne confraternité. J’ai ressenti cette 
impression en apprenant la mort de A. de Loye, arrivée à Avignon le 
6 mars dernier. 

Auguste-Lubin-Esprit de Loye naquit le 14 mars 1816 à Serignac 
(Vaucluse). Après avoir fait des études juridiques qui lui permirent 
d’ètre inscrit au barreau de Paris, il se présenta au concours de l’École 
des chartes, fut admis le premier et conserva ce rang deux ans plus 
tard, lorsqu’il fut nommé archiviste paléographe. Ensuite il se consacra 
exclusivement à l’étude de l’histoire et de l’archéologie. A. de Loye 
avait fait partie d’une promotion de jeunes érudits qui, tous, con- 
quirent une certaine notoriété : Aubineau, Janin, Duchalais, Dareste. 
Son brillant passage à l’École des chartes le fit distinguer par Augus- 
tin Thierry et Benjamin Guérard qui l’associèrent à leurs travaux. 

En 1851, A. de Loye fut appelé à la direction des archives départe- 
mentales d’Indre-et-Loire, et, deux ans plus tard, la Commission 
administrative du Musée Calvet le demandait pour organiser ces riches 
collections en tout genre auxquelles il fut préposé pendant quarante 
années. A Tours, avec son esprit d’ordre, il commença un vaste clas- 
sement ; à Avignon, il passa sa vie à mettre un ordre méthodique dans 
les séries multiples de cet établissement, à remanier et compléter les 
catalogues, à continuer l'œuvre du créateur du musée en y faisant 
entrer des richesses de tout genre. 

A. de Loye publia des notices sur les tableaux, les statues et les bas- 
reliefs et mit au point les catalogues et les inventaires des différentes 
séries. — Il ne fit pas de gros volumes, mais donna une active collabo- 
ration aux Revues les plus estimées : la Bibliothèque de l'École des chartes, 
la Revue archéologique , la Revue numismatique , les publications de la 
Société des antiquaires de France et du Comité des travaux historiques, 
etc. Les beaux-arts, l’archéologie proprement dite, la numismatique, 
l’histoire étaient également étudiés avec grande compétence par notre 
regretté confrère. 

Je suis convaincu que ce ne sont pas les gros volumes, souvent 
encombrés de compilations et de redites, qui rendent exclusivement 
service à la science. Le moindre mémoire, une simple note lorsque 
l’on y trouve une idée nouvelle et bien exposée ont aussi une vraie 
valeur; leur défaut c’est de se trouver semés un peu au hasard. Le 
meilleur monument à élever à la mémoire d’un savant consiste, lors- 
qu’il n’est plus, à réunir son œuvre en un seul faisceau. — C’est le vœu 
que je forme en l’honneur de A. de Loye. 

4898 44 



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210 



CHRONIQUE ET MÉLANGES. 

Il était chevalier de la Légion d’honneur, officier de l'Instruction 
publique. Ce sont les seules récompenses officielles attribuées aux longs 
et consciencieux travaux de notre confrère dont tous ses contemporains, 
et moi personnellement, avons connu la modestie, l'urbanité, la com- 
plaisance et le rare mérite. 

A. de B. 



BIBLIOGRAPHIE DES TRAVAUX d’aUG. DE LOYE. 

1. Biographie portative universelle. Paris, J. -J. Dubochet, 1844. 
In-12, 990 p. 

En collaboration avec L. Lalanne, L. Renier, Th. Bernard, C. Laumier, 
S. Choler, J. Mongin, E. Janin et C. Friess. 

2. Patria. La France ancienne et moderne. Paris, J.-J. Dubochet, 
1847. In-12, iv p., 2752 col., 124-xliv p. 

En collaboration avec J. Aicard, F. Bourquelot, etc. 

3. Notice des tableaux et des portraits exposés dans les galeries du 
musée Calvet de la ville d’Avignon. Avignon, F. Seguin, 1858. In-8°, 
172 p. — 2 e éd. Ibid., Seguin frères, 1879. In-8°, 317 p. 

4. Augustin Boudin. Li Set Garbetto, poésies provençales avec tra- 
duction française, publiées et annotées par A. de Loye. Avignon, 
Aubanel frères, 1879. In-8°, lxii-565 p. 

5. Notice des statues, bustes, bas-reliefs et autres ouvrages de sculp- 
ture de la Renaissance et des temps modernes exposés dans les gale- 
ries du musée Calvet de la ville d'Avignon. Avignon, Seguin frères, 1881 . 
In-16, vn-103 p. 

6. Pétrarque et le monastère des dames de Saint-Laurent à Avignon. 
(Annales du Midi, t. Il, 1890, p. 463-477. — Tirage à part. Toulouse, 
E. Privât, 1890. In-8°.) 

7. Des chartes lapidaires en France. ( Bibliothèque de V École des chartes , 
2 e série, t. III, 1846, p. 31-42, 548. — Tirage à part. Paris, typ. Fir- 
min-Didot frères, 1846. In-8°.) 

8. Inscriptions grecques et latines découvertes à Vaison ou dans les 
environs. (Ibid., 2 e série, t. IV, 1847-1848, p. 305-338. — Tirage à part. 
Paris, typ. Firmin-Didot frères, 1848. In-8°.) 

9. Des Edenates et de la ville de Seyne en Provence. (Ibid., 2 e série, 
t. V, 1849, p. 393-412. — Paru aussi dans la Revue numismatique, janv.- 
févr. 1850, p. 28-56, sous ce titre : Des Edenates et des monnaies de la 
ville de Seyne en Provence.) 



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CHRONIQUE BT MÉLANGES. 244 

10. Inscription gallo-grecque des environs d'Apt. ( Bulletin archéolo- 
gique du Comité des travaux historiques, 1886, p. 241.) 

H. Inscriptions chrétiennes découvertes à Arles. (Ibid., 1889, p. 150- 
151. — Cf. p. 145.) 

12. Note sur des inscriptions du Musée Calvet [l’une dédiée à Ger- 
manicus, l’autre à Escinga.] (Ibid., 1890, p. 246-248. — Cf., 1889, p. 283.) 

13. Note relative à la date de la dédicace de la cathédrale d Avignon. 
(Ibid., 1891, p. 292-301. — Tirage à part. Angers, impr. BurdinetG ia , 
1892. In-8°, 12 p. — Gf. même volume, p. xl.) 



14. L’épitaphe d’Alain Chartier à Avignon. (Bulletin de la Société 
nationale des antiquaires de France, 1862, p. 118.) 

15. Lettre à M. Anatole de Barthélemy sur une bulle de plomb d’un 
roi de France du nom de Philippe. (Ibid., 1866, p. 117-121.) 



16. Copie et estampage de quatre inscriptions antiques du musée 
Calvet. (Bulletin du comité de la langue, de V histoire et des arts de la 
France, t. III, 1856, p. 279, 349.) 

17. Observations au sujet d’un projet de démolition d’une partie des 
murailles de la ville d’Orange. (Ibid., t. III, p. 388, 400.) 

18. Notice sur des peintures murales du milieu du xv e siècle décou- 
vertes en 1853 dans l’ancien couvent des Célestins d’Avignon. (Ibid., 
t. III, p. 673.) 

19. Trois chansons relatives à des événements du règne de Louis XIII : 
1° sur l’expédition du duc de Lesdiguières contre les Génois et leurs 
alliés ; 2° sur le siège de la Rochelle ; 3° sur la défaite du duc de Buc- 
kingham. (Ibid., t. IV, 1857, p. 89.) 



20. Note sur une inscription gallo-grecque découverte près d’Apt (Bul- 
letin épigraphique, 1886, p. 69-72. — Tirage à part. Vienne, impr. Savi- 
gné, 1886. In-8°, 6 p.) 



21. Notes sur le musée Calvet. (Congrès archéologique de France, 
22 e session, 1855, p. 435-442.) 

22. Deux inscriptions chrétiennes. (Ibid., 49 e session, 1882, p. 372- 
384. — Tirage à part. Tours, impr. Paul Bousrez, 1883. In-8°.) 



23. Notice sur les sceaux de Géraud Adhémar, d’Aliette d’Ancezune 
et de Saint-Martin de Boilène. (Revue archéologique, 2° année, 1846, 
p. 650-663.) 



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242 CHRONIQUE BT MÉLÀNGBS. 

24. Examen d’une bulle de Bertrand de Baux, prince d'Orange, pré- 
cédé de quelques observations sur l'usage des sceaux en plomb. (Ibid., 
1849, p. 686-694. — Tirage à part. Paris, A. Leleux, 1849. In-8°.) 



25. Prose sacrée ou poème sur l'élévation des corps de sainte Marie 
Jacobé et de sainte Marie Salomé, composé, en 1448, par Jean d’Eus- 
tache, abbé de Nizelle; accompagné de commentaires, de notes et de 
renseignements biographiques sur l’auteur. (Revue de Marseille et de 
Provence , 38 e année, 1892, p. 402-430. — Tirage à part. Marseille, impr. 
Marseillaise, 1892. In-8°, 30 p.) 



26. Estampage de l’inscription gravée sur la cloche principale de 
l'église de Saint-Victor de la Coste (Gard), fondue en 1475 par Nicolas 
Câlin. (Revue des Sociétés savantes , série II, t. Il, 1859, p. 28.) 

27. Inscription métrique du tombeau de saint Eutrope à Orange. 
(Ibid., série III, t. I, 1863, p. 175-178. — Cf. série II, t. V, p. 700; 
t. VI, p. 172, 173; t. VII, p. 221, 222.) 

28. Notice sur deux vases antiques en argent massif trouvés dans le lit 
du Rhône en 1862 et acquis par le musée Calvet. (Ibid., série III, t. Il, 
1863, p. 496-509. — Tirage à part. Paris, impr. P. Dupont, 1863. In-8°, 
16 p., 2 pl. — Cf. série II, t. VIII, p. 138, 251 ; série III, t. I, p. 293.) 

29. Éclaircissement sur un devis et marché concernant la construc- 
tion d’une tour des remparts de Bagnols, en 1368, et sur un document 
de la même date relatif à l’invasion de la Provence par Louis d’Anjou, 
frère de Charles V. (Ibid., série IV, t. II, 1865, p. 261-274. — Cf. même 
série, t. I, p. 144.) 

30. Copie d’une lettre de Mazarin à la reine Anne d’Autriche relative 
à la retraite forcée de ce ministre. (Ibid., série IV, t. III, 1866, p. 606. 
— Cf. t. IV, p. 2.) 

31. Note sur la collection épigraphique du conseiller Guiran. (Ibid., 
t. III, p. 610.) 

32. Estampages : 1° d’une inscription gauloise de Vaison; 2° d’une 
inscription sur plomb découverte à Carpentras. (Ibid., série IV, t. IV, 
1866, p. 9.) 

33. Lettre de Henri IV (19 janvier 1580) adressée à Pierre d’An- 
selme, principal lieutenant du maréchal de Bellegarde. (Ibid., même 
vol., p. 226.) 

34. Fragment d’inscription votive concernant le dieu Accianus au 
musée Calvet. (Ibid., série IV, t. VIH, 1868, p. 110.) 

35. Lettre inédite de J. Maubois, annotée et suivie de recherches sur 
ce fameux tourneur des rois Louis XIV et Louis XV (23 octobre 1699). 
(Ibid., même vol., p. 173-184. — Cf. même vol., p. 10; t. VII, p. 237.) 



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CHRONIQUE ET MÉLANGES. 243 

36. Sur un aureus inédit de l’empereur Hostilien et sur une monnaie 
punique de bronze attribuée à Pile d’Ebusus au musée Galvet d’Avi- 
gnon. (Ibid,., série IV, t. IX, 1869, p. 393.) 

37. Des Cornua des livres dans Pantiquité à propos de deux petites 
cornes en bronze du musée Calvet. (Ibid., 5 e série, t. III, 1872, p. *276, 
282, 686-695. — Tirage à part. Paris, Impr. nationale, 1872. In-8°, 13 p. 

— Cf. 5 e série, t. IV, p. 360; t. V, p. 14, 117-120.) 

38. Examen comparé de deux cippes votifs du musée Calvet, dédiés à 
des divinités topiques des Gaules. (Ibid., série VI, t. I, 1875, p. 164-171. 

— Cf. p. 24.) 

39. Denier inédit de Péglise d’Autun. (Revue numismatique, 1850, 
p. 339-347. — Tirage à part. Blois, impr. E. Dezairs, 1850. In-8°.) 



Il a collaboré aux publications suivantes : Recueil des Monuments iné- 
dits de l'histoire du tiers état, d’Augustin Thierry ; Cartulaire de Vèglise 
Notre-Dame de Paris, par Benjamin Guérard; Encyclopédie moderne, 
publiée chez Firmin-Didot, sous la direction de Léon Renier. Il a tra- 
vaillé à l’Inventaire des archives de Tours, au catalogue des collections 
du musée Calvet (pour les manuscrits, fonds d’Agout, fonds Moutte, 
fonds Chambaud, ancien fonds). 



ALPHONSE VÉTAULT. 

Les paroles suivantes ont été prononcées sur la tombe de M. Vé- 
tault par notre confrère M. Parfouru, archiviste du département 
d’Ille-et-Vilaine : 

« Messieurs, 

« C’est avec une douloureuse émotion et une tristesse profonde que 
je viens, au nom de la Société de l’École des chartes, dire un adieu 
suprême au confrère excellent que nous avons perdu, trop tôt ravi à 
la science ainsi qu’à l'affection de sa famille et de ses amis. 

« Je voudrais, avant que cette tombe se referme, retracer en 
quelques mots une existence qui fut trop courte et pourtant si bien 
remplie, existence toute de travail et de devoir. 

« Alphonse Vétault était originaire de l’Anjou. Après de fortes 
études classiques, son goût pour l’histoire le tit entrer, en 1864, à 
l’École des chartes, dont il fut un brillant élève. Il en sortit dans un 
bon rang, le 20 janvier 1868, avec le diplôme d’archiviste paléographe. 

« Sa thèse intitulée : L’abbaye de Saint- Victor de Paris depuis sa fon- 
dation jusqu'au temps de saint Louis (1198-1227) fut très remarquée de 



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244 CHRONIQUE ET MÉLANGBS. 

ses maîtres et de ses camarades, tant pour la sûreté de la critique et 
l’érudition du fond que pour l’élégance de la forme. 

a Toutes ces qualités, la dernière surtout, assez rare chez les éru- 
dits de profession, nous les retrouvons dans les trois publications 
historiques de M. Vétault : Suger , Godefroi de Bouillon, qui parurent 
en 1872 et 1874, et son histoire de Charlemagne, œuvre magistrale 
bien connue du public, qui valut à l’auteur, en 1877, le grand prix 
Gobert de l’Académie française. Ce beau et légitime succès rendit 
populaire le nom du jeune historien, qui remplissait alors, depuis 
1869, les fonctions d’archiviste départemental de la Marne à Châlons. 
Il y avait trouvé le bonheur par son union avec une aimable et digne 
compagne, qui partageait ses goûts littéraires et qui pleure aujourd’hui 
le meilleur des époux. 

« C’est en 1878 que M. Vétault vint à Rennes, appelé par le maire, 
M. P. Martin, pour réorganiser la bibliothèque municipale, dont le 
fonctionnement laissait fort à désirer. Le choix ne pouvait être meilleur, 
il avait d’ailleurs été fait sur le conseil du juge le plus compétent en 
ces matières, M. Léopold Delisle, le savant et illustre administrateur 
général de la Bibliothèque nationale. 

t Le nouveau bibliothécaire-archiviste de la ville de Rennes se mit 
à l’œuvre avec une ardeur infatigable, ne se laissant rebuter par aucune 
besogne pénible ou fastidieuse. 

« En peu de temps, grâce à l’excellence de sa méthode, grâce à sa 
science de la bibliographie, grâce aussi à sa fermeté, M. Vétault réus- 
sit à transformer comme par enchantement le dépôt qui lui était confié, 
ramenant l’ordre dans les collections d’ouvrages imprimés ou manus- 
crits, aussi bien que parmi les habitués de la salle de lecture, auxquels 
on avait laissé prendre jusqu’alors de fâcheuses habitudes. Rennes eut 
dès lors une bibliothèque municipale des mieux organisées et des 
mieux tenues, digne d’un grand centre universitaire. En avril 1881, 
notre confrère reçut, au Congrès des Sociétés savantes de la Sorbonne, 
les palmes d’officier d’Académie, et, plus tard, en 1888, celles d’officier 
de l’Instruction publique, juste récompense d’un labeur si méritoire et 
de résultats si merveilleux. Il est juste de dire que M. Vétault fut tou- 
jours activement secondé par ses auxiliaires, MM. Aubin et Argillier, 
si dévoués à leur éminent chef et qui ont redoublé de zèle pendant sa 
longue maladie. 

« Entièrement absorbé par ses devoirs professionnels de bibliothé- 
caire et d’archiviste, M. Vétault n’a publié, je crois, qu’une seule étude 
historique depuis son arrivée à Rennes : c’est un remarquable résumé 
de l’histoire de la Bretagne, qu’il improvisa, pour ainsi dire, en 1882 
pour servir de Préface à la Géographie pittoresque du département d'Ille - 
et - Vilaine , par M. Adolphe Orain. 

« Mais il a fait paraître depuis, en 1894, un nouveau et très utile 



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CHRONIQUE ET MÉLANGES. 245 

Catalogue des manuscrits de la bibliothèque de Rennes *, qui remplace 
avantageusement la Description qu’en avait donnée, en 1837, l’un de 
ses prédécesseurs, Dominique Maillet. Enfin, il laisse un nouveau cata- 
logue des imprimés, sur fiches, destiné à rendre de très réels services 
aux nombreux travailleurs qui fréquentent assidûment la grande salle 
de la bibliothèque municipale de Rennes. 

« Au milieu de tous ces travaux, notre savant confrère avait 
conservé de son séjour à l’École des chartes un intérêt très vif 
pour les questions de philologie. Ce fut donc pour lui une bonne for- 
tune que l’ouverture d’un cours de langue et de littérature celtiques 
à la Faculté des lettres. Il fut, je crois, le premier et le plus assidu des 
auditeurs du savant doyen M. Loth, dont il était l’intime ami. U se 
qualifiait volontiers doyen des étudiants de Rennes. On sait qu’il avait 
un faible pour les bons mots, il n’en fit jamais que de très spirituels, 
et, pour ma part, j’ai entendu plus d’une saillie dont eut été jaloux le 
Parisien le plus raffiné. Et cependant c’était un mélancolique ; de là, 
sans doute, cette pointe d’humour dont il assaisonnait souvent ses dis- 
cussions littéraires ou philosophiques, dans lesquelles il aimait à don- 
ner un libre cours à son penchant pour la critique, mais critique 
aimable, mélangée d’ironie. 

< On gardera longtemps à Rennes le souvenir de cette physionomie 
fine et distinguée où se reflétaient les brillantes qualités de son esprit. 
M. Vétault était un écrivain de talent et un fin lettré, de cette finesse 
angevine , qui fut, il y a près de huit siècles, le trait caractéristique 
d’un autre Angevin, le poète Marbode, évêque de Rennes de 1096 à 
1120. Comme Marbode aussi, notre confrère regrettait quelquefois la 
a douceur » du climat de l’Anjou, que le prélat avait célébrée dans un 
de ses poèmes latins. 

« Alphonse Vétault possédait des qualités plus précieuses encore, 
celles du caractère et du cœur. C’était une âme délicate, pleine de 
tendresse pour les siens. C’était aussi un ami sûr et d’un commerce 
charmant. Il inspirait à tous le respect et la sympathie par la dignité 
de sa vie, par sa droiture, par la correction de son attitude cômme 
fonctionnaire, par sa politesse exquise et par son affabilité naturelle. 
A combien de lecteurs, jeunes ou vieux, étudiants ou professeurs, 
n’a-t-il pas prodigué, avec une aimable obligeance, les trésors de son 
érudition de bibliographe consommé? M. Vétault était par-dessus 
tout un homme de bien : ce mot résume à lui seul toutes les vertus 
morales de l’ami dont nous déplorons la perte prématurée. 

« Ses jours, hélas! étaient comptés. Les premières atteintes du mal 
mystérieux qui devait l’emporter remontent au mois de novembre 1896. 

1. Dans le tome XXIV du Catalogue général des manuscrits des bibliothèques 
publiques des départements . 



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246 CHRONIQUE BT MÉLANGES. 

Depuis lors, il ne fit plus que languir, perdant rapidement ses forces. 
Les ressources de la science médicale, le dévouement admirable d'une 
femme et d’une fille chéries, ont pu retarder de quelques mois la fatale 
issue. Mais la maladie a fini par triompher de tant de soins, de tant de 
dévouement. Les souffrances des derniers jours ont été grandes, notre 
pauvre ami les a supportées avec une patience exemplaire, une rési- 
gnation toute chrétienne. Enfin la mort est venue comme une déli- 
vrance. Une intelligence d'élite vient de s’éteindre, un noble cœur a 
cessé de battre, une belle àme est entrée dans l’éternité! 

« Le deuil qui nous rassemble autour de cette tombe frappe tout 
particulièrement la Société archéologique d’Ille-et-Vilaine, qui comp- 
tait M. Vétault parmi ses membres depuis vingt ans. Au nom de la 
Société archéologique, j’adresse un dernier adieu au regretté confrère 
qui fut si longtemps notre bibliothécaire dévoué. 

« Adieu, cher ami, adieu! » 

— La Société de l’École des chartes doit consigner dans son recueil 
l’expression des regrets que lui a causés la mort de M. Gouverneur, 
décédé à Nogent-le-Rotrou le 9 janvier 1898. Elle l’avait choisi pour 
imprimeur en 1867, et, depuis cette date, le Comité de publication a 
constamment eu à se louer du zèle intelligent avec lequel lui et son 
gendre et successeur M. Daupeley se sont dévoués à la publication de 
la Bibliothèque de l’École des chartes. 

M. Gouverneur comprenait à merveille dans quelles conditions 
doivent s’imprimer les travaux d’érudition. Il s’est toujours acquitté 
d’une tâche, parfois dilïicile, avec une attention et une ponctualité que 
beaucoup d’entre nous ont eu l’occasion d’apprécier et dont ils lui 
gardent un reconnaissant souvenir. 

— Un décret du 7 janvier 1898 comprend les professeurs de l’École 
des chartes parmi ceux qui peuvent être appelés à faire partie du jury 
des thèses pour le doctorat. 

— Par arrêté du 18 février, nos confrères MM. Duchemin et Anchier 
ont été nommés sous-bibliothécaires au département des imprimés de 
la Bibliothèque nationale. 

— Par arrêté en date du 25 mars 1898, notre confrère M. Bouchot a 
été nommé conservateur adjoint au département des estampes de la 
Bibliothèque nationale. 

— Le 24 mars 1898, notre confrère M. Hanotaux a pris séance à 
l’Académie française, dont il avait été élu membre en remplacement 
de M. Challemel-Lacour. Il a été reçu par M. le vicomte de Vogüé, 
qui a souhaité dans les termes suivants la bienvenue au nouvel aca- 
démicien : 

« Vous aussi, Monsieur, vous étiez naturellement de l’Académie. 



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CHRONIQUE ET MÉLANGES. 217 

Point n’était besoin qu'un parrain irrésistible, ce grand Cardinal auquel 
nous n’avons rien à refuser, vous y amenât par la main. Je puis même 
vous dire le jour où vous y êtes entré. Vous aviez quatorze ans, quinze 
ans peut-être ; vous prépariez votre leçon dans une salle du vieux col- 
lège de Saint-Quentin, Collegium Bonorum Puerorum. Quand le profes- 
seur vous demanda d’expliquer le texte grec, — c’était Homère, — 
votre voix s’embarrassa soudain, toute mouillée ; vous veniez de déchif- 
frer les adieux d’Andromaque à Hector : « Hector, tu es pour moi mon 
« père, ma vénérable mère, mon frère et mon jeune époux. Prends pitié 
« d’Andromaque, défends-toi du haut de nos tours, range l’armée près 
« du figuier sauvage; ne rends pas orphelin ton enfant et veuve ton 
« épouse... » — Devant la majesté simple de cette ancienne douleur, le 
frisson du beau vous avait secoué, les pleurs avaient obscurci vos 
yeux. Ce jour-là, vous naissiez à la vie littéraire; cette larme vous 
avait voué aux pures émotions que rien ne remplace. Ce jour-là, vous 
entriez dans notre famille, où la communion dans la beauté est le lien 
supérieur de nos opinions dispersées. Quelles que soient les dissidences 
inévitables que des vues divergentes sur le bien public puissent créer 
entre nos esprits, nos cœurs se reconnaîtront toujours dans l’amour 
d’Andromaque. C’est pourquoi je suis heureux de vous souhaiter ici 
la bienvenue. 

« Vous ôtes sorti des environs de Saint-Quentin; ou plutôt non, 
vous n’en êtes jamais sorti : vous tenez par toutes les libres de votre 
être à cette marche picarde, si longtemps pays frontière, pays libre et 
batailleur, abrité naguère encore sous les vastes forêts qui couvraient 
les vallées de la Somme et de l’Oise. C’est la brèche de notre Gaule : 
démantelée au nord, la France n’a de ce côté ni barrière de montagnes 
ni ceinture de mers ou de grands fleuves. Elle a les Picards. Derrière 
le long boulevard de ses places fortes, cette race de terriens endurcis 
arrêtait le flot des invasions, l’Anglais, l’Espagnol, l’Allemand. Race 
patriote et démocratique, où les mœurs républicaines se ressentaient 
du voisinage des Flandres. Peu de grande noblesse; des abbayes de 
Prémontrés, des communautés bourgeoises jalouses de leurs franchises ; 
la classe moyenne, gens de négoce et judicature, tenait le haut du 
pavé Saint-Quentinois. Elle donnait à la France des hommes d’action, 
soldats ou politiques, de tempérament révolutionnaire pour la plupart : 
Calvin et Pierre Ramus, Condorcet et Camille Desmoulins, Babeuf, 
le général Foy. — « Tous gens d’entreprise, avez-vous écrit en parlant 
« d’eux, à l’esprit clair, à la main prompte, à la décision énergique, à 
a l’autorité parfois brutale. » 

« Vos biographes discerneront mal ce qu’il y a de fort et de per- 
manent dans votre vocation, s’ils ne vont pas chercher vos racines au 
plus profond de cette terre a qui sue l’histoire, » comme vous le dites 
dans le livre où vous racontez la vie de votre parent et compatriote 



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248 



CHRONIQUE BT MELANGES. 

Henri Martin. A la surface de cet ossuaire des anciennes guerres, les 
monnaies, les médailles, les armes affleurent sous la pioche du paysan. 
— « Moi-môme, ajoutez-vous, suivant aux champs, derrière les labou- 
« reurs, le sillon de la charrue, j’ai plus d’une fois ramassé, déterré à 
< la pointe du couteau, des os, des fragments d’armures. > Vos pre- 
miers jeux vous égarèrent dans les immenses souterrains qui relient 
le château de Beaurevoir aux places avoisinantes. Les petits bergers 
allumaient des bougies dans ces ténèbres ; vous livriez avec eux vos 
combats d’enfants, au fond des galeries où leurs pères cherchaient un 
refuge contre les archers de Bedfort, les arquebusiers de Farnèse, les 
uhlans de Blücher. La tour de Beaurevoir vous redisait la plainte de 
Jeanne d’Arc, captive dans ce donjon du sire de Luxembourg. C’est 
au pied de la prison de Jeanne que vous êtes né, le 19 novembre 1853, 
dans une étude de notaire. Votre famille appartenait à cette bourgeoi- 
sie rurale, de pur sang picard, àprement attachée au sol des ancêtres, 
fidèle gardienne de la dignité de leurs vieilles mœurs. On vous desti- 
nait à continuer l’office paternel. Vous n’avez pas trompé tout à fait 
l’attente de vos parents : vous libellez des contrats, Monsieur; ils 
engagent de plus grands intérêts que ceux des laboureurs du Verman- 
dois. Au collège des Bons-Enfants, où vous fîtes vos classes, on augu- 
rait déjà mal de votre notariat. Vous aimiez trop Homère et l’histoire : 
l’histoire, qui allait vous donner de vivantes, tragiques leçons. 

« Vous aviez seize ans quand la marche picarde fut envahie une fois 
de plus. L’ennemi se présente devant Saint-Quentin : la cité rappelle 
son âme vaillante de 1557, elle repousse cette première visite. Avide 
de voir et d’agir, vous vous échappez de la maison; les braves gens 
décrochent à l’hôtel de ville les trophées historiques, pertuisanes et 
mousquets; vous vous emparez d’un pistolet d’arçon : il est trop vieux, 
vous êtes trop jeune pour combattre. Mais vous avez vu le feu, vous 
avez porté votre pierre aux barricades, qui ont tenu bon. Cependant, 
on faisait encore des bacheliers. C’est la préoccupation suprême de 
notre pays, aux heures mêmes où il se meurt. Un train de soldats vous 
emporta, sur réquisition militaire, à la conquête du diplôme intempes- 
tif, devant le jury d’examen, à Douai. Au retour, une épreuve inou- 
bliable vous attendait. Pardonnez-moi de vous rappeler un de ces sou- 
venirs qui trempent les forts. Votre père venait d’expirer; vous le 
conduisiez au lieu de son repos. Une troupe arrêta le convoi, coupa le 
cortège : c’était la première compagnie allemande qui entrait dans la 
ville et la prenait cette fois au dépourvu. Les tambours plats et sourds, 
les aigres fifres où sifflait notre peine, vous avez appris à les connaître 
ce jour-là, derrière le cercueil dont ils vous séparaient. Quelques 
semaines plus tard, Faidherbe livrait une bataille sanglante sous vos 
murs. Vous ne pouviez aider qu’à ramasser les blessés et les morts, le 
soir, dans les champs détrempés par la neige de janvier. Vous avez 



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CHRONIQUE ET MÉLANGES. 249 

raconté comment le regard fixe d'un de ces morts vous retint long- 
temps : un officier à peine plus âgé que vous, saint-cyrien de la veille. 
Tandis que vous faisiez effort pour le soulever de la glaise boueuse où 
ses pieds étaient pris, ses yeux grands ouverts s'attachaient sur les 
vôtres avec une dernière imploration... Ahl Monsieur, vous n'oublierez 
jamais la pensée qu'il vous léguait, le regard de ce pauvre enfant 
vaincu ! 

< Je vous retrouve à Paris, isolé, perdu, riche seulement du courage 
et de l’espoir de vos dix-huit ans. La grande Sirène vous avait débau- 
ché, vous aussi, de votre chère plaine natale. Enfin, puisqu’il est 
entendu que les plus robustes fils de la province viennent s'établir à 
Paris pour le bon motif, pour y prêcher de plus haut la décentralisa- 
tion! Vous n’aviez d’autre appui, d'autre viatique qu’une lettre pour 
Henri Martin : un parent, un lauréat du collège des Bons-Enfants; son 
exemple vous stimulait, vous rêviez de refaire les mêmes étapes labo- 
rieuses, heureuses : l’histoire, la politique, le prix Gobert, l’Académie, 
les assemblées. Vous les avez refaites exactement; vous avez rejoint, 
dépassé votre guide. Mais alors il vous paraissait si loin, si haut 1 Ce véné- 
rable druide vous conseilla d’aller d’abord... au Conservatoire, pour 
vous débarrasser de votre accent picard. Ainsi fîtes-vous : l’accent 
tomba de vos lèvres dans votre cœur, où vous le gardez. Vous fréquen- 
tiez l’École de droit : cela, c’était pour votre famille, afin de ne pas 
décourager trop tôt ceux qui vous attendaient sous les panonceaux, 
dans l’étude de Beaurevoir. Pour vous, pour votre vraie vocation, vous 
suiviez les cours de l’École des chartes. Entre tant de grandes sœurs 
qui font plus de bruit dans le monde, qui prétendent et promettent 
davantage, votre instinct avait bien choisi l'Ecole nationale par excel- 
lence, le bon séminaire où l’on garde l’àme de « Douce France. » A quoi 
sert-il? demandent parfois les philistins; et ce seul mot est son meil- 
leur titre de noblesse : il sert à faire aimer notre passé. 

< Le comte Riant se proposait alors de publier une vieille chronique 
provinciale, les Histoires de ceux qui conquirent Constantinople , par 
Robert de Glari en Amiénois. Il vous confia 6es manuscrits. Giari était 
un Picard, qui écrivait dans son patois, le vôtre : ce texte vous prit à 
l’endroit sensible, vos maîtres s’étonnèrent du beau feu qu'il allumait en 
vous. Le parler accoutumé de l’ Amiénois vous donna l'intelligence et 
la passion du moyen âge, des croisades. Votre premier mémoire imprimé, 
si je ne me trompe, élucide cette question controversée : Les Vénitiens 
ont-ils trahi la chrétienté? De méchants chroniqueurs accusaient la 
Sérénissime République d’avoir pactisé avec le Mahométan contre ces 
pauvres chrétiens : vous preniez fait et cause pour les Vénitiens, vous 
les vengiez de cette noire calomnie. 

« Dès ce moment, vous étiez en quête d’un grand sujet d'histoire 
nationale, vous le cherchiez dans les diverses périodes où l'activité de 



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220 



CHRONIQUE ET MÉLANGES. 

notre race a débordé sur le monde. Le moyen âge ne vous retint pas. 
Votre esprit sent le besoin de saisir une réalité concrète; les cottes de 
mailles et les heaumes du décor romantique vous dérobaient trop, 
disiez-vous, les figures réelles de nos aïeux. Le siècle de Louis XIV 
vous tenta un instant; mais là encore, vous ne démêliez pas à votre 
gré les passions humaines sous le pompeux apparat qui les masquait. 
Un attrait invincible vous ramena au début du xyii* siècle, à la forma- 
tion de la monarchie unitaire et centralisée. Des affinités secrètes vous 
attachaient à ces légistes, à ces gens d’Église, à ces diplomates formés 
par une double maîtrise, par la finesse florentine, par l’inflexibilité des 
sombres bureaucrates de l’Escurial. Le plus grand d’entre eux, le Car- 
dinal ministre, qui fut l’ouvrier de la prépondérance française et de 
l’absolutisme royal, obsédait déjà votre imagination. Vous choisissiez 
pour sujet de thèse l'Origine de l'institution des Intendants , aux alen- 
tours de 1600 ; et ce mémoire savant n’était, comme la plupart de vos 
travaux ultérieurs, qu’une des assises profondes de votre livre futur 
sur Richelieu. Ce livre, vous l’avez rêvé, conçu, porté pendant quinze 
ans; il sera bien vraiment une grande pensée de la jeunesse réalisée 
par l’âge mûr. 

« De l’École des chartes, vous passiez à l’École des hautes études, 
non plus comme élève, mais comme maître de conférences. Ceux qui 
vous entendirent ont très présent le souvenir de cet enseignement aisé, 
nourri d’érudition, riche de faits et avare de phrases, donné sans 
pédantisme par un professeur qui se plaisait à ne paraître qu’un cama- 
rade plus instruit. Vous preniez pied à la même époque dans le journa- 
lisme. Henri Martin vous avait introduit à la République Française , 
Challemel-Lacour vous y avait reçu. Vos articles, réunis dans un 
volume d'Études historiques, roulaient sur la formation du pouvoir 
royal, sur les publications relatives au xvi® et au xvn® siècle; encore et 
toujours des travaux d’approche autour de ce Richelieu qui vous 
fascinait. 

< Il advint par hasard que Gambetta eut un jour le loisir de lire les 
Variétés de son propre journal. L’article était de vous : Gambetta fut 
charmé et s’enquit de l’auteur. Cet imaginatif avait la prompte intui- 
tion de tous les mérites, l’engouement subit avant l’oubli rapide. Cet 
ambitieux avait toujours un filet à la main pour pécher les hommes 
chez qui il pressentait une force. Il vous fit venir. Je n’assistais pas à 
l’entretien, mais on en devine sans peine le tour. Vous vous fîtes 
valoir en parlant pertinemment du siècle que vous connaissiez à fond. 
Gambetta s’échauffa, repensa vos idées, improvisa brillamment sur ce 
qu’il apprenait par vous. Vous l’aviez fait concevoir avec chaleur et 
causer avec éloquence ; il vous en sut gré, il vous attribua vague- 
ment, le soir venu, ce qu’il était content d’avoir si bien dit, il pro- 
nonça : « Ce jeune homme est très bien ! » Et de ce large geste facile 



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CHRONIQUE ET MÉLANGES. 224 

avec lequel il ramassait tous les passants qui lui avaient plu, il vous 
attira, vous offrit une place aux Affaires étrangères. 

« Votre ambition de travailleur la choisit d’abord aux Archives, 
d’accès très difficile en ce temps-là. Vous voici rajeuni de beaucoup 
d’années, Monsieur : assis comme alors à côté de votre ancien voisin 
de table dans la salle des Archives, de ce maître historien qui vous 
aidait de ses conseils, prodigués depuis à tant de disciples. Vous vous 
partagiez tous deux les dossiers que la griffe jalouse de M. Faugère ne 
défendait plus contre les ravisseurs. Albert Sorel vous passait les 
lettres de Richelieu, vous lui repassiez celles de Talleyrand; votre 
Royauté et sa Révolution faisaient très bon ménage. 

< Gambetta réclama votre concours plus immédiat à son cabinet; 
après lui, Ghallemel-Lacour et Jules Ferry vous y retinrent. Une 
seconde vocation s’éveillait en vous, ou plutôt la première se dédou- 
blait : le diplomate est un historien qui agit et bâtit en avant, au lieu 
de reconstituer derrière lui la maison du passé. Vous aviez appris cet 
art chez les maîtres d’autrefois. Vous n’étiez pas de ceux qui ont 
besoin d’entendre ce que le spirituel Rémusat disait à un journaliste 
qu’il venait de pourvoir d’une légation : « Mon cher ministre, dans 
a votre ancienne profession, vous affirmiez ce dont vous n’étiez pas 
« sûr; dans la nouvelle, il ne faudra pas même affirmer ce dont vous 
« serez très certain. » — Vous, Monsieur, vous saviez le prix du 
silence, du doute méthodique, de la réflexion. Vous étiez aussi pré- 
muni contre un autre écueil des diplomates improvisés : l’enchante- 
ment naïf où les jette leur grandeur inattendue, l’exploitation de cette 
faiblesse par des adversaires moins éblouis dans les places qu’ils 
occupent naturellement. M. de Saint-Cyran, un des intimes de Riche- 
lieu, vous avait expliqué pourquoi « les grands étaient peu capables 
« de l’étonner, » et vous indiquez dans une phrase d’un joli raccourci 
le premier bénéfice que le jeune évêque de Luçon retira de son voyage 
à Rome : « Il vit de près ce que de loin on appelle les grandes choses. > 

« D’autre part, vous connaissiez assez votre temps pour savoir com- 
ment il a transformé les procédés de l’art classique. Nos communica- 
tions universelles et instantanées commandent à la vigie diplomatique 
une effrayante rapidité de décision. Dans ce cabinet, où l’on attendait 
jadis les lents courriers, un réseau de fils vibre sans cesse et transmet 
à toute minute les tressaillements de toute la planète. On n’imagine 
guère le Cardinal dictant au Père Joseph ses instructions sur l’Artois 
ou la Valteline entre le télégraphe et le téléphone. La diplomatie offi- 
cielle rencontre aujourd’hui une terrible rivale, la presse, et l’on peut 
se demander si ceci ne tuera pas cela. Il y a jusque sur les marches 
des trônes, si j’ose dire, un prurit de publicité ; on y fait de préfé- 
rence au correspondant du grand journal la confidence des secrets que 
l’ambassadeur apprendra par cette gazette. Une nouvelle souveraine, 



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222 



CHRONIQUE BT MÉLANGES. 

l'opinion, dispute partout aux initiés la conduite des affaires d’État : 
dans les démocraties comme la nôtre, ils tenteraient vainement de 
lutter contre le courant populaire, qui imprime à ces affaires une 
direction instinctive, sentimentale. Ce sentiment du peuple est sou- 
vent mieux inspiré que la raison des habiles ; mais il verse tout d’un 
bord, avec excès, sans défiance; il vire parfois brusquement. Le suivre 
en le retenant, c’est la tâche malaisée des gouvernements que son 
caprice fait et défait. Une seule chose n’a pas varié dans la pratique 
de votre art : si la patience est tout le génie, comme l’a dit ce natu- 
raliste, elle est surtout le génie diplomatique. 

c Vous êtes allé prendre des leçons de patience à la meilleure école, 
à Constantinople. Que je vous vois mal, Monsieur, sur ces divans de 
Thérapia, où vous m’avez succédé! Mes années de prime jeunesse ont 
fui là-bas dans un long rêve, bercé par l’incessant clapotis du Bos- 
phore, au bord des eaux divines qui tremblent dans la lumière, et per- 
suadent doucement, à l’ombre des platanes, l’oubli d’agir et de penser. 
Que faisiez- vous, actif Européen que vous ôtes, au pays où il ne faut 
rien faire ? Pouviez-vous suivre le conseil du vieux caïdji à l’étranger 
qui descend dans son étroite embarcation ? — « Effendi, pour ne point 
« chavirer, il ne faut pas bouger, il ne faut même pas penser. » Vous 
m’allez mépriser de vous montrer une âme vraiment turque. Euro- 
péen vite instruit de tout, vous ne me croiriez pas, si je disais que 
pour pénétrer les âmes ainsi faites des Osmanlis, pour découvrir la 
finesse qui sommeille au fond, il n’est peut-être pas inutile d’avoir 
vécu longtemps de leur vie indolente et contemplative. 

« Vous ne vous y êtes pas attardé. Les électeurs de l’Aisne vous 
infligeaient une autre forme d’inaction : ils vous envoyèrent en 1886 
au Parlement. Là, comme en Turquie, je vous vois mal, vous qui ne 
savez pas perdre votre temps. Il ne semble point que vous ayez gardé 
de votre passage dans ce bruit un souvenir idolâtre. On ne le devine 
pas, du moins, dans les sentiments que vous prêtez à votre Richelieu, 
aux États de 1614. — « Sa jeunesse, attentive et encore inexpérimen- 
« tée, va suivre ce spectacle d’intrigues stériles et d’agitations vaines. 

« Il sentira naître en lui ce mépris pour les grandes assemblées, si 
« naturel aux hommes d’action. Il achèvera son éducation politique en 
« observant l’agonie de la vieille institution libérale. » — Et vous com- 
mentez sans compassion le récit où Florimond Rapine nous montre 
« ces braves gens, venus du fond de leur province pleins d’illusions... 
a Us allaient par la ville, inquiets, dans l’espérance d’on ne savait 
« quel coup du hasard qui les aiderait et les arracherait à leur propre 
« impuissance. » — Ce sont les députés de 1614 dont il est question. 

« Vous êtes revenu avec soulagement à votre place utile, à la direc- 
tion d’un de ces bureaux que le biographe d’Henri Martin appelait 
irrévérencieusement • un moulin à dépêches, » avant d’y moudre lui- 



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223 



CHRONIQUB ET MELANGES. 

même. Vous y avez débrouillé les noirs démêlés de notre empire afri- 
cain, de ce Nouveau Monde où les diplomates joueront désormais leurs 
plus difficiles parties. Enfin, il arriva une chose extraordinaire : un 
jour qu'on refaisait un Cabinet, il ne se rencontra ni un avocat ni un 
médecin législatif pour convoiter le portefeuille des Affaires étran- 
gères : on en fut réduit à prendre un homme du métier. Il a duré. 

c Ici, vous m'échappez, Monsieur. Je fus longtemps étudiant dans 
la Faculté où vous voilà docteur. J'y ai appris tout au moins qu’il ne 
convient pas de juger sur l’incident quotidien les desseins à longue 
portée du négociateur diplomatique. Faisons crédit au temps qui seul 
découvrira et sanctionnera les vôtres. Cultivez notre jardin. Vous y 
avez vu croître un bel arbre dont les fleurs nous ont réjoui : nous 
vous souhaitons d’en cueillir les fruits. Les averses et les grêles ne 
vous furent point épargnées; vous les laissez passer en relisant le 
Testament politique de Richelieu. — < Celui qui occupe cet emploi 
a doit savoir que la condition de ceux qui sont appelés au maniement 
a des affaires publiques est beaucoup à plaindre, en ce que, s’ils font 
« bien, la malice du monde en diminue souvent la gloire, représentant 
< qu'on pouvait faire mieux, quand même cela serait tout à fait impos- 
<i sible. Enfin, il doit savoir que ceux qui sont dans les ministères 
« sont obligés d'imiter les astres qui, nonobstant les abois des chiens, 
« ne laissent pas de les éclairer et de suivre leur cours. » — Riche- 
lieu est bon conseiller : imitez les astres, nous n’imiterons pas les 
abois des chiens. 

« Je vous laisse à l’hôtel du quai d’Orsay : je vous reprends où vous 
m’appartenez, dans ce logis modeste et studieux où vous avez vécu, 
où vos amis vous retrouvent aux heures de relâche, entre les por- 
traits, les estampes du Cardinal, les belles éditions à ses armes. Sur 
tous les murs, l’image du maître idéal de la maison, la « tète osseuse 
« et fine, » peinte, gravée, moulée. Vous êtes allé la chercher jusque 
dans sa sépulture de la Sorbonne. Vous l’avez trouvé intact, ce crâne 
volontaire, il a duré plus que bon nombre de ses créations. Le mou- 
lage du masque est sous votre main, vous y rallumez la pensée que 
vous exhumiez d’autre part dans les papiers des Archives. Du monu- 
ment que vous lui élevez, nous n’avons que le portique : une scène 
largement construite, où votre science a évoqué la figure vivante de 
la France à l’aube du xvn® siècle. Tableaux pittoresques de Paris et 
de la province, situations respectives des différents ordres dans la 
nation, travail séculaire de la royauté pour absorber tous leurs droits, 
troubles laissés dans les consciences par tant de luttes religieuses et 
politiques, votre magistrale introduction nous montre tous ces aspects 
de la terre que Richelieu va pétrir. Les portraits des principaux 
acteurs sont burinés d’une pointe ferme et sobre, dans la manière des 
graveurs qui nous ont conservé les maigres profils de ces cavaliers et 



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224 



CHRONIQUE ET MÉLANGES. 

de ces prélats. Nulle dissonance entre les citations que vous faites et 
la narration où elles s’encadrent; on reconnaît à cet accord la bonne 
qualité de votre langue, sa parfaite convenance avec l’époque et 
le sujet. 

c La scène est prête : votre second volume y introduit le héros qui 
va le remplir. — • Vêtu de la robe violette, coiffé du bonnet carré, 
« portant le large col blanc qui convient à la pâleur de son teint, la 

< main en avant, allongée et très fine, jeune, prompt, fébrile, l’évêque 
« de Luçon s’avance, dans la foule des inconnus, du pas ferme d’un 

< homme qui se sent parti pour les longs chemins. » — Le voilà 
secrétaire d’État, associé à la périlleuse fortune du maréchal d’Ancre. 
La brosse fougueuse de Michelet avait peint le meurtre de Concini 
dans la cour du Louvre ; votre dessin dramatique soutient la compa- 
raison. C’est au lendemain de cette tragédie que vous abandonnez 
provisoirement le futur Cardinal. Je ne puis reprocher qu’une chose à 
ce commencement d’un beau livre : l’impatience où il laisse le lecteur 
qui en attend la suite. 

a Beau livre, parce qu’il a jailli d’une ardente sympathie de votre 
esprit. Pourquoi donc l’aimez-vous, ce dur et pâle compagnon de 
toute votre vie? L’homme est de ceux qui forcent l’admiration et n’at- 
tachent pas la tendresse. « Le fond de son cœur était froid. Jamais un 
a sentiment ne l’écarta de la ligne que ses calculs lui avaient tracée. 
« Beaucoup l’aimèrent, il aima peu. Il n’eut jamais qu’une passion, 
« celle du commandement. » — Les Instructions et Maximes que je me 
suis données pour me conduire à la cour, ce bréviaire portatif du prêtre 
ambitieux, nous ouvrent une âme toute de glace, de sécheresse et de 
ruse. Pourquoi donc l’aimez-vous? Je le sais; tout votre livre le crie. 
L’historien, le Picard gardien-né de la frontière, a reconnu chez ce 
Poitevin un sens fraternel de l’histoire nationale, une juste conception 
de la grandeur française et des moyens nécessaires pour l’affermir. 
Avec une émotion communicative, vous nous avez montré le jeune 
Armand du Plessis s’instruisant au spectacle des misères communes, 
dans ces campagnes ruinées par l’anarchie de la Ligue, menacées par 
l’Espagnol, disputées par la foi de Genève à la protection tutélaire du 
vieux clocher. En son âme, comme en un clair miroir, vous avez vu 
l’âme de ce temps, telle qu’elle se formait à la fin de la Ligue chez les 
meilleurs Français, telle qu’elle parle dans les admirables Lettres du 
cardinal d’Ossat; vous y avez surpris le a réveil vigoureux du senti- 
« ment national » qui caractérise pour vous les dernières années du 
xvi e siècle. Vous signaliez déjà cette révolution d’idées, il y a vingt 
ans, dans un de vos premiers écrits sur ces matières, et vous la rap- 
portiez à trois causes : a une aspiration générale vers la tranquillité, 
a un mouvement d’honnêteté, un courant de défense nationale. > Ces 
besoins primordiaux du peuple de France, Armand du Plessis les a 



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225 



CHRONIQUE ET MÉLANGES. 

sentis, il leur a donné une volonté active ; il s’est promis de continuer 
et de parfaire l’œuvre réparatrice du roi Henri IV. Il vous est apparu 
grand, il l’est vraiment, parce qu’il a dégagé la loi fondamentale de 
notre histoire et qu’il y a rangé sa conduite. La nature elle-même 
nous a fait cette loi; elle a situé ce pays à l’extrémité de l’Europe, au 
point où il reçoit le choc de toutes les races acheminées vers l’ouest, 
en marche vers la grande mer ; elle l’a comblé de biens charmants et 
enviables, objets de perpétuelle convoitise pour les voisins qui guettent 
ses divisions. Il ne peut trouver que dans l'unité la sauvegarde de son 
indépendance. Richelieu a tout subordonné à la préservation de cette 
indépendance; aux frontières, il a voulu L’assurer par la reprise des 
limites naturelles ; à l’intérieur, il en a cherché la plus sûre garantie 
dans l’intégrité de l’esprit français; préférant le certain à l’incertain, 
la tradition aux nouveautés séduisantes, il a combattu dans la Rochelle 
et dans Privas les infiltrations d’un esprit étranger. 

< N’est-il pas allé à l’extrême dans son implacable besoin d’unité? 
Quand vous exposerez la suite de ses nivellements, l’approuverez-vous 
d’avoir mis La hache au cœur de ces grands chênes incommodes, qui 
gênaient, qui soutenaient aussi le trône royal? Les émonder, c’était 
prudence; mais les abattre tous? Cent cinquante ans vont passer, et 
faute de ces étais le trône s’écroulera, entre d’inutiles courtisans, 
petits-fils domestiqués des rudes seigneurs fauchés par les bourreaux 
du Cardinal. Il eût sans doute frémi, le bûcheron qui faisait ces coupes 
sombres, s’il avait pu deviner le danger prochain du~vide où il élevait 
son roi, s’il avait pu voir la plus haute tète, restée trop seule, trop 
haute, tombant à son tour sur la place de la Révolution. Donnerez- 
vous tort au poète qui fait prophétiser le vieux Nangis devant l’aïeul 
de Louis XVI : 

Sire ! en des jours mauvais comme ceux où nous sommes, 

Croyez un vieux, gardez un peu de gentilshommes. 

Vous en aurez besoin peut-être à votre tour. 

Hélas! vous gémirez peut-être quelque jour 
Que la place de Grève ait été si fêtée. 

« Et, plus tard, quelle déception épouvantée pour le politique, s’il 
eut aperçu cette autre conséquence dernière de son plus cher dessein ! 
Sur les ruines de la vieille maison d’Autriche, rivale encombrante, 
mais alourdie, ralentie, empêchée par tant de frottements, un jeune 
empire surgit, plus alerte, plus mobile, ramassant toute l’Allemagne 
dans la main d’un autre Richelieu, portant à l’œuvre du nôtre un coup 
irréparé. Ne me prêtez pas, Monsieur, des reproches ridicules ; votre 
Cardinal a fait la besogne que lui marquaient les nécessités de son 
temps, il a pourvu aux périls les plus urgents, frappé les factieux du 
dedans, les ennemis du dehors. Mais permettez-moi de rappeler i’in- 
1898 15 



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GHIOIVIQOE ET MÉLAKGE8. 

firmité de la vue et de l'action humaines, l'aboutissement effrayant et 
dérisoire des plans les mieux concertés dans cet inconnu où l'arme 
victorieuse se retourne contre celui qui a trop vaincu. 

c Vous aimez tant votre héros que vous ne m’accorderez peut-être 
pas ces réserves. Vous aimez l'homme et son œuvre. Tout en elle 
satisfait l’idéal de vos aspirations intimes. Elles éclatent dans vos juge- 
ments, dans la complicité de votre pensée avec les entreprises que 
vous racontez. Ne vous en défendez pas : votre livre est un perpétuel 
aveu. Jeté par le sort dans un mouvement d’idées qui a démoli toutes 
les traditions, vous êtes un affamé de tradition. Votre rêve visible est 
de reconstruire l’antique édifice avec des matériaux nouveaux, de 
relever sur le même plan ses façades d’une noble et forte ordonnance, 
ses murailles éprouvées contre les assauts du dehors. Vous espérez 
le rebâtir sans fondations et sans clef de voûte. L'expérience est auda- 
cieuse; nous l’observerons avec un intérêt anxieux. Vous la pour- 
suivrez en des jours obscurs ; ils offriront peut-être plus d’une ressem- 
blance avec ceux qui firent l’objet de votre longue étude. Déjà, vous 
avez entendu gronder les passions du temps de la Ligue; et, parmi 
leurs menaces discordantes, vous avez pu reconnaître le symptôme 
consolateur que vous discerniez en ce temps-là, « un vigoureux réveil 
« du tempérament national, i 

c Ab! laissez-moi sortir une minute des compliments académiques I 
Puisque vous venez, jeune encore, frapper à notre porte, souffrez qu’il 
use d’un droit et qu’il s'acquitte d'un devoir, celui qui n'est et ne veut 
être qu’un écrivain, qui vous parle au nom d’une réunion d'écrivains, 
de ces intellectuels dont on a trop médit parce que certains ont mésusé 
de ce beau titre. Souffrez qu’il se fasse l’écho du vœu commun et qu’il 
vous dise simplement, en rompant la glace de cette audience d’appa- 
rat : Soyez le guide qui entendra ce réveil du cœur de la France ! Tout 
passe et change, les formules, les régimes, les mots creux et les vaines 
clameurs dont on vous assourdit ailleurs. Seul, le cœur de la vraie 
France ne change pas ; il dure, à peine entamé par les éléments étran- 
gers impuissants à l’adultérer, fidèle aux vieux instincts de la race, à 
ses croyances, à ses amours ; tel que vous l’avez senti battre dans le 
passé, tel qu’il soupirait dans la plainte de Jeanne au fond de votre tour 
de Beaurevoir. La force est là. Quand on aurait l’appui du reste du 
monde, on n'aurait rien, si on ne l’a pas avec soi, ce cœur toujours prêt 
à offrir le trésor de ses énergies à l’homme de bonne volonté qui les 
rassemblera dans sa propre poitrine. Soyez un de ces hommes 1 L’hon- 
neur en rejaillira sur ceux qui vous ont fait ici crédit d’estime et 
d'espoir. 

« Vous leur devez aussi l’achèvement de votre histoire. Elle vous 
consolera des vicissitudes de l’action publique, dans la bibliothèque 
coutumière où vous attendent les images et les livres de Richelieu. 



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227 



CHRONIQUE ET MELANGES. 

Vous le retrouverez chez nous, dans la salle où il préside à nos travaux. 
Vous y retrouverez d'autres grandeurs, offusquées jadis par l’éclat de 
son astre, et qui l'égalent aujourd'hui parce que leurs créations résistent 
mieux à l’usure du temps. 

« Le tout-puissant ministre sort du Palais- Cardinal, entouré de ses 
gardes, envié, craint, adulé ; sur le parcours du carrosse, dans la foule 
où tous n'ont d'yeux que pour Monseigneur le Cardinal- Duc, qui 
remarque ces petites gens, un chétif avocat à la Table de marbre, 
Pierre Corneille; un adolescent souffreteux qui va rêvant à la machine 
d’arithmétique, Biaise Pascal? Le temps passe, travaille pour eux, les 
relève ; il rétablit l'équilibre entre la grandeur de chair et la grandeur 
de l’esprit. Nous venons de scruter l’œuvre du ministre : elle est déjà 
caduque, méconnaissable, quelques-uns de ses effets lointains nous 
affligent, ils eussent consterné leur artisan. Les œuvres du poète et du 
penseur sont vivantes, intactes; elles ne feront jamais de mal, leur 
rayonnement s'accroit, chaque jour ajoute à ces morts un peu de la vie 
qu’il retire à l'autre. Tant qu’il y aura des hommes, et qui parieront 
notre langue, le génie de Pascal les conduira dans l’infini. Entre son 
nom et celui de Richelieu, je vous laisse décider où se porterait la 
majorité si l'on demandait par voie de plébiscite laquelle de ces deux 
gloires chacun préférerait pour soi-même. 

« Nous savons ici le prix et l’utilité de l’homme d’action ; mais nous 
plaçons plus haut encore, avec le consentement général du monde civi- 
lisé, les maîtres de notre pensée. Comme la pieuse femme de Béthanie 
qui écoutait la voix divine, ils ont choisi la meilleure part. Leur 
illustre exemple soutient nos timides espérances; il nous apprend à 
mettre toutes les ambitions de notre vie dans la lueur de la petite 
lampe qu'on allume d’avance, et qui veillera, peut-être, dans la nuit 
incertaine du tombeau. 

« Vous nous comprenez, Monsieur, vous aimez aussi ce que nous 
aimons. Il faut, disait le poète, 

Il faut dans ce bas monde aimer beaucoup de choses. 

< Un âge vient, hélas ! où ce précepte n’est plus facile à suivre. On 
en prend le contre-pied, on désaime beaucoup de choses. On range les 
chimères et les vanités, on quitte sans regret les hôtelleries de hasard, 
les logements insalubres où l'on avait erré; mais, vous le verrez à 
l’user, on s’attache toujours davantage à la vieille maison de votre 
Cardinal, aux souvenirs qu’elle conserve, aux objets qui occupent ici 
l’esprit; on s’y attache, parce qu'on y trouve réunis ces biens qui se font 
de plus en plus rares : une grande force de durée dans l’indépendance 
et le désintéressement. » 

— Par arrêté en date du 27 décembre, notre confrère M. Antoine 



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228 CHRONIQUB ET MÉLANGES. 

Héron de Villefosse a été nommé vice-président de la section d’archéolo- 
gie du Comité des travaux historiques. 

— Par arrêté en date du 12 février 1898, notre confrère M. Eugène 
Lefèvre-Pontalis a été nommé membre de la section d’archéologie du 
Comité des travaux historiques et scientifiques. 

— Par arrêté du 22 janvier 1898, nos confrères dont les noms suivent 
ont été nommés : 

1° Officiers de l’Instruction publique : 

M. d’Allemagne, attaché à la bibliothèque de l’Arsenal ; M. Dela- 
borde, sous-chef de la section historique aux Archives nationales; 
M. de Flamare, archiviste de la Nièvre, et M. Funck-Brentano, sous- 
bibliothécaire à la bibliothèque de l’Arsenal; 

2° Officiers d’Académie : 

M. Huet, sous-bibliothécaire à la Bibliothèque nationale; M. Laloy, 
sous-bibliothécaire à la Bibliothèque nationale; M. Léonardon, con- 
servateur adjoint de la bibliothèque de Versailles, et M. René Merlet, 
archiviste d’Eure-et-Loir. 

— Par arrêté du i5 avril 1898 ont été nommés : 

1° Officier de l’Instruction publique : 

M. Demaison, secrétaire archiviste de l’Académie nationale de Reims; 

2° Officier d’Académie : 

M. Charles de La Roncière, secrétaire adjoint de la Société de l’École 
des chartes. 

— Un seul archiviste paléographe est mentionné dans le rapport que 
M. Georges Perrot a lu à l’Académie des inscriptions et belles-lettres, 
dans la séance du 4 mars 1898, sur les travaux des membres des 
Écoles d’Athènes et de Rome pendant l’année. 1896-1897. Voici les 
termes relatifs au mémoire envoyé par M. Join-Lambert : 

«... Avec M. Join-Lambert, ancien élève de l’École des chartes, nous 
remontons jusqu’au cœur du moyen âge. M. Join-Lambert continue à 
l’École la tradition de ces études d’histoire de l’art qui y ont été repré- 
sentées si brillamment jadis par notre confrère M. Müntz, et, au cours 
des années précédentes, par M. Bertaux, dont les recherches et les 
découvertes ont trouvé à l’Académie un bienveillant accueil. M. Join- 
Lambert nous a envoyé la première partie d’une Étude sur l’art et 
l’architecture en Sicile du J//« au XVI • siècle. (Texte et planches.) 

« Ce travail, qui dénote un esprit d’observation très développé et de 
longues recherches, porte sur un grand nombre de monuments civils 
et religieux. L’auteur commence par soumettre à un rapide examen 
les édifices de la Sicile antérieurs à Frédéric II. Il cherche à définir 



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CHRONIQUE ET M1ÎLANGBS. 229 

la part des différents styles dont l’action s’est fait sentir aux artistes 
qui ont construit et décoré ces monuments; il étudie, l’une après 
l’autre, l’influence arabe, l’influence byzantine et l’influence normande. 
Il réduit cette dernière à une juste mesure. Un autre pensionnaire de 
l’École de Rome, lui aussi élève de l’École des chartes, M. Enlart, 
s’était déjà attaqué à ce problème. M. Join-Lambert complète et rec- 
tifie sur certains points les observations de son devancier. Il montre 
que l’édifice subsistant où les influences normandes sont le plus sen- 
sibles est la cathédrale de Gefalù ; par malheur, il reste peu de chose 
de la construction première. Bâtie de 1129 à 1132, cette église a été 
fort remaniée. Les parties hautes du chœur et du transept datent de 
la fin du xii e siècle ; la nef date du xm e siècle. D’autres parties sont 
plus jeunes encore. 

a Dans la seconde partie de son travail, M. Join-Lambert décrit 
l'œuvre architecturale de Frédéric II. Il consacre une étude étendue 
et très neuve aux châteaux bâtis par Frédéric II, châteaux où la 
marque des méthodes de l’architecture française est très manifeste. Il 
examine avec force détails Castro-Giovanni, Castro del Monte, Castel- 
Maniace, etc. 

« Deux atlas de planches et de photogravures permettent de suivre 
ces descriptions et font connaître une foule de particularités inconnues 
jusqu’ici. 

a Après avoir étudié ceux des châteaux de Frédéric II qui ont évi- 
demment été bâtis par des maîtres français, M. Join-Lambert examine 
une série de monuments où l’influence française est encore très mar- 
quée, mais qui sont l’œuvre d’artistes locaux. 

< Enfin, dans la troisième partie, il étudie les travaux d’architecture 
du xiv e et du xv e siècle et montre les influences qui y dominent. C’est, 
d’une part, l’art italien, très reconnaissable dans la cathédrale de Mes- 
sine, et l’art espagnol. 

< M. Join-Lambert expose son sujet avec sobriété, sans se perdre 
dans la minutie des détails. Pour être publié, le travail aurait besoin 
d’être revu au point de vue du style; il a été rédigé un peu rapi- 
dement. 

• Enfin il semble que l’auteur aurait pu trouver dans les sources 
écrites d’utiles indications. On peut lui reprocher également de n’avoir 
pas suffisamment indiqué ses références. Mais cela tient en partie à ce 
que son œuvre est, dans une large mesure, un travail original. > 

— Un décret en date du 12 janvier 1898 a déterminé les conditions 
dans lesquelles les papiers des ministères et des administrations cen- 
trales devront être versés et conservés aux Archives nationales. En 
voici les dispositions : 

Art. 1 er . — Les dossiers, registres et pièces reconnus inutiles pour 



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230 



GHEOIfIQUB ET MELANGES. 

le service courant des bureaux seront livrés, par les ministères et 
administrations, aux Archives nationales pendant le premier semestre 
de chaque année, soit directement, soit après avoir séjourné dans un 
dépôt provisoire. 

Art. 2. — Les ministères et administrations remettront aux Archives 
nationales les dossiers régulièrement constitués, les registres et pièces 
régulièrement classés. 

Les chefs de service en dresseront un état en double expédition. Un 
des exemplaires de cet état leur sera rendu, après vérification, avec le 
récépissé du directeur des Archives nationales. 

Art. 3. — Les dossiers, registres et pièces versés aux Archives 
nationales formeront, pour chaque ministère et administration, un 
fonds spécial, classé dans Tordre de ses attributions, telles qu’elles sont 
déterminées par les décrets d’organisation. 

Art. 4. — Tous les dossiers, registres et pièces déposés aux Archives 
nationales par les ministères et administrations, qui seraient néces- 
saires pour le service, devront être remis à ces ministères et adminis- 
trations, pour un temps déterminé, sur demande écrite et contre récé- 
pissé. A l’expiration du terme, le directeur des Archives nationales 
réclamera les pièces communiquées. 

Art. 5. — Les documents ayant moins de cinquante ans de date ne 
seront communiqués que sur l’autorisation des ministères et adminis- 
trations qui les auront versés. A moins de réserves faites par les 
ministères et administrations, les documents ayant plus de cinquante 
ans de date seront librement communiqués au public par les Archives 
nationales. Toutefois, les pièces confidentielles intéressant la person- 
nalité et le rôle des hommes publics ne pourront être consultées 
qu’après leur mort. 

Art. 6. — La suppression des papiers reconnus inutiles et dont les 
lois n’ordonnent pas la destruction sera concertée entre les adminis- 
trations centrales et les Archives nationales. Elle pourra avoir lieu, 
soit au moment de la livraison, soit après le versement, à des époques 
déterminées. 

— Un décret en date du 8 février 1898 a approuvé la donation faite 
à la Bibliothèque nationale par M. Henry-Auguste Omont d’une 
somme de 5,000 francs, qui devra être employée à l’acquisition d’un 
titre de rente 3 °/ 0 sur l’État français, pour les arrérages en être affec- 
tés en sëcours aux fonctionnaires ou anciens fonctionnaires de ladite 
Bibliothèque ou à leurs familles. 



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CHBOFVIQOE BT fflfLAlfGBS. 



234 



PROJETS DE M. DE SALVANDY POUR L’ÉCOLE 
DES CHARTES. 

La lettre suivante, retrouvée parmi les papiers de notre regretté 
confrère M. de Rozière et adressée à son grand-père Pardessus par 
M. de Salvandy, ministre de l’Instruction publique, nous a paru pou- 
voir intéresser les lecteurs de la Bibliothèque. Elle fut écrite quelque 
temps avant la promulgation de l’ordonnance du 31 décembre 1846 
qui, sur l’initiative de ce ministre, réorganisa l’École des chartes. 
Pardessus était alors président de la Commission qui allait bientôt 
prendre le nom de Conseil de perfectionnement, et en cette qualité 
avait dû adresser à M. de Salvandy un mémoire où il lui soumettait 
ses idées sur la transformation de l’École ; c’est à l’envoi de ce mémoire 
que la lettre du ministre répond : elle témoigne de sa sollicitude pour 
« la docte jeunesse, > en nous faisant connaître des projets qui ne 
furent point tous réalisés. 

H. C. 

« Mon cher Confrère, 

« Je n’oublie pas l’École des chartes. Votre excellent mémoire est 
un jalon qui ne me la laisserait pas perdre de vue. Je suis de votre 
avis sur tous les points. L’argent ne m’inquiète pas : on obtient tout 
des Chambres pour de semblables intérêts. Aussi suis-je disposé à con- 
sidérer l’institution comme compromise par sa sobriété, son exiguïté, 
sa ténuité, plus qu’elle ne le serait par des dimensions plus consis- 
tantes quoique plus coûteuses. Que pense riez- vous d’y adjoindre une 
section purement archéologique et de l’intituler : École des chartes et 
inscriptions ? L’étude de la numismatique, du latin et du grec des 
monuments, des origines nationales se lieraient bien à celles dont 
vous me tracez le programme. Veuillez me faire connaître à cet égard 
votre pensée. J'ai du temps devant moi, parce que je m’occupe de 
régler des préliminaires indispensables : un régime de nomination des 
bibliothèques des départements, rendant des emplois à notre docte 
jeunesse, un règlement des travaux historiques ayant le même but. 
J’ajouterai sans hésiter Futile création que vous indiquez. Cela fait, 
des carrières étant ouvertes, nous organiserons l’institution, et, en 
consultant l’Académie, je me bornerai à des points précis et impor- 
tants. L’Académie verrait-elle volontiers que l’École fût fixée auprès 
d’elle, au palais de l’Institut? Et croyez- vous que les deux biblio- 
thèques que ce palais rassemble pussent suffire aux besoins de l’École ? 
Veuillez encore me répondre sur ce point. Vous voyez que je sais 
votre obligeance égale à votre savoir : c’est à l’une et à l’autre que je 
mesure, mon cher Confrère, tous mes sentiments de considération et 
d’attachement. 

« Salvandy. 



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232 



CHHOÏTIQUB ET MBLUfGBS. 

t Vous m'avez encore suggéré l'idée d’un service de dépouillement 
général des manuscrits du royaume, qui nous offrirait une autre très 
vaste carrière. Tout cela a besoin d’étre mûri et préparé à l’avance, 
sinon tout à fait accompli. Quand on fonde une école navale, il faut 
avoir à donner des grades et des vaisseaux. » 



LES VOLS DE LIBRI A FLORENCE. 

Quoique les méfaits de Libri soient depuis longtemps mis hors de 
toute contestation, il n’est pas inutile de constater que, même avant 
1848, les déprédations commises par ce voleur dans les dépôts de Flo- 
rence étaient parfaitement connues des savants de cette ville. C’est ce 
qui résulte de renseignements recueillis sur place à la fin du règne de 
Louis-Philippe par Pons de l’Hérault. Voici dans quels termes le 
bibliographe Colomb de Bàtines s’exprimait sur les vols commis dans 
les bibliothèques de Florence, et notamment à la Magliabechiana : 

« Un seul des voleurs à ma connaissance a été découvert : c’est un 
certain chanoine Berghi, qui était, je crois, bibliothécaire de la Ric- 
cardiane, et que l’on se contenta de mettre à la porte. Un autre est 
bien connu, c’est le sieur Libri, qui fut pris sur le fait aux archives, 
découpant des feuillets dans un manuscrit de Miscellanea. On est à peu 
près sur que beaucoup de manuscrits qui manquent dans les biblio- 
thèques ou les archives sont chez lui. On cite notamment une grammaire 
provençale de Varchi, travail autographe et très précieux, qui était 
dans un recueil de Miscellanea de la Magliabechiana. Je sais de bonne 
part qu’un catalogue de vente de pièces autographes et manuscrites 
publié en 1845 par le sieur Charon, marchand d’autographes de Paris 
(sans le nom du possesseur de la collection, il est vrai, mais on sait 
pertinemment à Paris que ces pièces viennent de chez M. Libri), je 
sais, dis-je, que le dit catalogue ayant été mis entre les mains de l’av- 
vocato regio de Florence, en recourant aux catalogues des bibliothèques 
et archives, on a reconnu plusieurs pièces volées. » 

Ainsi s’exprime Colomb de Bàtines dans un mémoire, remis à Pons 
de l’Hérault, qui est actuellement conservé à la bibliothèque de Car- 
cassonne et que M. Léon-G. Pélissier vient de publier dans le Central - 
blatt für Bibliotfiekswesen (1898, p. 35-48). A la fin du paragraphe qui 
vient d’être rapporté se lit une note ainsi conçue : « Renseignement à 
donner à M. Arago et à la Réforme . » Cette note est probablement de 
Pons de l’Hérault. 



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CUNAULD 



SON PRIEURÉ ET SES ARCHIVES 



Le bourg de Cunauld, situé sur les bords de la Loire, dans la 
commune de Trêves- Cunauld, canton de Gennes, département de 
Maine-et-Loire, doit une grande partie de sa notoriété chez les Ange- 
vins à trois événements marquants qui ont fait retentir son nom 
bien avant Tan 1000. Cette localité a été le siège d'un petit monas- 
tère, édifié sous l’invocation et la protection de saint Maxenceul, dès 
les temps mérovingiens ; ensuite elle a passé aux mains du comte 
Vivien, qui en a fait don à Saint-Filibert en 843 ; enfin elle a été, pen- 
dant vingt ans, la résidence de la communauté des religieux de 
Noirmoutier lorsqu’ils furent chassés de leur ile par les Normands. 

Les fuyards emportaient avec eux non seulement leurs objets les 
plus précieux, mais encore leurs parchemins, parmi lesquels figu- 
raient leur acte de fondation et des concessions de faveurs impé- 
riales. Une fois établis à Cunauld, les religieux reçurent de nouvelles 
donations qu’ils furent obligés d’abandonner précipitamment, en 862, 
pour aller s’abriter, d’étape en étape, jusqu’en Bourgogne. Cunauld 
perdit alors son rang d’abbaye, pour devenir un prieuré de l’abbaye 
de Tournus ; cependant son importance, loin de décroître, ne fil que 
grandir, avec l’augmentation de son temporel. Aux débris du char- 
trier que les fuyards avaient laissé entre les mains du prieur, vinrent 
se joindre les titres de toutes les faveurs qui arrivèrent de la part 
des papes, des rois, des évêques, des comtes d’Anjou et des seigneurs 
de la contrée, et qui firent de cet établissement secondaire un rival de 
plus d’une abbaye. 

Le titulaire resté à Cunauld relevait nominativement des abbés de 
Tournus (Saône-et-Loire) ; en réalité, il vivait dans une grande indé- 
pendance et n’entretenait que des rapports très rares avec eux, il 
conservait sous sa main tout ce qui était nécessaire à l’exercice de 
4898 46 



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234 



CUNAULD, SON PRIEURÉ BT SES ARCHIVES. 

ses droits. Son éloignement sauva ses archives des périls d’une cen- 
tralisation excessive, je le crois, du moins, car le Père Chifflet, qui 
dépouilla le chartrier de Tournus pour en écrire l’histoire, vers 4 660, 
n’aurait pas manqué de se servir du fonds de Cunauld s’il avait été 
sous sa main. 

Nous devons croire qu’il n’y a jamais eu de déplacements dans 
cette collection et que les gardiens ont fait le silence sur ses 
richesses, car les Bénédictins eux-mémes, qui furetaient partout, ne 
paraissent pas avoir soupçonné ce qu’elle contenait. On a peu de 
pertes à déplorer, on regrette seulement que, par une conséquence 
inévitable de la division du temporel et de la sécularisation pronon- 
cée en 4742, le chartrier se trouve coupé en deux parties : l’une, 
entre les mains de l’État, l’autre, à la discrétion d’un propriétaire 
très aimable et très éclairé, M. de Terrebasse. Pour être exact, il 
faut citer un troisième lot conservé dans les archives départemen- 
tales de Saône-et-Loire, qui comprend plusieurs originaux antérieurs 
à 875. 

Bien avant la Révolution, le prieuré de Cunauld était tombé entre 
les mains de l’évêque d’Angers pour tourner au profit de son sémi- 
naire Saint- Charles. Le château logis abbatial étant inoccupé fut 
aliéné au riche Irlandais Jean de Stapleton, qui l’habitait en 4775 et 
qui se fit remettre un lot de titres de propriété, ne comprenant pas 
moins de trente-neuf registres in-folio, dans lesquels les contrats de 
vente, d’acquisition, d’échange et les déclarations féodales dominent 
en grand nombre. Le tout parait classé méthodiquement, cependant 
M. d’Achon a rencontré, dans le premier volume, un titre qui est 
absolument étranger à Cunauld, c’est une charte de l’évêque de Poi- 
tiers, du xi® siècle, concernant le prieuré de Beauvoir, que j'utiliserai 
pour mon histoire de saint Filibert. A côté de ces registres bien 
reliés, M. de Terrebasse conserve une liasse de parchemins détachés, 
petite par son volume, mais grosse par l’intérêt de son contenu. 
M. Port, archiviste de Maine-et-Loire, a eu connaissance du tout; il 
en a parlé brièvement dans son Dictionnaire géographique , histo- 
rique et biographique de Maine-et-Loire , à l’article Cunauld ; mais 
il s’est borné à dire que le fonds contient un diplôme de Louis le 
Débonnaire, indication qui a été répétée par MM. Langlois et Slein 
dans leur ouvrage intitulé : les Archives de l'histoire de France 
(p. 543). 

La liasse en question méritait une étude approfondie. C’est là 
que j’ai mis la main, avec le concours zélé de mon ami M. Charles 



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235 



CUNAULD, SOU PRIEURÉ BT SES ARCHIVBS. 

d’Achon, voisin de Cunauld, sur une charte de donation émanant 
d’Ansoald, célèbre évêque de Poitiers du vn e siècle, et sur une autre 
donation du ix* siècle faite par un seigneur d’Aquitaine. Le diplôme 
de Louis le Débonnaire, quoique déjà connu par dom Bouquet, m’in- 
téressait aussi puisqu’il se rapporte au monastère de Noirmoutier. 

J’ai dit que le chartrier avait été coupé en deux parce que les 
Archives départementales de Maine-et-Loire ont, elles aussi, dans la 
série G, au chapitre du séminaire Saint-Charles, une suite de dix- 
huit registres et de onze liasses. Distraits, je ne sais à quelle époque, 
du chartrier de Cunauld, ces recueils ne concernent pas seulement 
les dîmes, les rentes féodales et les droits des prieurs dans les 
paroisses voisines de Cunauld, ils contiennent encore des documents 
historiques tels que des bulles, des lettres patentes de donation et 
de confirmation, des chartes épiscopales et seigneuriales, des tran- 
sactions, des arrêts qu’on peut utiliser pour l’histoire générale du 
prieuré. Si les originaux sont nombreux après l’an \ 000, en revanche, 
on n’y voit, pour la période antérieure, que des copies prises sur les 
titres conservés à Tournus et publiés par les historiens de l’abbaye, 
Chifflet et Juénin. En résumé, le lot qui est entre les mains de M. de 
Terrebasse est celui qui renferme le plus de titres dignes d’arrêter 
l’attention des amis de la science diplomatique. Grâce à son bien- 
veillant accueil, nous pourrons offrir à nos lecteurs trois documents 
très importants, dont deux sont inédits et dont le troisième n’a été 
publié que d’une façon insuffisante. 



I. 



Donation d’Ansoald, évêque de Poitiers, en faveur de l’abbate 
de Noirmoutier, datée de la deuxième année du règne de Dago- 
bert II. 

Ansoald n’est pas un personnage quelconque : sa biographie, sans 
être longue, nous fait soupçonner qu’il a exercé une grande influence 
sur les hommes et les événements du vu® siècle. L’évêque de Poi- 
tiers, Didon, homme riche et habile politique, de même que saint 
Léger, évêque d’Autun, étaient de sa famille, et, par leur intermé- 
diaire, il avait été choisi pour remplir des charges à la Cour. Dago- 
bert avait fait d’Ansoald un ambassadeur. 

Il était évêque de Poitiers quand le corps de saint Léger fut ramené 
en Poitou après sa mort tragique. Ansoald voulut que la sépulture 



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236 



CUIUÜLD, SON FKIEUBrf BT SES ARCHIVES. 

de ce prélat fût digne de ses vertus et lui fit ériger une superbe basi- 
lique à Saint-Maiient. 

Nul doute que ce prélat n’ait fait de nombreuses fondations dans 
son diocèse et dans sa ville épiscopale, mais le temps en a fait dispa- 
raître les traces. On lui attribue l’érection de l’hôpital Saint-Luc à 
Poitiers 4 , au coin des rues actuelles de Saint-Paul et de Saint-Savin, 
et la réunion du petit monastère de Mazerolles à l’abbaye de Noaillé 2 . 
Voilà tout. Pour un épiscopat qui dura plus de vingt ans, c’est 
bien peu. 

La charte, qu’un heureux hasard vient de nous faire découvrir, nous 
permet d’ajouter quelques détails à la biographie du prélat et d’allon- 
ger la liste de ses générosités. 11 ne se contenta pas de retenir dans 
son diocèse le célèbre religieux Filibert, fondateur de Jumièges, il 
l’installa lui-méme dans l’ile de Noirmoutier, bâtit son monastère 
et lui constitua un temporel composé de plusieurs belles villas. Le 
biographe de saint Filibert s’était borné à raconter en termes vagues 
que l’évèque de Poitiers s'était dépouillé pour enrichir le saint soli- 
taire 3 . Aujourd’hui, nous sommes pourvus de renseignements com- 
plets sur sa générosité, nous possédons jusqu’aux noms des domaines 
ruraux qui entrèrent dans la dotation du nouveau monastère, con- 
tingent précieux à l’étude topographique du pays aux temps méro- 
vingiens. 

La charte n’est pas autre chose que le litre même de la fondation 
primordiale de l’abbaye bénédictine de Noirmoutier. Les détails qu’elle 
renferme sont du plus haut intérêt pour l’histoire civile de Poitiers, 
pour la connaissance des usages juridiques en vigueur au vu* siècle, 
comme pour les annales de l’épiscopat. 

Le pieux prélat désire que son entreprise se soutienne et prospère 
indéfiniment, et, dans la crainte qu’elle ne vienne à péricliter par 
suite de la mauvaise volonté de certains membres de sa famille, il a 
inséré dans l’acte une clause de prévoyance qui autorise l’abbé de 
Noirmoutier à choisir les meilleures terres parmi celles qu’il léguera 
à l’église de Poitiers, s’il arrive que quelque audacieux dépouille son 

1. Mém. de la Soc. des antiquaires de VOuest, t. XXXVII, p. 35. 

2. Pardessus, Dlplomata et chartx, t. II, p. 239. 

3. < Largiente Domino, Hero maris in insula locavit cœnobium Ansoaldus 
opéré et eleemosinæ largitate, Filibertus religione, doctrina, opéré et mona- 
chorum congerie. > Bollandistes, Acta SS., 18 août. Mabillon, en relatant la fon- 
dation de Noirmoutier à l’année 674, ne dit rien de plus ( Annales O. S. B., 
1. 1, p. 518). 



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237 



cusiüLD, soir pbiecmI bt ses aechiyes. 

monastère, et à les prendre aussi bien dans ses domaines héréditaires 
que dans ses biens acquis. 

Ce n’est pas la seule précaution qu’il ait prise contre les événe- 
ments. Ansoald, après avoir signé sa donation et requis les sous- 
criptions des principaux citoyens de Poitiers et de plusieurs évêques, 
fit rédiger l’acte en double exemplaire et ordonna à son diacre Lau- 
negiselus de porter le titre aux magistrats de la Curie municipale de 
Poitiers pour la faire enregistrer sous ses yeux. 

Notre parchemin contient donc trois actes distincts : 

1° L’acte de la donation de cinq domaines; 

2° La procuration du donateur pour charger le diacre Launegise- 
lus de faire enregistrer l'acte de donation dans les registres de la 
Curie; 

3° Le procès-verbal de l’enregistrement. Ce dernier acte mentionne 
la requête adressée par Launegiselus au défenseur et aux officiers de 
la Curie; la réponse favorable de ceux-ci; la réquisition de Laune- 
giselus demandant l’enregistrement ; l’ordre des magistrats au gref- 
fier Lupus de recevoir la procuration ; la lecture intégrale de la pro- 
curation; l’ordre donné au greffier de l’insinuer dans les Gestes 
municipaux; la présentation de la donation d’Ansoald et la requête 
tendant à en obtenir la transcription sur les registres curiaux; 
l’ordre du défenseur et des magistrats au greffier de prendre l’acte 
et de le lire; l’ordre de procéder à l’enregistrement de l’acte lu; la 
requête de Launegiselus réclamant un certificat de transcription con- 
forme à la coutume ; l’ordonnance de fiat des magistrats. 

Toute cette procédure minutieuse, qui nous fait toucher du doigt 
la persistance des usages romains, est close par l’énumération et les 
signatures des membres de la Curie qui sont au nombre de sept, 
sans compter le greffier Lupus*. Notons en passant que, sur ces huit 
magistrats, trois portent des noms latins, les cinq autres sont ger- 
mains. On ne peut pas souhaiter de meilleures garanties de l’authen- 
ticité de la donation que nous mettons au jour après de nombreux 
siècles d’ensevelissement. 

Nous avons plus d’une raison de croire que notre transcription a 
été faite par un copiste qui vivait au xi* siècle. Le parchemin qu’il a 



t. Voir les documents analogues publiés dans Spangenberg, Juris romani 
tabulae, p. 191-196, et les formules 261 à 265 dans E. de Rozière, Recueil général 
des formule s, l” partie, p. 317-327. 



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238 



CUNAULD, SON PRIEURÉ BT SBS ARCHIVES. 

employé est très fin de qualité; la diphtongue æ est figurée par un e 
cédillé; ensuite PN et le T à la fin des mots sont liés comme dans la 
minuscule carolingienne. Le scribe s’est plu à allonger par le haut 
certains jambages de lettres. 

Il parait indubitable que notre copiste avait l’original sous les 
yeux, car il a cherché à imiter, après les noms de deux témoins, le 
paraphe qui les accompagnait. Son dessin trahit sa sincérité et son 
désir d'exactitude. En répétant le nom du secrétaire Lando et la 
mention de sa souscription, il a encore cherché à reproduire un peu 
la physionomie de l’original en employant des lettres allongées. 

Il n'en faut pas plus pour nous inspirer confiance dans cette copie, 
bien qu’elle ne soit revêtue d’aucune formule de collation. Les incor- 
rections sont nombreuses, les solécismes et les barbarismes ne 
manquent pas dans le texte. N’est-ce pas là encore une preuve 
d’authenticité ? 

Nous ne sommes pas, du reste, en présence d’un titre vagabond 
qui soit passé dans diverses mains suspectes et dont on aurait pu se 
faire une arme dans un procès quelconque. L’abbaye de Noirmoutier 
qu’il concerne ayant disparu depuis le ix e siècle et ne s’étant jamais 
relevée de sa déchéance 4 , il est resté en dépôt dans les archives du 
prieuré, c’est-à-dire dans le lieu même où le corps de saint Filibert 
est passé et où la communauté s’est réfugiée pendant plusieurs 
années. Il est heureux que cette copie ait été conservée par les 
prieurs de Cunault, à titre de curiosité, à côté de leurs titres de pro- 
priété, car l’original a disparu depuis longtemps du chartrier de l’ab- 
baye de Tournus, où il aurait dû être déposé près des diplômes de 
Louis le Débonnaire et de Charles le Chauve qui ornent cette collec- 
tion. Ni le Père Chifflet 2 , qui a compulsé le chartrier de Tournus au 
xvn e siècle, ni le chanoine Juénin 3 , qui a recommencé le même tra- 
vail au xvm e , n’ont rencontré la charte d’Ansoald; les pièces justifl- 

1. Les Cisterciens, qui sont venus au xn* siècle dans l'ile de Noirmoutier, 
n’ont pas cherché à se rattacher à la création de Filibert. 

2. Chifflet, Hist. de l'abbaye royale de la ville de Tournus. Dijon, 1664, 
1 vol. in-4 # . 

3. Nouv. hist. de T abbaye royale et collégiale de Saint-Filibert et de la ville 
de Tournus , enrichie de ligures avec les preuves de l’histoire, par un chanoine 
de la même abbaye. Dijon, 1733, 1 vol. in-4\ — La collection des manuscrits 
de dom Fonteneau, conservée à Poitiers, ne contient pas la copie de la fonda- 
tion de Noirmoutier par Ansoald. 



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CDNAULD, SON PRIEURÉ ET SES ARCHIVES. 239 

catives de leur appendice ne commencent qu’à 819. Ils n ont pas 
pensé à interroger le prieur de Cunauid, ni le directeur du séminaire 
Saint-Charles d’Angers, qui a joui de ce domaine ecclésiastique pen- 
dant dix-huit ans (de 1741 a 1759). Ceux-ci, en compulsant la col- 
lection, auraient peut-être aperçu au dos de notre parchemin, en 
écriture du xn e siècle, la mention suivante : Fondation de i abbaye 
de Noirmoutier. 

Les chercheurs qui, de notre temps, ont rendu visite au fonds de 
Cunauid n'ont fait attention qu’aux titres qui se rapportaient aux 
localités de l’Anjou. 

L’acte que nous reproduisons a été transcrit sur deux morceaux 
de parchemin dont la réunion forme un carré de 0 ,n 57 de côté, for- 
tement entamé par les rats en trois endroits. Les trous, heureuse- 
ment, n'enlèvent pas de mots importants et n’empêchent pas de 
suivre le sens des phrases. 

Ce document m'est tombé sous la main, par hasard, en cherchant 
des éclaircissements sur les origines de Deas ou Saint- Philbert de 
Grandlieu i Loire-Inférieure), seconde étape des religieux de Noir- 
moutier; et sur leurs pérégrinations à travers la France. Cunauid 
méritait une exploration comme troisième étape de la communauté 
pendant sa fuite. Je m’y suis rendu d’autant plus volontiers que la 
maison abbatiale est aujourd’hui entre les mains d’un aimable archéo- 
logue du Dauphine. M. de Terrebasse, qui ne refuse jamais la com- 
munication de sa collection, composée de trente-neuf volumes in-folio 
de parchemin, surtout quand on est présente par son voisin, 
M. Charles d’Achon, dont tous les Angevins connaissent l’érudition 
et l’attachement aux etudes historiques. Tous deux ont compris que, 
malgré ses charmes, le domicile le plus hospitalier ne vaut pas la 
lumière d’une grande bibliothèque quand on est dans la nécessité de 
se prononcer sur la valeur d’un document inconnu, ils m’ont accorde 
toutes les libertés que je souhaitais et m’ont procure ainsi le plaisir 
très envié de mettre au jour une charte inédite du vri® siècle. C’est 
grâce à leur obligeance que j’ai pu joindre à ma publication une 
reproduction phototypique. 



;';V ' Ego Ansoaldus Pictavensis urbis episcopus. Quia 
oportet pastoralem spiritalem ovibus spiritalibus pabula spiritalia 
providere, ita duntaxat et de carnalibus alimentis, ut expedit. 



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240 



C01UULD, SON PEIEÜltf ET SES ARCHIVES. 

studeat ministrare, ///// ///////// /nt intencione sagaci insistera eis 
libeat, ut et pastores ab ipsis spiritalia sumant. 

Igitur, dum michi Deus omnipotens, pro sua clementia, quan- 
quam indignura, pastoralem tribuit curam, providendum nobis 
summopere est ut quos normam //////////////////// lius proficiant 
monere, et unde temporaliter vivant, omnimodis debeœus mini- 
strare et qui sinu çclesie ut spiri taies filii nutrire noscuntur et 
altaribus deservire videntur ab ipsis eclesie vel altaribus cui 
deserviunt, juxta Apostoli dictum 1 , // //////// //.///orem et consi- 
üum et conbentia venerabilium fratrum, civium scilicet nostro- 
rum providentes compendia vel nécessita te fratris nostri Phili- 
berti abbatis, quç in insolaHerio : pater monasterii constituimus, 
vel fratrum suorum conversantium secum ///////////////. 

[Villam Amjpenno 3 sitam in litore maris, cum domibus, çdi- 
ficiis, vineis, agris, acolanis, mancipiis utriusque sexus cum 
salinis vel omni conpendium in se habente et in se continente vel 
aspiciente ipsi vel sue congregationes seu monasterii quod in ipsa 
[insola in] honore sanctorum Pétri et Andrei seu sancti Pauli 
apostolorum, vel beatorum Laurenti et Florenti marthires est 
constitutum, volo esse donatum, unde victum et vestitum ipsa 
congregatio omni tempore percipiat. 

Simile ratione, alia villa quç vocatur Deas 4 posita super 

1. < Qui altari deserviunt cum altari participant, ita et Dominus ordinavit 
iis qui Evangelium annnnciant, de Evangelio vivere. > Prima ep. S. Pauli ad 
Cor. IX, 13 et 14. 

2. Insola Herio, Ile d’Hermoutier, auj. Noirmoutier, sur la côte de la Vendée. 
< Uonasterio S. Filiberti quod est situm in insula qu» dicitur Aeri > (Oipl. 
de Louis le Débonnaire de 819. Arcb. de Saône-et-Loire, H 177, n* 1). < Corpus 
beati Filiberti ab Hero, Oceani insula, transferretur > (De transi, et mtr. S u Fili- 
berti , Libro I, 551). 

3. Villa Ampenno. Cette villa se trouve citée nettement dans le procès-ver- 
bal de translation des reliques rédigé au ix* siècle, comme nn bien patrimonial 
de l'abbaye. Ce fut la première étape des religieux sur le continent lorsqu'ils 
s’enfuirent, en 836. a Monachorum bumeris elatum ad Ampennum suam defer- 
tur villam > (Ibid.). L Ampan est le plus vieux village de la commune de Beau- 
voir (Vendée), il ne reste plus qu'un moulin près duquel M. de Sourdeval a 
remarqué un gisement de ruines romaines (Revue des provinces de l'Ouest, 
V, P- lü). 

4. Villa Deas , auj. Saint-Philbert-de-Grandlieu, ch.-l. de canton de la Loire- 
Inférieure. t In loco cujus vocabulum est Deas. s (Dipl. de Louis le Débon- 
naire de 819.) Déas fut siège de l'abbaye de 816 à 843 d'une façon intermittente. 



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244 



CUIUÜLD, soif PEIEUBé ET SES ABCHIVES. 

amnem Yedoniam 1 , quem vir vite venerabilis Magnobodus*, 
diaconos, partibus eclesiç istius Picta venais, dédit cum omnibus 
rebus vel beneficiis in se habentibus et ad se aspicientibus, cum 
omni integritate vel soliditate, sicut ab ipso viro fuit possessa, et 
postea inibi aliqua fuerunt addita, ad ipso monasterio Herio dono 
atque transfundo. 

Simili modo, portions quem in Tasiago villa 3 quç ponitur prope 
de Toare 4 flumine, quç de Senegunda filia Bertaldi condam per 
vinditionis condictione nobis obvenit, cumdomibus, vineis, agris, 
cum ledis et mancipiis utriusque sexus, cum pecnliis utriusque 
generis vel sexus vel omni beneâcium in se habente et ad se aspi- 
ciente supradicto fratri nostro vel sui congregatione seu ad ipso 
monasterio dare decrevimus atque donamus. 

Villam vero Pusiago 5 quam simili modo supradicta femina 
Senagundis, accepta pecunia, nobis distraxit cum domibus, aco- 
lanis, mancipiis, cum litis, agris et pecuniis, cum adjacentiis vel 
omnibus ad se aspicientibus sepedicto fratri nostro Philiberto 
abbati vel sui congregationi seu ad supradicto qionasterio in 
Herio constructo cum omni integritate vel soliditate, sicut ab 
ipsa femina actenus fuit possessa, volumus esse donatum. 

Villa vero ditionis nostrç Lendoas, sive Avenarias* in terri- 



Cette localité ligure encore dans le récit de la translation des reliques de saint 
Filibert (Léon Maître, les Villes disparues de la Loire-Inférieure, t. II, 4* livr. 
Déas). 

1. Vedoniam , la Boulogne, affluent du lac de Grandlieu, « ex fluvio qui dici- 
tur Bedoniam > (Diplôme de 819). Voir aussi, pour les notes 2 et 3, les pièces 
justificatives publiées par le P. Chifflet et par le chanoine Juénin dans leur 
c Histoire de la ville et de l’abbaye de Tournus. » 

2. Magnobodus. Il ne faut pas confondre ce personnage avec son homonyme 
évéque d’Angers, qui mourut en 660. 

3. In Tasiago villa , Taizé, cant. de Thouars, arr. de Bressuire. « Ad Tai- 
sacum tenditur, cumque ad Thoarum (lumen ventum, » x* siècle (De Translat. 
et mirac . S. Filiberti, lib. II, g 12). « In Pictavensi Taziacum, > 1119 (Bulle de 
Calixte II, dans Nouv. hist. de Tournas). 

4. Toare flumine, le Thouet, rivière qui se jette dans la Loire près Saumur. 

5. Pusiago. Ce nom latin a été commun en Poitou, car on trouve beaucoup 
de noms de lieu comme Paizé, Piouzé et Puzé. Je propose Paizay-le-Chapt, 
cant. de Brioux (Deux- Sèvres), parce que l'église est dédiée à saint Fulbert , 
corruption de saint Filibert (Pouillé du dioc. de Poitiers, p. 338). 

6. Avenarias , Venières, ham. de Boyer, comm. limitrophe de Sennecé-le- 
Grand (Saône-et-Loire). 



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242 



CUlflULD, SON PRIBürf ET SES ARCHIYBS. 

torio Penesciacense 1 prope de alveo* Segonç, cum vineis et 
hominibus super ipso fluyio commanentibus ad integrum, sicut a 
genitore vel a génitrice nostra seu a nobis usque nunc fuit pos- 
sessa, simile conditione sepedicto fratri nostro vel sui congréga- 
tion Herio in insulç monasterii consistenti, cum domibus, edifi- 
ciis, agris, acolanis, inquüinis, mancipiis utriusque sexus, 
pecoribus utriusque generis vel sexus, vel omni conpendium in 
se babenti vel ad se aspiciente, dono atque omnimodis trado 
atque transfundo. 

Hçc omnia vel superius conprehensa a die présente vel tempore 
in eo recipiant potestatem et domina tionem, ut in alimentis vel 
stipendiis monachorum ibidem sancta régula conversantium per- 
petuis temporibus proficiat in augmentis Sanctorum per Trinita- 
tem inseparabilem et per novem ordines Angelorum vel prin- 
cipatum Apostolorum, ut quicunque successores mei in bac urbe 
vel ecclesiç Pictavinse post me prefuerint ut de his rebus quç 
plena devotione bac promptissima voluntate, pro commune salute 
et pro statu eclesiç istius Pictavinsis ad tam magnificos servos 
Dei vel peregrinis et in rebgione sancta fundatissimis, in susten- 
tacione ipsorum dedi 3 . 

Nullus de nobis auferre de ipso monasterio non debeat, sed 
potius contra adversarios de quacunque parte venientes prote- 
ctores et adjutores existant. Quod si ad bçc quicunque defensor 
adstare noluerit, et aüquam partim auferre conaverit vel abstu- 
lerit, tune quicunque abbas ipsius supradicti monasterii praefue- 
rit, licentiam babeat de illis villis quam ego ad eclesiam Picta- 
vam per mei testamenti pagina deligavero, tam de beretaria 
succession quam et de qualibet contracta, quales sibi meliores 

1. Penesciacense. Le copiste a pris l’S de l’original pour un P, ce qui est 
facile dans la cursive mérovingienne. Il faut lire Senesciacense, Sennecé-le- 
Grand, près Mâcon (Saône-et-Loire), localité antique, où l’on a découvert, au 
village de Sens, une mosaïque très curieuse représentant une course de chars 
dans le cirque {Journal officiel, 19 janvier 1898). 

2. Alveo Segone , la vallée de la Saône. Alveus s’applique toujours à un grand 
cours d’eau. Ce détail topographique nous indique la patrie probable d’Ansoald. 

3. L'auteur de la vie de saint Filibert se borne à une indication générale 
sur cette donation : c Locus quem apostolicus vir Ansoaldus de propriis rebus 
ditavit muneribus magnis actâ commutatione villarum cum ecclesia Picta- 
vensi. » Juénin, Nouv. hist. de Toumus, p. 47, et Bollandistes, Acta S. S 
xviii août. 



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243 



CUNAULD, SON PRIEURÉ ET SES ARGHIYBS. 

et plus conpendiosas elegerit, sociantibus sibi de parentibus meis 
quos elegi, ad partibus ipsius monasterii accipiant et perpetuali- 
ter possideat. 

Et uulla quçlibet persona nec de successoribus meis neque de 
propinquis dehaere contra ipso abbati vel suos adjutores inpul- 
sare valeat, nisi hçc quod acciperint perhemnis temporibus pos- 
sideant et in alimenta fratrum suorum proficiat. 

Illud michi addi conplacuit ut pro communi mercede supra- 
dictus vir venerabilis pater ipsius monasterii vel quicunque ei 
successerit, ut pauperes xn ad porta monasterii alere ac vestire 
de ipsis rebus omni tempore debeat, et congregatio ipsius libens 
animo hoc quod instituo, suscipiant. 

///////////////curent ut quod ego devoto animo inibi largire stu- 
dui ad premium tam me meisque successoribus quam suorum 
inibi habitantium ab eterno retributore cunmuletur. 

Et ut hçc donatio a nobis pro divina retributione plenius 
fae/////////////// robur manus nostrç subterfirmavimus, et fratrum 
nostrorum venerabilium vel magnificorum civium Pictavensium 
subscriptionibus firmare curavimus, atque gestis municipalibus 
inserendum juxta consuetudinem Romane legis /////////////// ligare 
decrevimus ; unde duas epistolas uno tenore conprehensas fieri 
rogavimus, quas tecum retineas aut ubi volueris recondere stu- 
deas, ut si futuris temporibus per aliqua neglegentia una de ipsis 
tibi //////// tecum unde recuperare valeas. 

In Dei nomine Ansoaldus, etsi peccator episcopus, subscripsi. 
Thomeneus episcoporum minimus, jubente Ansoaldo presule, 
subscripsi. Romanus indignus tamen episcopus, subscripsi. In 
Christi nomine Tiudulfus, acsi peccator, abbas, ordinante ///////// 
I /I I/o, episcopo, subscripsi. In Dei nomine Baddo abbas suscripsi. 

Data kalendis Julii, anno secundo regni domno Dagoberti 
regis. Lando scripsit et subscripsit. 



In Dei nomine. Ansoaldus, episcopus, filio in Christo Laune- 
giselo 1 diacono. Per hoc mandati titulo tibi injungo atque omni- 

1. Launegisèle est bien un nom dn vu 9 siècle, il a été porté par un abbé de 
Vertou et par un moine du Maine qui céda une terre à l’évôque du Mans, 
Hadouin (Pardessus, Diplomate s, I, 222). 



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244 



CinUÜLD, SON PRIEURÉ ET BBS ARCHIVES. 

modis rogo ut ad vicem meam cum defensore et curia publiée 
Pictavense istius civitatis cartolam donationis quam iu fratri 
nostro Philiberto abbati vel in insola Herio monasterio sub sancta 
régula constructu fecimus, gestis municipalibus facias alligari 
et tua prosecutione apud magniâcos et strenuos personas istius 
urbis debeas adfirmare et quicquid exinde egeris, gesserisve, 
ratum et enim mandatum me habiturum te esse cognoscas. In 
Dei Ansoaldus, etsi peccator, episcopus subscripsi. Thomeneus, 
episcoporum minimus, jubente domno Ansoaldo, scripsi. Roma- 
nus, tamen indignus, episcopus scripsi. In Christi nomine Audul- 
fus, etsi peccator, abbas, ordinante donno Ansoaldo episcopo, 
subscripsi. In Dei nomine Baddo abbas subscripsi. 

Data kalendis Aprilis, anno secundo regno domni Dagoberti 
regis. Lando scripsit et subscripsit. 



Anno secundo regni domni Dagoberti gloriosissimi regis, sub 
die kalendarum Aprilium, adstante viro laudabile defensore et 
cuncta curia Pictavi civitatis, Vir venerabilis Launegiselus, dia- 
conus, dixit, et quia officia publica vidit esse presentia : « Rogo 
te, vir laudabilis defensor, et vos, lectissimi curiales, ut michi 
codices publicos patere jubeatis, vel prosecutiones meas audire 
dignemini, quia sunt aliqua quç actis cupio municipalibus cor- 
porari. * 

Defensor et cuncta curia* dixerunt : « Patent tibi codices 
publici, prosequere quç optas audire. » 

Launegiselus, diaconus, dixit : « Domnus et sanctus pater no- 
ster Ansoaldus, episcopus, per sui mandati titulum michi injunxit 
ut cartulam donationis quam pro animç suç remediis in Phili- 
berto abbati monasterio Herio, in honore Sancti Pétri vel reliquo- 
rum sanctorum supradictorum seu congregationi ejusdem loci 
conscripsit, apud laudabilitatem vestram gestis municipalibus 
inligarem. Cui rei mandatum per manibus habeo. Queso ut ipsum 
mandatum in vestra presentia precipiatis recenseri, gestis muni- 
cipalibus inserendum. » 

Defensor et cuncta curia dixerunt : « Mandatum quod Laune- 
1. Le texte porte cunctaria , ce qui est une faute évidente du copiste. 



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245 



CONiOLD, SON PaiEDEÉ ET SES ARCHIVES. 

giselus diaconus habere se dicit, Lupus amanuensis accipiat. » 
Lupus amanuensis accepit et recitavit : 

« In Dei nomine Ansoaldus episcopus filio in Christo Launege- 
silo, diacono. Per hoc mandati titulum tibi injungo atque omni- 
modis rogo ut ad vicem meam cum defensore et curia Pictavinse 
istius civitatis cartulam donationis quam in fratri uostro Fili- 
berto abbati vel in insola Herio monasterio sub sancta régula 
constructo fecimus, gestis municipalibus facias alligari, et tua 
prosecutione apud magnificos et strenuos personas istius urbis 
debeas adfirmare et quicquid egeris, gesse risve ratum et enim 
mandatum me habiturum te esse cognoscas. » 

Quibus recita tis, defensor et cuncta curia dixerunt : « Manda- 
tum quod Lupus emanuensis recitavit, gestis inherebit. Quid 
amplius pater noster Launegiselus diaconus addere conatur çdi- 
cere non more[tur]. » Launegiselus dixit : « Ecce ipsa donatione 
in présente habeo, rogo ut et ipsa donatio palam recenseatur 
gestis municipalibus inserendam. » 

Defensor et cuncta curia dixerunt : « Donationem quam pater 
noster Launegiselus diaconus offert, Lupus amanuensis ad reci- 
tandum recipiat. » Accepit et recitavit. 

Quibusque recitatis, defensor et cuncta curia dixerunt : « Dona- 
tionem quam Lupus amanuensis recitavit, gesta custodiunt. Quid 
magis pater noster Launegiselus diaconus prosequi velit, edi- 
cere non moretur. » — Launegiselus dixit : « Quoniam Deo 
propria id factum est quod prosecutio mea habuit, queso ut geste, 
cum fuerint scripta a vobis et a curialibus subscripta, juxta juris 
ordinem micbi édita ex more tradantur. » 

Defensor et cuncta curia dixerunt : « Gestç cum fuerint scriptç, 
a nobis et a curialibus subscripta, juxta juris ordinem tibi édita 
ex more tradentur. » 

Lupus amanuensis banc gesta subscripsit. Danihel, curialis, 
prosequente banc gesta subscripsi. Bonebertus curiales sub- 
scripsit. Addobertus curialis subscripsit. Sumdoaldus curialis 
subscripsit. Saligarius curialis subscripsit. Adaldricus curialis 
subscripsit. Eusichus curialis prosequente gesta subscripsit. 

Data kalendarum Aprilium anno secundo regni domni Dago- 
berti regis. Lando scripsit et subscripsit. 



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246 



CUNAULD, SON PRIEURÉ ET SES ARCHIVES. 



IL 

Diplômb des empereurs Louis le Pieux et Lothaire pour le réta- 
blissement du monastère de Saint-Philbert de Noirmoutier per- 
mettant aux religieux de choisir eux-mêmes leur abbé, les affran- 
chissant DE TOUTE CONTRIBUTION ET DE TOUTE CORVÉE, APPROUVANT 
LA CONSTRUCTION D’UNE FORTIFICATION AUTOUR DU MONASTÈRE, LES 
AUTORISANT A APPELER AUX ARMES LES COLONS LIBRES ET SERFS DE 
LEURS DOMAINES, EXEMPTANT CEUX-CI DE TOUTES LES CORVÉES ENVERS 
LE FISC ET LE PALAIS A LA CHARGE DE PATER A L'AVENIR SIX LIVRES 
D'ARGENT POUR TOUTE REDEVANCE A LA CHAMBRE IMPÉRIALE. 

2 août 830. 

On ignore presque absolument les événements qui ont rempli les 
annales de l'abbaye de Noirmoutier depuis la mort de saint Fillbert, 
son fondateur, en 684 % jusqu’au jour où les religieux, troublés 
dans leur solitude par les menaces des pirates, firent des démarches 
près de Louis le Pieux pour obtenir l'autorisation de se déplacer. 
Aucun des abbés qui gouvernèrent l’abbaye dans le cours du 
vin* siècle ne nous a été- signalé par les chroniqueurs. Ni la vie de 
saint Filibert écrite peu après sa mort, ni les récits d'Ermentaire, 
abbé du ix» siècle, ni la Chronique de Tournus, écrite au xn°, ne 
font la moindre allusion à ces temps reculés. Aussi Mabillon était-il 
assez mal pourvu de documents sur l'histoire de Noirmoutier, et en 
parle-t-il toujours brièvement. Aux années 830-832, il se borne à 
dire, à propos de l'exil de Wala dans ce monastère : « Il parait que, 
vers cette époque, l’abbaye de Saint-Philbert continuait d’exister 2 . » 
Il est certain cependant que la bibliothèque de l'abbaye de Saint- 
Germain-des-Prés contenait une copie du diplôme de 830, car dom 
Bouquet, qui seul en a publié le texte {Historiens des Gaules et de 
la France , t. VI, p. 563), l'avait trouvé parmi les manuscrits de ce 
fonds célèbre. L'original conservé dans le fonds du prieuré de 
Cunauld n'était pas à sa disposition. Plus heureux que lui, j’ai pu 

1. Mabillon, Annales O. S. B., t. Il, p. 571. 

2. a Perstabat ad id tempus Herense Sancti Filiberti monasteriam in quo 
Wala bospitio exceptas est. » (Ibid., t. II, p. 536.) 



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247 



CUIfAULD, SO!f PRIEURÉ ET SES ARCHIVES. 

collationner le texte sur l’original lui-même et éviter, je le crois, les 
incorrections assez nombreuses qu’il a laissé passer dans son édition. 

Comme la plupart des actes de nos souverains, le diplôme de 830 
commence par un exposé des événements antérieurs à sa date; c’est 
là que Mabillon aurait pu trouver la matière d’un chapitre nouveau 
pour l’histoire des vicissitudes de l’abbaye au vin 6 siècle. Atton, qui 
nous est présenté ici comme un réformateur, a déjà une petite bio- 
graphie; il semble être le même personnage qu’ Atton, abbé de Saint- 
Hilaire de Poitiers, auquel Mabillon attribue le mérite d’avoir relevé 
le monastère de Noaillé, au diocèse de Poitiers 4 . La reine Hildegarde, 
qui était sa parente, le fît promouvoir à l’évêché de Saintes vers 799 ; 
c'est pourquoi notre diplôme l’appelle quondam episcopus. En lui 
confiant le gouvernement de Noirmoutier, Charlemagne avait cédé 
au désir qu’éprouvait cet apôtre de réformer toutes les communautés 
tombées dans le relâchement. D’après les expressions de l’exposé 
monasterium adeptus, nul doute qu’ Atton ait rempli les fonctions 
d’abbé. Ce n’est pas la seule nouveauté historique qui ressorte de la 
lecture de l’acte impérial ; sa teneur nous aide encore à comprendre 
Adhémar de Chabannes quand il nous dit dans sa chronique que le 
monastère de Saint-Philbert fut construit par le grand empereur 
d’Occident; il a voulu simplement indiquer une reconstruction 3 . Le 
fait d’une première fondation bien antérieure aux Sarrasins est par- 
faitement établi par l’histoire et par la découverte récente de l’acte 
que nous venons de publier. 

Nous savons par la charte de l’évêque de Poitiers, Ansoald, que son 
ami Filibert était installé dans l’ile de Noirmoutier en 676 et que la 
communauté était en pleine vitalité au vu* siècle. Que s’était-il passé 
après la mort du fondateur? Ici, nous sommes forcés de faire inter- 
venir les Sarrasins et de supposer que ces barbares renversèrent le 
monastère, comme ils avaient saccagé une grande partie de l’Aqui- 
taine vers 732 3 . Ermentaire raconte au deuxième livre des miracles 
de saint Filibert que les Sarrasins, après avoir pillé l’île d’Yeu, 
s’avancaient vers Noirmoutier pour en faire autant, lorsque tout à 
coup l’horizon fut obscurci par une quantité innombrable d’oiseaux 



1. « Nobiliacensis roonasterii instaurator. » Annales O. S. B ., t. II, p. 307, 308. 

2. c Herio insula... Ibi fecerat dora nus imperator Karolus monasterium Sancti 
Philibert!. > Ademari Chronicon , lib. III, cap. 16. 

3. Adonis, Chronicon , dans Historiens de France , V, p. 316. 



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248 



CUIUULD, SON PRIMRf ET SRS ARCHIVES. 

qui produisirent l’effet d’une armée aux yeux des pirates. Ceux-ci, 
effrayés, n’osèrent s’approcher. Il n’est pas dit qu’un autre jour ils 
ne revinrent pas tenter une expédition meurtrière jusque dans l’en- 
ceinte sacrée des religieux L 

D’après le texte du diplôme de 830, Atton ne se serait pas borné 
à solliciter les générosités de Charlemagne pour relever les murs du 
monastère, il aurait aussi réclamé son intervention pour rétablir la 
discipline et l’ordre monastique dans la communauté. Après une 
période de ferveur assez longue, le relâchement s'était introduit dans 
le gouvernement de la maison et dans la vie intérieure des religieux. 
Cette décadence était inévitable au milieu des troubles qui agitaient 
sans cesse le pays. Alton ne réussit pas dans l’œuvre de transfor- 
mation qu’il avait rêvée; la mort le surprit trop tôt, mais le feu qu’il 
avait allumé réveilla peu à peu la ferveur de la communauté, si bien 
que, sous Louis le Pieux, on constatait une grande ardeur dans l’ac- 
complissement des devoirs religieux. Atton a donc été, en réalité, 
un rénovateur de l’esprit monastique dans le Bas-Poitou à la fin du 
vni* siècle. 

L’empereur Louis, touché du zèle de ces religieux et des tribula- 
tions continuelles auxquelles ils étaient exposés, en raison du voisi- 
nage de la mer et des incursions fréquentes des Normands, désigna 
un abbé pour les gouverner, c’était flilbold, avec la permission 
d’élire son successeur; il prit le monastère sous sa sauvegarde et 
l’exonéra de toute contribution. Le passage qui se rapporte aux 
moyens employés pour protéger militairement les religieux n’est pas 
le moins intéressant. On peut supposer que la communauté ne pas- 
sait que l’hiver au bord de la mer, dans la saison où les pirates 
n’osaient pas affronter les périls d’une descente au milieu des rochers, 
et qu’elle émigrait, depuis le printemps jusqu’à la Qn de l’automne, 
dans un second monastère que leur avait ouvert l’empereur à De as, 
sur les bords du lac de Grandlieu, en 819 *. Le second diplôme vient 
donc compléter les informations du premier. 

Pour éviter l’interruption du service religieux qui résultait de ce 

1. « Quas Sarraceni intuentes nihil aliud quam innumerabilem crediderunt 
esse beliatorum exercitum. » De translationibus et miraculis S. Filiberti, 
libro II, | 10. 

2. Diplôme orig. de Louis le Pieux, du 16 mars 819 (Arch. de Saône-et- 
Loire, H 177). Fac-sim. Musée des Arch. départementales, n* 4. Cf. BOhmer- 
Mühlbacher, Regesta imperii, I, n* 667. 



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249 



CU1TAULD, SON P RIE URB ET SES ARCHIVES. 

va-et-vient, l’Empereur autorisa Tabbé à entourer le monastère d’une 
fortification et à en faire un castrum*. L’exécution n’allait pas sans la 
réquisition de nombreux défenseurs qu’il fallait entretenir sur les 
fonds de la communauté. De par la volonté impériale, ce service de 
garde devient une charge publique imposée à tous les hommes libres 
ou serfs de l’ile de Noirmoutier, mais, en échange, il est accordé que 
ceux-ci seront exempts de toute corvée du fisc impérial. Il en coûtera 
moins d’agir ainsi, dit l’Empereur, que de conduire des troupes sur 
la côte de l’Océan. 

Le complément de ce récit instructif est dans la Chronique de 
Tournus. L’auteur rapporte que l’abbé flilbold, après avoir achevé 
ses immenses retranchements, alla trouver le roi d’Aquitaine, Pépin, 
et le pria de prendre en main la défense militaire du camp. 

Celui-ci, peu pressé de se mesurer avec les Normands, refusa cet 
honneur en disant que le va-et-vient de la marée était un obstacle 
au mouvement des troupes, et que l’entrée de File pouvait lui être 
fermée juste au moment où sa présence serait le plus nécessaire 
contre les envahisseurs. Cette réponse était peu digne d’un roi et 
surtout peu encourageante pour les défenseurs de Pile. En revanche, 
nous admirons la conduite d’Hilbold qui, sans se déconcerter, se mit 
à la tête de tous ses colons et des religieux, organisa le guet sur les 
talus de ses remparts de terre et ne battit en retraite que devant les 
coups répétés d’un ennemi implacable 2 . 



1. Il s’agit d’ane construction sérieuse, car Ërmentaire, dans le récit des 
Miracles , parle d'une porte occidentale : « Tnnc Sanctus Filibertus... exiit per 
occidentalem monasterii atque castelli portam. » Ibid., ut supra . Juénin, 
Preuves , p. 77. 

2. « At vero magnanimus üilbodus qui post Arnulfum, undecimo anno post 
obitum Magni Caroli, praedictae insulae susceperat abbatiam, ad eorum fre- 
quentes repellendos impetus, arcem ingentis construxit fortiludinis ad totius 
insulae munimentum ; quam vallo praemuniens opportuno, competens visus est 
eidem adbibuisse praesidium. Quibus expletis, Pipino régi Aquitanorum ad 
custodiendum eam commendare voluit ; sed rex hac de causa suscipere renuit, 
quoniam cum tempus defensionis aliquando forsitan necessarium imminens 
exigeret, posset uUque ob solitam maris effusionem introitus intercludi. Quo- 
circa abbalis castrum idem curae custodiendum dimisit. Et quanquam super eo 
abbatis suorumque pervigil non deforet sollicitudo efferae tamen gentis frequens 
irruptio non cessabat. Chronicon Trenorciense . Juénin, Nouv. hisU de Tour- 
nus , Preuves , p. 16-17. 



1898 



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